Il faut avoir accès aux centres d’archives

Il est possible de faire des recherches dans les fonds sans contact avec les employés qui sont déjà sur place, souligne l'auteur.
Photo: Rene Mansi Getty Images Il est possible de faire des recherches dans les fonds sans contact avec les employés qui sont déjà sur place, souligne l'auteur.

Lettre adressée à Jean-Louis Roy, président-directeur général, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Il y a quelque temps, c’est avec un grand soulagement que j’ai accueilli, comme plusieurs de mes collègues, la nouvelle de la réouverture partielle des bibliothèques du Québec. Depuis plusieurs mois, la recherche universitaire est, comme plusieurs secteurs d’activité, bloquée par les restrictions rendues nécessaires par la pandémie. En effet, les centres d’archives de BAnQ sont fermés, et il est impossible d’accéder à ses fonds. Évidemment, dans la situation qui prévaut depuis mars dernier, il y avait bien là quelque chose d’un geste solidaire, une façon de participer à l’effort collectif de la société québécoise contre la COVID-19. Cela dit, voyant le gouvernement raffiner son approche dans certains secteurs, je me réjouissais que l’on propose finalement de nouvelles consignes, plus souples.

Malheureusement, les chercheurs et chercheuses sont restés sur leur faim : malgré la possibilité de réserver des espaces de travail et des postes informatiques dans les bibliothèques du Québec, les centres d’archives demeurent fermés. On remerciera assurément le gouvernement pour nos étudiants et étudiantes, qui ont bien besoin des bibliothèques pour étudier et travailler, mais on se questionnera sur les raisons qui empêchent les chercheurs et chercheuses de consulter des documents. Faut-il rappeler que ce travail se fait de manière solitaire, dans des locaux fermés ? Qu’il est possible de faire des recherches dans les fonds sans contact avec les employés, qui sont déjà sur place ? Il n’y a là pas ou peu de risques de contamination. C’est ainsi que les centres d’archives universitaires — à l’Université Laval, par exemple — demeurent ouverts et offrent des rendez-vous aux gens qui souhaitent dépouiller et consulter des fonds de recherche déterminés à l’avance.

D’aucuns pourraient penser qu’il ne s’agit là que d’un problème petit-bourgeois. On me permettra plutôt d’envisager la recherche universitaire comme une des façons de faire rayonner la culture québécoise, passablement amochée par les temps qui courent. Je vous demande donc, Monsieur Roy, de contribuer à la bonne marche de nos recherches dans un environnement assurant la sécurité de tous. Je vous invite à élaborer, de concert avec la Santé publique, un protocole qui permettra aux chercheurs et chercheuses de faire leur travail. Ni plus ni moins.

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