La relance du Canada passe par des municipalités plus vertes et durables

Rappelons qu’en 2019, 500 000 personnes sont descendues dans les rues de Montréal pour appuyer des mesures fortes en environnement.
Martin Ouellet-Diotte Agence France-Presse Rappelons qu’en 2019, 500 000 personnes sont descendues dans les rues de Montréal pour appuyer des mesures fortes en environnement.

À l’aube du budget fédéral 2021, le gouvernement doit investir afin de trouver des solutions aux crises économique, climatique et de santé publique qui frappent nos collectivités. Des investissements ciblés pour une relance juste et verte sont la seule façon de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de créer des millions d’emplois de qualité pour stimuler l’économie et de faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte.

Le Canada fait présentement face à une hausse alarmante de cas de COVID-19, qui dépassent désormais le million à l’échelle du pays. Bien que l’opération de vaccination suscite l’espoir, le chemin vers la reprise sera long. La pandémie a encore un effet sur toutes les facettes de notre vie quotidienne, tout en exacerbant les inégalités qui nécessitent des solutions immédiates.

Bien que le pays ne soit pas encore sorti du bois, il est permis d’envisager ce que l’avenir nous réserve, qui ne doit toutefois pas être un retour au statu quo.La pandémie a profondément bouleversé nos façons de faire ; si nous n’agissons pas, la crise climatique aura des répercussions aussi importantes. Le gouvernement fédéral doit donc adopter des stratégies pour faire face à ces défis, sans quoi nous nous dirigeons droit vers un mur.

C’est pourquoi nous, la mairesse de Montréal et le maire d’Edmonton, joignons nos voix à celle des maires du monde entier pour demander aux gouvernements supérieurs d’investir afin de favoriser une relance économique verte et durable, qui démarre dans les municipalités. Ensemble, les gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux devront investir pas moins de 440 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour que le Canada atteigne son objectif climatique de 1,5 °C. Des investissements urgents sont nécessaires pour accélérer la reprise, la résilience des municipalités contre les effets des changements climatiques, tout en protégeant la santé des Canadiennes et des Canadiens.

Parties prenantes de la solution

Un nouveau rapport du C40 démontre qu’en investissant dans une reprise verte et durable, le Canada pourrait créer trois millions d’emplois de qualité, sauver des milliers de vies en améliorant la qualité de l’air et en promouvant des styles de vie sains, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre des deux tiers d’ici 2030. Les municipalités font partie de la solution pour permettre d’atteindre ces objectifs ambitieux, tout en créant des milieux de vie agréables.

À quoi ressemble une relance verte et durable ? Dans les municipalités à travers le pays, cela passe par un accès à un service efficace et accessible de transport en commun électrique ou à faible émission carbone, des parcs et des espaces verts dont les gens peuvent profiter à leur guise, des sources d’énergie durable pour alimenter nos maisons et nos lieux de travail, et des édifices rénovés qui réduisent leur consommation d’énergie en étant plus résistants aux intempéries. Cela veut aussi dire des quartiers dynamiques et interreliés, où l’ensemble des gens ont accès aux services dont ils ont besoin et aux occasions d’emploi qu’ils méritent. Enfin, cela nécessite des investissements directs ciblés qui serviront à bâtir des collectivités plus durables et en santé, au moment où nous voyons la lumière au bout du tunnel de cette pandémie.

À Montréal et à Edmonton, nous faisons déjà des efforts pour accélérer la relance verte et durable. Par exemple, à Montréal, nous venons d’adopter notre Plan climat, qui vise à réduire les émissions de GES de 55 % d’ici 2030, et à rendre la métropole carboneutre d’ici 2040. Rappelons qu’en 2019, 500 000 personnes sont descendues dans les rues de Montréal pour appuyer des mesures fortes en environnement, qu’on retrouve dans le Plan climat, telles que des investissements majeurs dans les options de transport collectif et actif, la plantation de 500 000 arbres et la création de nouveaux quartiers carboneutres. À Edmonton, la Stratégie de transition énergétique proposée mènera à la mitigation des effets des changements climatiques et à la création d’emplois dans les domaines manufacturier, de la construction et des technologies en misant sur un système d’alimentation énergétique décarbonisé, en agrandissant le réseau de train léger, en électrifiant la flotte d’autobus et en créant l’un des premiers budgets municipaux du carbone au pays.

Le gouvernement canadien a déjà démontré sa volonté de faire des gestes audacieux pour lutter contre la pandémie de la COVID-19 et les changements climatiques. Le premier ministre Trudeau est une voix importante pour l’action climatique à l’international et, localement, pour l’amélioration des réseaux de transport en commun, l’électrification des flottes d’autobus et d’autres gestes qui aident l’environnement. Toutefois, ce budget est un moment charnière pour l’avenir des municipalités et devra répondre aux attentes énumérées.

Plus que jamais, des gestes ambitieux doivent être faits pour moderniser les municipalités, transformer les réseaux d’alimentation énergétique et atteindre les cibles de réduction d’émissions de GES émanant des transports. Le Parlement canadien ne doit pas céder aux pressions qui demandent de reporter ces gestes. Il y a urgence d’agir pour que le pays se remette de la pandémie de la COVID-19, et cela passe par des solutions environnementales ambitieuses au sein des villes.

Les municipalités du pays sont prêtes à travailler ensemble pour trouver ces solutions. Les citoyennes et les citoyens, les commerces et notre environnement ne méritent pas moins.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 13 avril 2021 09 h 28

    Un autre gouvernement de trop

    Ceci me rappelle le discours d’une candidate dans un concours de beauté. Elle voulait aussi que tout le monde soit beau, riche et gentil, mais sans apporter aucune solution viable et atteignable à court, moyen et long terme. Misère.

    Cela dit, la seule façon de réduire les émissions de GES est de diminuer la population. Ce n’est pas en augmentant le nombre de Québécois de façon artificielle via l’immigration que nous atteindrons le paradis carboneutre. Toutes les activités humaines produisent des GES, détruisent les écosystèmes marins et terrestres ainsi que la biodiversité qui en découle. Il n’y a aucune transition énergétique possible parce que le tout est un leurre. Toutes les énergies soi-disant vertes à part de l’hydroélectricité sont faites à partir de produits fossiles et subventionnées par les taxes de ces derniers. Vous voulez réduire les émissions de GES de 55%, eh bien, vendez de l’hydroélectricité à l’Ontario pour compenser pour ses centrales au gaz naturel. Vous savez, les GES ne connaissent pas les frontières géopolitiques des pays. Pour les soi-disant 500 000 personnes dans les rues de Montréal un certain mois de septembre 2019, eh bien, ils voulaient tous se faire voir et ils ont apporté leurs téléphones intelligents en piétinant la végétation sous leurs pieds dans leur marche vers le paradis vert tout en ayant garé leur camion 8 cylindres aux différentes stations de métro.

    Vous savez, en région, nous n’avons pas à planter des arbres et nous avons déjà des quartiers carboneutres. Vous savez, le télétravail fait omission de tous les transports en commun de la planète et les tours de Montréal qui appartiennent à Teachers’ et le crime organisé. Vous savez, le dépeuplement de Montréal avance à grande vitesse. Vous savez, les régions en ont ras-le-bol de donner leur argent à des métropoles qui pensent à des projets grandioses comme des stades base-ball subventionnés par les autres.

  • Nadia Alexan - Abonnée 13 avril 2021 10 h 37

    Les belles paroles ne suffisent pas, monsieur Trudeau.

    Il faudrait que Justin Trudeau commence son appui à la réduction des effets de serre en mettant fin aux subventions fédérales faramineuses, dans les milliards, aux pétrolières qui propagent les énergies fossiles.
    Il pourra alors dépenser ces fonds dans les énergies propres.

  • Jérôme Faivre - Inscrit 13 avril 2021 23 h 05

    Du Anne Hidalgo pure laine

    À 22 heures, deux commentaires après publication ce 13 avril: on sent l'enthousiasme populaire !

    Et oui, quand les créatures des Provinces se prennent pour des Cité-états, ça donne ça.

    Et si on ne mentionnait pas le nom des villes en question, le texte est adaptable sans problème à n'importe quelle ville du Québec, du Canada ou du monde.

    Allez, j'en rebeurre une couche sur la tartine: «La relance de Montréal et du Canada (et d'un peu tout) doit «reposer sur l’humain», être verte et inclusive, favoriser une économie locale forte et ouverte sur le monde, valoriser le savoir, la créativité et l’innovation».

    Bon, OK, je l'avoue, ça je l'ai recopié dans l'éditorial de Brian Myles de cette semaine, mais ça aurait pu se copié-coller facilement ici.

    Certes, on veut parler du budget fédéral, mais à noter que les mots «Québec» ou «Alberta» sont absents. Non, c'est MONtréal et JE parle au monde. Comme 2-Gaulles (nouvelle orthographe inclusive) clamait «les français parlent aux français», ici on n'a pas peur non plus: «joignons nos voix à celleS (il faut un S !) des maires [et alors les mairesses ? ] du «monde entier»». Ouf, rien que ça !

    Sinon, en lisant ce texte, on pense à Paris, tant le propos ressemble à celui de Mme Anne Hidalgo, la mairesse de Lutèce.

    Il y a d'ailleurs en ce moment à Paris une campagne assez efficace pour dénoncer la gestion déplorable de la propreté dans la capitale française.

    Réponse de la mairesse française: elle dénonce «une action coordonnée de «l'extrême droite» pour salir son image».

    Heureusement que ce n'est pas comme ça chez nous !

    La propreté de la ville de Montréal et autres dossiers municipaux sont gérés parfaitement. C'est un vrai rayonnement international qui attire les investisseurs comme des mouches.

    Et puis, attention, finalement même défi qu'à Paris: quand on se prend pour une Cité-état, l'hubris municipal peut parfois jouer des tours aux vestales.

    À suivre et, bonjour aux edmontoniens et edmontoniennes.