L’unique solution est la vaccination de masse

«Nous sommes 8,5 millions, il faut se parler, il faut se faire vacciner. Si nous échouons, nous aurons à vivre avec le coronavirus encore pendant des années», écrit l'auteur.
Photo: Andrew Milligan Agence France-Presse «Nous sommes 8,5 millions, il faut se parler, il faut se faire vacciner. Si nous échouons, nous aurons à vivre avec le coronavirus encore pendant des années», écrit l'auteur.

Les prochains mois se dessinent comme étant cruciaux pour la lutte contre la pandémie et pour le retour à notre vie normale. Nous souhaitons mettre fin aux mesures sanitaires, d’une part, pour nos jeunes enfants et adolescents qui ont un urgent besoin de retrouver l’accès au plateau sportif et à leur groupe de socialisation.

Il est prioritaire que nos jeunes qui fréquentent les cégeps et les universités retournent physiquement en classe. Les dommages causés par ce virus sont déjà trop importants. D’autre part, ayons une pensée pour nos aînés, qui ont perdu en 2020 l’essentiel de leurs contacts sociaux et qui, par leur isolement, se sont déconditionnés de façon presque irréversible.

Pendant un certain temps, nous avons pensé être capables de vivre avec le virus. Hélas, on a vite compris que cela n’était pas possible. Actuellement, malgré toutes les restrictions et nos limitations de mouvement, le nombre d’hospitalisations grimpe et les décès s’accumulent. Enfin, il serait illusoire de penser qu’un traitement définitif et efficace est actuellement à portée de main.

Il reste la vaccination. Et la balle est dans notre camp. Nous avons le pouvoir de possiblement sortir ce virus de nos vies et d’entreprendre 2021 sous un nouveau jour. La vaccination sème des doutes, des inquiétudes, et il faut y répondre.

Les premiers vaccins ont été donnés par Edward Jenner et Louis Pasteur il y a plus d’un siècle. Cette approche a révolutionné la médecine et lui a donné ses lettres de noblesse. Au cours des décennies, on a vu apparaître les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la polio, la tuberculose, la rougeole, la rubéole, les oreillons, et plusieurs types de méningites.

On estime sauver plus de neuf millions de vies par année grâce à la vaccination dans le monde, sans compter les milliards de dollars de productivité et des coûts soustraits à la charge des différents systèmes de santé.

Actuellement, au Québec, grâce aux vaccins, les épiglottites, méningites et les infections invasives à pneumocoques se font rares. Ces infections causaient des décès chez de jeunes enfants en parfaite santé. La vaccination, c’est l’intervention en santé publique et en médecine préventive la plus efficace.

Négationnisme

Tout cela est démontré et prouvé depuis longtemps. Ne pas le reconnaître, c’est faire du négationnisme dangereux. Un de mes illustres professeurs en santé communautaire à l’Université de Montréal, le Dr Yves Robert, prenait plaisir à nous répéter : « Le geste le plus bénéfique en médecine en ce qui a trait aux vies sauvées, c’est le vaccin ; donc quand vous voyez un bras, piquez ! »

Selon Léger Marketing, en novembre dernier, 73 % des Québécois avaient l’intention de recevoir le vaccin contre la COVID-19. Si nous voulons nous débarrasser de ce virus, il faudra atteindre certainement un taux de 80 à 85 % de couverture vaccinale. Comment y arriver ? Par la force de persuasion. Il faut expliquer et convaincre.

J’en appelle aux leaders de tous les milieux pour faire ce travail essentiel et urgent. Tous doivent s’y mettre : les maires des petites, moyennes et grandes villes, les dirigeants d’entreprise, les leaders syndicaux, communautaires et étudiants. Les artistes, comédiens et chaque citoyen qui pense être en mesure de convaincre un ami, un cousin, un oncle ou un voisin doivent parler, expliquer et rallier.

Nous sommes 8,5 millions, il faut se parler, il faut se faire vacciner. Si nous échouons, nous aurons à vivre avec le coronavirus encore pendant des années. Je lance un appel insistant aux adultes. Je leur demande de faire le geste, pas pour eux-mêmes, mais pour nos jeunes et nos aînés afin de reprendre le temps perdu.

Un adulte qui refuse le vaccin retarde nos espoirs de voir diminuer les mesures sanitaires. Au contraire, un adulte qui accepte le vaccin malgré les doutes et les craintes va contribuer à redonner espoir à notre société. Si trop peu de gens acceptent le vaccin, les éclosions vont réapparaître sans cesse, et cela, pour très longtemps. Pendant des années, nous ne pourrons interagir entre nous librement. Pendant des années, nous devrons éviter de nous rassembler. Pendant des années, nos jeunes seront privés des plus beaux moments de leur vie. Et pendant ce temps-là, nos aînés mourront seuls après plusieurs Noëls ratés.

Se faire vacciner est un geste de solidarité intergénérationnel fort et sans précédent et, j’en suis convaincu, les Québécois vont relever ce défi en 2021 !

8 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 22 décembre 2020 02 h 09

    J'aimerais bien savoir pourquoi vous citez "Si nous voulons nous débarrasser de ce virus, il faudra atteindre certainement un taux de 80 à 85 % de couverture vaccinalepour qu'il y ait une de couverture vaccinale." Alors que pour la rougeole, il en faut 95%. Et même là, voici deux ou trois années, des éclosions ont lieu comme dans Joliette, car certaines familles anti-vaccin ne croyaient absolment pas à la nécessité d'un vaccin...

    Notez, M. le médecin, que les jeunes générations d'ici, comme celles de la majorité du monde dit "occidental", n'ont pas connue les affres et séquelles des maladies dites "d'avant la vaccination de masse". Il n'y a qu'une seule possibilité: vaccination obligatoire pour tous, et sans exception (sauf en cas prouvé d'allergie létale). Avoir peur d'une "piqûre" n'est pas trop fort comme argument...

    Le GV-F sous Trudeau (fils) devrait faire une énorme campagne de publicité, et une personne idéale pour démontrer les risques de la non vaccination serait la personne du Très Honorable Jean Chrétien (je ne suis pas Libéral du tout, loin de là, mais Ti-Gars de Shawi en serait l'exemple parfait)... Il a porté toute sa vie les stigmas d'une maladie infantile, car né avant la vaccination de masse de ce type de maladie. D'autres personnalités devraient aussi être de facto réquisionnées dans une publicité pan-cannadienne... Tout comme il grand temps que certains GV, tel celui de Legault, cessent de répéter dans les médias de tous types qu'il n'y a pas de risques significatifs pour les enfants ainsi que pour les jeunes adultes... Ce qui est du délire pur et simple.

    Les corporations professionnelles comme celles des médecins, des infirmières, etc. devraient aussi s'y mettre... Le tout sans les discours tenant plus à la rhétorique que d'exemples "terre à terre"...

    C'est le temps de débuter (un peu tard, mais quand même mieux veut tard que jamais)... L'on en a pour au moins une année pour vacciner la population canadienne... Si elle coopére pleinement.

  • François Beaulé - Inscrit 22 décembre 2020 06 h 36

    Produire plus de vaccins

    « Pendant un certain temps, nous avons pensé être capables de vivre avec le virus »

    Parlez pour vous, docteur. Je n'ai jamais cru cela. En l'absence de vaccin, il fallait viser l'éradication du virus comme l'a fait la Chine. Votre idée de « vivre avec le virus » était irrationnelle. Cela signifiait maintenir un facteur de reproduction du virus, le Rt, à près de 1. Avec un facteur nettement sous 1, le virus aurait disparu en quelques mois. Avec un facteur au-dessus de 1, le virus s'est étendu dangereusement dans la population. C'était prévisible.

    Prenons le cas de la grippe. Pendant la saison froide, le virus qui en est responsable se reproduit avec un Rt au-dessus de 1. Sans mesure de distanciation / confinement. Et, en janvier ou février, les urgences des hôpitaux débordent et le nombre de morts augmente. Puis, avec le printemps, le Rt diminue sous 1 et le nombre de cas diminue. Il y a alors très peu de cas de grippe à la fin du printemps et en été. Il n'y a jamais de stabilité. Le nombre de cas augmente ou diminue, il n'est pas stable. Cette année, avec la distanciation imposée par le coronavirus, les cas de grippe sont rares, le Rt reste sous 1. Mais le coronavirus responsable de la COVID-19 est plus contagieux que la grippe.

    Nous payons le prix humain et économique de n'avoir pas pris les mesures sévères qui auraient permis d'éradiquer le virus, dès le printemps, comme l'ont fait la Chine et la Nouvelle-Zélande. À cause de cette bêtise d'avoir essayé de « vivre avec le virus ».

    Maintenant, pour vacciner la population du Canada et de l'ensemble de la planète, il faut beaucoup plus de vaccins produits plus rapidement qu'actuellement. Il faut que les gouvernements obligent rapidement les pharmaceutiques qui ont réussi à produire des vaccins efficaces et sécuritaires à partager leurs techniques. Afin que toutes les entreprises aptes à produire des vaccins participent à l'effort.

    • René Pigeon - Abonné 22 décembre 2020 13 h 27

      "Pendant un certain temps, nous avons pensé être capables de vivre avec le virus. Hélas, on a vite compris que cela n’était pas possible."

      Je crois qu'il y a malentendu dans le sens de l'expression "nous avons pensé..." par l'auteur.
      Pour éviter de froisser beaucoup de gens, l'auteur s'est inclus dans un espoir qui ne faisait pas vraiment consensus partagé par un nombre de gens. Il a tenté, je crois, d'être poli. Il ne semble pas avoir hésité à changer d'avis, s'il l'a déjà eue.

  • François Beaulé - Inscrit 22 décembre 2020 07 h 27

    Produire plus de vaccins ( suite )

    Il ne pourrait y avoir que près de 675 000 Québécois vaccinés à la fin de mars 2021. Ce qui est moins de 8% de la population. À ce rythme, il faudrait attendre plus de 2 ans pour que 70% des Québécois soient vaccinés, ce qui est beaucoup trop. Et cela prendrait 3 ans pour vacciner toute la population.

    https://www.lapresse.ca/covid-19/2020-12-17/675-000-quebecois-vaccines-d-ici-au-31-mars.php

    Attendre que d'autres entreprises développent des vaccins différents de ceux de Pfizer et de Moderna risque de prendre trop de temps. Un temps qui permettrait au coronavirus d'infecter la majorité ou même la plupart des êtres humains de la planète. Et de causer de graves problèmes économiques.

    Les gouvernements occidentaux doivent donc intervenir et non pas s'abandonner au marché du vaccin.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 23 décembre 2020 12 h 07

      Le but de toute notre lutte au coronavirus est de diminuer les morts et les hospitalisations. 675 000 vaccins vont déjà exercer une forte pression à la baisse de ces éléments.

      N'oublions pas que c'est un virus injuste car il frappe cruellement les aînés et autres personnes vulnérables. Vaccinons intelligemment. Du moment où les plus vulnérables seront protégés, comme la dit monsieur Legault, ça ira beaucoup mieux.

  • Jean-Luc Larocque - Abonné 22 décembre 2020 09 h 35

    Examinons les faits et réfléchissons; méfions-nous des solutions toutes faites

    Aucun enfant (moins de 18 ans) n'est mort de la Covid au Québec. La grippe tue davantage que la Covid dans cette tranche d'âge de la population. Source : https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3087_comparaison_hospitalisations_covid_19_influenza.pdf?fbclid=IwAR3TbYB0l11Me-IZ2NdVQVl-buBGcDL87Qo6pVxDFIXl6bPn4pASKLw5Y2A
    Résumé : la covid est significativement pire (hospitalisations et létalité) que la grippe à partir de 30 ans. Pour les jeunes (moins de 20 ans), la grippe est pire et pour les 20-30 ans, c'est kif-kif.

    De plus, et c'est aussi documenté par l'INSP, la covid tue très très majoritairement des gens présentant d'autres maladies. https://www.inspq.qc.ca/publications/3082-impact-comorbidites-risque-deces-covid19?fbclid=IwAR1ggfNpiTMXJJ_3iGdqT3fkmT-XGzqQmlIZgHVHkkOpaURoZHp-s6sKYxA

    Peut-être qu'effectivement la vaccination de masse réglerait le problème, mais est-ce la meilleure solution en considérant tous les aspects? Ce n'est pas parce que la vaccination fut nécessaire contre certaines maladies ravageuses qu'elle est la réponse adéquate face à la Covid. Il faut au moins se poser la question et examiner les faits.

    Je vous invite à lire David Cayley sur le sujet : http://www.davidcayley.com/blog. Résumé : la sacralisation de la santé nous fait perdre le sens de la vie. Assurons-nous d'une qualité de vie et, surtout, d'une dignité lorsqu'elle achève. Protégeons les personnes vulnérables, mais sans empêcher les autres de vivre. Cela ne peut se faire qu'avec une meilleure organisation des soins et de meilleurs choix devant des ressources limitées. Or, il est plus facile et payant politiquement de faire ces choix en décrétant l'alerte et le confinement et en semant la peur, qu'en engageant le débat. On privilégie la "santé" des vieux au détriment de celle des jeunes : qui a voté pour ça?

    Bonne journée,

  • Yves Corbeil - Inscrit 22 décembre 2020 12 h 53

    La solution est apparu aux nouvelles à matin

    C'est la Marie-Chantal des agences de voyages qui l'a soulevé sans que son interlocuteur ne s'en rende compte. Seulement 1% des voyageurs qui reviennent de voyage sont contaminé par la covid, ça représente seulement 85000 canadiens si tous le monde va passé deux semaines dans le Sud.

    Envoyer tous les canadiens dans le Sud pour deux semaines mon Justin, ça coûte seulement 17,5 milliards. Avec l'économie d'échelle, on peut facilement avancer que 1500 piasses par tête de pipe serait suffisant, donc 8,5 millions de canadiens X par 1500 ça donne 17,5 milliards pour se débarassé du virus. Les 85000 contaminés on les interceptent aux aéroports canadiens pis on les mets en quarantaine jusqu'à ce qu'ils soient guéri ou mort et le tour est joué mon Justin. Tu me contacte en privé et je te donne mon numéro d'assurance sociale pour que t'augmente ma pension pour ma suggestion d'éradication de la covid et tu continue quand même la vaccination pour plusss de protection. Avec plus ou moins 250 médecins par 100000 habitants au canada, c'est vraiment pas une grosse équipe pour prendre en charge les écloppés au retour des vacances éparpillés sur tous le grand territoire.

    17,5 milliards sur le tas de milliards de nos dettes, c'est rien pour faire plaisirs à tous les canayens pis t'assurer une ré-élection quand tu sera prêts, penses-y. T'as même pas besoin d'aller rendre visite à l'Aga Khan ni à faire affaire avec tes amis WE pour régler ton problème, t'as juste à être imaginatif comme la Marie-Chantal des agences de voyages qui vend du rêve dans les temps durs, suis sûr que tu peux te surpasser en conférence de presse pour l'annoncer à tes électeurs qui boivent tes paroles ainsi surtout les grands médias et t'as même pas besoin de mentionner mon nom j'charche pas la publicité.