Lettres: L'indécence d'un employé municipal

Un employé col blanc de la Ville de Montréal a fait la une d'un quotidien montréalais récemment.

Ce monsieur, parce qu'insatisfait du régime de retraite de son employeur et en particulier d'un programme qui n'était accessible qu'aux femmes, se rend depuis quelque temps à son travail habillé en femme.

Au nom des payeurs de taxes municipales, au nom de ces simples citoyens qui ont le privilège de payer votre salaire actuel, vos avantages sociaux et la majeure partie de votre fonds de pension, j'aimerais vous dire, Monsieur, que votre attitude relève de l'indécence.

Le fameux programme qui permet à une employée de la Ville qui a accumulé 25 ans de service d'accéder à sa retraite avec 80 % de son salaire est effectivement révoltant, mais pas pour les employés masculins de la Ville comme vous, il est révoltant pour ceux qui le financent, les simples payeurs de taxes qui n'auront jamais accès, eux, à des conditions aussi privilégiées.

Dans votre cas, vous aurez droit à une retraite à 80 % de votre salaire après 30 ans de service. Si vous étiez fonctionnaire provincial, dans un emploi similaire, après 30 ans de service c'est une pension équivalant à 60 % de votre salaire qui vous attendrait.

Et je ne fais pas la comparaison avec le simple travailleur non syndiqué du secteur privé!

En tant qu'employé municipal, vous jouissez de conditions de travail outrageusement avantageuses.

L'Institut de recherche et d'information sur la rémunération avait établi, il y a quelques années, que l'ensemble de la rémunération d'un fonctionnaire municipal (salaire, congés payés, assurances, avantages sociaux divers, régime de pension) était de 35 à 50 % supérieure (selon les municipalités) à celle d'un fonctionnaire provincial pour un emploi similaire.

Votre attitude arrogante d'employé privilégié qui n'en a jamais assez ne fait qu'amener de l'eau au moulin de ceux qui croient que les services municipaux devraient être confiés à des sous-traitants du secteur privé.