Le mandat du directeur Brian Myles est reconduit pour cinq ans

En 2020, ce sont plus de 20 nouveaux contributeurs qui se sont joints à l’équipe de la rédaction, une croissance exceptionnelle dans le contexte que nous connaissons.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En 2020, ce sont plus de 20 nouveaux contributeurs qui se sont joints à l’équipe de la rédaction, une croissance exceptionnelle dans le contexte que nous connaissons.

En juin 2019, nous annoncions en ces pages que Le Devoir avait parachevé la modernisation de sa gouvernance en mettant en place la Fiducie Le Devoir. Ce dernier jalon de la transformation juridique du Devoir faisait suite au dépoussiérage de sa structure de capital et à l’injection de nouveaux fonds par plusieurs généreux investisseurs patients. Les éléments fondamentaux ayant permis au Devoir d’occuper un rôle prépondérant dans le paysage médiatique québécois depuis plus de 100 ans ont par ailleurs été reconduits avec soin dans ce contexte. Le Devoir pouvait ainsi continuer d’offrir à son auditoire un journalisme rigoureux et indépendant, tout en promouvant la nation québécoise et la langue française.

Au sens strict, la Fiducie Le Devoir détient 50 % + 1 des actions avec droit de vote du Devoir inc., société qui exploite Le Devoir. Elle confie ses actions au directeur pour la durée de son mandat. Ce mécanisme simple et intelligent, imaginé par Henri Bourassa et ses acolytes lors de la fondation du Devoir, a été maintenu tel quel. Le mandat du directeur du Devoir est d’une durée de cinq ans et il peut être renouvelé deux fois. Un comité est mis en place pour mener ce processus. Avant d’en annoncer la conclusion, il est utile de revenir sur le chemin parcouru depuis cinq ans.

Un premier mandat remarquable

Le 8 février 2016, Brian Myles est entré en fonction comme directeur du Devoir. Il succédait à Bernard Descôteaux et à une lignée impressionnante de dignes porteurs de la mission du Devoir. Bernard avait passé 42 années au Devoir, dont les 16 dernières à sa direction. Son héritage est considérable et son œuvre continue de marquer l’institution à ce jour. Bernard savait par ailleurs que Le Devoir devait se réinventer pour affronter la crise majeure à laquelle les médias font toujours face.

C’est dans ce contexte que Brian Myles est revenu au Devoir. Il s’agit bien d’un retour, car il y avait œuvré pendant près de 20 années à titre de journaliste. Ses papiers fouillés et ses analyses éclairées avaient laissé une impression très favorable à ses collaborateurs et aux lecteurs du Devoir. Son passage à la tête de la FPJQ fut aussi remarqué. Après une année à l’UQAM à titre d’enseignant au programme spécialisé en journalisme, Brian revenait ainsi chez lui par la grande porte.

Depuis cinq ans, sous l’impulsion de Brian, Le Devoir s’est transformé en profondeur pour accélérer sa mutation d’un journal imprimé à un média sachant de mieux en mieux se rendre accessible sur plusieurs plateformes, tout en s’appuyant toujours et avant tout sur le soutien financier de ses lecteurs. Ne reniant pas ses origines et sa mission, l’équipe du Devoir a continué de produire une information rigoureuse et profondément indépendante, tout en inspirant les Québécois et en s’intéressant sous de nombreux angles à la place qu’ils occupent dans le monde. On ne peut parler de révolution, car ce n’était pas l’objectif, mais plutôt d’une saine évolution.

Brian s’est démarqué sur plusieurs fronts. Véritable porte-parole de l’industrie, il a une empreinte qui marque les divers programmes mis en place par les gouvernements pour soutenir les médias d’ici devant la crise qui les afflige. Brian a rapidement démontré ses talents de gestionnaire et a contribué de manière prépondérante au virage qui a permis au Devoir de s’épanouir sur toutes ses plateformes et d’afficher des résultats positifs lors de ses quatre derniers exercices financiers. Les marges de manœuvre ainsi dégagées ont permis au Devoir de prendre de l’expansion. En 2020 seulement, ce sont plus de 20 nouveaux contributeurs qui se sont joints à l’équipe de la rédaction, une croissance exceptionnelle dans le contexte que nous connaissons. Brian a aussi réuni autour de lui une équipe de direction à son image, prête à assumer les défis énormes qui se dressent toujours devant Le Devoir, mais certaine de les surmonter grâce à son acharnement et à son talent. Il a aussi continué d’alimenter la pensée des Québécois en signant régulièrement des éditoriaux sensibles et tranchants sur une panoplie de sujets d’actualité. Enfin, en partenariat avec le conseil d’administration, Brian a élaboré un plan stratégique qui suscite l’engagement des artisans du Devoir et recueille leur adhésion au projet collectif qu’il a imaginé.

Un dénouement sans surprise

Le moment venu, et comme le prévoit la lettre de l’acte constitutif de la Fiducie Le Devoir, j’ai formé le comité de renouvellement du mandat du directeur. La formule est inspirée par celle qu’avait imaginée de manière avant-gardiste mon prédécesseur, le défunt Jean Lamarre, une source continue d’inspiration pour moi et de nombreux autres Québécois. Il est d’abord composé de nos trois fiduciaires, Mme Pierrette Rayle, juge à la Cour d’appel du Québec à la retraite, Me Pierre Noreau, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, et Mme Anne Joli-Cœur, administratrice de sociétés. Trois membres du conseil d’administration en font aussi partie, il s’agit de Mme Lucie Rémillard, présidente de LR Stratégies et administratrices de sociétés, de M. André Véronneau, propriétaire du Groupe Simplex et président de son conseil, et de M. André Forgues, conseiller stratégique en communication chez Desjardins et ex-adjoint au président et éditeur du Soleil. À titre de président du conseil d’administration du Devoir inc., il me revenait de constituer le comité et de présider ses rencontres, de façon virtuelle, cela va de soi. En phase avec notre temps, il était aussi acquis que le comité serait paritaire, ce qui ne fut pas compliqué en raison de la qualité des candidates et candidats disponibles.

Le dénouement de l’exercice ne faisait pas de doute. Le renouvellement du mandat de Brian était scellé, et il avait exprimé son intention de poursuivre son chemin pour un autre quinquennat. Il fallait pourtant s’y soumettre, puisque nos règles le prévoient et qu’il s’agissait d’une première sous les auspices de notre nouvelle gouvernance. Nous devions ouvrir la voie pour ceux et celles qui nous succéderont. La démarche allait aussi nous permettre de prendre du recul et de constater l’immensité du travail accompli par Brian et son équipe au cours des cinq dernières années. Elle allait enfin nous offrir un forum pour échanger sur les priorités et les projets des cinq prochaines années, une éternité dans un monde en constante transformation. Brian partage aujourd’hui en ces pages les faits saillants du projet mobilisateur qu’il propose aux artisans du Devoir et à ses lecteurs.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté qu’il me revient d’annoncer que Le Devoir a reconduit le mandat de son directeur, Brian Myles, pour un nouveau mandat de cinq ans. Nous le félicitons chaleureusement et lui réitérons toute notre confiance et notre estime. Je remercie très sincèrement les membres du Comité de renouvellement du mandat du directeur qui ont mené l’exercice avec rigueur et assiduité. Nous espérons modestement que la trace que nous laissons servira de canevas pour les prochains comités, dont les décisions finales pourraient ne pas être aussi faciles que celle que nous avons confirmée. Je remercie aussi les membres du conseil d’administration qui ont suivi la démarche et appuyé unanimement et avec le même enthousiasme la décision du Comité. Toutes ces personnes, je tiens à le souligner, contribuent dans la pleine mesure de leurs aptitudes et de manière complètement désintéressée au succès du Devoir, à titre bénévole.

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