«J’ai eu à faire face à des attitudes racistes dans mes années de pratique»

«En tant que femme ilnu, je souhaite que l’OIIQ, dans son mandat de protection du public, mette en place des mécanismes de formation, d’évaluation et de contrôle afin que de tels événements ne se reproduisent jamais», écrit l'autrice.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «En tant que femme ilnu, je souhaite que l’OIIQ, dans son mandat de protection du public, mette en place des mécanismes de formation, d’évaluation et de contrôle afin que de tels événements ne se reproduisent jamais», écrit l'autrice.

Je m’adresse à l’OIIQ (Ordre des infirmières et infirmiers du Québec) à la suite des événements récents survenus au centre hospitalier de Joliette. Je suis choquée. Tant de haine me dépasse.

J’ai été membre de l’OIIQ pendant de nombreuses années et ai exercé ma profession dans quelques centres hospitaliers de ma région.

J’ai eu à faire face à des attitudes racistes dans mes années de pratique.

Je suis membre de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh.

Jamais, au grand jamais, je ne me serais permis des gestes, des paroles, des soins qui iraient à l’encontre des droits de la clientèle avec qui j’ai été en contact.

Et pourtant, au fil des ans, j’ai été informée de gestes et de paroles violents et racistes envers des membres des Premières Nations, dans leurs relations avec le personnel soignant. Chaque fois que j’informais ces gens de leurs droits et des moyens à leur disposition pour porter plainte, il n’y avait pas de suite. Pourquoi ? Cette question mérite d’être posée ! Chaque direction de soins infirmiers de chaque établissement de soins doit être responsable de la qualité des soins donnés à l’intérieur de sa mission.

Parmi les membres de l’OIIQ, il y a de nombreuses infirmières qui sont également membres des Premières Nations. Pourquoi ne pas mettre en évidence leurs connaissances et leur savoir-faire pour se donner un plan d’action afin d’enrayer pour toujours le racisme dans toutes les interactions et interventions d’un professionnel de soins envers tout client de quelque origine qu’il soit ?

En tant que femme ilnu, je souhaite que l’OIIQ, dans son mandat de protection du public, mette en place des mécanismes de formation, d’évaluation et de contrôle afin que de tels événements ne se reproduisent jamais.

J’ai appris dans ma culture à respecter toutes les personnes.

On m’a souvent dit que, pour ne pas vivre des gestes racistes, je n’avais qu’à taire mes origines ! Ce temps-là est révolu et plus que jamais je veux que mes enfants et petits-enfants puissent vivre dans un monde exempt de racisme et de violence !

Je reste en attente des suites qui seront données à cette horrible situation.

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