Lettres : Raël au défilé

Le tract tendu disait «Dieu n'existe pas!». J'ai alors compris en voyant le char arriver, sans doute un des plus gros de la parade de la Fierté gaie de ce dimanche 1er août 2004. J'ai eu alors tellement honte! Honte d'être là, planté sur le trottoir à les voir passer et à faire partie, malgré moi, de leur public.

Le talisman étoilé, les femmes seins nus, les hommes souriants tout de blanc vêtus, les Raëliens avaient sorti le grand jeu de la séduction. Et si ce n'était pas la première année qu'ils défilaient («paradaient» serait le terme plus juste), c'était la première fois que je les voyais moi-même. Un prosélytisme obscène à mes yeux, inadmissible et encore une fois honteux dans un défilé qui, rappelons-le, est censé commémorer les actes homophobes de Stonewall de 1969. Je suis fier d'être homosexuel, je ne m'en suis jamais caché. Les organisateurs de Divers/Cité sont-ils aussi fiers de cautionner une telle mascarade publicitaire et révoltante? Je respecte le droit à la liberté d'expression et de croyance, mais comment un groupuscule aussi nauséabond que celui des Raëliens peut-il se retrouver là? Ils me répondraient sans doute qu'il y a parmi eux de nombreux homosexuels et homosexuelles. Mais n'est-ce pas plutôt parce que cela arrange les finances de Divers/Cité? Moi, j'ai pensé aux millions de dollars engloutis dans les travaux pseudo-scientifiques pour chercher à percer le mystère du clonage humain quand plusieurs de mes amis sont morts parce qu'on manque encore d'argent pour que les médecins et les chercheurs du monde entier puissent trouver un vaccin contre le SIDA au plus vite.