Les droits bafoués des travailleurs agricoles étrangers

La situation des travailleurs est difficile entre autres en raison de l’éloignement familial et du rythme intense de travail (souvent 17 ou 18 heures par jour à cause de la pénurie de main-d’oeuvre).
Photo: iStock La situation des travailleurs est difficile entre autres en raison de l’éloignement familial et du rythme intense de travail (souvent 17 ou 18 heures par jour à cause de la pénurie de main-d’oeuvre).

Chaque année, environ 60 000 personnes en provenance du Mexique, d’Amérique centrale et des Caraïbes arrivent au début de la saison agricole pour travailler dans des fermes du Canada sous l’égide du Programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET). Or, malgré l’apport non négligeable des travailleurs migrants à la sécurité alimentaire des Canadiens, ces personnes voient leur propre vie précarisée par des politiques migratoires axées sur les besoins économiques du pays et n’offrant que peu de protection de leurs droits fondamentaux, voire pas du tout.

Même si la situation des travailleurs migrants ainsi que leurs luttes et revendications ne sont pas nouvelles, la crise sanitaire induite par la pandémie exacerbe les inégalités auxquelles ces personnes font face.

Le PTET comprend différents volets, dont le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) qui octroie un permis de travail fermé liant le droit de séjour à un emploi offert par un employeur précis. Ce cadre particulièrement contraignant augmente la vulnérabilité des travailleurs qui sont exposés à des risques d’abus et de violations des droits en milieu de travail.

Dénonciations

Parmi les dénonciations recueillies par des organisations de défense des droits auprès des travailleurs, soulignons les situations extrêmes suivantes : rétention du passeport par l’employeur, harcèlement, interdiction de déplacements en dehors de la ferme, insalubrité des logements et journées de travail excessivement longues. Cette exploitation est rarement rapportée — notamment à cause de la barrière linguistique — aux agences gouvernementales responsables du maintien de la santé et de la sécurité dans les milieux de travail.

L’accès à un logement digne est une des revendications de longue date des travailleurs migrants. Or, depuis le début de la pandémie, des organisations comme le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) reçoivent des plaintes sur l’insalubrité, le nombre élevé de personnes par espace habitable, les mauvaises conditions de logement et le manque de mesures de protection sanitaires qui ne permettent pas, entre autres, la distanciation au sein des milieux de travail et de vie dans les fermes. Ces organisations demandent d’ailleurs le renforcement des mesures d’inspection des fermes presque inexistantes en 2020.

Causes structurelles

Dans le cadre d’un projet d’éducation populaire porté par le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) et le CTI, des discussions ont eu lieu avec un groupe de travailleurs agricoles provenant du Guatemala, du Mexique et du Honduras, discussions qui ont alimenté une réflexion sur leurs parcours migratoires et leurs conditions de vie au Canada.

La plupart des travailleurs séjournent en moyenne huit mois par année au Canada. Leur situation est difficile en raison de l’éloignement familial, du rythme intense de travail (souvent 17 ou 18 heures par jour à cause de la pénurie de main-d’œuvre), des pressions constantes de la part de l’employeur, etc.

« Nous gagnons notre salaire à la sueur de notre front, mais notre travail n’est pas valorisé par les gens d’ici. Même si on travaille beaucoup, le patron en redemande encore plus le lendemain ! »

Pour beaucoup, le Canada est devenu une option d’emploi régulière pour soutenir leur famille. Malgré les facteurs qui ont mené à leur migration, ils comprennent rapidement les contraintes du PTET qui limitent leurs droits par rapport aux travailleurs canadiens, comme le laisse entendre cet extrait d’entrevue :

 

Des Idées en revues


 

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d’un texte paru dans la revue Caminando, février 2021, volume 35, no 1.

« Je pense que le Canada est un pays qui a besoin d’employés et je crois que nous jouons un rôle important pour l’économie canadienne. Avec mes collègues, nous avons analysé la situation et avons constaté que les employeurs canadiens préfèrent engager deux Latinos plutôt qu’un Canadien, car un Canadien gagne ce que gagnent deux Latinos. »

Le PTET a une finalité purement économique et a été conçu pour maintenir des travailleurs en séjour temporaire, réduisant ainsi les obligations de l’État envers ces derniers.

Malgré l’idée généralisée selon laquelle le salaire de ces travailleurs est plus élevé que dans leur pays, voici ce qu’en dit l’un d’eux :

« En venant au Canada, nous gagnons un peu plus. Mais nous avons des dépenses ici aussi. Nous mangeons, nous nous logeons, nous payons pour l’assurance médicale, les impôts fédéral et provincial. Ainsi, il nous reste très peu. Mais cela nous aide lorsqu’on rentre chez nous. »

Dans le contexte de crise et d’urgence actuelles, la lutte pour la dignité et les droits des travailleurs migrants acquiert plus de visibilité et ne peut continuer d’être ignorée. Leurs droits ne sont pas négociables, d’autant plus que ces personnes risquent leur vie pour le bien-être de la société canadienne. Sans leur courage et leur force, l’industrie agricole au Québec comme au Canada serait plongée dans une grave crise. Il est donc crucial de faire avancer la reconnaissance et le respect des droits historiquement niés aux travailleurs migrants, soit la possibilité d’accéder à la résidence permanente, d’obtenir des conditions de travail décentes et un salaire juste et digne ainsi qu’un accès à la santé et la sécurité sociale.

Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ? Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.



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20 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2021 06 h 24

    L’immigration n’est pas un droit, mais bien un privilège

    Bon, tout est dit dans la dernière phrase et on en vient à l’essentiel de cette missive. Ce n’est pas venir travailler de façon temporaire, mais bien de s’établir de façon permanente en contournant les règles de l’immigration et le système de pointage pour avoir droit à tous les privilèges des citoyens. Alors, pourquoi a-t-on ce système d’immigration tant prisé partout dans le monde? Donc, ceux qui répondent aux critères telle que l’éducation, la formation professionnelle et la langue, ils peuvent attendre. On va prendre des gens sans éducation, sans aucune formation et ne parlant ni l’anglais ou le français.

    Va pour des meilleures conditions de travail et un accès à un meilleur logement, mais aux dernières nouvelles, personne ne force ces gens à venir travailler au Canada. Et si les conditions de travail sont les mêmes que n’importe lequel citoyen, alors, pourquoi aller chercher des travailleurs étrangers? S’ils utilisent ce stratagème présentement, c’est parce qu’ils voient un avantage marqué pour leur situation, que ce soit les employeurs ou les travailleurs et tout le monde trouve son compte. Dire le contraire, c’est se mentir. Et c'est pas beau mentir.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2021 10 h 06

      On n'a pas le droit de maltraiter les travailleurs qui viennent faire le travail ardu que nos citoyens ne veulent pas faire. C'est honteux d'exploiter la misère des travailleurs qui viennent ici pour nous dépanner.
      Il y' a des lois internationales qui portent sur la main-d'œuvre et dont le Canada est signataire, qu'il faut respecter.
      Il n'y a aucune excuse pour la misère que l'on inflige sur les pauvres travailleurs qui viennent ici pour nous aider. Le gouvernement doit prendre sa responsabilité de sanctionner ces agriculteurs, sans conscience, qui maltraitent les travailleurs migrants avec impunité.
      Comme le disait le grand démocrate, René Lévesque, «une société civilisée se démarque par la façon dont elle traite ses gens les plus démunis.»

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 mai 2021 12 h 26

      Mme Alexan

      Absolument d'accord! Et le Québerc va avoir, de plus en plus, besoin de ces travailleurs étrangers.Il suffit de se promener à la grandeur du Québec, et dans les régions, pour voir des annonces:"Nus embauchons!"

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2021 13 h 27

      Ce n'est pas une question de maltraitance Mme Alexan, mais bien une de rémunération. Si nos citoyens ne veulent pas le faire ce travail, c’est parce que les employeurs ne veulent pas payer pour maximiser leurs profits. J’en ai cueilli des fruits dans ma jeunesse et je ne suis pas mort. Les employeurs payaient des salaires bas, mais normaux pour le type de qualifications requises pour faire le travail.

      Tout cela me fait penser à un vendeur qui représentait une compagnie de vins ontariens dont j’avais entendu la conversation dans un magasin de la régie des alcools de l’Ontario. Il se plaignait que leur entreprise avait une certaine difficulté à faire compétition avec les vins américains en ce qui concernait le prix puisque eux n’engageaient pas des travailleurs étrangers à rabais pour récolter le raisin. Maintenant, ils en engagent et leurs prix sont demeurés les mêmes. Chercher l’erreur.

      Les pauvres travailleurs qui viennent ici sont bien contents de pouvoir le faire même si souvent ils subissent un traitement qu'on pourrait considérer comme excessif. Il gagne le double, sinon le triple de ce qu'ils gagneraient chez eux, et ceci, s'ils avaient un emploi. En ce qui concerne les supposés mauvais salaires, 15 dollars de l’heure en Ontario (13,50 $ au Québec) est un salaire très bien payé au Mexique. Un travailleur mexicain au Canada, travaillant une journée de 16 heures gagnerait 240 $ CAN, soit environ 3 750 pesos, ce qui équivaut à deux semaines de salaire pour un emploi à l'extérieur des grandes villes du Mexique. Tous les travailleurs migrants sont également couverts par l'Assurance-santé en Ontario.

      Mais ce n'est pas ce qui est sous-entendu dans cette lettre comme le résume le dernier paragraphe. Ils voudraient que ce travail soit la porte d'entrée pour devenir citoyen et faire fi du processus d'immigration. N'y a-t-il pas assez de portes dérobées dans notre système d'immigration? Nul besoin d'un autre chemin Roxham.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 mai 2021 14 h 13

      MMe Alexan

      Je connais plusieurs Guatémaltèques et plusieurs Mexicains qui viennent de façon temporaire depuis plusieurs années.Ils arrivent plus ou moins en avril et repartent vers la fin d'octobre-début novembre.Et, pour eux, il n 'est pas question de résidence permanente.

      En période de pandémie, dans des logements surpeuplés, ce ne doit pas être évident.

      Ce qui est très évident: de plus en plus,les entreprises agricoles devront avoir recours à ces travailleurs. J'ai connu une ferme qui embauchait des Québécois jusuqu'à,à il y a plus ou moins 5 ans. Devant la rareté de la main d'oeuvre, les propriétaires n'ont pas eu le choix d'avoir recours à ces travailleurs Latinos temporaires.

      Facile de dire sur mon clavier que les entreprises n'ont qu'à prendre les assistés sociaux québécois: ce n'est pas aussi simple que cela de déménager, à titre d'exemple, une famillle de Montréal-Nord pour aller travailler à Nicolet en tenant compte de tous les considérants.... I faut se rendre à l'évidence: avec la population vieillissante, le nombre de ces travailleurs temporaires devra augmenter.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 mai 2021 15 h 10

      En complément à Mme Alexan.

      Il y a une quinzaine d'années, le besoin de ces travailleurs étrangers temporaires, en agriculture, n'était pas aussi présent. Mais, avec le vieillissement de la population, peu à peu cela s'est manifesté. Et, maintenant, ce n'est pas vrai seulement en agriculture.

      Le Costa Rica produit d'excellents soudeurs.

      Autre note. Il faut distinguer entre le père de famille Mexicain qui vient travailler, en agriculture, 6-8 mois par année; à chaque année depuis plus ou moins 6 ans; par rapport à un autre travailleur étanger qui vient ici avec un permios de travail à plein temps de 2 ans, peu importe le domaine.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2021 15 h 42

      À monsieur Pierre Grandchamp: On n'a pas le droit de maltraiter les gens que ce soit des citoyens de chez nous ou des travailleurs migrants temporaires.
      Toute personne a le droit à un traitement humain avec dignité. L'insalubrité dans le logement, les horaires supplémentaires, le travail malgré la maladie, bref, la maltraitance n'est jamais acceptable.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2021 16 h 37

      Bien M. Granchamp, si le Costa Rica, que j'ai déjà visité, produit d'excellents soudeurs, eh bien, ils n'ont qu'à continuer de bien souder dans leur pays natal. Aujourd'hui, c'est la technologie qui prend le relais.

    • Jacques Patenaude - Abonné 25 mai 2021 17 h 34

      M Grandchamp
      Comme vous dites ''Facile de dire sur mon clavier que les entreprises n'ont qu'à prendre les assistés sociaux québécois: ce n'est pas aussi simple que cela...'' En effet recruter des citadins pour qu'aillent travailler en agriculture dans un village il y a bien des choses à considérer, le travail mais la famille et bien d'autres choses. Avec le vieillissement de la population nos villages qui se vident. Pourquoi se limiter à accueillir des travailleurs temporaires. Ces travailleurs sont déjà experts du travail agricole, ils savent ce qu'est la réalité rurale, nous avons besoin d'eux et eux ont besoin de nous pourquoi ne pas plutôt les accueillir de façon permanente ça donnerait de l'oxygène au milieu rural.

  • Raph Fievez - Abonné 25 mai 2021 07 h 31

    Une nouvelle forme d'esclavage

    Nous sommes ici face à une forme d'esclavage de type moderne. Les abus divers, l'usage de la force humaine en bafouant les droits et en prenant des personnes qui ne peuvent pas se défendre légalement par peur ou incompréhension. C'est inadmissible.
    Le Canada a besoin de ces travailleurs et travailleuses pour vivre avec des beaux fruits, profiter des récoltes saisonnières mais pour cela, nous laissons des abus se produire. Nous fermons les yeux sur des conditions inadmissibles.
    Trop de personnes immigrantes sont abusées. Quoi penser des entrepôts et des manufactures où des personnes immigrantes doivent préparer les commandes de yoghurts par exemple. Ou encore, les femmes venant d'Amérique du Sud ou Caraïbe pour prendre soins des enfants de famille Canadienne (LiveCare Giver) ; avec des familles qui prennent leurs passeports, ne font aucune démarche légal afin de conserver leurs employées sous contraintes, sans revenus décents, sans pauses réelles,etc.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2021 10 h 28

      Curieusement, il n'y a pas si longtemps, on n'avait pas recourt aux travailleurs étrangers pour cueillir fruits et légumes. On payait un peu plus cher pour ces denrées soit, mais au moins c’étaient des gens d'ici qui travaillaient et on ne se faisait pas accuser d’entretenir une forme d’esclavage.

      Non, nous n’avons pas besoin de ces travailleurs temporaires venus d’ailleurs. Cela, c’est un mythe avec plus de 65 000 immigrants qui sont sur l’aide social au Québec. Et personne ne force ces travailleurs à venir au Canada. S’ils viennent, c’est parce que cela fait leur affaire.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2021 16 h 19

      À monsieur Cyril Dionne: je ne sais pas d'où vous avez sorti ce chiffre «que 65,000 immigrants vivent avec l'aide sociale au Québec»? Les immigrants payent des taxes comme tout le monde.
      Je suis arrivé ici comme immigrante le jeudi et le jeudi suivant j'avais déjà trouvé un emploi.
      Entre-temps, je vivais avec l'argent que j'ai apporté avec moi. Je n'ai jamais pris un sou en assistance sociale du gouvernement, ni fédéral, ni provincial, ni municipal, et j'ai toujours payé ma juste part d'impôts. Arrêter de diaboliser les immigrants.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2021 17 h 33

      Ce sont les chiffres officiels du gouvernement du Québec, « circa » 2019. Bravo si avez travaillé tout de suite, mais souvent, ce n'est pas le cas. Ici, on pleure pour des travailleurs et il y en a plus de 65 000 à rien faire ici qui pourraient faire l'affaire. La plupart des immigrants ne repaieront jamais ce qu'ils ont coûté à la société en services sociaux de toutes sortes. Le Québec est déficitaire de 4 à 5 milliards par année à cause de l'immigration.

      Personnellement, je n'ai jamais collecté un sou du gouvernement et pourtant, j'ai cotisé pendant des années et je paie encore des impôts et des taxes de toutes sortes.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 mai 2021 19 h 32

      En conclusion à Mme Alexan.

      J'ai dit, au départ, que j'étaiis d'accord avec votre point de vue.

      Quant aux soudeurs costaricains, quelqu'un ,qui connait un tantitet la situation dans ce domaine, sait qu'il y a un besoin IMMENSE et une rareté criante. Il suffit de se promener, en région particulièrement, et de voir les annnonces fréquentes: soudeur(e) demandé(e). Ou encore de regarder les offres d'emplois dans les médias. Les centres de formation professionnelle en soudure déplorent le fait qu'Ils ne peuvent former des soudeurs pour répondre aux offres d'emplois.;

      J'en ai accompagnés quelques-uns, notamment à Brossard,Terrebonne, Berthierville pour le permis de conduire. D,autre part, j'ai accompagné de nombreux réfugiés Colombiens et l'immense majorité, sont autonomes et bien intégrés ce fut une super de belle immigration. Je le répète: avec le vieillissement de la population québécoise, le Québec n'aura pas le choix d'acceuillir des gens d'ailleurs: l'important est de voir à ce qu'ils en arrivent à parler français. Un de ceux-là est aujourd'hui journlaiste à Radio-Canada français.

  • Yves Corbeil - Inscrit 25 mai 2021 08 h 28

    Le problème est ailleurs

    Nous n'avons plus les moyens de compétitionner sur le marché agro-alimentaire. C'est comme la couture il y a quelque décennies, ce marché a disparu chez nous pour se retrouver dans ces pays en voie de développement où les salaires sont bas. Alors faire venir le cheap labor pour faire fonctionné sa business ne fait que repousser le temps d'une faillite annoncé. Et ceci s'applique a tout le monde industriel ou nous voyons des pancartes «Nous Embauchons» partout et lisons ou entendons des témoignages de gens bin content de vivre au Québec et travaillé dans nos belles usines à $16 belles piasses, les plusss chanceux gagnent $20 belles piasses.

    On a plus les moyens de vivre chez nous, c'es-tu si dur à comprendre. On slack nos attentes ou on crève la bouche ouverte en se plaignant comme vous pour vos latinos qui crèvent chez eux et décident de venir au Canada comme travailleurs essentiels sous conditions précoces.

    Un moment donné, nos tracteurs prendront le même chemin que nos moulins à coudre du temps.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 mai 2021 10 h 53

    « personne ne force ces gens à venir travailler au Canada » (Cyril Dionne)



    Donc, ils seraient malvenus à se plaindre…

    Ils devraient plutôt se réjouir de l'insigne honneur qu'ils ont de participer à la récolte de nos concombres

  • Marc Davignon - Inscrit 25 mai 2021 14 h 45

    Tour de force du capitalisme

    Quand ces gens auront leurs passeports, pourront-ils continuer, avec un salaire de travailleur de champs, avoir les moyens de payer le coût de la vie d'ici?

    Non!

    Alors, il faudra avoir d'autres gens qui accepteront ce salaire de misère.

    Ça, c'est le tour de force du capitalisme et de leurs intermédiaires, qui eux, se doivent de capter la plus grande partie de profit possible.