Lettres : Deux cas de censure bien différents...

Deux cas de «censure» ont lieu simultanément, mais ils sont bien différents. L'un consiste à sanctionner les graves injures diffusées par la radio CHOI-FM, à Québec. Dans l'autre, on se prépare à éliminer l'information sociale et politique de tout un réseau (CKAC, etc.)

Le premier est le fait d'un organisme public, bien encadré par la loi, le CRTC; il a été précédé de multiples avertissements. Cette action correspond à l'esprit de la Charte des droits et libertés puisqu'elle vise à nous débarrasser de graves incitations à la haine.

Le deuxième est le fait d'une entreprise privée qui ne cherche que son bénéfice. C'est donc le pouvoir de l'argent, qui, n'ayant à rendre de compte à personne, décide de supprimer un accès à l'information, simple mais bien faite, pour des milliers de personnes.

Je regrette que les médias fassent plus de bruit autour de la fermeture de cette radio qui salit Québec que de la suppression de tout un réseau d'information. Je déplore que certains soi-disant «défenseurs de la liberté d'expression» tentent de culpabiliser les victimes des excès de CHOI-FM en leur reprochant de ne pas avoir fait appel aux tribunaux. La fillette handicapée accusée de «chier par les deux bouts» pouvait-elle se défendre? Ces zélés «défenseurs» sont bien peu actifs pour s'attaquer à la très grave censure du pouvoir de l'argent.

Je félicite le CRTC d'avoir eu le courage de ses opinions, d'avoir pris fait et cause pour les «petits», c'est-à-dire ceux qui n'ont pas la puissance des ondes, ceux qui n'ont pas les moyens de traîner la triste radio devant les tribunaux.