Lettres : Bonnes intentions

C'est le proverbe qui m'est venu à l'esprit en apercevant sur le pont Jacques-Cartier la barrière «anti-suicide». Est-ce une cage à lions ou un mémorial aux camps de concentration? Certes, les gens se suicident parfois et, à l'occasion, ils se jettent en bas du pont. Solution simpliste: clôturer le pont. La personne qui sera ainsi empêchée de se suicider trouvera sans doute d'autres moyens de mettre fin à ses jours. Pendant ce temps, des milliers de personnes qui traversent le pont à pied, à vélo et en auto, ainsi que celles qui s'y rendent pour voir les feux d'artifice vont y trouver des germes d'une dépression.

L'environnement physique est important pour l'équilibre mental. Ce n'est pas pour rien que les citadins recherchent la nature et les espaces ouverts durant leurs vacances. Nous vivons au milieu des structures en béton et en acier, qui ne procurent que rarement la paix de l'âme. On ne saura sans doute jamais combien de personnes la barrière «anti-suicide» sauvera réellement. Par contre, il est clair qu'elle aura amplifié la mocheté environnementale, contribuant à la dépression généralisée et insidieuse. De grâce, peut-on en arrêter la construction? Y a-t-il quelqu'un pour organiser une manifestation?

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