Lettres: Le CRTC plante un clou dans le cercueil de la liberté de la presse

Je condamne avec force la dernière décision du CRTC. La révocation de la licence de la station de radio CHOI-FM peut être vue comme un clou de plus dans le cercueil de la liberté de presse au Canada. Cette décision crée un précédent des plus dangereux.

Tranquillement mais sûrement, ce pays semble vouloir glisser vers la censure et le contrôle de l'opinion publique. Cette semaine, le prétexte est la salubrité des ondes. Il y a quelque mois, c'était la sécurité de l'État. Rappelons-nous le raid de la GRC pour saisir des papiers compromettants que possédait la journaliste Juliet O'Neill, en Ontario.

Dans une société de droit, le Code criminel et le Code civil régissent les comportements dénoncés par le CRTC. En toute justice, ce sont les tribunaux et non des censeurs qui doivent juger ces actions. Lorsqu'une opinion émise en public viole la loi, les tribunaux viennent sanctionner cette offense à sa juste mesure.

S'il y a eu faute, des poursuites civiles ou criminelles peuvent être entreprises.

Ce qu'a fait le CRTC peut donc être qualifié d'action de censure. La démocratie est basée sur la connaissance et le respect de l'opinion des autres. Il n'est pas acceptable, dans une société de droit, de faire taire ceux que l'on ne veut pas entendre.

Le message qu'envoie le CRTC est direct et fait peur. Actuellement, au Canada, il semble que les lois ne suffisent plus pour policer la manière dont les gens disent ce qu'ils pensent.

Il faut maintenant faire taire ceux qui parlent. Si nous acceptons en tant que citoyens cette censure, nous délaissons volontairement notre droit à la libre expression de nos opinions. Il faut dire non avec force à cette censure.