Lettres: Choix de société

Au cours des dernières semaines, mon attention à été particulièrement attirée par ce que l'on pourrait appeler l'affaire CHOI-FM.

Si je me permets de m'immiscer dans ce débat, malgré le fait que je n'habite pas Québec et n'écoute donc pas cette station de radio, c'est que je considère que les répercussions de cette décision ainsi que les impacts de telles émissions vont au-delà de son auditoire. Un des arguments souvent apportés par les défenseurs de CHOI-FM est «si tu n'aimes pas ça, tu n'as qu'à changer de poste». Il s'agit du bon vieux principe de la tête dans le sable. Il est important de ne pas perdre de vue que l'impact sur la société de propos haineux, discriminatoires ou diffamatoires entendus par plus de 280 000 auditeurs, de plus sans possibilité de défense équivalente de la part des personnes lésées, est des plus négatifs. La radio représente un outil de mobilisation d'une grande importance, à preuve: le rassemblement des 50 000 manifestants pour la défense de la station. Un tel potentiel de communication oriente indubitablement la pensée collective. Toute personne peut donc, en fonction de certaines particularités, se retrouver au ban de la société. C'est pourquoi, la responsabilité des radiodiffuseurs est si importante.

À ceux qui diront que je parle sans savoir, que je ne connais pas Jean-François Fillion et André Arthur, je réponds sic et resic. Ils ne sont pas les seuls représentants de cette école de pensée, nous avons nos spécimens en région. J'ai très bien compris qu'ils sont simplement ceux qui sont allés le plus loin, qu'ils ont dépassé la limite. Si je crois que le CRTC se devait d'agir, c'est que si ces émissions deviennent la norme, plus aucun débat n'est possible.

Dans cette optique, les animateurs-vedettes de CHOI-FM nous sont présentés comme des brasseurs d'idées, comme des initiateurs de débats par leurs fans. Si ce sont là les motivations des 280 000 auditeurs, il faudrait voir comment leurs besoins de controverse et de dénonciation peuvent être comblés dans le respect des droits de chacun. [...]

Le débat actuel est important, car il contribue à établir la limite de ce que notre société est prête à accepter. C'est une occasion de décider sur quel ton se feront les débats de demain.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.