Il faut signer rapidement le nouveau programme de sciences humaines au collégial

«Attendre plus longtemps la signature du programme ne pourrait que provoquer des retards indus et préjudiciables à nos étudiantes et à nos étudiants ainsi que de l’incertitude chez les enseignants et les enseignantes dans un contexte déjà difficile», estime les signataires.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir «Attendre plus longtemps la signature du programme ne pourrait que provoquer des retards indus et préjudiciables à nos étudiantes et à nos étudiants ainsi que de l’incertitude chez les enseignants et les enseignantes dans un contexte déjà difficile», estime les signataires.

Lettre adressée à Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur.

Le Réseau des sciences humaines des collèges du Québec voudrait ajouter sa voix à celle des enseignantes et des enseignants des programmes de sciences humaines des collèges et cégeps afin que vous signiez rapidement le nouveau programme de sciences humaines au collégial. Depuis de nombreuses années, plusieurs de nos collègues se sont efforcés, à la demande de votre ministère, de développer un programme de sciences humaines collégial qui s’inscrive dans une vision actuelle de notre enseignement. Certes, il y a des lacunes, des insatisfactions que certains soulèvent ou soulèveront lors de son implantation. Cependant, lors de la présentation de la nouvelle version du programme, celle-ci a récolté une très large acceptation au sein des disciplines de formation spécifique qui constituent le programme Sciences humaines.

Plusieurs collèges ont même, à partir de ce consensus, commencé les travaux de mise en place d’un nouveau programme, soit pour l’automne 2022, soit pour l’automne 2023. En ne signant pas le nouveau programme, le signal qui est donné est qu’il peut encore être modifié. Et ce serait, pour l’ensemble des collèges et cégeps, un message de découragement. De plus, le programme Sciences de la nature étant aussi en révision, les collèges ne pourront mener de front la réforme des deux plus gros programmes du collégial.

Certes, il existe dans le nouveau programme un cours d’histoire qui fait actuellement les manchettes. Le nouveau cours obligatoire en histoire devrait être un cours d’initiation à l’histoire, donc une rupture avec ce qui se fait actuellement au secondaire en univers social. Cela est possible de le faire avec l’énoncé de compétence actuel. Une enseignante ou un enseignant au collégial a une liberté pédagogique encadrée par le programme. Rien n’empêche, dans une approche d’introduction à l’histoire, de faire des allers et retours entre l’Antiquité et la période médiévale. Il serait aussi possible que le ministère procède à une nouvelle consultation sur la compétence spécifique du cours, si les précédentes ne les satisfont pas, sans remettre en question la structure du nouveau programme telle que présentée en octobre 2020.

Attendre plus longtemps la signature du programme ne pourrait que provoquer des retards indus et préjudiciables à nos étudiantes et à nos étudiants ainsi que de l’incertitude chez les enseignants et les enseignantes dans un contexte déjà difficile.

Catherine Allen (anthropologie, collège Ahuntsic) ; Geneviève Hébert (science politique, collège Maisonneuve) ; Manon Lelièvre (géographie, cégep Saint-Laurent) ; Jean-Louis Vallée (histoire, centre d’études collégiales de Montmagny) ; Guylaine Vignola (économique, cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu).

En date du dimanche 27 avril, déjà 150 enseignant.e.s de sciences humaines provenant de cégeps de toute la province ont signé cette lettre.

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