Lettres : Défense ou aveu

Curieux texte que celui d'Henri Lamoureux dans Le Devoir du 30 juillet. L'auteur, en essayant de refuser la dimension dogmatique de l'indépendantisme, avoue au contraire sa subjectivité et vient prouver que la perception des leaders d'Option citoyenne est juste.

M. Lamoureux écrit: «L'indépendance n'est pas un dogme mais une nécessité politique [et] la condition essentielle à l'existence même du peuple québécois au titre de société distincte». La réalité du Québec contemporain donne tort à Henri Lamoureux. Le Québec existe déjà et les Québécois forment une société distincte (en partie distincte et en partie semblable). Il est erroné de croire que l'indépendance en serait une condition essentielle. Il s'agit bel et bien d'un dogme auquel M. Lamoureux et d'autres indépendantistes adhèrent émotivement.

Dans Le Devoir du même jour, Pierre Dubuc fait ressortir un travers du dogmatisme indépendantiste. Il écrit: «L'indépendance nationale est l'aspiration démocratique la plus profonde du peuple québécois». Voilà une assertion improuvable et que la réalité dément. Par deux fois, les Québécois ont dit non à des gouvernements élus et donc respectables, lors des référendums de 1980 et 1995. Et ils ont dit non à des questions floues qui évitaient d'énoncer une rupture nette avec le Canada. Un Canada auquel la majorité des Québécois, dont moi, est attachée.

Les indépendantistes restent rivés à leur dogme, absolument certains d'être dans la vérité. Selon eux, le peuple québécois est opprimé, aliéné, «anesthésié». Eux seuls peuvent le mener à la libération. Françoise David ose remettre en question le dogme. Des orthodoxes s'empressent de la rappeler à l'ordre.