Pour le certificat international de vaccination

«Des pays comme l’Islande, le Danemark et Israël (en photo) ont déjà pris les devants», rappellent les auteurs. 
Photo: Jack Guez Agence France-Presse «Des pays comme l’Islande, le Danemark et Israël (en photo) ont déjà pris les devants», rappellent les auteurs. 

La vaccination contre la COVID-19 est bien engagée. Tel un rouleau compresseur, elle avance, trop lentement au goût de certains, mais inexorablement. Chaque semaine, un proche, un voisin, un collègue, un client confirme qu’il s’est fait vacciner et qu’il cessera sous peu de poser un risque de transmission du virus. Si la prudence demeure de mise, nous devons aussi regarder vers l’avant et examiner comment nous pourrons encadrer le retour aux activités.

Parmi toutes les questions se posent celles de rétablir la possibilité de voyager à l’étranger et de recevoir ici des visiteurs, sans imposer à tous des quarantaines inutiles pour les individus vaccinés. Réfléchir à ces deux questions, c’est inévitablement arriver à la conclusion que nous devrons pouvoir savoir qui a été vacciné, tant pour ce qui est des Canadiens qui souhaiteront voyager que pour les visiteurs internationaux qui voudront venir au pays.

Tous s’entendent pour dire que la vaccination permettra de rouvrir de façon contrôlée les déplacements internationaux. À lire ce qui se prépare, on constate que nous ne serons les bienvenus ailleurs que si nous pouvons démontrer que nous avons été vaccinés.

Les raisons de renouer rapidement avec la possibilité de voyager sont nombreuses. On peut penser à la nécessité de rétablir un certain niveau d’activité dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et du transport aérien, ainsi qu’aux milliers d’entreprises et aux centaines de milliers de travailleurs pour qui la réouverture des frontières est la seule véritable clé pour assurer leur pérennité. Le retour des touristes accélérera la relance des activités culturelles et sportives ainsi que des centres-villes, particulièrement éprouvés par la pandémie.

Mais il y a plus. Combien d’entreprises et d’emplois dépendent de ces contrats internationaux avec des clients et des fournisseurs qu’on n’a pas vus en personne depuis un an ? Combien de contrats seront à risque si nous ne pouvons leur rendre visite bientôt, alors que nos concurrents des autres pays pourront, eux, se déplacer ?

Combien d’entreprises dépendent également de la disponibilité de talents qui se font rares ici ? Combien d’investisseurs choisiront de s’établir ailleurs parce que nous n’aurons pas trouvé la façon de les accueillir aussi efficacement que des pays avec lesquels nous sommes en concurrence ? Combien d’étudiants étrangers choisiront de poursuivre leur parcours scolaire ailleurs que dans notre métropole, pourtant réputée comme ville universitaire de calibre international ?

Ça bouge ailleurs dans le monde

Que l’on soit au Canada, dans l’Union européenne ou en Islande, les enjeux sont essentiellement les mêmes.

Aucun pays ne veut mettre en péril la protection des données et des libertés individuelles. Aucun pays ne veut non plus poser des gestes qui auraient des conséquences négatives en matière de santé publique. Des pays comme l’Islande, le Danemark et Israël ont déjà pris les devants. D’autres, comme la Suède, comptent aller de l’avant dans les prochains mois. Des pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, dont l’Indonésie, Singapour et les Philippines, discutent de l’idée d’assouplir les restrictions aux frontières pour les voyageurs qui ont été vaccinés.

Cela est d’autant plus important que des bulles se forment. Des pays, dont ceux du G7, discutent d’ententes sur la base d’un passeport vaccinal, en vue de faciliter la circulation des individus. Le projet de passeport mis en avant par la Commission européenne vise bien entendu tous ses pays membres. Déjà, Israël, la Grèce et Chypre ont signé une entente à cet effet.

Faire preuve de leadership

Nous devons développer ici sans attendre une preuve officielle et légitime de notre vaccination qui sera également reconnue ailleurs, tout comme nous exigerons des visiteurs qu’ils aient cette même preuve pour entrer au pays sans devoir se soumettre à une quarantaine.

C’est l’occasion d’exprimer notre leadership. S’il s’en trouve pour critiquer cette mesure de peur qu’elle ne brime le droit à la vie privée, la réponse est simple : l’obtention du certificat de vaccination sera volontaire. Ceux qui s’en priveront devront simplement se soumettre à une quarantaine encadrée s’ils voyagent, tout en sachant qu’ils seront sans doute interdits d’entrée dans plusieurs pays.

Il faudra aussi une collaboration efficace des deux ordres de gouvernement. C’est au provincial qu’on vaccine, mais c’est sans doute au fédéral que reviendra la responsabilité d’adhérer à un protocole international reconnu de certification et d’assurer la rigueur de son application.

Le véritable enjeu n’est pas de déterminer si nous devons mettre en place un tel certificat, mais de nous assurer d’être parmi les premiers pays à le développer et à l’adopter. Faisons preuve, dès maintenant, de vision et de détermination pour bien encadrer la réouverture de nos frontières dans les plus brefs délais.

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