Voici pourquoi Joe Biden sera le prochain président des États-Unis

Aujourd’hui, les clés laissent entrevoir la défaite de Donald Trump et la victoire de Joe Biden à la suite du revirement de situation le plus brutal de l’histoire des États-Unis pour le parti au pouvoir.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse Aujourd’hui, les clés laissent entrevoir la défaite de Donald Trump et la victoire de Joe Biden à la suite du revirement de situation le plus brutal de l’histoire des États-Unis pour le parti au pouvoir.

Allan J. Lichtman a prédit sans erreur les candidats qui ont été élus président des États-Unis depuis 1984, y compris en 2016. Dans un texte écrit en exclusivité pour Le Devoir, le professeur émérite d’histoire à l’American University, à Washington, explique pourquoi son système des «13 clés» laisse entrevoir la défaite de Donald Trump et la victoire de Joe Biden cette année.

Si vous cherchez à comprendre la dynamique de l’élection présidentielle américaine et à prédire l’issue du scrutin, oubliez les sondages et les experts. Ignorez également la campagne et ses péripéties quotidiennes. Prêtez plutôt attention au portrait d’ensemble, c’est-à-dire à la façon dont le parti à la Maison-Blanche a gouverné les États-Unis — ce qui peut être mesuré à l’aune des faits marquants du mandat qui s’achève (essor et ralentissement économiques, succès et échecs de politique étrangère, troubles sociaux, scandales, politiques novatrices, etc.). Rien de ce qu’un candidat peut dire ou faire au cours d’une campagne, à une époque où le public considère tout comme le résultat de tactiques politiques, ne modifie ses chances dans les urnes. Les débats, publicités, apparitions à la télévision et stratégies de campagne comptent ainsi dire pour rien le jour de l’élection.

Mon système de prédiction — les clés de la Maison-Blanche — a systématiquement prédit les résultats des élections américaines depuis 1984, et ce, en évaluant la vigueur et les performances du parti présent à la Maison-Blanche. Les clés sont au nombre de 13. Il s’agit de questions diagnostiques qui prennent la forme de propositions favorables à la réélection du parti au pouvoir. Si seules cinq ou moins de ces affirmations se révèlent fausses, c’est-à-dire sont défavorables au parti au pouvoir, celui-ci remporte un nouveau mandat. Si six ou plus sont fausses, c’est l’opposition qui gagne.

Cette méthode a permis de prédire le résultat des élections, à quelques reprises en contradiction avec les sondages et parfois des années à l’avance. En 1988, les clés donnaient George H. W. Bush gagnant, même s’il accusait 17 points de retard sur son rival démocrate, Michael Dukakis, dans les sondages. En 2006, elles prédisaient déjà la victoire historique de Barack Obama en 2008 ; puis en 2010, sa réélection au scrutin de 2012, dont l’issue était pourtant fort incertaine. Et cette prédiction n’avait pas changé, même après la tenue désastreuse du président au premier débat et des sondages favorables à son adversaire républicain, Mitt Romney. En 2016, les clés annonçaient l’élection en apparence improbable de Donald Trump. Cette prédiction, qui allait à l’encontre des sondages et de l’avis des experts, avait même été faite avant que le directeur du FBI, James Comey, n’annonce qu’il rouvrait l’enquête sur les courriels
de la candidate démocrate Hillary Clinton — ce qui, selon de nombreux analystes, dont Nate Silver du site FiveThirtyEight, « a probablement coûté les élections à Hillary Clinton ».

Aujourd’hui, les clés laissent entrevoir la défaite de Donald Trump et la victoire de Joe Biden à la suite du revirement de situation le plus brutal de l’histoire des États-Unis pour le parti au pouvoir. À la fin de 2019, Donald Trump semblait en effet devoir éviter la défaite, ne comptant alors que quatre clés défavorables contre lui.

Clé 1 (élections de mi-mandat) : Les républicains ont perdu 41 sièges à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat, en 2018, voyant ainsi le contrôle de la Chambre leur échapper, ainsi que cette clé.

Clé 9 (scandales) : Lorsque la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté la destitution de Donald Trump, ce dernier est devenu seulement le troisième président de l’histoire des États-Unis à subir un tel désaveu. Cette clé lui est alors devenue défavorable.

Clé 11 (succès militaires ou de politique étrangère) : Les initiatives militaires ou de politique étrangère les plus importantes de Donald Trump ont échoué — en Syrie, en Iran, en Corée du Nord et en Ukraine. L’assassinat du général iranien Qassem Soleimani n’a été suivi d’aucune stratégie cohérente et a été rapidement oublié.

Clé 12 (charisme du candidat) : Donald Trump se donne volontiers en spectacle et attire l’attention des médias, mais ne plaît qu’à une portion de l’électorat, à la différence d’un Ronald Reagan, par exemple, qui suscitait une plus large adhésion. Dans la plupart des sondages, le taux d’approbation du président atteint à peine 30 %. Les Américains jugent à plus de 60 % qu’il n’est ni honnête ni digne de confiance et déclarent ne pas l’aimer.

Et puis, quelques mois plus tard, tout a basculé. Les États-Unis ont été frappés par deux crises : la pandémie de COVID-19 et les manifestations nationales contre l’injustice raciale. Ces événements extraordinaires, combinés à la réponse maladroite qu’y a apportée le président, ont coûté à ce dernier trois autres clés, ce qui a réduit considérablement ses chances de réélection.

Clé 5 (économie à court terme) : Le 8 juin 2020, le National Bureau of Economic Research a annoncé que l’économie américaine était officiellement en récession, ce qui a retourné cette clé contre le président. Les États-Unis ont depuis enregistré deux trimestres consécutifs de croissance négative.

Clé 6 (économie à long terme) : La croissance économique par habitant a été négative en 2020, en dépit d’un fort rebond au troisième trimestre. Cela a fait chuter les chiffres de l’économie sous la moyenne enregistrée lors des deux précédents mandats et a coûté au président la clé 6.

Clé 8 (troubles sociaux) : Les troubles sociaux, notamment les épisodes de violences, ont été nombreux cette année. Ces désordres ont suscité des préoccupations qui demeurent vives et qui ne seront pas résolues avant l’élection, étant donné la résistance de Donald Trump et des républicains du Congrès aux réformes.

Les autres Clés sont : la 2 (il n’y a pas de concurrence au sein du parti du président), la 3 (le président se représente pour un deuxième mandat), la 4 (il n’y a pas de troisième parti au poids conséquent), la 7 (le gouvernement en place a réalisé des changements majeurs en politique nationale), la 10 (échec militaire ou de politique étrangère majeur) et la 13 (le parti adverse présente un candidat qui n’a pas de charisme ou qui n’est pas un héros national).

Le gouvernement Trump a cherché à profiter de l’accord conclu entre Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan en le présentant comme un succès historique. Toutefois, pour avoir un réel effet sur les clés, un traité doit avoir une signification importante pour les Américains et susciter leur enthousiasme. Celui-ci a été accueilli par un bâillement collectif aux États-Unis, à la différence, par exemple, de l’entente sur le contrôle des armes nucléaires ratifiée par les États-Unis dans la foulée des accords de Camp David sous le gouvernement Carter. Par ailleurs, sur le fond, cet accord ne comporte pas d’engagement contraignant pour Israël, qui peut reprendre l’annexion de territoires palestiniens à sa discrétion.

À (re)lire

Tout sur Biden

Cette campagne présidentielle des plus étranges nous a déjà réservé bien des surprises. Donald Trump a complètement fait dérailler le premier débat, le 29 septembre, employant un ton impoli et arrogant, sans précédent dans le cadre de cet exercice, et multipliant les mensonges, les intimidations et les interruptions. Le président et la première dame ont par ailleurs contracté la COVID-19, ce qui a entraîné l’annulation du deuxième débat ; et pour le troisième, la Commission sur les débats présidentiels a décidé de fermer le micro du candidat censé écouter durant les deux minutes où son adversaire répondait aux questions initiales de l’animateur. Après la mort de la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, les républicains sont revenus sur leur position selon laquelle un candidat ne peut être confirmé durant une campagne électorale. Après avoir refusé de tenir ne serait-ce qu’une audience lorsque le président Barack Obama a proposé la nomination de Merrick Garland en 2016, les républicains — aujourd’hui majoritaires au Sénat — ont réussi à obtenir la confirmation d’Amy Coney Barrett en un temps record, une semaine à peine avant l’élection. Enfin, le président Trump a attaqué Joe Biden sur la base de documents douteux et n’ayant fait l’objet d’aucune vérification qui auraient été découverts dans un ordinateur laissé dans une boutique de réparation du Delaware.

Rien de cela, cependant, n’a modifié le verdict des clés contre le président. L’intérêt de cette méthode de prédiction est que seuls des événements suffisamment importants pour avoir une incidence sur le portrait global de la gouvernance du pays peuvent influer sur le résultat prévu des élections. Tout le reste est sans effet.

Les clés ont des implications positives sur la façon de gouverner le pays et de mener une campagne. Elles mettent en effet en lumière que, ce qui compte lors des élections présidentielles, c’est justement la façon de gouverner, laquelle est mesurable à l’aune des faits marquants d’un mandat présidentiel, et non à celle de l’emballage, des images et des stratégies de campagne. Si les candidats comprenaient comment fonctionnent réellement les élections, ils éviteraient les campagnes vides et formatées, conçues par des consultants, auxquelles les Américains ont trop souvent droit. Ils s’efforceraient de tenir des scrutins sérieux, de jeter les bases pour la gouvernance du pays au cours des quatre années suivantes et d’améliorer ainsi leurs chances ou celles de leur parti de remporter un autre mandat. Les candidats devraient présenter leur vision de ces quatre années, préciser les projets de loi et décrets qu’ils entendent faire passer au cours de leurs cent premiers jours au pouvoir et expliquer qui ils entendent nommer au Cabinet, à la Maison-Blanche et à la Cour suprême.

59 commentaires
  • Michel Pasquier - Inscrit 2 novembre 2020 01 h 23

    Le sénile, le débile et les déplorables

    Il était une fois en Amérique un pays qui fut la lumière du monde et qui, un jour, se mit à douter. “Les déplorables”, surtout, se mirent à douter que le vieil homme, qui, pourtant, représentait, en principe ces gens qui“ travaillent dur” serait en mesure de leur rendre la gloire passée : une vie exceptionnelle à la dimension de l’Amérique. Et ces “déplorables” se mirent à douter encore plus dès lors qu’on leur expliqua que les mines de charbon n’étaient plus viables et que les emplois dans cette industrie, et dans d’autres industries qui firent la gloire du pays étaient inexorablement voués à disparaître et que la priorité était de s’instruire, d’acquérir une compétence.
    Et c’est alors qu’un personnage tout à fait déplorable leur expliqua, dans des termes débilitants que lui allait remettre les mineurs au travail en éliminant ces restrictions environnementales ridicules. L’heure est grave leur dit-il : “Si nous ne faisons rien, nous les blancs seront en minorité dans moins de cinquante ans dans ce pays. Il est temps de mettre fin à ces lubies de bobos gauchistes des villes comme : l’armée américaine qui doit payer tous les frais médicaux pour telle personne qui veut changer de sexe, instaurer des quotas de gens de couleur, des quotas de femmes et autres conneries “
    “On nous accuse d’être corrompus, et alors les autres, que font-ils?
    Eux aussi ont besoin d’argent, de beaucoup d’argent pour espérer gagner les élections. On nous accuse aussi d’avoir mal géré le virus chinois, de n’avoir pas mis en pratique les mesures instaurées dans d’autres pays, et qui comme certains le prétendent, ont permis de limiter la mortalité. La belle affaire, la plupart des morts sont des vieux et des ….Nous sommes un pays exceptionnel, qu’avons-nous à apprendre ? ”.

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 novembre 2020 08 h 05

      M.Pasquier,
      malheureusement, depuis Reagan, les mesures compensant les effets de la mondialisation et des délocalisations ont été démantelées ou n’ont pas été mises en place. Les inégalités sociales se sont accrues inexorablement. Le travail est taxé mais les transactions financières ne le sont pas (voir James Tobin, prix Nobel d'économie). La spéculation est responsable de la crise de 2008 et s’il faut en croire Michael Bury, qui a joué et gagné contre cette crise, les fonds indiciels, qui sont aussi opaques que les CDO (obligations adossées à des actifs) de 2008, nous mènent vers la prochaine crise. Cette fois, on l’écoute, même si plusieurs se font rassurants, comme avant 2008.

      Il faut être bien désespéré pour croire que Trump International mettra un terme à la mondialisation dont il tire ses bénéfices.
      Vous avez la prudence de ne pas faire de prévision.
      J'aime votre commentaire explicitement, faute d’être sur FB.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 novembre 2020 11 h 53

      En espérant que demain sera la fin du babouin orange qui a apporté la disgrâce à la fonction de président et aux États-Unis.

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 novembre 2020 15 h 55

      Un organisme suédois, le V-Dem Institute, a créé une base de données sur 1,955 partis politiques dans 169 pays depuis 1970, dégageant deux indices: le populisme et l'anti-démocratie, basés sur des critères multiples comme le recours à la violence, la xénophobie, les attaques personnelles, les violations des règles électorales, etc.
      Avec Trump, les USA ont rejoint les paris d'extrême-droite comme la Ligue du Nord (Italie), l'AfD (Allemagne), l'Ukip (GB), l'aube Dorée (Grèce), le Fidesz (Hongrie), dépassant le Front National français. Certains de ces partis sont financés par Moscou comme le FPO autrichien et l'Ukip britannique. Le classement ne suit pas la distinction gauche-droite. Voir le graphique:
      «The Republican Party has lurched towards populism and illiberalism» The Economist, 31 octobre 2020
      «New Global Data on Political Parties: V-Party» V-dem Institute, 26 octobre 2020.

  • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 03 h 43

    Une autre méthode non-classique de prédiction: l'espionnage des médias sociaux, la collecte et le traitement des données par l'intelligence artificielle.

    Polly, un ordi qui utilise l'intelligence artificielle, avait prévu à deux sièges près le gouvernement minoritaire de Trudeau (mieux que tous les sondeurs) en 2019 et une des rares qui avait prévu le Brexit. Polly fait cette prédiction pour les présidentielles américaines de 2020, en nombre de grands électeurs (ce qui compte): 357 Biden - 181 Trump, Pollly s'accorde une marge d'erreur de 61 (donc, même en accordant la marge d'erreur maximale contre Biden et pour Trump, Biden gagne quand même). C'est sa prédiction du 2 novembre à 9h00, elle en fait chaque jour. Sa dernière sera donc demain. Pour la voir: https://advancedsymbolics.com/us-election-2/

    Polly établit elle-même sa marge d'erreur, qui peut varier. Pour le vote national elle ne s'accorde, au deux novembre, une marge d'erreur que de 1%: 55% Biden, 45% Trump. Je ne sais pas si elle tient compte du fait que beaucoup de gens ont déjà voté ou s'il s'agit d'une hypothèse dans le cas où tout le monde voterait le 3 novembre au moment de son évaluation.

    Sa marge d'erreur est plus grande pour les grands électeurs, l'issue État par État étant plus incertaine. Les sondeurs étaient tombés assez juste sur le % du vote national en 2016, mais quant aux marges serrées par État...

    Polly sonde en temps réel, sans interagir avec l'opinion: elle espionne les réseaux sociaux en utilisant l'intelligence artificielle, c'est-à-dire qu'elle détermine elle-même les paramètres de prédictions, et elle a pu raffiner sa technique en faisant des prédictions de choses passées et en ayant comparé les paramètres de prédiction avec des résultats réels. Et plus elle en fait, plus elle s'améliore. Elle s'établit un échantillon représentatif de la population pour des territoires donnés.

    Ceci ajoute un suspense non-partisan aux élections du 3 novembre: cette méthode fonctionne-t-elle?

    Un reportage de TV Ontario sur Polly: : https://www.youtube.com/watch?v=eE-8UqsvsNc&list=PLgBne2KTlDUxOui3iCj18jX9akyLAAItb&index=1

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 novembre 2020 08 h 44

      Mon baromètre:le haut taux de votation avant le 3 novembre.Dans mon livre, ce serait un indice de changement.

      Il y a 2 semaines, j'ai gagé 20$ avec un ami.

      Merci de cette information sur Polly.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 14 h 47

      Un bon indice M. Grandchamp que la participation, comme vous le dites.

      Même des gens pas très enthousiasmés par Biden demeurent motivés à voter contre Trump. En 2016, une plus grande partie des non-Trumps pas très enthousiasmés par Hillary n'ont pas voté.

      La croissance de la participation devrait donc favoriser les démocrates, Trump étant plus près d'avoir précédemment fait le plein de ses appuis, lesquels ont davantage tendance à voter, et donc, moins nombreux en proportion parmi les gens qui, précédemment, n'avaient pas voté.

      Je partage une pure intuition, bien sûr. Ce n'est pas de la science comme Polly.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 novembre 2020 09 h 40

      Dernières prédictions de Polly, très audacieuse. 9h00, heure normale de l'Est, 3 novembre 2020.

      En grands électeurs: 372 Biden, 166 Trump. Très audacieuse car elle ne s'accorde une marge d'erreur que de 5 grands électeurs sur 538, soit +- 1%.

      Pour le vote national: 55% Biden, 45% Trump. Très audacieuse car elle ne s'accorde une marge d'erreur que de .... 0%.

      Ici: https://advancedsymbolics.com/us-election-2/

      Au-delà de l'intérêt pour l'élection elle-même, il y a l'intérêt de l'efficacité de la méthode de Polly: ne pas interagir avec quiconque et seulement espionner les réseaux sociaux pour déterminer en déduisant par l'intelligence artifielle.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 novembre 2020 18 h 17

      D'après le docu de TVO, Polly, le nom de l'ordi, serait pour "politics", au départ, je croyais que c'était pour Poll (sondage), ce que je trouve amusant .

      En angliche, Polly est un dérivé familier de Mary, un peu comme Bob pour Robert ou Hank pour Henry. Molly est un autre dérivé familier de Mary. Le nom de l'ordi me semble aussi refléter un certain humour.

      Voilà, c'était la leçon d'angliche pour aujourd'hui.

  • Hélène Gervais - Abonnée 2 novembre 2020 04 h 48

    J ’ai beaucoup

    aimé ce texte, car je le sent sans parti-pris.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 novembre 2020 09 h 09

      Vous m'en direz des nouvelles de sa prédiction le 4 novembre 2020.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 14 h 49

      Et aussi, M. Dionne, nous attendrons avec impatience de vos nouvelles le 4 novembre 2020. Ceci dit, le décompte pourrait traîner au-delà du 4 novembre.

  • Yvon Montoya - Inscrit 2 novembre 2020 05 h 30

    Oui ces prinicpes sont très connus et aident effectivement a mieux réaliser les dynamiques de vote. Trump ne pourrait rester le « joker » (sorti de Batman) président cruel et débile sans un coup de force. Si la démocratie reste solide, si les américains sont lucides surtout pas séniles alors il est perdant comme tous les sndages ( même républicains) l’indiquent. De plus la jeunesse vient de dépasser les babys boomers alors on sait déjà que ces jeunes sont légions a aller voter. Merci pour cet interessant article. La bouteille de champagne est déjà au frais.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 novembre 2020 09 h 47

      « Si la démocratie reste solide, si les américains sont lucides surtout pas séniles alors il est perdant comme tous les sndages ( même républicains) l’indiquent. » Yvon Montoya

      Wow! Donc selon vous, seulement ceux qui votent pour les démocrates sont lucides. Les autres, ils font partis du panier de déplorables d’Hillary Clinton. Évidemment, ils sont aussi séniles et inaptes comme un certain Joe Biden, celui qui refuse faire un test d’aptitude cognitive que Trump a déjà fait et réussi.

      Bon, les deux organismes qui ont prédit avec exactitude l’élection de Donald Trump en 2016 étaient le USC Dornsife Center for Economic and Social Research d’Arie Kapteyn (Californie) et le The Trafalgar Group (Georgie) de Robert Cahaly. Idem pour Michael Moore et Ann Coulter entres autres. Tous les autres se sont trompés. Ce sont les mêmes qui prédissent une victoire du Collège électoral pour Trump en 2020. Ce sont les grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas le vote populaire.

      Selon Moore, Biden est l’Hillary de cette année:

      Le cinéaste libéral Michael Moore dit que le leader démocrate à la présidentielle Joseph R. Biden ressemble trop à Hillary Rodham Clinton, candidate qui a échouée en 2016, pour remporter les élections de 2020 contre le président Trump: « Joe Biden est le centre. Joe Biden est l’Hillary de cette année. Joe Biden ne va pas exciter la base à sortir et voter le 3 novembre 2020. »

      Moore a averti les démocrates que le président Trump semble avoir un élan derrière sa campagne de réélection de 2020 dans les principaux états clés. L'activiste progressiste affirme que l'enthousiasme pour Trump est hors du commun par rapport au candidat démocrate Joe Biden: « Êtes-vous prêt pour une victoire de Trump? Êtes-vous prêt mentalement à être à nouveau déjoué par Trump?Trouvez-vous du réconfort dans votre certitude qu'il n'y a aucun moyen pour Trump de gagner? »

    • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 14 h 36

      L'une des grandes différences avec 2016, est que l'on a eu 4 ans de Trump et que ce mandat a motivé davantage les anti-Trumps. À défaut d'être excités par Biden, les anti-trumps sont davantage motivés qu'en 2016.

      De plus, on prend moins les prédictions des commentateurs pour acquises, se souvenant de 2016. Et les commentateurs sont plus prudents, ce qui influence la motivation à voter. En 2016, la classe commentatrice était quasi-certaine de l'élection d'Hillary - l'échec de cette prédiction les a rendus plus prudents - ils se gardent une petite gêne.

      Les personnes qui votent pour Trump tendent à participer beaucoup, ils sont plus proches du plein de leurs appuis que les démocrates - le potentiel de croissance dans la participation par rapport à la dernière élection favorise donc les démocrates, et on semble observer une croissance significative de la participation.

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 novembre 2020 16 h 12

      M. Dionne,
      le test qu'a demandé (!!) Trump est le Montreal Cognitive Assessment, utilisé pour dépister la démence sénile et le Parkinson.
      «Le Dr Ziad Nasreddine, qui a développé le Montreal Cognitive Assessment (MoCA) au début des années 1990, a déclaré à CTVNews.ca que le test de 30 questions est utilisé comme outil de dépistage pour identifier le dysfonctionnement cognitif, y compris les premiers signes de la maladie d'Alzheimer et d'autres formes de démence.« CTV , Wapo, New-York Times, etc.

      Son comportement erratique et manupulateur aurait dû vous éviter d'avaler ses couleuvres. Qu'il gagne ou pas (ils l'ont déjà élu en 2016), ça ne risque pas de s'améliorer. Le test de psychopathie de Hare serait plus appropié pour Trump. «Psychopathy Test» IDRlabs.com

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 novembre 2020 16 h 26

      M.Labelle,
      Lichtman a prédit faussement la victoire de Gore, la destitution de Trump et la victoire de Bernie Sanders. Et la victoire de Trump en 2016.

      Normalement, un président est presqu'assuré d'une deuxième mandat. Le fait qu'il envisage de tricher et de contester l'élection en dit long sur son impopularité. Deux chercheurs néérlandais avaient prédit la victoire de Trump en 2016 expliquant que les suporters de Trump sont méfiants ou honteux et sous- ou mal représentés dans les sondages. Lichtman se laisse des portes de sortie, cette fois.
      Les résultats au sénat sont également importants.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 21 h 23

      "Lichtman a prédit faussement la victoire de Gore." Croyez-vous que Gore a vraiment perdu la Floride et donc, l'élection présidentielle (et il dominait largement au chapitre du vote national)? Les analyses postérieures les plus sérieuses indiquent que Gore a gagné la Floride avec un décompte correct, par une faible marge il est vrai (détails Wikipedia): https://en.wikipedia.org/wiki/2000_United_States_presidential_election_recount_in_Florida

      La Cour suprême des États-Unis a stoppé le recomptage de la Floride avant qu'il ne soit complété, obtempérant à une demande des avocats de Bush, et le vote considéré valide est celui où on était rendu au moment où ce décompte a été stoppé - et le vote des juges sur ce jugement, 5-4. a suivi la ligne partisane.

      Mme Labelle, Gore a gagné les élections de 2000 ou, en tout cas, les aurait gagnées avec un décompte équitable.

      À noter que Gore n'a pas trop rué dans les brancards malgré ce jugement honteux, pour que soit conservé le respect des institutions - quelle différence d'attitude avec Trump.

      En cause ici, le modèle de M. Lichtman pour les élections présidentielles seulement, celui évoqué dans le texte ici commenté - ce modèle n'est pas pertinent et n'a pas été appliqué pour la destitution de Trump ou les primaires (républicaine ou démocrate).

    • Françoise Labelle - Abonnée 3 novembre 2020 06 h 02

      M.Labelle,
      tant mieux si Lichtman a raison pour cette élection. J'aime donc votre commentaire optimiste.
      Lichtman a cependant fait des prévisions qui ne se sont pas réalisées (dans le sens de«devenir réelles», peu importe l'explication). Dans un article précédent, Lichtman se laissait des portes de sorties. Il énumère les écueils possibles dans le paragraphe «Cette campagne présidentielle des plus étranges nous a déjà réservé bien des surprises. » Il affirme ensuite prématurément que les magouilles trumpiennes sont sans effet sur ses clés. Je préfère la prudence étant donné le biais incroyable du vétuste collège électoral, très très loin d'un homme un vote. Selon les états, les chances d'influencer le vote varient de 1/100 milliards à 1/1 million (The Economist qui prévoit une victoire Biden).

      Nate Silver, le statisticien autrefois préféré de M.Dionne lorsque réinterprété par les sites trumpiens, donne 10% des chances à Trump. Il dit du système de Lichtman qu'il est trop vague et donc inapplicable. Sliver souligne que l'écart dans certains états se trouve sous l'intervalle de confiance et qu'il est par conséquent difficile de rejeter le biais d'échantillonnage. C'est prudent.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 novembre 2020 08 h 41

      "Lichtman a cependant fait des prévisions qui ne se sont pas réalisées (dans le sens de «devenir réelles», peu importe l'explication)." FL Encore une fois, seules sont en cause dans cette discussion les prévisions relatives aux élections présidentielles - c'est le seul objet que vise le modèle décrit dans le texte soumis aux commentaires. Que M. Lichtman se soit trompé sur d'autres sujets, comme l'impeachment ou les primaires est non-pertinent à cette discussion-ci.

      Ceci dit, M. Dionne a semé le doute dans mon esprit quant à savoir si M. Lichtman prétend prédire le résultat ou le vote populaire (qui peuvent différer). M. Licthman a dit après l'élection de 2016 que sa prédiction était relative au résultat de l'élection (peu importe le vote populaire), mais on peut se demander s'il s'agit d'une réinterprétation a posteriori. Voir discussion détaillée avec M. Dionne ci-dessous et références.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 novembre 2020 10 h 19

      M. Morin, ci-dessous, a eu des remarques critiques intéressantes à propos des clefs. Je vous y réfère, ainsi que la discussion à laquelle elle a donné lieu.

  • Denis Ménard - Abonné 2 novembre 2020 06 h 59

    Trump et Allan J. Lichtman

    J'espère qu'il ne se trompe pas cette fois!!!

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 2 novembre 2020 09 h 19

      Oui, ce serait le bout s'il se trompe cette fois.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 09 h 31

      Il ne s'était pas trompé en 2016, il avait prédit Trump. L'un des rares d'ailleurs.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 novembre 2020 14 h 38

      Je montre ailleurs dans cette page que M. Lichtman avait prédit la victoire de Trump en 2016 (documents d'époque à l'appui).

    • Françoise Labelle - Abonnée 3 novembre 2020 06 h 14

      M.Labelle,
      encore une fois, les USA et le reste du monde, qui ne vote pas!, s'en porteront un peu beaucoup mieux sans Trump.
      Je vous rappelle que Michael Moore, avec Lichtman, avait prédit la victoire de Trump en 2016. Les deux sont en désaccord, cette fois.
      Des chercheurs européens, dont j'ai cherché en vain le nom, avait aussi prédit la victoire de Trump insistant sur la sous-estimation des électeurs trumpiens. Bien sûr, les sondages ont tenté cette fois de corriger l'erreur. On verra s'ils ont réussi.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 novembre 2020 08 h 56

      Mme Labelle. Je crois que Michael Moore ne fait pas les distinctions suivantes entre les élections de 2016 et celles de 2020.

      Des gens peu enthousiastes pour Hillary sont restés à la maison, ne se donnant pas la peine de voter contre Trump. En plus du peu d'enthousiasme, peut-être soulevait-elle, à tort peut-être, une certaine antipathie chez des gens qui n'auraient pas voté pour Trump.

      La cohorte des commentateurs prédisaient l'élection de Hillary, ce qui démotive pour aller voter pour elle, surtout si on l'aime à moitié,

      Et on ne savait pas trop ce que ferait Trump comme président, beaucoup s'imaginant qu'il bluffait et qu'une fois devenu président, s'il le devenait, il serait plus raisonnable.

      En 2020, après 4 ans de Trump, même des gens peu enthousiastes pour Biden seront cette fois-ci motivés à voter contre Trump. De plus, si Biden ne soulève guère d'enthousiasme, il ne soulève pas la même antipathie (peut-être injuste) que certains avaient envers Mme Clinton.

      Enfin, après que l'on ait constaté l'erreur de la quasi-totalité des commentateurs très confiants dans l'erreur en 2016, et ces derniers étant devenus plus modestes, on ne tient aucun résultat pour acquis, ce qui fait que l'on se donnera davantage la peine d'aller voter pour se débarrasser de Trump. Les partisans de Trump, dans les grands nombres, votent plus massivement, en proportion, que les démocrates, donc les démocrates ont un potentiel de croissance plus grand dans l'accroissement de la participation que l'on observe.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 novembre 2020 14 h 07

      Correction: La cohorte des commentateurs prédisait

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 novembre 2020 23 h 45

      M. Ménard,

      Il est 23 h 45, mardi, et cela regarde mal, très mal. Lichtman s'est peut-être « trumpé », somme toute.