Incohérence tous azimuts

En vivant en société, chaque citoyen confie au gouvernement la tâche d’assurer sa sécurité et de sévir contre les contrevenants. Personne ne souhaite vivre dans la peur, personne ne souhaite vivre dans un climat social infecté. Mais pour cela, il faut que le gouvernement agisse vite.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne En vivant en société, chaque citoyen confie au gouvernement la tâche d’assurer sa sécurité et de sévir contre les contrevenants. Personne ne souhaite vivre dans la peur, personne ne souhaite vivre dans un climat social infecté. Mais pour cela, il faut que le gouvernement agisse vite.

Au début de la pandémie, on nous affirmait que le port du masque était inutile. Cet été, il est devenu obligatoire.

En novembre, on nous a promis un Noël en famille pendant quatre jours. Puis, pas de Noël du tout : un confinement sévère à partir du 25 décembre. Entendons par là : seule la vente des produits essentiels est autorisée. Il fallait faire provision de jouets si l’on souhaitait en donner aux enfants. Or, dans La Presse, un papa fait figure de victime parce qu’il ne peut pas acheter des jouets à son fils malade chez Jean Coutu. Je compatis avec ce père et ce fils malade, mais des directives claires avaient été énoncées d’avance de manière à ce que tous puissent se préparer à ce que les produits non essentiels ne soient plus disponibles. Il fallait prévoir.

Entre Noël et le jour de l’An, les policiers ont distribué moins d’amendes, alors que les infractions se multipliaient ! Où est la logique ? Les policiers se sont dit : c’est les Fêtes, alors soyons généreux et permettons aux contrevenants de s’amuser un peu. On pourra sévir le 2 janvier ? Mais le mal sera fait.

Il est devenu clair que passer d’une région à l’autre pouvait être dangereux. Passer d’un pays à l’autre, encore plus. Des dirigeants (entre autres) sont partis en vacances à l’étranger ! M. Hennebelle, d’Air Transat, s’insurge contre le gouvernement et l’appelle à la cohérence : si l’on permet les vols, l’on ne doit pas inciter les gens à ne pas voyager. Le rôle du gouvernement est de prévenir des dangers que comportent les déplacements en temps de pandémie. Faut-il rappeler que la vente de cigarettes est autorisée, mais que chaque paquet est assorti d’un avertissement clair signalant les dangers de cette habitude ? Il est donc cohérent qu’en temps de pandémie, le gouvernement exhorte les citoyens à rester chez eux, car les virus aussi voyagent.

Cette sage directive (restez chez vous !) vient encore d’être brouillée : le gouvernement fédéral remet une couche d’incohérence : si vous voyagez, on vous paiera 1000 $ pour vous aider à vivre votre quarantaine. Ce cadeau du gouvernement est censé encourager les citoyens à faire leur quarantaine… ou les pousser à voyager ?

Le Québec ressemble à un pays où les directives routières sont complètement incohérentes et absurdes, où les panneaux de signalisation changent à tout moment… et où les accidents se multiplient. Et nos dirigeants sont « préoccupés » (je déteste ce mot à la mode : on n’est pas « préoccupé », on est aux abois) par le fait que les cas augmentent et que les hôpitaux sont débordés. À qui la faute ? Dans une situation de pandémie, il faut donner des directives claires et cohérentes… et s’assurer que tous les suivent.

Les Québécois qui respectent les consignes en ont assez de ceux qui ne les respectent pas. Il y a de la grogne en ce moment. Les gens qui obéissent en ont marre des délinquants qui, sans brandir de pancartes antimasques, agissent comme si la COVID-19 n’existait plus. En vivant en société, chaque citoyen confie au gouvernement la tâche d’assurer sa sécurité et de sévir contre les contrevenants. Personne ne souhaite vivre dans la peur, personne ne souhaite vivre dans un climat social infecté. Mais pour cela, il faut que le gouvernement agisse vite, de façon cohérente et en vue de la sécurité de tous. Monsieur Trudeau, auriez-vous l’obligeance de gouverner en tandem avec M. Legault ? Gouverner n’est ni un bras de fer ni un concours de popularité.

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