Lettres : Le salaire de la peur

Les informations qui ont donné lieu à une élévation du niveau de danger aux États-Unis seraient vieilles d'au moins trois ans, selon des spécialistes cités par le New York Times et le Washington Post. Un des hauts responsables américains de l'information aurait, selon ces journaux, déclaré que «rien n'a été trouvé pour le moment que nous n'ayons jamais entendu»; et il aurait ajouté: «Pourquoi avons-nous élevé l'état d'alerte à ce niveau?... Je ne comprends toujours pas.»

Cette remarque cache faussement la vérité: ce «haut responsable» sait très bien (mais n'ose pas le dire!) que le président Bush, qui ne peut plus «inventer des histoires», comme il l'a fait avec les armes de destruction massive, va maintenant fouiller dans les poubelles de l'information pour trouver des motifs de crainte et ainsi refaire son image de protecteur des Américains. Le moment choisi — la fin du congrès du parti démocrate qui a fait monter légèrement la cote de Kerry — montre bien qu'il s'agit là d'une tactique électorale, qui semble efficace chez les naïfs Américains: ceux-ci, en effet, pourraient bien réélire Bush et son équipe, réélection qui ne serait rien d'autre que «le salaire de la peur»!