Des critiques injustifiées sur le nouveau pavillon de l’UQAM

En matière de patrimoine urbain et architectural, l’UQAM n’a de leçon à recevoir de personne. Son campus central est l’un des tout premiers exemples d’intégration réussie de l’architecture ancienne à l’architecture moderne, récompensé par un Prix d’excellence de l’Ordre des architectes en 1980, affirme l'autrice.
Photo: Olivier Zuida En matière de patrimoine urbain et architectural, l’UQAM n’a de leçon à recevoir de personne. Son campus central est l’un des tout premiers exemples d’intégration réussie de l’architecture ancienne à l’architecture moderne, récompensé par un Prix d’excellence de l’Ordre des architectes en 1980, affirme l'autrice.

Réplique à l’article « La réfection d’un nouveau pavillon de l’UQAM soulève des critiques », paru le mercredi 13 janvier 2021.

En matière de patrimoine urbain et architectural, l’UQAM n’a de leçon à recevoir de personne. Son campus central est l’un des tout premiers exemples d’intégration réussie de l’architecture ancienne à l’architecture moderne, récompensé par un Prix d’excellence de l’Ordre des architectes en 1980. À une époque où le Québec faisait peu de cas de la préservation du patrimoine, l’UQAM a en effet eu l’audace d’enchâsser dans son projet architectural une partie des monuments anciens qui se trouvaient sur son site.

C’est donc avec étonnement que nous avons pris connaissance des critiques soulevées en ces pages à l’égard de notre projet de rénovation du pavillon Sanguinet. Ces critiques sont injustifiées, voire trompeuses.

L’intérêt de l’UQAM pour le patrimoine architectural et sa volonté de revitaliser le Quartier latin n’ont jamais fléchi en 50 ans. Parmi les jalons de sa feuille de route exemplaire figurent la restauration de l’ancienne Palestre nationale, devenue le pavillon de Danse (1er prix d’architecture de l’Ordre des architectes du Québec pour un bâtiment institutionnel, 1991), la rénovation du pavillon Sherbrooke (prix Orange de l’organisme Sauvons Montréal pour la qualité de la restauration du bâtiment, 1998) et la réfection du clocher Saint-Jacques, qui a remporté en 2020 le Prix d’excellence de l’Association canadienne d’experts-conseils en patrimoine.

En outre, les expertises développées par notre université, notamment au sein de l’Institut du patrimoine et de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, sont incontestées et reconnues à l’échelle internationale.

L’école Alexandra

L’UQAM a développé son projet de rénovation de l’ancienne école Alexandra, qui a abrité jusqu’en 2015 le CLSC des Faubourgs, avec la même rigueur qui l’anime depuis ses débuts en matière de restauration patrimoniale et d’intégration architecturale. À compter de 2017, l’Université a conduit avec sérieux toutes les études nécessaires, présenté son projet aux instances concernées de la Ville de Montréal, suivi toutes les recommandations et franchi avec succès toutes les étapes conduisant à l’obtention du permis pour commencer les travaux en octobre 2020.

À travers ce projet de réfection d’un bâtiment dont l’intérieur n’était déjà plus dans sa condition d’origine et dont l’extérieur était sérieusement détérioré, l’UQAM sauvegarde et réhabilite un édifice en lui redonnant sa vocation d’origine : une maison d’enseignement. De multiples analyses ont été effectuées dans le but de préserver le plus grand nombre d’éléments d’origine possible, tout en respectant le Code du bâtiment et les normes actuelles en matière de sécurité.

L’accusation de façadisme qui nous est faite est non fondée et abusive. La structure ne pouvait être sauvegardée en raison de sa vétusté avancée, mais la logique du plan d’origine sera conservée ; l’intégralité de la façade principale du bâtiment, la cour intérieure, l’emplacement des escaliers intérieurs et des issues, la cour sur ruelle, l’accès principal sur rue, les niveaux existants des planchers et les portions saines des murs extérieurs nord et sud seront également conservés. Les panneaux de béton et les pierres calcaires d’origine seront nettoyés, réparés ou, si nécessaire, remplacés par un maçon spécialisé ; les portes et les fenêtres seront remplacées dans le respect du style et des proportions d’origine ; et la corniche métallique d’origine sera réintégrée.

S’assurer de préserver le patrimoine en conformité avec les normes actuelles et en fonction des usages contemporains est un exercice plus exigeant que de construire du neuf, davantage encore lorsque les ressources financières sont limitées. Avec la rénovation de cet édifice qui sera consacré à son École des sciences de la gestion, l’UQAM fait de nouveau la preuve de sa contribution tangible, respectueuse et inspirée au patrimoine architectural de Montréal.

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