Lettres : Dépassé, le bouclier antimissile?

Le Canada s'apprêterait à suivre les États-Unis dans le projet de bouclier spatial antimissile.

Cette hypothèse étant réapparue dans l'actualité, des questions sérieuses se posent.

Compte tenu du fait que ce ne sont plus des États qui sont les «ennemis» mais des regroupements d'individus, que ces derniers sont éparpillés partout sur la planète et même (surtout) sur nos sols, de qui doit-on se défendre?

Compte tenu que ces groupes utiliseraient des armes chimiques ou biologiques (du moins le prétend-on) et à partir des faits récents, où ils ont détourné des avions de ligne à titre de missiles à New York et fait exploser en séquence de «simples bombes» en Espagne, en Arabie Saoudite, en Turquie, de quoi doit-on se défendre?

Cette nouvelle aventure spatiale représente des investissements colossaux, des défis technologiques importants, des risques.

Qui ou quelles sociétés profiteraient de ces investissements, quels sont les fondements de ce système, quels sont les taux de probabilité de «ratés » et quelles en seraient les conséquences, bref, sur quoi repose cette défense hi-tech?

Ne sommes-nous pas en train de nous embarquer dans une nouvelle galère déjà «passée date», compte tenu du nouveau contexte, galère que de futurs rapports jugeront catastrophique, mal planifiée, mal gérée, aux coûts exponentiels?

N'assistons-nous pas à l'aveuglement de politiciens «mal pris», tentés de se laisser berner par une certaine aile électorale qui réclame des «armements massifs» ainsi que par un secteur industriel qui s'ennuie des milliards engloutis dans l'ex-guerre froide?

À ce jeu, la prochaine sera chaude.