Sur la banalisation médiatique de la violence conjugale vécue par Élisabeth Rioux

«Élisabeth Rioux, c’est une influenceuse sur Instagram, notamment connue pour être à la tête d’une compagnie de bikinis. Elle est suivie par plus de 1,7 million de personnes sur les réseaux sociaux», écrivent les autrices.
Photomontage: Olivier Zuida Le Devoir «Élisabeth Rioux, c’est une influenceuse sur Instagram, notamment connue pour être à la tête d’une compagnie de bikinis. Elle est suivie par plus de 1,7 million de personnes sur les réseaux sociaux», écrivent les autrices.

Mardi dernier, d’abord à LCN, puis sur les ondes de QUB Radio, une animatrice et ses collègues ont choisi de s’en prendre à une survivante de violence conjugale qui se trouve aussi être une influenceuse.

Vous êtes peut-être au courant, peut-être pas.

Si vous êtes âgé de 15 à 35 ans et que vous possédez un compte Instagram, il y a de fortes chances que vous connaissiez Élisabeth Rioux et sa situation. Pour les autres, voici de quoi il en retourne.

Élisabeth Rioux, c’est une influenceuse sur Instagram, notamment connue pour être à la tête d’une compagnie de bikinis. Elle est suivie par plus de 1,7 million de personnes sur les réseaux sociaux.

Ça, c’est la façon dont elle aurait pu être décrite. Avec des faits. Des réalisations. Sans jugements de valeur.

Mais non.

 

À voir | Juliette C. Bélanger dénonce la violence sur Instagram

À LCN comme à QUB radio, on a choisi de la décrire comme une jeune écervelée, comme une fille qui n’a plus rien à cacher, comme une fille qui doit son succès entièrement au fait qu’elle publie des photos d’elle en bikini sur lesquelles on voit ses fesses. Comme une fille insignifiante qui aurait eu recours à des chirurgies esthétiques et qui publierait des photos retouchées.

On pourrait se demander si ces dires sont véridiques, si les personnes qui ont tenu ces propos en ondes ont fait une véritable recherche avant de parler d’Élisabeth Rioux. On pourrait se demander aussi si c’était pertinent ou nécessaire de la décrire de la sorte. On pourrait également se demander si le fait de la dénigrer pour ces raisons ne serait pas une manifestation claire du sexisme ordinaire et de la culture du viol.

Enfin, passons. Comment se fait-il qu’on parle de cette influenceuse dans les médias traditionnels ?

Élisabeth Rioux a dénoncé publiquement les comportements violents de son ex-partenaire vis-à-vis d’elle et de leur enfant, sur sa propre page Instagram. Elle a d’ailleurs partagé une photo de son cou et de son menton avec des bleus pour soutenir ses propos et a affirmé avoir déjà porté plainte à la police. Des proches ont également corroboré la situation. Bref, elle a eu le courage d’exposer son histoire de violence conjugale aux yeux de tous et de toutes.

Ça, c’est la façon dont la situation aurait pu être décrite, et encore là, la chronique manquerait de contexte.

On aurait pu se servir de l’histoire de l’entrepreneure pour collectivement aborder la question de la violence conjugale. Spécifiquement en ces temps de confinement, où on le sait très bien, les violences faites aux femmes sont en hausse. On aurait pu parler des organismes qui sont débordés, du fait qu’il manque de places d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale. Mais non.

Dans les médias, on a jugé plus pertinent de parler des fesses d’Élisabeth Rioux, de sa supposée superficialité, de l’impact dit négatif qu’elle aurait sur les jeunes. On a jugé plus pertinent de se moquer du nom de son enfant. On a jugé plus pertinent de parler de son accouchement qui a été filmé.

On a aussi jugé plus pertinent de basher le mode de vie des influenceuses, de remâcher le débat entre médias traditionnels et réseaux sociaux, plutôt que de parler de sa situation de violence conjugale.

L’animatrice, qui se dit habituellement féministe, s’inquiète des valeurs que ces influenceuses pourraient transmettre à nos filles. Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt s’interroger sur les valeurs que les médias traditionnels pourraient transmettre, eux aussi, à nos filles ? Parce qu’une survivante qui s’affirme, qui se reconstruit, n’est-ce pas là un modèle inspirant ?

Est-ce qu’on ne pourrait pas s’inquiéter plutôt que les seules victimes de violence conjugale qui sont considérées comme valides par notre société soient celles qui correspondent à notre idée de la « bonne fille » ? Est-ce qu’on ne pourrait pas s’inquiéter plutôt du fait que les femmes doivent être des « victimes parfaites » pour être crues ? Pour que leurs histoires soient entendues ?

Pour mériter le soutien des autres, il faudrait apparemment être habillée modestement, ne pas avoir bu, ne pas en montrer « trop » sur Instagram, ne pas avoir parlé ouvertement de sexualité sur Facebook.

Est-ce qu’on ne pourrait pas s’inquiéter plutôt du fait qu’en publiant des photos de leurs fesses sur Instagram, les femmes deviennent automatiquement étiquetées comme des victimes non crédibles ? Parce que c’est le cas d’Élisabeth Rioux. Elle met son corps de l’avant pour vendre des maillots de bain et donc on décrédibilise automatiquement son histoire.

Combien de vagues de dénonciations est-ce que ça va nous prendre pour qu’on arrête d’examiner le passé et les agissements des victimes de violences sexuelles ou conjugales afin de juger de la véracité de leurs témoignages ?

« Qu’est-ce que tu publies sur ta page Instagram ? » Est-ce que c’est la nouvelle question qu’on pose aux victimes en ajout aux non moins problématiques « Qu’est-ce que tu as porté ce soir-là ? » ou encore « Qu’est-ce que tu as fait pour le provoquer et le rendre violent ? »

Est-ce que « Qu’est-ce que t’as dit dans ta story ? » devient le nouveau « T’aurais dû t’y attendre, avec ton attitude ! » Sur quoi les enquêteurs et enquêtrices, les avocats et avocates et les juges vont-ils et vont-elles se baser désormais ? Nos comptes Facebook et Instagram vont-ils être fouillés et nos selfies examinés à la recherche de raisons pour remettre en doute nos dénonciations ? Est-ce déjà pratique courante ? Notre utilisation d’emojis de pêches et d’aubergines pourra-t-elle être citée à la cour ?

Par ailleurs, les plates excuses de l’animatrice n’effacent pas le message envoyé. Le mépris du métier d’influenceuse (une autre dévalorisation d’un travail majoritairement féminin, tiens !), la banalisation de la violence conjugale, la réaffirmation de la culture du viol rendent très difficile la prise au sérieux des victimes, encore plus lorsqu’elles ne représentent pas la « victime parfaite ». Malgré les excuses, ces messages ont été entendus et restent dans les esprits.

Ce que cette animatrice et ses collègues nous disent, c’est qu’en tant que femmes, on ne sera jamais véritablement libres. On ne pourra jamais vraiment porter ce qu’on veut. On ne pourra jamais vraiment dire ce qu’on veut. On ne sera jamais à la hauteur, jamais assez crédibles. Parce que ce ne sont pas les victimes qui choisissent ce qui est acceptable ou non. Ce sont les autres qui choisissent si la violence que l’on subit vaut la peine d’être écoutée. Et ça, ce n’est vraiment pas un message qu’on aimerait transmettre à nos filles.

Parce qu’on n’est peut-être pas toutes influenceuses, mais le continuum des violences faites aux femmes, on sait malheureusement toutes ce que c’est.

Si vous ou une personne autour de vous est victime de violence conjugale, entrez en contact avec SOS violences conjugales.

*Lettre co-signée par :

 

Léa Clermont-Dion, étudiante au doctorat et autrice

 

Alice Paquet, étudiante en études autochtones

 

Kimberley Marin, co-fondatrice Québec contre les violences sexuelles

 

Jessica Prudencio, créatrice de contenu

 

Blanche St-Pierre, créatrice de contenu pour adultes

 

Naïla Rabel, comédienne

 

Charlie Bourdeau, illustratrice

 

Cassandre Pomerleau, administratrice du Collectif

 

Catherine Perron, administratrice du Collectif

 

Charline Robert-Lamy, membre du Collectif

 

Maude Savaria, membre du Collectif, historienne et archiviste

 

Laurène Valette, membre du Collectif

 

Valérie Bellefeuille, membre du Collectif

 

Garance Bélair-Boileau, membre du Collectif

 

Océane Pomerleau, membre du Collectif

 

Sarah Gouin, membre du Collectif

 

Jade Pomerleau, membre du Collectif

 

Léa Champagne-Mercier

 

Éliane Dussault, candidate au doctorat en sexologie, UQAM

 

Sarah Beaudoin, autrice et activiste

 

Magali Bélair-Boileau, étudiante en Beaux-arts, Concordia

 

Mélodie Lévesque, étudiant.e

 

Maggie-Anne Samson, étudiante

 

Esther Painchaud, étudiante en travail social, UQO

 

Rébecca Morin, Bs. Psy et étudiante en travail social, UQO

 

Maya Couillard

 

Dominique Gingras, étudiante en travail social

 

André Turpin, directeur de photographie

 

Pénélope Jolicœur, éditrice

 

Alice Pagé Vanier, étudiante en sciences politiques, Concordia

 

Jules Monday, étudiant en travail social

 

Noémie Bérard-Timon

 

Stéphanie Kassis, étudiante en travail social UQO

 

Jérémy Arcand, étudiant

 

Frédérique Charbonneau, étudiante en travail social, McGill

 

Thomas Cattaneo, étudiant en psychologie, University of New England

 

Jade Roy, étudiante en économie et politique, UdeM

 

Annie Grisé

 

Faiza Bensouiah, étudiante en travail social, UQO

 

Valérie Maisonneuve

 

Emy Langevin Cere, Bs. Psy et étudiante en travail social, UQO

 

Jessica Carrière, étudiante

 

Marylène Royer, étudiante

 

Stéphanie Couture, candidate au doctorat en sexologie, UQAM

 

Catherine Lapensée, étudiante

 

Kyla Joseph

 

Marie-Pier Durocher, intervenante et étudiante en sexologie, UQAM

 

Isabelle Prud’Homme, étudiante à la maîtrise en géographie, UQAM

 

Valery Brunelle, étudiante au baccalauréat en travail social, membre du GUTS et élue au conseil de module en TS à l’UQO

 

Vanessa Giroux, criminologue et intervenante auprès des victimes d’actes criminels

 

Stéphanie Brown-Richer, étudiante au baccalauréat en travail social, UQO

 

Élise Beaupré, étudiante en communication

 

Audrey Gervais, étudiante au baccalauréat en travail social, UQO

 

Shanel Cloutier-de Grâce, étudiante au baccalauréat en travail social, UQO

 

Catherine Pageau, étudiante au baccalauréat en travail social, UQO

 

Marilou Tanguay, conseillère en gouvernance et soutien communautaire

 

Maxim-Ugo Baribeau, étudiant au baccalauréat en travail social

 

Sandrine Gagnon, étudiante au baccalauréat en travail social

 

Mélya Gariépy, étudiante au baccalauréat en travail social à l’UQO

 

Katia Forget, étudiante en travail social, UQO

 

Marie-Claude Therriault, étudiante en travail social, UQO

 

Joëlle Bruneau Beauvais, étudiante en travail social, UQO

 

Florence Desputeau, étudiante en travail social, UQO

 

Patricia Monette, étudiante au baccalauréat en travail social, UQO

 

Antoine Morin, candidat à la maîtrise en géographie, UQAM

 

Adrien Néret, candidat à la maîtrise en gestion, HEC Montréal

 

Pascal Drainville, étudiant en travail social, UQO

 

Érika Laverdière, étudiante en travail social, UQO

 

Mariane Mayrand, intervenante psychosociale en santé mentale

 

Amy Lebel, étudiante en travail social, UQO

 

Audrey David-Lemelin, étudiante en travail social, UQO

 

Alex Lavallée-D’Amour, étudiant au baccalauréat en géographie, UQAM

 

Alissia Scheggia, étudiante en travail social, UQO

 

Sarah Deguire-Morin, étudiante en travail social, UQO

 

Camille Bergeron-Séguin, étudiante en travail social, UQO

 

Véronique Durocher, doctorante en communication sociale et membre du GAFUQTR

 

Cloe Canivet, doctorante en sexologie UQAM

 

Anne-Julie Lafrenaye-Dugas, PhD sexologie, sexologue et psychothérapeute

 

Carol-Ann Hobbs, étudiante en éducation, UQTR et membre du GAFUQTR

 

Carol-Ann Guilbault, étudiante au baccalauréat en travail social, UQO

 

Mariepier Daneau, étudiante en gestion des organismes culturels, HEC

 

Geneviève Brodeur, M.A sexologie et étudiante au doctorat interdisciplinaire en santé et société, UQAM

 

Éliane Lalonde, étudiante en géographie, UQAM

 

Louis Boivin, étudiant en géographie, UQAM

 

Jade Cloutier-Leblanc, étudiante en géographie, UQAM

 

Ariane Rancourt, étudiante en cinéma, UdeM

 

Mélissa Dauphinais, horticultrice et étudiante en santé mentale, UdeM

 

Ariane Brisebois, étudiante en scénographie, Concordia

 

Fanny Melul Astiasarain, étudiante, CDITM

 

Nolann Chaumont, B.Sc. Sciences environnementales

 

Miriam Vaillancourt, étudiante en animation et sociologie

 

Alexe Brisebois, étudiante en communication marketing, UQAM

 

Elena Dakka, étudiante en communication, McGill

 

Kelly-Ann Tourangeau, étudiante en gestion et design de mode, UQAM

 

Korine Tesire, étudiante en sciences infirmières

 

Zoé Ntumba, étudiante en psychologie, UdeM

 

Catherine Leblanc, BFA Painting & Drawing, Concordia

 

Jade Denis, étudiante en média interactif, UQAM

 

Théo Tremblay, étudiant en Liberal Arts, Concordia

 

Annabelle Podlasiewicz, travailleuse en milieu syndical

 

Hachemi Habbari, étudiant en sciences politiques et philosophie, UdeM

 

Mélanie Ederer, étudiante en travail social, UQAM

 

Sandrine Demers, étudiante

 

Eve Buissière, étudiante

 

Michèle Frenette, doctorante en service social, Université d’Ottawa

 

Julie Pigeon, traductrice

 

Amélie Barsalou, étudiante au D.E.S.S. en études internationales, UdeM

 

Mathilde B-P, étudiante en histoire de l’art, Concordia

 

Naomie Léonard, étudiante au doctorat en études urbaines

 

Marie-Hélène Dion, infirmière clinicienne

 

Sophie-Anne Morency, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM

 

Jeanne LaRoche, étudiante à la maîtrise en études urbaines

 

Léa Martin, travailleuse culturelle

 

Alexandre Brisebois, croupier au casino de Montréal

 

Fardousa Abdillahi, étudiante en travail social, UQO

 

Mathilde Baumann, étudiante au doctorat en psychologie, UQAM et M.A. sexologie

 

Alexandra Dupuy, candidate à la maîtrise en linguistique, UQAM

 

Sara Tessier-Suarez, étudiante en géographie, UQAM

 

Catherine Côté, étudiante en psychologie et en droit, UdeM

 

Annie Pelletier

 

Louis-Jérôme Belleau

 

Annabelle Pelletier, étudiante en sciences humaines au Vieux-Montréal

 

Marie-Léa Thibault, étudiante en communication marketing, UQAM

 

Marie-Ève Drolet, étudiante en film d’animation, Concordia

 

Marie-Pierre Angers, rédactrice

 

Jean-Étienne Ladouceur, étudiant en graphisme à Ahunstic

 

Valérie Groulx-Feeney, étudiante en psychologie, UQAM

 

Julie Boivin

 

Lina Heckenast, étudiante en journalisme

 

Camille Pépin, illustratrice

 

Cloé Gratton, étudiante au doctorat en psychologie, UQAM

 

Nick Paré, étudiant en travail social, UQO

 

Mary-Mai Laporte, étudiante

 

Edwige Lafortune, étudiante

 

Maelle Lazure, étudiante, UOttawa

 

Norma Berger

 

Gabrielle Dionne-Legendre

 

Camille Rousseau

 

Alyssa Bouchenak

 

Katherine Messier, étudiante

 

Élizabeth Larrivée, étudiante

 

Agathe Louet, étudiante

 

Camille Leroulley, étudiante

 

Mégane Laberge, étudiante

 

Sandrine Chaussé, étudiante en sciences économiques, UdeM

 

Bianca Potter-Hopf, étudiante en design de costume

 

Renaud Deslauriers, Bs Psy, étudiant en sciences infirmières, UQO

 

Marion Larose, doctorante en psychoéducation, UdeM

 

Geneviève C. Ferron, chorégraphe

 

Audrey Monette, M.A., consultante en prévention de la violence

 

Samuel Laberge, étudiant en mécanique industrielle

 

Florence Ferland

 

Ève Marcotte

 

Nathaniel D’Anjou

 

Laurianne Bonnici, diplômée du HEC

 

Cassandra Bordeau, Consultante en transformation des ressources humaines

 

Élodie Plamondon
 

20 commentaires
  • Armand-Denis Tremblay - Abonné 12 novembre 2020 07 h 31

    Merci

    Merci d'etre vigilantes pour nous et d'avoir dénoncé cette situation.

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 12 novembre 2020 08 h 57

    Du vrai féministe..

    La jalousie féminine à son pire, comme avec Marie Pier Morin, Anne marie Losique, Caroline Néron, Nelly Arcand, Lise Watier..des femmes trop belle pour qu'on leur accorde le respect mérité. Je suis soulagée par cette lettre signée par des femmes...bravo.

    Élisabeth Rioux est une excellente entrepreneure, une jeune maman et elle est magnifique dans son genre. Elle ne s'adresse clairement pas au fan de Safia Nolin..

    Être belle en 2020 peut être lucratif, je l'admire car elle a su tirer son épingle du jeu dans le monde d'instagram..pas facile.

    Enfin je suis dégoûtée par le silence des médias, le journal de Mtl à montré les photos, les textos sans plus..silence partout ailleur, pourtant cette femme est suivi par des milliers de jeunes fans qui savent maintenant qu'elle est une victime de violence conjugale dans le silence totale de la société dans laquelle elles vivent. Je ne savais pas qu'en plus on l'avait ridiculisée de la sorte, c'est franchement bas, je connais des recteurs qui suspendent pour bien moin.

    Très mauvais message aux jeunes femmes, vous êtes belles et aguichantes, ne venez pas vous plaindre de vos agressions.

    Votre lettre me réconcilie avec le féministe..merci;)

    • Virgnie Blanchette-Doucet - Abonnée 12 novembre 2020 12 h 03

      Bonjour,

      Je veux juste porter à votre attention que malgré ses bonnes intentions, votre réflexion reproduit cette opposition entre les femmes.
      Vous mettez vous-même les "trop belles" d'un côté et les autres... de l'autre. (Et leur "public" avec, comme si c'était une question de prendre un camp, tout le temps.)
      Et si on nuançait un peu? Et si on changeait notre façon de nous regarder, les unes, les autres?
      C'est ça, la sororité. C'est ça, le féminisme.

      Virginie

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 novembre 2020 14 h 59

      Merci Virginie de votre commentaire si juste et respectueux!

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 12 novembre 2020 17 h 39

      Le chapeau que vous tentez de me faire porter ne me fait pas, désolée.

      Où lisez vous que JE met les plus belles d'un côté etc?

      C'est un article qui parle d'une femme qui aime aguicher et qui est victime de violence et plutôt que parler de cette violence dans les médias comme avec toute les vedettes qui dénoncent leur agresseur, on parle de sa façon de montrer son corp?!

      Je ne sais pas quel sorte de féministe vous prônez car semble t il dernièrement il y en a plusieurs, mais comme les signataires, ce type d'attaque gratuite ce n'est pas le mien.

      Pour ce qui est de se regarder de la même façon, vous voyez vous Elisabeth Rioux de la même façon que coeur de pirate?
      Je ne pense pas puisque vous rassurez un commentateur plus bas en disant " sur son sîte il y a de la diversité corporel" et si il y en avait pas? Qu'est ce que ça changerait au fait qu'elle aille été agressée?

      Je la défend comme toute les signataires de cette lettre comme je défenderais n'importe quelle femme, la beauté n'a aucun rapport.

      Mon féministe est très simple, on ne banalise pas la violence sur une femme, quelque soit sa couleur, son poid, son métier, la longueur de sa jupe etc..

    • Virgnie Blanchette-Doucet - Abonnée 13 novembre 2020 14 h 24

      Bonjour,
      Je me suis dit que je ne répondrais pas, puisque je vous invitais au départ à vous relire, à envisager vos propres mots sous un autre angle. Visiblement, vous semblez avoir fouillé dans les miens et cherché cette fameuse opposition que je n'ai pas voulu créer.

      Pourquoi vos idées s'opposeraient toutes aux miennes, d'emblée? Qu'est-ce qui vous dit que je n'étais pas d'accord avec la lettre en question? Mon commentaire concernait votre message à vous.
      Voici ce que vous écrivez : "La jalousie féminine à son pire, comme avec Marie Pier Morin, Anne marie Losique, Caroline Néron, Nelly Arcand, Lise Watier..des femmes trop belle pour qu'on leur accorde le respect mérité."
      Et dans le paragraphe suivant : "Elle (Rioux) ne s'adresse clairement pas au fan de Safia Nolin.."

      Que vouliez-vous dire, par là? Pourquoi "classer" Rioux d'un côté, après avoir nommé des belles femmes, et Nolin de l'autre?
      Parce que moi, je les suis, ces deux femmes, sur les réseaux sociaux. Je n'ai jamais acheté de maillots de Rioux, mais j'ai beaucoup de curiosité envers sa manière d'aborder le féminisme. Elle est de la génération de mes étudiants. Elle est audacieuse dans sa manière de mener ses affaires. Nolin, c'est une artiste que j'adore. Alors à mes yeux, oui, elles peuvent avoir un même public : moi. Leurs cerveaux et leurs voix m'intéressent indistinctement de leurs corps.

      Je suis ouverte à la discussion, bien honnêtement, je ne suis pas ici dans l'intention de "gagner un débat"... Mais si vous n'êtes pas disposée à discuter calmement, c'est ok aussi, je vais juste retourner à ma classe.

      Virginie

  • Paul Gagnon - Inscrit 12 novembre 2020 09 h 15

    Aristote féministe

    voilà qui est rafraichissant.
    Et tout un influenceur à part de cela!

  • Jean-François Trottier - Abonné 12 novembre 2020 09 h 21

    Il y a des limites à la névrose!

    Ah! Comme le moralisme a donc toujours raisons! Ah!

    Une image vaut mille mots? Non. C'est l'absence de mots qui pose problème.

    Je refuse de lire les magazines dit "féminins" parce que c'est de la pure pornographie comme certains sites, en pire : ils utilisent des codes sociaux gravement névrotiques.
    La pornographie est l'actualisation de fantasmes supposés. C'est exactement ce qu'est une bonne part de la publicité paraissant dans tout magazine féminin, comme les photos de Mme Rioux que j'ai vues à l'occasion de cette nouvelle invasion des médias "classiques" depuis un réseau.
    Ce mouvement est à sens unique. Les réseaux envahissent les médias aux informations vérifiées, pas l'inverse. La réalité ne réseaute pas.

    Comme toute porno, ces magazines via la publicité qu'ils autorisent dictent des idéaux. Quel air pâmé est "vrai", quel(le) position/environnement/couleur/bikini sont le "bonheur"...
    On peut être contre, mais on ne peut les ignorer!
    C'est caractéristique de la pornographie, entre le fantasme (heureusement) non-réalisé et son actualisation prenant une forme de diktat par la vide de paroles. Comment répondre devant pas de mots?

    Je sais que si je montre mes fesses (je ne souhaite ça à personne!), on en parlera longtemps, très longtemps! Et pas en bien.
    On assume ou pas, c'est tout.

    Mme Rioux n'est pas d'une ado en petit jupe pour être "de la gang", mais une adulte apte à assumer ses gestes et ses arguments de vente.
    Elle en a le droit, elle a aussi le devoir d'en assumer tant l'augmentation du chiffre d'affaire que les commentaires sur ses fesses, qui SONT sa notoriété comme le toupet à tonton Donald.
    Son argument de vente, c'est elle et sa vie qu'elle étale. Voyeurisme voulu et systématique.
    C'est pour ça que son histoire est connue.
    Si elle ne le veut pas, qu'elle prenne des mannequins impersonnels. Hon! Elle ferait moins de fric!

    Ici comme ailleurs la parole libère, le slence que vous imposez tue.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 12 novembre 2020 11 h 14

      Imaginez vous donc que les femmes peuvent faire ce qu'elles veulent de leur corp en 2020, même faire de l'argent avec si ça leur plaît.
      En plus c'est grosso modo à ça que les hommes nous ont réduite depuis des millénaires, un corp, soit pour enfanter soit pour faire l'amour, un paradoxe physique puisque un nuit clairement à l'autre. Alors non je ne lance pas la pierre aux femmes qui exploitent leur corp, surtout si elles l'exploitent elles même sans remettrent un sous à un homme qui tire les ficelles.

      Pour le reste c'est 2 sujets différents, là on ne parle pas d'un mouvement mais d'une jeune femme qui mérite mieux que des critiques sur son physique après avoir été battue.

    • Virgnie Blanchette-Doucet - Abonnée 12 novembre 2020 12 h 00

      Je vous invite à aller voir sur la page de sa compagnie, où elle fait la promotion de ses bikinis avec des modèles féminins très variés.

      Avant de crier au loup, il faut accepter d'aller prendre le risque de se balader un peu dans la forêt, c'est plus crédible!

    • Dominique Boucher - Abonné 12 novembre 2020 12 h 59

      @ Daphnee Geoffrion

      «Imaginez vous donc que les femmes peuvent faire ce qu'elles veulent de leur corp[s] en 2020, même faire de l'argent avec si ça leur plaît.»

      Me semble que Monsieur Trottier ne dit pas le contraire...

      Jean-Marc Gélinea, Montréal

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 novembre 2020 13 h 22

      Oh le beau sens de la victimisation!
      Ben oui hein, l'individu n'est que la somme de sa situation sociale. Du marxisme à peine primaire.

      La condition de l'humain condamné à être libre selon l'existentialisme, balayée sous le tapis. Encore une théorie de gars, s'pas! Simone de Beaucoir n'a que subi son maître et n'a écrit que sous ses ordres! ioupi!! Elle aussi, balayée sous la tapis, par vous et votre sens aigu du misérabilisme.

      Je vous souhaite de continuer votre vie de somnambule où tout se décide hors de vous.
      Pas trace de bonheur possible, même pas la moindre expression.

      Sans ses fesses, on ne parlerait pas de la dame en question. C'est ce qu'elle souhaite de toute évidence, c'est dans son plan de marketing au même titre que tout le reste de sa vie privée. Si si, tout. Puisque c'est voulu par elle et son équipe marketing, difficile de ne pas en ternir compte.
      Je lui souhaite tout le succès du monde dans ses affaires d'ailleurs, bien sûr. Tout comme à François Lambert, aux méthodes semblables, dont pourtant je me tiens très, très loin pour les opinions.

      Ce sont les affaires qui font que le mot "sexe" apparaît sur toutes les couvertures de tous les magazines féminins­, et toujours sous couvert de "bonnes intentions". Vérifiez. Et une fois de plus je n'ai rien contre! Ce n'est pas pour moi, tout simplement, même si je vois très bien les névroses sociales qui y mènent.

      Pour Mme Rioux, c'est à la justice à faire son tavail comme pour tout autre cas de violence. J'en souhaite autant pour tous y compris les hommes, puisque les chiffres démontrent qu'ils e sont aussi victimes que les femmes... mais en silence.
      Statistiques Canada vous le démontrera.

      Vous, vous ne faites que perpétuer un monde de paillettes qui voudrait que seules "celles qui savent" en discutent. En interdisant aux autres d'avoir une opinion.
      Je prends comme un compliment que vous me preniez pour un imbécile à ce point-là.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 12 novembre 2020 14 h 28

      À M.Trottier,
      Vous manquez d'empathie, je ne sais pas si c'est généralisé ou simplement envers les jeunes femmes qui montrent leur fesse.

      À Mme.Doucet,
      Bon point mais même si son sîte ne présentait que des tailles zéro, qu'est ce que ça changerais dans le fait qu'elle à été agressée et ensuite ridiculisée sur son physique?
      Est ce que Stormy Daniel aurait dû se taire face à Trump parce qu'elle danse nue?

      À Mme.Boucher,
      J'avoue que je ne sais pas trop ce que M.Trottier veut dire, mais certainement un bon mot pour une victime d'agression, sexy ou non.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 novembre 2020 09 h 30

      Mme Geoffrion, vous alimentez des préjugés gros comme le bras.

      Les fesses font partie de la vie et je suis incapable d'aimer une personne sans ses fesses.
      Les "beaux" sentiments, féminins selon vous comme victime intemporelle, disent tout séparer... et pourtant condamnent à tour de bras des auteurs et leur oeuvre selon leur comportement privé.
      Je ne suis pas contre, je dis qu'il est faux qu'on peut séparer les choses comme vous le faites, pour raisons de fausse pudeur déplacée.
      Il en va de même pour la porno tant décriée, alors qu'il s'en produit des tonnes sous le couvert de "magazine féminin", comme je le dis ci-haut.

      Ces images de femmes tordues, en extase, le cou comme celui d'une girafe, divines au sein d'un décor de rêve (où elles trouvent le "bonheur"!!!) sont des fantasmes étalés dans tous ces magazines.
      Je répète, je n'ai rien contre sauf personnellement. Tout ce narcissime me tombe sur les nerfs, je suis comme ça.
      Je constate que c'est de la porno, et que non seulement les magazines mais toutes les les femmes que je connais refusent de la nommer comme tel.
      Grosse névrose.

      Il en est de même pour Mme Rioux, dont les fesses sont la marque de commerce. Pas un peu, pas à peu près.
      Et je ne manque de respect en rien si je parle des siennes... à moins que vous n'ayiez décidé de ne plus en avoir?
      SI Mme Rioux a de la difficulté à faire reconnaître le crime allégué, c'est une question de justice et de démarche personnelle au même titre que n'importe quel inconnu(e), et non de discussion publique.
      Les signataires ont cru pourvoir porter un coup de morale divisante et censurante grace à une personnalité connue.
      Dnas notre société profondément névrosée, on voit bien qui a la parole, s'pas.

      C'est vous qui découpez la vie en morceaux et infantilisez Mme Rioux en interdisant de parler de ceci au nom de celà. C'est navrant et névrotique.
      Loi du silence et condamnation à base de "On sait ben".

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 novembre 2020 10 h 50

      Heu... Je relis tout ça.

      Mme Geoffrion

      J'attends toujours VOTRE bon mot pour la victime d'agression. Pas trace pour le moment, seulement de l'agressivité très mal placée.

  • Dominique Boucher - Abonné 12 novembre 2020 11 h 28

    Choisir son angle

    On peut passer pour une épaisse (ou un épais) et être victime de violence (conjugale ou pas). Les deux nʼont rien à voir et ne sʼexcluent pas mutuellement. Quand on monnaie dʼune manière qui peu paraître à certains un peu «cheap» — en la plaçant constamment sous le feu des projecteurs —, une existence somme toute assez banale, on peut raisonnablement sʼattendre à quelques critiques... Les journalistes et chroniqueurs ont encore le droit de choisir lʼangle sous lequel ils traitent un sujet, non?

    Aussi: «Survivante?» Comme dans «survivant de l'attentat de Charlie-Hebdo»? Comme dans «survivant de la tour 2 du WTC le 11 septembre 2001»? Comme dans «survivant dʼAuschwitz»? Je sais que lʼemploi de ce mot est devenu la norme dans certains milieux, mais garde-t-il encore quelque sens quand on l'utilise ainsi systématiquement pour désigner toute personne victime de violence conjugale, quel que soit le niveau de cette violence? («Survivante» est évidemment le mot qui convient dans certains cas.) Comme disait lʼautre: «On affaiblit toujours ce qu'on exagère.»

    Jean-Marc Gélineau, Montréal