Ces lieux qui font du bien à l’âme

M. Legault, M. Dubé et le Dr Arruda ont comme objectif de li-miter la propagation de la COVID-19 dans la population. Pour atteindre cet objectif, il était important de cibler les lieux où les éclosions se produisaient, me semble-t-il. Or, selon les dernières données, les lieux de cette propagation seraient majoritairement les milieux de travail et les écoles.

Contre toute logique, M. Legault, M. Dubé et le Dr Arruda ont décidé de fermer des lieux où la COVID-19 ne faisait pas de ravages, ou peu : notamment les théâtres, les cinémas, les musées, les bibliothèques et les restaurants. Je crois qu’il en est de même pour les bars (sauf karaoké), les centres de conditionnement physique, de yoga, de danse. Ces lieux ont été tellement bien tenus, à partir de leur ouverture en juin ou en juillet dernier, qu’il n’y avait pas d’éclosions (ou peu, s’il y en avait : comme le gouvernement du Québec ne publie pas la liste des lieux où il y a des éclosions, on est dans le vague).

Puisqu’il n’y avait pas d’éclosion, la fermeture de ces lieux n’est pas cohérente avec l’objectif visé et, par ailleurs, il s’agit de lieux qui font du bien à l’âme. Les Québécois ont bien besoin de tels lieux étant donné que leurs contacts sont limités aux personnes de leur bulle familiale ou, s’ils vivent seuls, au contact d’une seule autre personne. Inutile de se mentir : on est en confinement et, pour que les Québécois n’aient pas de problèmes de santé mentale, le maintien de l’ouverture de ces lieux doit être préféré à celle des commerces au détail, par exemple.

Je ne crois pas que le magasinage fasse beaucoup de bien à l’âme et, quant à fréquenter les salons de coiffure, on ne peut pas aller se faire couper les cheveux tous les jours ! Pourquoi les salons de coiffure et les commerces au détail sont-ils restés ouverts, et pas les théâtres… ? M. Legault, M. Dubé et M. Arruda, il faut des fermetures, mais faites-les dans les lieux où il y a beaucoup d’éclosions ; permettez aux Québécois de se faire du bien à l’âme ! La COVID sera avec nous pendant probablement encore 1 an !

Pour diminuer la propagation de la COVID-19, il faut faire aussi un dépistage massif de la population et une recherche de contacts efficace : c’est l’une des lacunes du Québec. Quant à la recommandation du ministère de la Santé pour le dépistage dans les CHSLD, elle est déficiente. Seulement 10 % du personnel doit se soumettre à un test hebdomadaire. Pas étonnant que la COVID-19 se soit invitée à nouveau dans les CHSLD. Je crois que cette recommandation devrait être changée.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 30 octobre 2020 10 h 12

    Le génocide des CHSLD et la politisation de la Santé publique

    Mme Gagnon, personne ne pourra arrêter ce virus tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas un vaccin efficace. Et pour les coronavirus, ce ne sera pas une tâche simple puisqu’ils n’en ont jamais trouvé un pour aucune souche de ce type de virus. Alors, les vagues vont se succéder et vont empirer jusqu’à plus de 80% de la population ait été contaminée et que les gens pourront produire des anticorps. Cette 2e deuxième vague, qui coïncide avec l’hiver et la saison des grippes, sera très virulente. Nous n’en sommes même pas à 10% de contagion au Québec même si on compte plus de 62% de tous les décès au Canada et qu’on représente seulement 22% de la population de celle-ci.

    Ceci dit, présentement, ils n’ont aucune idée d’une stratégie à long terme. Tout ce qu’ils veulent aujourd'hui, c’est de limiter le nombre d’infections afin de ne pas engorger les hôpitaux et de la même instance, protéger ceux qui sont les plus à risque, les bâtisseurs du Québec qui croupissent dans les CHSLD et qui ont déjà fait tous les sacrifices pour faire du Québec une terre d’envie partout sur la planète. Alors, les contradictions pleuvent et ils ne protègent pas grand monde. Un exemple de cette inconsistance stratégique, bien oui, c’est correct que les enfants passent à l’Halloween. Ce sont toutes des décisions politiques afin de demeurer populaire auprès de gens. Il faudrait séparer la Santé publique de l’appareil politique comme ils le font ailleurs.

    Il va falloir apprendre à vivre avec ce virus pour protéger les plus vulnérables de notre société. Vous savez Mme Gagnon, plus de 98% des décès sont survenus au sein des gens de plus de 60 ans. En fait, pour 92% des morts au Québec et sur la planète entière sont parmi les 70 ans et plus.

    Et quand aurons-nous une enquête publique sur le génocide des CHSLD? Oui, quand?

    • Huguette Gagnon - Abonnée 30 octobre 2020 13 h 57

      Vous avez tellement raison, M. Dionne. Dernièrement, une étude de scientifiques de l'Angleterre qui propose une façon de faire qui est très intéressante : confinement en prévention (avant que la situation soit contrôle comme dans le moment), 2 semaines de confinement à tous les deux mois. Fermeture des restaurants, etc. Pendant 2 semaines et, ensuite, ouverture jusqu'à la fin du mois. Je crois que cela devrait être essayé au Québec

  • Lavallée Marguerite - Abonnée 30 octobre 2020 23 h 34

    Ces lieux qui font du bien à l'âme....


    Merci Madame Gagnon! Votre article est très pertinent et lucide, tout en rejoignant les commentaires de plus en plus fréquents des gens sur le manque de transparence de nos leaders politiques et de la santé publique à fournir les informations pertinentes concernant, entre autres, les foyers d'éclosion de la COVID. Pourquoi cette information nous parait-elle essentielle? Tout simplement pour éviter ces foyers ou, si c'est impossible, augmenter notre vigilance pour s'en protéger. Or, au lieu de donner cette information, les " leaders" préfèrent une stratégie qui, à mon avis, vise à semer la peur pour mieux faire accepter de nouvelles mesures plus contraignantes. Les Québécois ne sont-ils pas intelligents ou incapables d'agir en adéquation avec la réalité sans qu'il faille les manipuler par la peur? Je crois, au contraire, que parce qu'ils sont intelligents, ils sont aussi capables de constater le manque de cohérence de certaines décisions qu'on leur impose, comme celles d'annuler la fréquentation des lieux les moins menacés d'éclosion qui leur procurent plaisir, détente et bien être. À la longue, cette manière de faire devient très irritante! À bons décideurs, salut!