Lettres : Une position indigne pour RSF

Lettre envoyée à Reporters Sans Frontières

Je suis outré de votre position, que je considère comme indigne d'un organisme tel que le vôtre. Une position qui manque de nuances, tellement nécessaires à la compréhension de tels enjeux. Parler de censure dans ce dossier revient à faire de la vulgaire démagogie.

Évidemment, certains des propos tenus à CHOI FM sont choquants et il est normal pour une société démocratique que toutes sortes de gens puissent avoir accès à une tribune pour faire connaître leurs idées, même si celles-ci sont marginales. Je ne crois pas que ce droit soit remis en question dans la décision du CRTC de fermer la station. Au contraire...

Sous le couvert d'une radio qui défie les tabous et qui bouleverse les idées reçues, cette station ne fait souvent que renforcer les préjugés de la majorité. Des gens à Québec ont maintenant peur d'exprimer des opinions contraires à celles véhiculées par les ondes de cette radio, et ce, non par crainte d'exposer leurs idées à un sain débat, mais plutôt par peur du dérapage et de la diffamation.

Les stations de radio ont tout de même une certaine responsabilité sur le contenu de leurs émissions. CHOI FM a fait le pari de transformer les audiences du CRTC en un véritable cirque l'hiver dernier. Ils ont fait le pari d'en faire un spectacle pour se déguiser en victimes de l'establishment. Si, au lieu de cela, les dirigeants de la station s'étaient concentrés sur les mesures à prendre pour éviter les excès en ondes, probablement que celle-ci ne serait pas menacée de fermeture actuellement. Comme je n'ai jamais prôné la fermeture de cette station, je suis déçu de la tournure des événements, à la fois pour les auditeurs et les employés de la station. Par contre, je crois que seuls les dirigeants de la station sont à blâmer pour ce qui arrive présentement.

La réputation des gens ne devrait pas être soumise aux lois du commerce et de la libre entreprise. CHOI FM s'est taillé la première place dans le milieu radiophonique de Québec grâce à de la diffamation érigée en système. La liberté de faire commerce avec la réputation des gens avec acharnement et haine n'a rien à voir avec ce que notre Constitution appelle la liberté d'expression.

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