Gardons le cap sur les voitures électriques

«Outre la difficulté de changer des habitudes bien ancrées, entretenues par une publicité envahissante, la lenteur relative de la conversion à la motorisation électrique est d’abord imputable à un manque d’information parmi la population», écrit l'auteur.
Photo: Getty Images «Outre la difficulté de changer des habitudes bien ancrées, entretenues par une publicité envahissante, la lenteur relative de la conversion à la motorisation électrique est d’abord imputable à un manque d’information parmi la population», écrit l'auteur.

Nous venons d’apprendre ce qui semble être une autre mauvaise nouvelle pour l’environnement : la préférence persistante des Québécois pour l’achat de gros véhicules à combustion.

Le constat est tiré du rapport État de l’énergie au Québec 2021 publié par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal. Son coauteur Pierre-Olivier Pineau en déduit que « l’insistance du gouvernement québécois en faveur de l’électrification du secteur des transports n’a pas permis de faire fléchir les tendances de consommation de produits pétroliers et d’émissions de gaz à effet de serre ».

C’est sauter un peu vite aux conclusions. Les analystes nous ont habitués à ce genre de lecture pessimiste qui tend à mettre les Québécois en contradiction avec leur volonté de lutter contre la crise climatique ainsi qu’avec leur fierté collective à l’égard de leur principale énergie renouvelable, l’hydroélectricité. Il faut simplement se donner un peu plus de temps pour récolter tous les dividendes de ce choix collectif sur le plan environnemental, y compris celui des transports routiers.

Un parc de véhicules électriques (VE) de 6 % en 2019 demeure un progrès encourageant quand on part de loin. Outre la difficulté de changer des habitudes bien ancrées, entretenues par une publicité envahissante, la lenteur relative de la conversion à la motorisation électrique est d’abord imputable à un manque d’information parmi la population.

Performances et prix

Bien des Québécois croient encore que les VE ont une trop faible autonomie, alors que certains modèles de base récents permettent de rouler jusqu’à 415 kilomètres avec une seule charge.

Il existe maintenant plus de 5000 points de recharge publics sur notre territoire, dont 225 qui sont rapides. Le manufacturier Tesla, qui a le vent dans les voiles, offre en plus ses propres bornes. Le réseau est appelé à grandir avec la hausse de la demande. La planification de longs déplacements n’est plus un casse-tête.

Les performances sur la route des VE n’ont rien à envier à celles des voitures à essence, en plus d’offrir une conduite beaucoup plus agréable autant sur les voies rapides qu’en ville, même l’hiver. Tous les propriétaires de VE vous le confirmeront : leur seul regret est de ne pas s’être libérés du pétrole plus tôt.

Le nerf de la guerre demeure le prix. Même avec les subventions de nos deux ordres de gouvernement, qui totalisent actuellement 13 000 $, les VE sont sensiblement plus chers que les voitures à essence de catégorie équivalente. Cependant, avec les économies réalisées sur le carburant et les frais d’entretien, il est possible de récupérer l’investissement additionnel en quelques années d’utilisation normale.

Reste la question de la grosseur. C’est vrai que les Québécois, en région surtout, préfèrent les VUS, les minifourgonnettes et les camions légers. Un peu de patience ! Ces véhicules convoités, déjà offerts en version hybride, seront bientôt disponibles aussi en version 100 % électrique. Tout comme les autobus, les camions-remorques, les trains.

Même si les VE ne règlent pas le problème d’embonpoint de notre parc automobile, la suppression progressive de moteurs thermiques contribuera à réduire notre empreinte carbone. Les analyses comparatives démontrent que, sur l’ensemble de son cycle de production et de sa durée de vie, un VE s’avère un choix beaucoup plus écologique.

Nous sommes sur la bonne voie. Cette transition devrait idéalement s’accompagner d’une taxation spéciale à l’achat de gros véhicules à essence, mais nos gouvernements en ont décidé autrement. Pour l’instant du moins. On n’arrête pas le printemps.

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