Lettres : Ma cabane au Sanctuaire

Quand la Cour suprême a parlé, faut-il obligatoirement prendre son trou? Se la fermer bien net? A-t-on seulement le droit, derrière ses rideaux bien tirés, de protester in petto?

Je ne sais pas.

Peut-on se permettre de penser — tout haut ou tout bas — que, au nom de la Charte des droits, on ne peut pas prendre toutes les libertés?

Le murmure des lamentations, chez les perdants, est-il interdit?

Je ne sais pas, mais je plonge... sans préjudice! J'ose, car à un certain âge, quand on n'aspire plus à devenir maire, député, voire lieutenant-gouverneur, quand on n'a jamais porté par insolence une croix gammée sur un sarrau, peut-on exprimer doléances et désapprobation sans être forcé ensuite de crier, à genoux, «pardon mononcle»?

Vais-je m'attirer les foudres des «bien-pensants ou des pensants à leurs biens», me faire taxer d'antisémitisme et encourir les oukases du Congrès juif ou autres grands inquisiteurs en demandant bien humblement si, au nom de la liberté de religion, on peut agir impunément au sein de communautés laïques?

Après les cabanes à prières désormais autorisées à fleurir tout «plywood» dehors sur les balcons du Sanctuaire, faudra-t-il tolérer, encourager ou brimer les droits des tenants d'un autre culte qui pourront, éventuellement, exiger d'égorger, sur leur balcon, un mouton sacrificiel?