La Baie-James a enrichi à la fois le Québec et les façons de faire d’Hydro-Québec

«Au-delà des chiffres, la Baie-James est une impressionnante réalisation humaine, fruit des efforts de plusieurs générations de femmes et d’hommes, qui aura changé profondément le Québec», affirme l'autrice.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir «Au-delà des chiffres, la Baie-James est une impressionnante réalisation humaine, fruit des efforts de plusieurs générations de femmes et d’hommes, qui aura changé profondément le Québec», affirme l'autrice.

Il y a aujourd’hui 50 ans, le premier ministre Robert Bourassa lançait le projet de la Baie-James, rapidement surnommé « le projet du siècle ». Cette extraordinaire expérience collective peut aujourd’hui nourrir nos réflexions, nous inspirer et nous guider face aux défis actuels et à venir. Cela vaut particulièrement pour nos relations avec les Autochtones.

La Baie-James est un grand projet, mais il est né dans la douleur pour les communautés qui habitaient le territoire depuis des siècles. Les Cris, les Inuits et les Naskapis se sont opposés au projet et ont porté le dossier devant les tribunaux. Compte tenu de l’urgence de la situation, nos rapports ont rapidement évolué, et un premier traité moderne, soit la Convention de la Baie James et du Nord québécois, a été conclu au Canada.

Le dialogue s’est poursuivi au fil des ans, ponctué de hauts et de bas, mais surtout de progrès constants. À cet égard, la signature de « la paix des braves », une entente de nation à nation entre Québec et les Cris, constitue — avec les autres ententes qui en ont découlé — un tournant ayant permis d’établir de nouvelles bases de cohabitation et de partenariat. Au cours des décennies, des structures ont été mises en place pour maintenir le dialogue sur les questions sociales et environnementales relatives aux installations sur le territoire. Aussi, plusieurs entreprises cries ont participé aux travaux de construction, et certaines sont présentes pour l’exploitation et l’entretien de celles-ci.

Au bout du compte, ce grand projet a largement dépassé les attentes initiales. Grâce à l’énergie de la Baie-James, le Québec a été parmi les premiers à délaisser les énergies plus polluantes au début des années 1980. Aujourd’hui, pendant que d’autres pays se demandent comment « verdir » leur approvisionnement énergétique, nous misons sur une électricité renouvelable à 99 % et nous nous attaquons à l’électrification des transports.

Aussi, grâce à cette énergie, nos exportations d’électricité ont augmenté progressivement au début des années 1970 pour dépasser chaque année 30 TWh, soit la consommation annuelle de 2,8 millions de ménages aux États-Unis.

Au-delà des chiffres, la Baie-James est une impressionnante réalisation humaine, fruit des efforts de plusieurs générations de femmes et d’hommes, qui aura changé profondément le Québec. Nous devons saluer l’audace de celles et ceux qui nous ont précédés, mais aussi reconnaître le chemin parcouru avec la nation crie. Nous apprenons depuis 50 ans à être plus inclusifs, plus collaboratifs, plus à l’écoute des populations autochtones et sommes conscients qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer nos liens avec les Cris et les autres communautés.

S’il y a une grande leçon à tirer de tout cela, c’est qu’il est important de pouvoir construire des infrastructures qui vont nous propulser vers l’avenir. Mais il est tout aussi important, sinon plus, de construire des ponts entre les communautés.

2 commentaires
  • Jean Filion - Inscrit 30 avril 2021 08 h 07

    Le bouchon rocheux !

    C'est comme ça qu'on appellait Manic3 à l'époque. Beau souvenirs

  • Pierre Gaudette - Abonné 30 avril 2021 21 h 20

    Un bon début !

    Un discours qui contraste avec l’attitude plutôt cavalière des PDG de la Société d’État, autant envers la population indigène que blanche de la Province du Québec, qui ont précédé Mme Brochu aux commandes d'Hydro-Québec depuis 50 ans ! Bravo si les actions futures de celle-ci sont à la hauteur de ses paroles…!