Lettres: Suggestions à Paul Martin pour la santé

Au cours des prochaines semaines, le premier ministre Paul Martin, accompagné du ministre de la Santé, M. Ujjal Dosanjh, et de la ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Mme Lucienne Robillard, vont rencontrer les premiers ministres et les ministres de la Santé des provinces. M. Martin a décidé que les discussions auront lieu devant les caméras de télévision.

De quoi vont-ils discuter? De financement? D'organisation des soins ?

Des comptes à rendre aux 10 000 fonctionnaires fédéraux de la santé? À 83 ans, je fais partie de la génération qui a le plus à s'inquiéter du sous-financement de la santé et de l'usage des fonds, ces fonds qui ne sont que l'argent que nous versons en taxes et en impôts de toutes sortes.

Je voudrais faire quelques suggestions simples et pratiques.

En premier lieu, le gouvernement fédéral doit accorder toute confiance au personnel médical et administratif qui oeuvre dans chacune des provinces depuis toujours et qui a toute l'expérience voulue.

La santé concerne les provinces, selon la Constitution canadienne. Le fédéral, au contraire, n'a aucune expertise en ce domaine. Pourquoi toujours chercher à dédoubler les dépenses en santé?

Pourquoi cette recherche obsessive de contrôle de la part du fédéral? Nous sommes déjà suffisamment administrés, trop peut-être, ce qui cause des affrontements sur les priorités.

Ce qui manque, en santé, c'est l'argent. L'argent que les provinces demandent constamment au fédéral, depuis que le fédéral a cessé de faire sa part, moitié-moitié, avec les provinces, depuis dix ans, surtout. En deuxième lieu, avons-nous vraiment besoin des 10 000 fonctionnaires fédéraux du ministère fédéral de la Santé, alors que la santé relève des provinces? Je suggère qu'on les utilise à faire des études en prévention des maladies.

Que l'on pense aux effets néfastes de la pollution atmosphérique sur la santé des gens, de même qu'à la présence de produits dangereux dans les aliments provenant d'ici ou de l'étranger.

Ottawa doit jouer un rôle préventif, tout en informant. Une chose est certaine: il ne doit surtout pas dire à M. Couillard ce qu'il doit faire.

Dernier point. Si Ottawa veut parler de financement de la santé au Canada, il se doit de ne pas taxer plus qu'il ne met d'argent dans le système.

Actuellement, au moment où commencent les négociations, le fédéral mettrait 16 ¢ par dollar dépensé par les provinces, alors qu'il retire 26 ¢ en taxes et impôts prélevés sur chacun des dollars investis. Cela n'a pas de sens, on ne peut pas parler de financement de la santé par Ottawa.

Je souhaite donc à nos dirigeants de garder ça simple lorsqu'ils se rencontreront pour discuter santé.