Plus que jamais les données probantes? Pas si sûr.

«Pour assurer une disponibilité maximale des adultes en classe au fur et à mesure que les difficultés grandissent, on pourrait aussi ajuster le ratio maître / élèves au fur et à mesure qu’on approche de la diplomation», écrit l'auteur.
Photo: Lincoln Beddoe Getty Images «Pour assurer une disponibilité maximale des adultes en classe au fur et à mesure que les difficultés grandissent, on pourrait aussi ajuster le ratio maître / élèves au fur et à mesure qu’on approche de la diplomation», écrit l'auteur.

Je lis régulièrement les chroniques de Normand Baillargeon dans Le Devoir. Nos points de vue sur différentes questions en éducation scolaire se rejoignent souvent parce que nous nous en allons sensiblement dans la même direction. Mais voilà que j’ai failli trébucher en lisant sa dernière, « Les données probantes, plus que jamais » (Le Devoir, 13 mars 2020).

Données probantes, mais qu’est-ce à dire ? Si cela veut dire que l’enseignant doit tenir compte de l’apport des données probantes dans la construction de sa pratique, j’embarque, mais à une condition. Que cette approche dite des données probantes soit plus inclusive que celle que préconise Baillargeon, laquelle est, pour ce que j’en comprends, réduite son acception empiriste telle qu’illustrée, par exemple, par le modèle de l’essai contrôlé randomisé fréquemment utilisé en médecine expérimentale. Dans la construction d’un répertoire de données, on devra aussi faire une place importante au sens clinique, à l’expérience et à ce que Margaret Mead appelle la socialisation cofigurative, soit la socialisation entre pairs quelle qu’en soit la forme : stages, compagnonnage, etc.

Là où j’ai le plus de difficulté à suivre mon collègue, c’est quand il suggère de prendre exemple sur la médecine et ajoute que pour « pouvoir décider de ce qu’il convient de faire, il nous faut disposer d’un tableau précis du rendement des élèves, [ce qui requiert…] une culture de rigueur et des données probantes ».

Disposons d’abord du rapprochement avec la médecine. Des courants récents de pratique médicale ont déjà commencé à prendre leur distance vis-à-vis de l’evidence based medecine [EBM] au profit d’une pratique recentrée sur le patient plutôt que sur le traitement et qui fait notamment appel à l’expérience et au sens clinique. De plus, la médecine a une solide tradition de recherche comme en fait foi, par exemple, la publication dès 1866 de l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale de Claude Bernard. À cela s’ajoute que la médecine s’est construit une forte épistémologie qui permet de mieux arbitrer les débats scientifiques en les nettoyant de leurs dérives idéologiques. Ce qui n’est pas du tout le cas de la recherche en sciences de l’éducation.

Un autre passage sur lequel j’ai buté est celui qui amène l’auteur à citer Bissonnette et Boyer, qui préconisent de mettre en place un système de gestion rationnelle axé sur les résultats pour « permettre une implantation rigoureuse et rationnelle de ce qu’on préconise ». Et vlan ! En fait, et contrairement à ce que ces chercheurs prétendent, ce qu’ils préconisent revient au même par rapport à ce que nous avons vécu avec les réformes précédentes qui, elles aussi, prétendaient reposer sur des données probantes, même si on ne les appelait pas ainsi à l’époque.

Ce qui s‘est produit dans tous les cas, c’est qu’une fois mise en place sur des bases autoproclamées probantes, chaque réforme passait le rouleau compresseur sur les vestiges de la précédente, nivelant et standardisant tout sur son passage, dépossédant et aliénant l’enseignant de son métier aux dépens de son indispensable autonomie professionnelle, l’assujettissant à des guides d’action et à des manuels de l’usager de manière à en faire un fidèle exécutant, accroissant ainsi sa dépendance vis-à-vis des cahiers de charge du ministère. L’exemple récent le plus patent à cet égard est encore celui de l’approche par compétences et du socioconstructivisme qui furent parmi les diktats pédagogiques qui ont le plus contribué à fragiliser la condition enseignante.

À cela s’ajoute que, d’un point de vue épistémologique, je suis d’avis que toute forme de standardisation dans l’établissement de données probantes à l’échelle du Québec en vue de standardiser par la suite les pratiques éducatives revient à accorder une confiance déraisonnable et démesurée à la forme d’empirisme sous-jacente à cette conception des données probantes.

Après avoir passé plusieurs années dans le circuit de la recherche subventionnée lourdement dominée par une version dogmatique du positivisme, je suis devenu partisan d’une approche plus humaine, plus souple et surtout qui fait davantage confiance aux enseignants. Je l’appelle provisoirement clinique par analogie à l’enseignement clinique médical et en ce sens qu’elle se construit auprès de l’élève.

En ce qui a trait à la formation initiale, l’accent serait mis sur la formation pratique, qui compterait pour au moins deux années sur quatre et s’exercerait surtout en compagnonnage. Il faudrait hausser appréciablement les exigences d’admission aux études. On demanderait aussi à chaque candidat de fournir l’attestation d’une expérience d’au moins un an en milieu scolaire comme « assistant d’éducation ». Cela permettrait une première appréciation des dispositions pédagogiques du candidat avant même son admission aux études pédagogiques.

Il faudrait par ailleurs apporter le plus grand soin à la composition de l’équipe-classe de manière à ce qu’il y ait toujours en classe au moins un adulte qui peut s’occuper des problèmes d’un élève au fur et à mesure qu’ils se présentent. Elle serait donc composée de plusieurs personnes, soit un titulaire, un stagiaire avancé, un stagiaire débutant et un ou deux « assistants d’éducation ». Pour assurer une disponibilité maximale des adultes en classe au fur et à mesure que les difficultés grandissent, on pourrait aussi ajuster le ratio maître / élèves au fur et à mesure qu’on approche de la diplomation. Comme cela se fait en Finlande, où moins de 1 % de chaque cohorte quitte la scolarité obligatoire sans diplôme. Qui dit mieux ?

***

Réponse du chroniqueur :

Votre lettre nous déçoit beaucoup en raison du manque de maîtrise des concepts dont vous traitez qu’elle démontre et de ses grandes faiblesses argumentatives.

Les données probantes, par exemple, n’impliquent aucunement, comme vous le sous-entendez, l’absence de prise en compte de la personne et de ses particularités : et cela, tout médecin et tout pédagogue connaissant un tant soit peu la question le savent et n’oseraient en faire une telle caricature.

Elles ne sont pas non plus arbitrairement choisies et décrétées comme telles : c’est la multiplication des recherches crédibles qui confère ce statut, plus encore si les résultats obtenus convergent avec ceux d’autres sciences, comme les sciences cognitives.

À ce propos, contrairement à ce que vous affirmez, et c’est gravissime, la récente réforme scolaire ne pouvait et ne peut absolument pas se réclamer des données probantes, puisqu’elle était et reste en flagrante contradiction avec ce que celles-ci enseignent. Et c’est pour cela qu’elle a été décriée.

On continuerait longtemps. Mais le fait est que votre lettre nous rappelle une fois de plus que les sciences de l’éducation sont littéralement imprégnées de légendes pédagogiques et de théories pseudoscientifiques (styles d’apprentissage, pédagogie de la découverte, constructivisme — parfois même : radical —, approche par compétences, et bien d’autres). L’antidote, qu’on n’a que trop tardé à administrer, passe par la science et les données probantes qu’elle permet de générer.

L’approche humaniste que vous semblez préconiser s’en trouvera enfin mieux assurée, ce dont bénéficieront au premier chef les enfants, tout particulièrement ceux qui proviennent de milieux plus fragiles ou moins favorisés et qui sont ceux qui pâtissent le plus des errances des sciences de l’éducation.

Normand Baillargeon, Steve Bissonnette et Christian Boyer

31 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2021 07 h 42

    « Le réaliste, s’il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même » Guy de Maupassant

    Bon. Encore le paradis éducationnel de la Finlande. Il y a peut être seulement 1% qui quitte l’école sans diplôme, mais il faudrait aussi se demander quel est la valeur de ce diplôme. Les élèves québécois sur les tests de PISA surpassent ceux de la Finlande même si celle-ci compte presque seulement la moitié de la population du Québec. En plus, la population finlandaise est plus homogène. Mais personne ne pose la question suivante : Si c’est un paradis sur terre, pourquoi il y a tant de Finlandais qui émigrent vers d’autres pays dont le Canada?

    Ceci dit, il ne faudrait pas faire un parallèle entre la médecine et la pédagogie. C’est comparé des poires avec des oranges. Mais du même coup, oui il faut standardiser les méthodes d’évaluation afin qu’on ait une vision juste de l’apprentissage. Là où je suis d’accord avec M. Baby est sur : « l’exemple récent le plus patent à cet égard est encore celui de l’approche par compétences et du socioconstructivisme qui furent parmi les diktats pédagogiques qui ont le plus contribué à fragiliser la condition enseignante ». Le socioconstructivisme est une aberration en éducation. L’enfant n’apprend pas à partir de ses expériences antérieures puisqu’elles n’existent pas et sont à construire.

    Pardieu, les données probantes sont essentielles. Plusieurs oublient que le premier but de l’enseignant, eh bien c’est d’enseigner des connaissances et des compétences à ces élèves ou étudiants. Mais ce concept d’équipe classe, dans la théorie c’est beau, mais dans la pratique irréalisable. Diantre, vous avez la moitié des écoles québécoises qui n’ont même pas de système de ventilation en temps de pandémie.

    Mais j’aime bien la réponse de MM. Baillargeon, Bissonnette et Boyer. Oui, les données probantes impliquent la singularité de la personne. Cette approche préconisée nous parvient des résultats des recherches basées sur des faits observables, vérifiables et reproductibles. L’enseignement n’y échappe pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 avril 2021 10 h 39

      Données probantes : « la moitié des écoles québécoises qui n’ont même pas de système de ventilation en temps de pandémie.» L'autre moitié est infestée d'alphanébêtes fctionnels..

      Ceci dit, la réplique des auteurs est si véhémente qu'on résiste mal au soupçon qu'elle soit dirigée moins à l'encontre des idées qu'à son auteur.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2021 12 h 46

      C'est sûr que les philosophes aux sciences molles qu'on appelle « fake science » dans le jargon commun universitaire ne seront pas content de l'approche qui a fait ses preuves intemporelles, soit les données probantes en éducation. Évidemment, tous les critiques n'ont jamais enseigné à l'école primaire ou secondaire, mais du haut de leur tour d'ivoire, ils aiment bien nous faire la leçon. Nous sommes bien à l'époque « wokienne » des ouï-dire, des ressentis et des émotions.

    • Sylvain Lévesque - Abonné 2 avril 2021 13 h 04

      M. Maltais Desjardins,
      Riche omission orthographique : "fctionnels".
      La forme habituelle voudrait que vous ayez fait référence aux analphabètes fonctionnels. Pour ma part j'y ai lu une formule inédite : analphabètes fictionnels. En plus, ça correspond à votre véritable idée.
      Belle trouvaille !

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 avril 2021 18 h 21

      La première vertu des données « probantes », c'est leur pertinence, soit le fait qu'elles peuvent éventuellement « prouver »... ce qu'on veut. Parlez-en aux pharmaceutiques qui inondent les cabinets de médecins d'études démontrant l'efficacité et l'innocuité de leurs remèdes. Qui oserait les suspecter de biais de sélection, n'est-ce pas ? Heureusement, tous les docteurs ne sont pas hypnotisés par le dogme de le EBM. Heureusement aussi, il y a encore des enseignants qui, toute révérence gardée envers monsieur Baillargeon et ses amis ne souscrivent pas avec enthousiasme au dogme nouveau destiné à écraser l'ancien sous le poids de l'evidence, comme on dit en chinois.

    • Michel Petiteau - Abonné 2 avril 2021 21 h 57

      Mon commentaire est resté huit heures sur la glace. Je me décide enfin à le soumettre. Ce faisant, je ne me soucie pas d’emprunter le chemin des données probantes. Je réserve la preuve aux démonstrations mathématiques, hors toute expérience.

      Cyril Dionne: “... il ne faudrait pas faire un parallèle entre la médecine et la pédagogie. C’est comparé - sic - des poires avec des oranges.”

      Les poires et les oranges méritent au contraire d’être comparées: les deux ont des pépins. Des pépins, j’en ai rencontré quelques-uns lors de mes contacts avec la médecine et la pédagogie.

      La citation de Maupassant témoigne de votre érudition, M. Dionne, mais elle tombe à plat. Maupassant est un écrivain. Ses nouvelles sont de la fiction.

      Sa nouvelle la plus célèbre, célébrée par Flaubert, est Boule de suif. C’est une des six nouvelles écrites par six écrivains qui se réunissaient, chez Zola, lors des soirées de Médan (https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Soir%C3%A9es_de_M%C3%A9dan). Cette époque est aussi celle de Jules Verne, qui n’est pas connu pour ses données probantes, mais pour sa merveilleuse faculté d’anticipation.

      Maupassant a raison. Donner de la vie une “ … vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même ...”, tel est le rôle du roman et de la nouvelle, mais je préfère de loin la fiction de Maupassant à la prose de Normand Baillargeon. Les mots se prêtent mieux à la fiction qu’à la démonstration. Les premiers récits parus sur terre sont les mythes. Ce sont des œuvres de fiction. Ils n’ont pas vocation à fonder l’Histoire, encore moins la science.

      Boule de suif (https://fr.wikipedia.org/wiki/Boule_de_Suif), la nouvelle proposée par Maupassant, a des échos très contemporains, alors que des jeunes, et des moins jeunes, sont l’objet d’abus sexuels, notamment de la part de médecins et de profs.

      La santé et l'éducation, deux enjeux du pouvoir.

  • François Jouvet - Inscrit 2 avril 2021 11 h 08

    La foi

    Je suis toujours surpris de constater à quel point les gens ont foi (je soulignerais, italiquerais et noircirait ce dernier mot) dans le système d'éducation. Mais y a-t-il quelqu'un parfois qui se pose le question du sens de ce qu'apprennent les jeunes? Pour l'avoir oublié, on fait de l'école (surtout privée) un milieu carcéral où l'on forme scientifiquement de bons bureaucrates qui obéissent aux consignes. Je préfère le désordre vivant d'une école publique aux exigences rationnelles fondées sur des données probantes.

    Que voulez-vous, je n'y crois pas, moi, en l'éducation secondaire telle qu'on la pratique aujourd'hui. Ce n'est pas pour rien que je suis un décrocheur ayant terminé ses études aux adultes... Aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours vécu librement.

    Un philosophe observant les écoles de l'intérieur...

    • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2021 12 h 36

      Je suis un pragmatiste qui a observé aussi les écoles de l'intérieur puisque j'ai enseigné. Les jeunes apprennent ce qu'ils veulent parce que personne ne peut les forcer de le faire. Ils ne sont pas des professionnels. Le chahut, c'est peut être beau dans certains esprits idéalistes, mais personne n'apprend dans ces milieux. Pour cela, il faut avoir enseigné pour comprendre.

  • Daniel Francoeur - Abonné 2 avril 2021 11 h 39

    Quand Dieu parle, aucune argumentation n’est tolérée.

    Personnellement, ce qui me déçoit c’est la condescendance affichée des répondants : « Votre lettre nous déçoit beaucoup en raison du manque de maîtrise des concepts dont vous traitez qu’elle démontre et de ses grandes faiblesses argumentatives ».

    De plus, puisqu’on parle du domaine de l’éducation, j’attire votre attention sur la section « Réponse du chroniqueur », puisque les répondants sont au nombre de trois, leur nombre ne devrait-il pas se refléter dans le titre. Prêcher par l’exemple d’un français correct ne peut qu’ajouter à la crédibilité du propos des répondants.

    Considéré globalement, étant donné que le mimétisme organisationnel, méthodologique et procédural, constitue souvent une réponse simpliste à la complexité des problématiques, il me semble qu’il faut se méfier de la simple transposition des recettes miracles, en proclamant haut et fort qu’il n’y a pas d’alternative. N’est pas ce simplisme argumentaire qu’on nous sert à outrance dans tous les domaines et à tous les niveaux pour justifier l’absence de réflexivité ?

    Sur ce, j’invite le triplet des chroniqueurs à poursuivre, plus humblement, leur réflexion et surtout le dialogue constructif. En effet, l’histoire de la marche vers le savoir a démontré à maintes reprises que ce qui est preuve, ou évidence, à un instant peut être réinterprété comme étant aberration plus tard. L’interprétation des données est dont tributaire des paradigmes dominants et surtout des intentions des acteurs.

    Bonne continuité !

    • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2021 13 h 09

      « Considéré globalement, étant donné que le mimétisme organisationnel, méthodologique et procédural, constitue souvent une réponse simpliste à la complexité des problématiques, il me semble qu’il faut se méfier de la simple transposition des recettes miracles, en proclamant haut et fort qu’il n’y a pas d’alternative. » Et encore : « L’interprétation des données est dont tributaire des paradigmes dominants et surtout des intentions des acteurs. » Tout cela, ça mange quoi en hiver dans les salles de classe?

      Voilà pourquoi on ne se retrouve plus en éducation avec toutes ces phrases savantes. Ceci me fait penser au socioconstructivisme universitaire qui prévalait à l’école des sciences de l’éducation où les professeurs en devenir devaient s’asseoir sur leur siège, prendre des notes et régurgiter la même diatribe sur les examens et les travaux pour avoir une note décente. La dissension n’était pas permise ou tolérée dans l’acquisition des dogmes idéologiques enseignés par les élus autoproclamés des sciences de l’éducation. Venant d’un milieu de haute technologie, je n’en croyais pas mes oreilles d’entendre de telles sottises de façon journalière. C’est pour cela, une fois mes études terminées en sciences de l’éducation, j’ai foutu tous mes travaux à la poubelle pour faire table rase et là, j’ai commencé ma carrière d’enseignant avec succès.

      En passant, dans le jargon clair-obscur qui nous rappelle plutôt l’intelligence militaire ou policière, lorsqu’on parle de « sciences » de l’éducation, n’est-ce pas une contradiction? Le diable est toujours dans les détails.

  • Françoise Armand - Abonnée 2 avril 2021 11 h 47

    Une mise au point qui s'imposait - GRAND MERCI M. BABY

    Cher Monsieur Baby, je ne peux qu'approuver votre mise au point et effectivement, la réplique véhémente des auteurs traduit la difficulté à aborder ces questions avec la nuance et la rigueur souhaitables. Le monde du préscolaire, avec la parution du programme-cycle subit actuellement cette tendance à imposer sur la base d'analyses incomplètes de "données probantes" des pratiques telles que l'enseignement systématique et décontextualisé des lettres dès 4 ans. Voir cette récente méta-analyse qui montre clairement les limites de cette approche : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0885200619300067?via%3Dihub.
    Encore une fois, oui, à soutenir l'apprentissage des lettres mais avec des situations de développement et d'apprentissage qui sont adaptées aux caractéristiques des jeunes enfants. Faisons confiance aux chercheurs et acteurs de terrain : Voir https://www.ledevoir.com/opinion/idees/596954/la-saga-du-programme-cycle-d-education-prescolaire-la-parole-aux-experts-la-saga-du-programme-cycle-d-education-prescolaire
    ou encore : https://www.latribune.ca/chroniques/des-tout-petits-et-des-lettres-b25df69d1844803bce6c6024f3ceca17?fbclid=IwAR1JvOe7muJnHg2r2o0NgPiqiDfPqPyprrA9DjP5rcYttLTZVelYmGDOpW4&utm_campaign=latribune&utm_medium=article_share&utm_source=facebook

  • Marc Therrien - Abonné 2 avril 2021 12 h 47

    De la pratique réflexive scientifique avant de la science appliquée


    J’imagine que messieurs Baby et Baillargeon s’entendraient pour dire tout comme Rabelais, il y a bien longtemps avant que ne s’accélère le développement du marché concurrentiel de la recherche universitaire et de ses données probantes, que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et qu’en tout respect de l’esprit sceptique qui fonde l’esprit scientifique, il est bienvenu de cultiver une pratique réflexive qui, ne reniant pas la part d’art qui la compose, est capable d’identifier les limites de la science et ainsi, de se prémunir de la dérive vers un scientisme dogmatique.

    Marc Therrien