Trois réflexions sur la loi 21 sur la laïcité

«À chaque Parlement revient donc la responsabilité de décider du modèle de laïcité qui convient au pays qu’il représente», écrit l'auteur.
Photo: iStock «À chaque Parlement revient donc la responsabilité de décider du modèle de laïcité qui convient au pays qu’il représente», écrit l'auteur.

Aucun droit n’est absolu. On n’a jamais fini d’en comprendre exactement le sens et ses implications. Et chaque droit doit être mis en parallèle avec les droits des autres et le bien commun, c’est-à-dire ceux de la collectivité. Il y a donc un équilibre à trouver chaque fois. Deux instances se partagent en particulier cette prérogative : les parlements et les tribunaux. Comment comprendre leur primauté ? Voici quelques réflexions sur le sujet.

Qui doit décider ?

Je signale l’énoncé de la Cour suprême du Canada dans son jugement sur la Loi sur la possession de marijuana pour usage personnel, en 2003. Dans une opposition entre le Parlement et les tribunaux, explique le jugement, la « clause nonobstant » assure la primauté du premier sur le second. Dans l’ensemble de la vie civique, notamment dans les conflits entre individus et dans l’évaluation de la responsabilité criminelle, les juges jouent un rôle indispensable. Il n’est pas question de minimiser leur rôle et leur compétence. Mais cela n’est pas nécessairement vrai pour les questions d’intérêt général, pour des sujets hautement délicats qui appellent une solution de sagesse politique plutôt que théorique (par exemple : connaissance précise du milieu, reconnaissance des droits collectifs, protection de la paix sociale, conséquences pour la société). Et la Cour de conclure : « Les députés sont élus pour prendre de telles décisions et ils ont accès à un plus large éventail de données, à un plus grand nombre de points de vue et à des moyens d’enquête plus souples que les tribunaux » (Cour suprême du Canada, Loi sur la possession de marijuana pour usage personnel, 2003).

La légitimité de la disposition de dérogation s’appuie aussi sur le témoignage de divers politiciens et juges. Jean Chrétien, qui avait pressé P. E. Trudeau d’insérer l’article 33 dans la Charte en 1982 (disposition demandée d’ailleurs par les provinces de l’Ouest), en a défendu la légitimité, sinon la nécessité, pendant toute sa carrière politique. Lors de la course au leadership en 1989, il a critiqué la politique de son parti en déclarant qu’« il y a des situations où elle [la disposition de dérogation] est absolument nécessaire ».

Dans une entrevue au Devoir en 2002, la juge Claire L’Heureux-Dubé, du même haut tribunal, a déclaré que les législateurs pouvaient toujours contourner la Cour suprême en utilisant le « pouvoir de déroger » s’ils étaient en désaccord avec une décision de ladite Cour : aux parlementaires de faire d’abord leur travail. Et la juge de continuer en déplorant que, parfois, ce sont les politiciens qui ne prennent pas leurs responsabilités en renvoyant les dossiers chauds à la Cour. (Rapporté par Josée Boileau, Le Devoir, 20 avril 2002).

Sens de la disposition de dérogation

La disposition de dérogation n’est pas, comme on le laisse parfois entendre, une reconnaissance du fait que la disposition législative en question contrevient aux droits garantis par la Charte. D’une part, elle ne contrevient pas à la Charte puisque l’article 33 fait partie de la Charte. D’autre part, elle ne contrevient pas nécessairement aux droits et libertés puisque ceux-ci ne sont pas des absolus, mais admettent des « limites raisonnables dans une société démocratique », comme le déclare expressément la Charte elle-même. Au fond, le recours au « pouvoir de déroger » soustrait simplement une disposition législative à l’interprétation des tribunaux pour lui substituer celle d’un Parlement dans un contexte particulier. (Voir Henri Brun, « La clause dérogatoire et la paix sociale », dans La Presse, 19 janvier 1989.)

Cette disposition fait donc partie de l’équilibre des pouvoirs dans une saine démocratie et assure la suprématie du Parlement sur la cour dans certaines circonstances.

Notion de laïcité

Notons, enfin, qu’il n’y a pas de définition de la laïcité qui fasse l’unanimité. Chacune renvoie à l’histoire ou à l’idéologie, y compris dans les dictionnaires. « Derrière le même mot, affirment les auteurs du rapport Stasi (rapport de la Commission d’étude nationale présenté au président de la France en 2003), existent pourtant des différences d’approche qui en voilent la signification et la portée. » La même affirmation est faite par le sociologue et historien français Émile Poulat dans un livre remarqué sur la laïcité en 2003 (Émile Poulat, Notre laïcité publique. La France est une république laïque, Berg international, 2003). Une grande attention est donc requise pour éviter les simplifications ou les mauvaises compréhensions. À chaque Parlement revient donc la responsabilité de décider du modèle de laïcité qui convient au pays qu’il représente.

L’auteur a publié le livre Six études d’éthique et de philosophie du droit, Liber, 2006, 154 pages

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42 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 7 mai 2021 06 h 12

    Ne pas banaliser la clause dérogatoire

    Il demeure qu'Il ne faut pas banaliser l'usage de la clause dérogatoire. C'est plutôt l'article 1(''limites raisonnables'') de la Charte canadienne qui devrait être la disposition de base pour relativiser, si nécessaire, les droits et libertés de la personne. L'article 33 (clause dérogatoire) de cette Charte doit demeurer une mesure exceptionnelle.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne

    • Claude Gélinas - Abonné 7 mai 2021 08 h 26

      Malheureusement à lire vos commentaires dénonçant l'utilisation de la clause dérogatoire dans la Loi 21 c'est comme si la clause dérogatoire ne devait jamais être utilisé. Pourtant cette disposition fait partie de la Loi. Quant au terme banalisé qui ne peut s'appliquer ni à la Loi 101 ni à la Loi 21 son utilisation démontre à l'évidence qu'à ce jour son utilisation s'est faite à bon droit et de manière circonspecte.

      À vous lire c'est comme si vous n'accordiez aucune confiance ni légitimité au Gouvernement élu alors que vous placez le Gouvernement des juges sur un piedestal.

    • Pierre Belzile - Abonné 7 mai 2021 08 h 37

      Les droits individuels que garantissent les chartes peuvent être restreints par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification peut se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique. C'est exactement ce que fait le gouvernement avec la loi 21. Au Québec, cette loi impose des limites raisonnables à des droits individuels. Des limites qui s'harmonisent parfaitement avec l'idée que se font la majorité des Québécois d'une société libre et démocratique. Quand notre esprit a été dominé par une certaine culture anglo-saxonne cependant, je peux comprendre que l'on puisse ne pas partager ce point de vue.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 7 mai 2021 09 h 04

      Réplique parfaite M. Claude Gélinas.

    • Michel Lebel - Abonné 7 mai 2021 09 h 12

      @ Claude Gélinas,

      Mon opinion est beaucoup plus nuancée que ce que vous affirmez. Deux questions notamment se posent ici: la première, qui va protéger la ou les minorités dans une société, soit une majorité parlementaire ou les tribunaux? La seconde, que met-on sous le parapluie de la laïcité: les signes religieux, le statut des écoles privées confessionnelles, le traitement fiscal accordé aux lieux de culte, l'entretien public de ces lieux,etc.? Le gouvernement du Québec n'a étendu la laîcité qu'à quelques personnes, mais incluant les enseignants des écoles publiques, primaires et secondaires. C'est ainsi pour le Québec; pour ce faire, il a cru bon utiliser préventiment les clauses dérogatoires. J'estime toujours que ce fut là une erreur.

      M.L.

    • Nadia Alexan - Abonnée 7 mai 2021 10 h 02

      Malgré tous les savants et savantes qui ont écrit des articles dans ce même journal, incluant celui d'aujourd'hui, pour éclairer l'idée de la laïcité et de la neutralité de l'État, vous vous obstinez, monsieur Lebel, à réitérer que l'on ne peut pas contrevenir à la Charte des droits et libertés.
      Comme je vous ai dit, à plusieurs reprises, les lois ne sont pas inscrites dans le béton. Les lois changent selon l'évolution de nos valeurs et nos concepts de justice sociale.
      Plus important encore, les lois sont toujours assujetties à «des limites raisonnables» pour ne pas empiéter sur les droits des autres.
      Plusieurs cours de droits et libertés, dans plusieurs juridictions dans le monde ont déjà appuyé l'interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique et dans les écoles, pour ne pas enfreignez le droit à la liberté de conscience des autres. Vous avez le droit de pratiquer votre religion sans pour autant en faire la publicité et le prosélytisme silencieux avec des signes ostentatoires.

    • Michel Lebel - Abonné 7 mai 2021 10 h 16

      @Pierre Belzile,

      Le problème est que le gouvernement du Québec n'a pas utilisé l'article 1 ('' limites raisonnables'') pour défendre sa Loi 21, mais l'article 33(clause dérogatoire). De fait, le seul élément de sa loi qui pose un réel problème est celui concernant l'interdiction des signes religieux pour certains enseignants des écoles publiques. Personne n'affirme que le principe de la laïcité est en soi inconstitutionnel.

      M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 mai 2021 13 h 56

      La CAQ s'est tirée dans le pied, en partant. Comment justifier que la laïcité s'applique dans nos écoles publiques, trop souvent des ghettos dans certains milieux défavorisés; mais, ne s'applique pas dans les écoles privées fréquentées surtout par des enfants de milieux très favorisés,mais, aussi par des enfants de familles moyennement favorisées.

      Comment expliquer que le prof au secondaire au collège Brébeuf, avec des enfants de milieux très favorisés subventionnés grassement par l'État, ne soit pas soumis au système; mais que le prof au secondaire au public y soit soumis?????

      Je crains fort que le parti CAQ avec le ministre Jolin-Barrette n'aboutisse au cafouillis identique avec la langue. De cette situation, applaudissons avec la CAQ au délicieux état de la loi constitutionnelle de 1982. Le nationalisme de salon de la CAQ et l'incongruité des fédéralistes québécois! PLus le Québec se fait rabrouer, plus ils chantent en choeur le O Canada!

  • Hermel Cyr - Abonné 7 mai 2021 06 h 22

    La moelle de l’os …

    Il faudra bien un jour affronter la substantifique moelle de l’os constitutionnel. En fait tester la vraie nature du fédéralisme canadien.

    Politiquement, ceci revient à dire, pour le Québec, affirmer clairement sa souveraineté dans ses champs de compétence, faire valoir que cette souveraineté ne peut être soumise à aucune autre juridiction sans quoi il faudrait reconnaitre explicitement la nature coloniale des institutions canadiennes.

    En effet, seul le statut colonial pose comme principe la soumission d’une nation au pouvoir d’une autre juridiction tenue pour supérieure. Tous les gouvernements du Québec (de toutes allégeances politiques) ont reconnu à l’Assemblée nationale sa souveraineté dans ses champs de compétence, particulièrement en matière de langue et de vivre-ensemble. Et ceci a été réaffirmé unanimement à diverses occasions par l’Assemblée nationale.

    En clair, le Québec devrait réaffirmer solennellement que n’ayant pas consenti à la loi constitutionnelle de 1982, celle-ci ne peut en aucun cas s’imposer à la souveraineté de l’Assemblée nationale dans ses champs de compétence. Qu’en vertu du principe du Peuple souverain, toute loi qui se place « sous la suprématie d’une divinité est ultra vires » en regard des lois de l’Assemblée nationale. Il est plus que temps que la loi constitutionnelle de 1982, imposée au Québec contre son gré, soit invalidée comme loi coloniale, donc inopérante, en regard de toutes les lois de l’Assemblée nationale.

    Faute de cette reconnaissance, c’est là-dessus que devrait porter un éventuel référendum.

    « Chaque Parlement revient donc la responsabilité de décider du modèle de laïcité qui convient au pays qu’il représente. », dit l’auteur. Eh bien, il faudra bien un jour que le peuple décide d’être maitre chez lui.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 08 h 35

      Canadien, Québécois ou autre, le concept des nations est dépassé et nuisible. Il faut plutôt une humanité cohérente qui se concerte, qui a une bonne compréhension de la vie et s’organise en conséquence.

      Le concept de nations a démontré plusieurs fois qu’il est nuisible.

      Les nations ne se soucient pas de l’humanité. On pourrait même dire qu’elles s’en balancent. Elles n’en ont que pour leur propre nation. Il faut des armées pour défendre leur nation… prêtent à tuer tout le monde, efficacement. Tuer tout le monde! Avec Dieu de leur côté. Overkill. De vrais fous. Le patriotisme.

      Promouvoir l’élaboration de la conscience de l’humanité n’est pas l’affaire des nations. Les nations sont de graves limites au sens commun. Le sens commun des arsenaux nucléaires. Quel sens commun développé!

      Les nations se sont établies au fil des centaines de milliers d’années, à travers d’innombrables guerres selon la conscience des époques, par des humains qui ne pouvaient avoir la cohérence et la concertation accessible aujourd’hui.

    • Hermel Cyr - Abonné 7 mai 2021 12 h 05

      Vous avez une conception étriquée de ce que c’est qu’une nation. Je vous conseille le livre de Pascal Ory (Qu’est-ce qu’une nation, 2020, Gallimard).

      Vous faites l’erreur (fréquente) de confondre nationalité et nationalisme. Comme si vous confondiez la liberté au libéralisme, la société au socialisme ou la science au scientisme. Le nationalisme exacerbé que vous décrivez est une perversion de la nationalité.

      La nation civique ne remonte pas comme vous l’affirmez à « des centaines de milliers d’années », mais tout au plus au 18e siècle et particulièrement à la Révolution française. Avant, les populations n’étaient composées que de sujets, de serfs ou d’esclaves. C’est la conscience nationale qui en a fait des citoyens. Aujourd’hui parmi les pays souverains, il n’y a que l’Arabie saoudite (propriété de la famille Saoud) et les Émirats pétroliers qui ne soient pas des nations. Alors les nations ne sont pas « dépassées » comme vous l’affirmez. Ou alors dites-nous laquelle a renoncé à sa souveraineté.

      Dans l’histoire, les nations ont combattu l’arbitraire des empereurs, des tyrans et des rois ainsi que les privilèges féodaux. Les nations ont fondé la démocratie moderne et on ne peut concevoir la démocratie politique (au niveau de l’État) en l’absence des nations. À l’inverse, les pouvoirs supranationaux ont tous été antidémocratiques (des empires antiques à l’Europe technocratique actuelle en passant par tous les régimes impériaux du moyen-âge et des temps modernes). Le grand projet internationaliste du 20e siècle (l’URSS) a aussi connu l’échec.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 16 h 52

      @ Hermel Cyr
      Merci de partager votre opinion.
      C’est le concept des nations qui est dépassé et nuisible.

      Je sais que l’humanité est menacée par des arsenaux nucléaires depuis plus de 70 ans et que tout le monde ne dit rien et fait comme si de rien n’était. Ça, c’est juste pour ce qui est de la question de la menace des arsenaux nucléaires. Si un jour, ils envoient leurs missiles, avant qu’ils n’atteignent leurs cibles, les humains diront « oh, comme ils sont fous! Ils ont envoyé leurs bombes ». Sauf que c’est chacun de nous qui aura gardé le silence pendant des décennies qui sera fautif.

      Les chefs de « nation » qui ont le pouvoir sur ces bombes qui peuvent ramener la vie sur Terre à ce qu’elle était il y a un milliard d’années ont des croyances religieuses pour expliquer le comment et le pourquoi des choses. C’est fou! Les citoyens ne disent rien parce qu’ils ont le profond sentiment d’impuissance et de non-responsabilité. On se tourne alors vers l’individualisme, ce qui empire les choses.

      Nous sommes tous des humains avec les mêmes besoins. Besoins physiologiques, de sécurité, etc. Et on marche la tête en bas.

      Vous dites : « C’est la conscience nationale qui en a fait des citoyens. » Voyez le genre de citoyens que nous sommes. Pitoyable! On ne dit rien et on ne fait rien pour renverser les bêtises et les souffrances inutiles et endémiques de l’humanité. Nous sommes incohérents et nous ne nous concertons pas. Nous manquons de rigueur dans le raisonnement. Leurs bombes atomiques vont nous étriquer bien comme il faut. Ils ne veulent pas les enlever. Ils veulent les perfectionner. Il n’y a rien de plus absurde que ces humains. Pourtant les Occidentaux sont bien plus instruits et au-dessus de leurs affaires que les gens qui vivaient il y a deux cents ans.

      Je pense que les humains devraient avoir une bien meilleure compréhension de la vie, être cohérents et se concerter pour former une humanité cohérente et concertée. Rien n’est fait pour que ce soit ainsi.

    • Simon Harvey - Abonné 7 mai 2021 17 h 16

      Bravo pour votre réponse monsieur Messier

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 18 h 09

      @ Hermel Cyr

      Nation, selon Le Robert
      1. Groupe humain assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun.

      2. Communauté politique établie sur un territoire défini, et personnifiée par une autorité souveraine.


      Il me semble que les Romains, les Égyptiens, les Grecques, les Perses, les Mongols étaient des communautés établies sur un territoire défini, et personnifiées par une autorité.

      Par exemple, Jules César et les Romains.
      Par exemple, Gengis Khan en Mongolie.

      Tiré de Wikipédia :
      « Pour les Mongols, qui le considèrent comme le père de leur nation, Gengis Khan est une figure légendaire entourée d'un grand respect. »

      Nation, selon Larousse
      1. Ensemble des êtres humains vivant dans un même territoire, ayant une communauté d'origine, d'histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique.

      2. Entité abstraite, collective et indivisible, distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 18 h 27

      @ Hermel Cyr
      Ces dernières années, on a entendu l’expression venant des États-Unis « la sécurité nationale ». L’arsenal nucléaire des États-Unis sert, je suppose, à veiller pour la sécurité nationale. Il doit en être de même pour la Russie, la Chine, la Corée du Nord, etc.

      Prêtes à tuer tout le monde! Tout le monde, efficacement.
      Ne trouvez-vous pas qu’ils exagèrent un peu ?
      Y voyez-vous une certaine logique?

  • Jean Lacoursière - Abonné 7 mai 2021 07 h 15

    Sens de la disposition de dérogation

    Bravo et merci de l'avoir rappelé clairement.

  • Cyril Dionne - Abonné 7 mai 2021 07 h 34

    Le peuple, par le peuple et pour le peuple

    D’abord merci pour cette lettre.

    Cela dit, sans passer à travers tous les excellents arguments de M. Durand, pour faire court, la démocratie se doit d’être organique et refléter les vivants. Si les citoyens québécois décident en grande majorité, voir 70%, qu’ils veulent la neutralité de l’État dans les affaires publiques, eh bien, ce sont les offices politiques qui doivent refléter les vœux du peuple. Le mur de séparation entre les religions organisées et les affaires de l’État ne doit pas être franchi en démocratie. Ce n’est pas à des entités étrangères de venir dire aux gens comment vivre et s’organiser en société. Ils ont leurs représentants qui sont choisis (votés) librement qui prennent les décisions en leur nom. L’assemblée nationale (AN) est le cœur de cette assertion. Le peuple, par le peuple et pour le peuple trouve toute sa raison d’être et nul besoin à d’en venir à dogmes et doctrines qui font office de religion juridique. Dans le préambule de la « canadian » constitution, le droit est subjugué à la suprématie de Dieu (Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit). À la suprématie d’un dieu quelconque en 2021, vous avez bien lu. Les amis imaginaires en ratissent de long en large dans ce Canada étranger.

    Tout cela pour dire que l’AN pourrait déclarer que le Québec devienne un pays indépendant demain matin. C’est le digne représentant du peuple québécois. Et cette fameuse constitution « canadian », personne ne l’a voulue et encore moins signée au Québec. Alors pour la clause nonobstant ou dérogatoire, eh bien, elle est bien « cute », mais on pourrait s’en passer dans un nouveau pays.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 08 h 45

      Le problème est la faiblesse de la conscience de l’humanité.

      Canadien, Québécois ou autre, le concept des nations est dépassé et nuisible. Il faut plutôt une humanité cohérente qui se concerte, qui a une bonne compréhension de la vie et s’organise en conséquence.

      Le concept de nations a démontré plusieurs fois qu’il est nuisible.

      Les nations ne se soucient pas de l’humanité. On pourrait même dire qu’elles s’en balancent. Elles n’en ont que pour leur propre nation. Il faut des armées pour défendre leur nation… prêtent à tuer tout le monde, efficacement. Tuer tout le monde! Avec Dieu de leur côté. Overkill. De vrais fous. Le patriotisme.

      Promouvoir l’élaboration de la conscience de l’humanité n’est pas l’affaire des nations. Les nations sont de graves limites au sens commun. Le sens commun des arsenaux nucléaires. Quel sens commun développé!

      Les nations se sont établies au fil des centaines de milliers d’années, à travers d’innombrables guerres selon la conscience des époques, par des humains qui ne pouvaient avoir la cohérence et la concertation accessible aujourd’hui.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 09 h 38

      Dieu n’est pas confiné au Canada anglais.

      Le 8 mai 2019, lors d’un point de presse, le premier ministre du Québec François Legault, catholique non pratiquant, s’est confié sur sa foi et ses croyances. Il a réfléchi. Détendu, il s’est exprimé ainsi : « Les deux théories se valent. On peut dire que Dieu existe, on peut dire que tout est un hasard, mais un hasard assez spécial, qu’il y a eu le Big Bang, la vie, les êtres humains qui pensent. Donc, les deux options se valent, il n’y a personne qui peut confirmer par la science ni une position ni l’autre. Moi, je souhaite que Dieu existe. Je pense que sinon, la vie serait injuste. Je pense aux gens qui ont eu de la misère, qui sont décédés jeunes... Moi, je souhaite que Dieu existe, mais je n’ai pas de confirmation. »

      François Legault est bourré de bonnes intentions et de compassion, mais ce qu’il dit ne reflète pas la réalité. Souhaiter que Dieu existe, comme un jeune enfant souhaite que le père Noël existe.

      Monsieur le premier ministre… Aïe! Vous n’avez pas le droit de faire cette grossière erreur de jugement! Tout le monde vous regarde. Vous déroutez l’humanité. Vous souhaitez qu’un vieux concept de la préhistoire existe pour rendre justice face à la vie et pour expliquer le comment et le pourquoi des choses.

      On compte sur la justice de Dieu pour compenser les bêtises et les souffrances inutiles et endémiques de l’humanité. On fait des prières, on fait du commerce avec Dieu. Or, c’est plutôt à nous, humains, de prendre nos responsabilités et d’augmenter notre conscience pour régler nos bêtises et nos souffrances. Pas à Dieu. Dieu n’a rien à voir là-dedans.

      Pensez à ces gens désespérés qui traversent la mer Méditerranée. Pensez à ces bulldozers qui, menés par une élite, ont poussé ces amoncellements de cadavres rachitiques et dénudés lors de la Seconde Guerre mondiale. C’est à donner la nausée. Les exemples ne finissent plus.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 mai 2021 09 h 41

      J'aimerais répondre à votre commentaire M. Messier, mais je ne sais pas de quoi vous parlez. Tout ce que je sais ce que les dieux font partis d'un royaume imaginaire. Mon petit neveu de quatre ans a aussi beaucoup d’amis imaginaires.

    • Christian Roy - Abonné 7 mai 2021 16 h 50

      @ M. Dionne,

      Si je vous suis bien... avec votre "Le peuple, par le peuple et pour le peuple"

      Le Québec n'est pas le "Peuple de Dieu."

      Une autre gang a mis un "Trade mark" là-dessus !

      J'imagine que ça doit bien faire votre affaire !!!

      Mes salutations.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 17 h 08

      @ Cyril Dionne
      J’aimerais que vous répondiez à mes commentaires, mais je ne comprends pas pourquoi vous ne savez pas de quoi je parle. Ils m’apparaissent pourtant très clairs. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas? Je parle de la faiblesse de la conscience de l’humanité, de son errance, des bêtises et des souffrances inutiles et endémiques de l’humanité. Ce sont les personnes les plus instruites qui ont pues se hisser au haut de la société. Ils sont responsables des bêtises et des souffrances inutiles.
      J’aimerais bien comprendre ce que les gens ne comprennent pas dans mes commentaires.
      Vous ou d’autres, pouvez m’écrire. J’aimerais bien comprendre les humains.
      Voici mon adresse courriel : LMES@videotron.ca

    • Cyril Dionne - Abonné 7 mai 2021 18 h 16

      Oui M. « King », les larmes de crocodiles me coulent aux yeux sachant que le Québec ne peut pas être et ne sera jamais le « peuple de dieu » ou le « peuple des élus autoproclamés wokiens », ou le « peuple choisi ». Je laisse cela aux autres en démontrant ma grande magnanimité évidemment. Ici, je parle du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

      En passant, ce qu'Abraham Lincoln voulait dire par sa fameuse allocution de Gettysburg :

      « Du peuple » fait référence à la composition du gouvernement. Cela fait référence au fait que le gouvernement est composé de gens qui viennent du peuple.

      « Par le peuple » désigne qui choisit les personnes qui composent le gouvernement.

      Essentiellement, c'est un gouvernement composé de gens ordinaires qui ont été choisis par des gens ordinaires. Ici, on ne parle pas d’un gouvernement des juges non élus.

      %$@#%^&&, je ne cesse jamais de faire de la pédagogie.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 19 h 30

      @ Cyril Dionne

      Peut-être que vous ne comprenez pas la pertinence de mes commentaires?

      Dans votre texte, vous parlez du Canada et du Québec. Vous faites une distinction.

      Les Canadiens et les Québécois sont considérés comme deux nations.

      Je ne suis pas d’accord avec le concept des nations. Il est dépassé et nuisible.

      Je pense qu’il n’est pas bien de distinguer les Canadiens et les Québécois, et les Belges, et les Américains, et les Brésiliens et les Premières Nations, etc.

      Nous sommes tous des humains avec les mêmes besoins. Des besoins physiologiques, de sécurité, sociaux, d’estime de soi, etc. Personne n’a besoin de la menace des arsenaux nucléaires. Je pense que les personnes plus instruites et au-dessus de leurs affaires devraient venir en aide à ceux qui sont dans la misère. La culture est secondaire. La vie est sauvage et sans merci, et chacun a un puissant instinct de survie. Les humains ne sont pas fins de faire des guerres, des homicides, des viols, d’avoir des arsenaux militaires, etc.

      Quant à la Charte canadienne (canadian) des droits et libertés et son préambule qui nous impressionne avec la suprématie de Dieu, au Québec, il y a aussi de nombreuses références à la religion.
      Le premier ministre du Québec n’est pas mieux avec son souhaite que Dieu existe. Je cite le premier ministre François Legault « Moi, je souhaite que Dieu existe. Je pense que sinon, la vie serait injuste. Je pense aux gens qui ont eu de la misère, qui sont décédés jeunes... »

      Monsieur Legault envoie le message qu’on peut souhaiter que Dieu existe, sinon, la vie serait injuste. Mentalité dépassée qui manque gravement de rigueur dans le raisonnement. Mentalité incohérente avec toutes les découvertes faites depuis des siècles.

      La presque totalité des dirigeants occidentaux s’identifie sans gêne à une religion, envoyant au monde entier le message que les croyances religieuses sont crédibles, qu’on peut s’y fier.

      C’est vous qui parfois utilisez le mot « misère ».

    • Cyril Dionne - Abonné 7 mai 2021 20 h 44

      Cher M. Messier, nous sommes à un chromosome près des chimpanzés. En plus, nous partageons 44% du bagage génétique d’une banane. Je crois que vous en demandez trop des humains.

      La moralité est une invention humaine afin de pouvoir survivre en société des prédateurs qui étaient plus rapides et plus puissants que nous. Un exemple de ceci, la cosangnuinité qui est vue d’un mauvais œil chez les humains. L’inceste a été banni par tous les groupes ethnoculturels parce que cela ne faisait pas des enfants forts. La fin de l’empire romain est due à cela en partie et de l’autre, à cause du plomb qui était contenu dans l’eau sans oublier l’apport des religions monothéistes et du "wokisme" antique. L’univers date de 13,8 milliards d’années et pour l’humain, notre premier ancêtre, mi-homme et mi-humain, de sept millions d’années. Nous vivons sur une planète qui se déplace à la vitesse de 30 km par seconde autour du Soleil et la Voie lactée, notre galaxie, se déplace à la vitesse vertigineuse de 630 km par seconde. Le diamètre de l’univers connu est de 93,016 milliards années-lumière, sachant qu’une année lumière est la même distance que 9 460 730 472 580,8 km. Il y a plus de 10 à la puissance 24 de systèmes solaire, soit le nombre 10 suivi de 24 zéros. Nous sommes composés d’atomes où la plupart ne sont pas de notre système solaire (seul l’hydrogène et l’hélium est originaire ou produit dans notre système solaire). Je pourrais continuer ainsi…


      Et je dis cela en toute sincérité. Je n'ai pas plus de réponses que vous.

  • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 08 h 20

    Le problème est la faiblesse de la conscience de l’humanité

    Les magistrats, les juristes et les hommes d’État ont perdu une fois de plus leur crédibilité en rédigeant et en approuvant le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés.

    « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit »

    Une pensée déconnectée de la réalité.
    Dieu est un concept de la préhistoire pour expliquer le comment et le pourquoi des choses.
    Les croyances religieuses (Dieu, les prières, les âmes éternelles, etc.) sont des concepts anthropocentriques créés lors de la préhistoire par des hommes qui voulaient trouver un sens à leur vie pénible et qui n’avaient pas accès aux découvertes qui ont été réalisées depuis des siècles et qui donnent une tout autre perspective.

    La suprématie de Dieu est la suprématie d’un artifice. Le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie d’un artifice. Le Canada et ses bondieuseries.

    La primauté du droit a vu ses débuts au Moyen Âge. La suprématie de Dieu est posée juste à côté de la primauté du droit. La primauté du droit est aussi discréditée.

    La presque totalité des dirigeants des pays occidentaux s’identifie encore à une religion. Les dirigeants, les magistrats et autres personnes en autorité envoient le message au monde entier que les croyances religieuses sont crédibles et que chacun est libre de penser comme il le veut.

    Faut-il rappeler que, depuis 7 décennies, il y ait la menace d’arsenaux nucléaires qui n’est pas l’œuvre de petits délinquants, ou criminels, mais plutôt de gouvernements, qu’il y ait des guerres, des homicides, des viols, de la pauvreté, de l’intimidation, etc.

    Nous avons la liberté d’errer dans le déni de réalité, protégée par la liberté de religions et la liberté de conscience.

    La faiblesse de la conscience de l’humanité est responsable des bêtises et des souffrances inutiles et endémiques de l’humanité.

    Les personnes très instruites sont très décevantes.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 11 h 11

      Il y a des milliards de personnes qui doivent être bien déçus des adultes.

      Quand on était de jeunes enfants, les adultes savaient tout. Ils étaient bons. Ils prenaient soin de nous et nous protégeaient. Sûrs d’eux, ils pouvaient même nous remettre à notre place, tellement ils savaient comment être et comment faire. Ils ont réussi dans tout. Des gens qui font tout pour le mieux. Des gens sur qui on pouvait compter. Papa, maman, les grands-parents, les oncles, les tantes, les voisins, les professeurs, la directrice, les curés, le pape, les policiers, les journalistes, les gens d’affaires, les avocats, les ingénieurs, les juges, les premiers ministres, les présidents, etc., ils savaient tout. Ils avaient une réponse à tout. Nous ne savions rien.

      Les adultes sont bien organisés. Il s’est instauré en nous l’idée que les personnes plus âgées que nous étaient de beaucoup supérieures et qu’il en serait ainsi pour toute notre vie. Tous ces adultes qui savaient tout, qui nous ont presque tout appris, qui ont pris soin et fait attention à nous, nous ont insufflé le profond sentiment que nous étions importants, que la vie est importante. Un respect envers eux était tout naturel. On pouvait avoir confiance à tout ce monde. Enfin, presque tout ce monde.

      Puis, en grandissant, nous avons découvert des tas de choses pas correctes et tordues.
      On découvre tous un jour les bêtises et les souffrances inutiles de l’humanité… et on ne dit rien. Tout le monde se rend compte que tout le monde ne dit rien. L’absurde est banalisé. Est-ce ça, le vivre-ensemble?

      Dans la vie, on connait toutes sortes d’expérience qui nous fait aimer la vie, qui nous fait comprendre que la vie est importante. Notre propre vie est importante. La vie des autres est importante. La vie est importante. Et bien sûr, la presque totalité des humains souhaite pour tous que tout aille bien.

    • Luc Messier - Abonné 7 mai 2021 17 h 47

      Lorsqu’on a nous-mêmes vécu des problèmes et de la misère causés par une organisation ou une mentalité déficiente, on aurait bien aimé que ces choses aient été réglées par des personnes en qui ont avaient confiance, soient les personnes très instruites, au-dessus de leurs affaires, ayant de grandes capacités et bien organisées. Mais ça n’a pas été fait.

      Les difficultés et les misères qu’on a connues sont bien petites comparativement à ce que certains vivent.

      Voir l’inertie des humains à régler les bêtises et les souffrances inutiles apporte une grande déception.

      Aujourd’hui, c’est nous qui sommes les adultes. Ça y est, nous y sommes. C’est à nous de jouer. Et les jeunes enfants nous regardent. Ils apprennent comment se comporter en nous voyant agir parfois étrangement, et en nous voyant garder le silence devant des aberrations.

      Et plus le temps passe, plus nous avons de moyens, plus nous sommes lâches de ne rien faire.
      Jamais nous ne pourrons légitimer la menace des arsenaux nucléaires sur l’humanité et la vie sur Terre. Jamais nous ne pourrons légitimer les guerres, les homicides, les viols, la criminalité, la pauvreté endémique, l’intimidation, etc. Ces bêtises existent à cause de la liberté de religion, de la liberté de conscience et de la liberté d’errer dans le déni de réalité. À cause de la faiblesse de la conscience de l’humanité.

      Ces milliards de personnes qui souffrent et qui sont dans la misère s’attendaient à des adultes éclairés et bien organisés. Ces adultes instruits et au-dessus de leurs affaires restent là, à ne rien faire et sans même se concerter pour renverser les bêtises et les souffrances inutiles.

      Aujourd’hui, il faut réclamer de tous une meilleure compréhension de la vie et de sa réalité.