«Le gouvernement canadien n’avait aucun intérêt à voir l’économie québécoise péricliter»

«En fait, M. Trudeau et son gouvernement ont pris toutes sortes de mesures pour soutenir l’économie québécoise à la suite de l’élection du PQ en 1976.», écrit l'auteur.
Photo: Peter Bregg La Presse canadienne «En fait, M. Trudeau et son gouvernement ont pris toutes sortes de mesures pour soutenir l’économie québécoise à la suite de l’élection du PQ en 1976.», écrit l'auteur.

Les médias faisaient récemment référence à une dépêche envoyée à Washington par M. Enders, ex-ambassadeur américain au Canada, concernant une conversation téléphonique avec M. Paul Desmarais à la suite de l’élection du Parti québécois en 1976 et durant laquelle celui-ci aurait fait référence à une conversation téléphonique avec le premier ministre Pierre Elliott Trudeau et lors de laquelle ce dernier aurait suggéré à M. Desmarais de sortir ses investissements du Québec.

J’étais, à l’époque, ministre dans le cabinet fédéral et leader de l’aile parlementaire québécoise du Parti libéral du Canada et, en tant que tel, j’étais en communication constante avec M. Trudeau pour tout ce qui concernait les affaires du Québec.

Je n’étais présent à aucune des conversations susmentionnées, et les trois personnes en cause sont décédées depuis plusieurs années. Mais ce que je puis affirmer sans réserve est qu’il y a sûrement eu erreur quant aux paroles attribuées à M. Trudeau.

Il est intéressant de souligner qu’à part l’allégation contenue dans la note de l’ambassadeur américain en 1976, aucun autre homme d’affaires québécois de l’époque n’a mentionné avoir reçu de la part du premier ministre Trudeau ou d’un autre ministre fédéral une suggestion quelconque de sortir ses investissements du Québec

L’élection du PQ en 1976 avait soulevé un vent de panique dans les milieux d’affaires québécois. La position du premier ministre Trudeau et de son gouvernement à l’époque était très claire. Alors que nous pouvions comprendre l’inquiétude de ces milieux, le gouvernement canadien n’avait aucun intérêt à voir l’économie québécoise péricliter.

Nous avions vu le coût énorme causé à cette économie durant la crise du terrorisme au Québec dans les années 1960 et en 1970, lors desquelles le gouvernement fédéral avait dû verser des centaines de millions de dollars pour soutenir l’économie québécoise. Nous n’avions aucun intérêt à voir une situation semblable se répéter.

En fait, M. Trudeau et son gouvernement ont pris toutes sortes de mesures pour soutenir l’économie québécoise à la suite de l’élection du PQ en 1976.

Ainsi, M. Trudeau est intervenu personnellement à l’époque auprès du président du Canadien Pacifique et du président de la Sun Life pour tenter de les convaincre de ne pas déménager hors du Québec le siège social des entreprises qu’ils dirigeaient. Ces démarches n’eurent malheureusement pas de succès, mais elles n’étaient pas celles d’un homme qui aurait désiré affaiblir le Québec.

En outre, c’est en 1976 que le gouvernement Trudeau approuvait l’achat de Canadair par le gouvernement canadien afin de sauvegarder au Québec la présence de cette entreprise alors détenue par une entreprise américaine qui voulait s’en défaire. Cette entreprise, subséquemment achetée par Bombardier, constitua la base d’une importante présence du domaine aéronautique dans l’économie québécoise avec l’addition à Mirabel, durant la même période, grâce à des subsides fédéraux, de compagnies étrangères comme Bell Hélicoptère, Dowty et L-3 Harris.

Enfin, on pourrait souligner les sommes substantielles que le gouvernement Trudeau a continué d’investir au Québec à travers le ministère fédéral du Développement économique régional même après l’arrivée du PQ au pouvoir en 1976.

Les indépendantistes farouches auront beau déchirer leurs chemises sur la place publique, ces faits irréfutables illustrent bien l’intention du gouvernement Trudeau en 1976 de soutenir les différents secteurs de l’économie du Québec par des décisions d’investissements encore bénéfiques aujourd’hui.

18 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 9 mars 2021 01 h 44

    (guillemet) Les indépendantistes farouches auront beau déchirer leurs chemises sur la place publique, ces faits irréfutables illustrent bien l’intention du gouvernement Trudeau en 1976 de soutenir les différents secteurs de l’économie du Québec par des décisions d’investissements encore bénéfiques aujourd’hui (guillemet). (M. Lalonde)?

    D'accord, M. Lalonde? Voici pourtant ce que soutient Michel David, l'un de nos meilleurs chroniqueurs politiques au Québec à propos de cette gênante histoire pour le Canada et le PLQ en particulier : (guillemet) L’ancien ministre Marc Lalonde, toujours prompt à disculper son ancien patron et ami, estime qu’il s’agit plutôt d’un « malentendu dans la transmission de l’information », suggérant que M. Desmarais, qui n’était pourtant pas né de la dernière pluie, avait peut-être mal interprété les propos du premier ministre canadien (guillemet). (M. David).

    Qu'en pensez-vous?

    • Cyril Dionne - Abonné 9 mars 2021 10 h 46

      Bien d’accord avec vous M. Boulanger. Quel intérêt pour M. Enders, ex-ambassadeur américain au Canada, de mentir dans ce cas? Quel intérêt pour le gouvernement américain? Posez les questions, c’est y répondent.

      Oui, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau a tout fait en son pouvoir pour écraser la marche inévitable d’un peuple et une nation vers l’indépendance qui est toujours en sursis. Qu’un de ses laquais viennent piteusement nous dire le contraire aujourd'hui est tout simplement lamentable. Est-ce qu’il faut encore ressortir les conclusions de la Commission MacDonald et des pratiques illégales de la part de la GRC? Écoute électronique illégale, vols, infractions, faux documents, tout y est passé, quitte à poser des bombes et incendier des granges.

      Or, il n’y pas de meilleur moyen pour faire peur aux gens en tentant de les affamer. Si vous voulez avoir un impact réel sur monsieur et madame tout le monde d’une population dans la vie de tous les jours, c’est sur leur gagne-pain qu’il faut frapper. Et c’est exactement ce qu’ils ont tenté de faire. Ils l’ont fait avec les fameuses pensions lors du premier référendum.

  • Serge Trudel - Inscrit 9 mars 2021 02 h 39

    Marc Lalonde, l'âme damnée de Pierre Elliott Trudeau!

    En effet, si Jean Chrétien était le bras droit de Pierre Elliott Trudeau chargé par ce dernier des plus basses besognes comme le coup de poignard donné dans le dos de René Lévesque en 1982 lors du rapatriement unilatéral de la constitution, Marc Lalonde représentait sans contredit la conscience sulfureuse pour ne pas dire odieuse de Trudeau père.

    Le plus sérieusement du monde, Marc Lalonde nous dépeint le tableau d'un Trudeau Premier philanthrope, empathique et soucieux du bien-être de ses chers concitoyens. Ainsi, devant les dangers et périls économiques s'apprêtant à fondre sur la Belle Province, PET se porte vaillamment à la rescousse des Québécois!

    Marc Lalonde écrit : « Mais ce que je puis affirmer sans réserve est qu’il y a sûrement eu erreur quant aux paroles attribuées à M. Trudeau. »

    M. Lalonde reprend donc sa toge d'avocat pour défendre unguibus et rostro son ancien patron. C'est vraiment ce qui s'appelle se faire l'avocat du diable!

    M. Lalonde pourrait-il nous dire s'il y a aussi eu erreur quant aux paroles attribuées à M. Trudeau en 1980 lors du premier référendum au Québec lorsqu'il a affirmé haut et fort que lui et ses compères libéraux mettaient leurs sièges en jeu pour un renouveau de la fédération canadienne afin de faire échec aux forces du Oui?

    Désolé, mais la crédibilité à accorder aux libéraux fédéraux du passé - tout comme ceux du présent, d'ailleurs, n'est-ce pas, M. Sajjan? - est strictement égale à zéro.

    Dans mon esprit, il ne fait absolument aucun doute que les propos relatés par M. Enders, l'ex-ambassadeur américain au Canada, correspondaient tout à fait à la réalité et en fait, ils cadrent parfaitement avec la mentalité de Pierre Elliott Trudeau envers le Québec : mesquin, revanchard (les centaines d'emprisonnements injustifiés de la Crise d'Octobre) et méprisant (traitant Robert Bourassa de mangeur de hot dogs).

  • Louise Collette - Abonnée 9 mars 2021 07 h 34

    Article

    Exactement le genre de témoignage qui va me tirer les larmes....

  • Clermont Domingue - Abonné 9 mars 2021 09 h 04

    Encore de l'émotion...

    Sir Wilfrid Laurier a déjà dit que les Canadiens-Français n'ont pas d'idée, mais des émotions. Je trouvent malheureux que l'on s'émeuve sur de prétendues déclarations de grands Québécois décédés.N'a-t-on à rien d'autre à penser?

    • Patrick Boulanger - Abonné 9 mars 2021 13 h 09

      M. Trudeau, un grand Québécois? C'est pour le moins discutable votre affirmation. Par ailleurs, rien ne nous empêche de se pencher sur cette histoire-là tout en s'intéressant également à d'autres dossiers.

  • Jacques Bordeleau - Abonné 9 mars 2021 09 h 13

    Ton


    Avez-vous noté le ton encore condescendant qui étale la générosité du fédéral envers le Québec, la commisération dOttawa et sa grandeur d âme. S'il en est un qui ne trompe plus personne, c'est Marc Lalonde. Ne l'attend plus que la poubelle de l,Histoire.

    Jacques Bordeleau

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 mars 2021 11 h 04

      Disons-le, avoir le front de se justifier avec des demi-arguments comme ceux-ci, c'est grave.

      Un peu comme le petit bully dans la cour de récré qui prétend faire "régner l'ordre".

      Les preuves de malhonnêteté intellectuelle... et autres de M. Lalonde parsèment sa carrière. Et jamais il ne reconnaître quoi que ce soit : il vit dans une idéologie extrémiste depuis toujours.