Lettres: Triste jour pour la liberté au Canada

Une page noire vient de se tourner ici, dans la ville de Québec, en ce 13 juillet 2004. Avec son verdict, le CRTC vient de démontrer clairement qu'il n'y plus de place au Québec et au Canada pour ceux qui veulent pousser les gens à réfléchir, à penser par eux-mêmes ou à se questionner. En refusant de renouveler la licence de CHOI-FM, le CRTC brime plus de 350 000 auditeurs de leur liberté d'audition et de divertissement.

En plus, cela revient à une infantilisation éhontée de la population, à une insulte au jugement des citoyens, qu'on croit totalement incapables de réflexion ou tout simplement aliénés.

Par ce geste odieux, le CRTC encourage une débilisation avancée de la population.

Je m'adresse ici à tous ceux qui, sans être auditeurs de CHOI-FM, disent être pour la liberté de penser et de s'exprimer.

Aujourd'hui, que vous soyez en accord ou non avec les propos tenus, le type de musique ou le format, vous devez vous lever et ne pas rester sans répondre à une telle insulte à l'intelligence des citoyens.

Le Canada est reconnu de par le monde non pas pour ses paysages ou pour sa culture incroyable, mais bien pour sa liberté, dans la vie de tous les jours, plus qu'aux États-Unis, plus qu'en France, plus qu'en Australie, probablement plus que partout ailleurs. C'est terminé, semble-t-il.

De plus, on a souvent dépeint les auditeurs de CHOI-FM comme une bande sans culture, sans éducation, des B-S, selon certains animateurs d'autres stations. Non. Mes parents, mes amis, mes collègues l'écoutent (même si certains s'en plaignent, ils ne changent pas de station, ce qui, pour toute personne, est une opération, disons, aisée à réaliser). Je considère que ces personnes sont aptes à choisir, à décider de ce qui est bon pour elles ou pas.

Je ne suis pas vraiment un fan, mais vu la justesse des propos, je n'ai pas le choix que de terminer en citant Les Cowboys Fringants: «Si c'est ça le Québec moderne, moi je mets mon drapeau en berne.»

À tous ceux qui refusent de mettre genou à terre, manifestez-vous, il en va de notre liberté à tous.

Faites suivre, tous doivent savoir.