Lettres : Le combat entre l'humain et l'inhumain en nous

La décision de Judy Sgro, ministre fédérale de l'Immigration, de demander aux Églises de cesser de donner asile aux réfugiés est une erreur à plusieurs points de vue. L'erreur la plus évidente est sur le plan politique. Ce que vient de faire Mme Sgro est pratiquement un suicide politique. Plusieurs pourraient considérer ce flagrant manque d'humanisme comme un élément pouvant à lui seul la disqualifier pour ce poste. Cette action est de plus une catastrophe pour les relations internationales du Canada. Le droit à l'asile dans les églises est reconnu presque universellement depuis la nuit des temps. Le seul fait de vouloir en priver les personnes foulant le sol canadien est une tache sur la réputation de ce pays.

Chose plus importante, c'est aussi une erreur philosophique importante. Cette décision montre que la machine prime sur l'humain pour Mme Sgro. La machine en cause est celle de l'État avec toute sa puissance. Les humains visés sont des gens que la vie a humiliés. Ils ont dû fuir leur pays, souvent en catastrophe. Se réfugier dans une église est un acte de dernier recours. Les gens que vise Mme Sgro sont faibles et ont de toute urgence besoin d'aide. C'est pour cette raison qu'ils sont hébergés dans ces églises. L'action de Mme Sgro est loin de les aider dans leur malheur. Nous sommes tous des êtres humains. Cela doit se refléter dans nos actions. La loi tend vers la justice qui est une utopie. Comme elle ne pourra jamais l'atteindre, l'humanisme doit nous servir de guide pour combler ce vide.

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