Diriger «Le Devoir» est un immense privilège

«Grâce à l’inventivité du personnel et à l’adhésion de notre communauté de soutien parmi les lecteurs et les donateurs, nous avons fait la démonstration que le modèle d’abonnements est viable pour soutenir le journalisme», souligne, le directeur du «Devoir», Brian Myles.
Photo: Catherine Legault Le Devoir «Grâce à l’inventivité du personnel et à l’adhésion de notre communauté de soutien parmi les lecteurs et les donateurs, nous avons fait la démonstration que le modèle d’abonnements est viable pour soutenir le journalisme», souligne, le directeur du «Devoir», Brian Myles.

C’est avec un enthousiasme renouvelé que je poursuis mon mandat à la direction du Devoir. Diriger ce média unique dans le paysage québécois constitue un immense privilège. La vie dans un quotidien en pleine transformation numérique n’est pas de tout repos, mais sur les plans tant professionnel et personnel qu’intellectuel, l’aventure en vaut la peine.

Je profite du moment pour remercier chaleureusement les membres du comité de renouvellement avec qui j’ai pu m’entretenir sur les perspectives d’avenir du Devoir. Merci aux trois fiduciaires (Anne Joli-Cœur, Pierre Noreau et Pierrette Rayle), aux trois administrateurs du Devoir (André Forgues, Lucie Rémillard et André Véronneau), et au président du conseil du Devoir, André Ryan. Ils ont rempli ce rôle avec professionnalisme et un souci marqué pour la pérennité de notre institution.

Les éloges qui me sont réservés aujourd’hui me remplissent de fierté, mais ils me rappellent à un devoir de modestie et d’humilité. Le « premier dirigeant » d’une entreprise n’accomplit rien sans le soutien d’une équipe solide. Je peux m’appuyer sur la compétence et la loyauté des membres du comité de direction (Christianne Benjamin, Marie-Andrée Chouinard, Sylvain Coutu, Caroline Marcaillou et Stéphane Roger). J’ai aussi la chance de compter sur un président de conseil exceptionnel en la personne de Me André Ryan et sur des administrateurs bénévoles convaincus de la force de notre modèle d’affaires fondé sur l’abonnement.

Le Devoir vit une situation unique qu’une nouvelle employée a résumée en trois « E » : embauches, envol numérique, ébullition. Grâce à l’inventivité du personnel et à l’adhésion de notre communauté de soutien parmi les lecteurs et les donateurs, nous avons fait la démonstration que le modèle d’abonnements est viable pour soutenir le journalisme. En l’espace de cinq ans, les revenus issus de l’abonnement numérique ont progressé de 84 %, et nous comptons désormais plus d’abonnés à nos éditions numériques qu’à nos éditions imprimées.

Le Devoir est rentable, résultat d’une gestion prudente et d’un usage judicieux des crédits d’impôt pour soutenir le journalisme. Avec l’appui du conseil d’administration, nous comptons utiliser cette marge de manœuvre afin d’augmenter la quantité et la diversité des contenus offerts aux lecteurs et lectrices au cours des prochaines années. Sans renoncer aux sujets « nichés » qui ont fait sa marque de commerce, Le Devoir doit élargir ses horizons et aller à la rencontre des intérêts et des besoins d’une communauté plus large. Nous le ferons dans le respect de nos traditions de rigueur, de qualité et d’indépendance de l’information.

Et dans cinq ans ? Le Devoir sera toujours là, plus riche et plus dynamique que jamais. Nous procurerons un espace d’information et de débat des affaires publiques favorisant la compréhension du monde qui nous entoure, le choc des idées et la diversité des opinions. Dans le respect de notre mission, nous défendrons la vitalité de la société québécoise, distincte par sa langue et sa culture. Nous encouragerons à notre manière la participation au débat démocratique pour tous les Québécois qui aspirent à bâtir l’avenir.