Dévalorisation des enseignants

«Pourquoi tolérons-nous une telle marque de dévalorisation de la profession en enseignement?», se demande l'autrice.
Photo: John Thys Agence France-Presse «Pourquoi tolérons-nous une telle marque de dévalorisation de la profession en enseignement?», se demande l'autrice.

La mise à mal du système d’éducation qui perdure depuis des années a contribué insidieusement à la pénurie avec laquelle le réseau scolaire doit actuellement composer. Les conditions de pratique en temps de pandémie accentuent le manque de personnel, en précipitant des enseignants à la retraite. Pour tenter de juguler la situation, on a récemment annoncé des mesures incitatives pour que les retraités reprennent leur craie. Une stratégie de rétention à retardement digne d’un câblodistributeur dont la clientèle s’effrite, qui s’ajoute à d’autres situations attestant une dévalorisation systémique de la profession.

On fera fi de l’enjeu de santé inhérent à l’âge des retraités qui vient avec l’exhortation de leur retour à l’école. Quelle image ce cri du cœur désespéré véhicule-t-il comme marque d’irrespect envers ceux qui ont voué leur carrière à la formation de la jeunesse, dans des conditions qui se sont sans cesse complexifiées ? Pourquoi a-t-on dû attendre un tel point de bascule pour offrir des conditions de travail minimalement bonifiées, lesquelles sont réclamées depuis nombre d’années ? En vain. Doit-on encore rappeler que, selon Statistique Canada, les enseignants québécois sont les moins bien rémunérés au Canada ? La manœuvre de rétention actuelle a des allures de composite d’asphalte à nids-de-poule.

Si tant est que le feu sacré n’est pas éteint, on pourrait plutôt solliciter les retraités dans le cadre d’un vaste programme de mentorat en soutien aux nouveaux enseignants. Ils en auraient bien besoin. Ils sont entre 15 et 20 % à abandonner dans les cinq premières années. Un taux tristement incomparable à d’autres professions. Stress, précarité, incertitude, statut de second ordre, tâches d’une complexité inouïe étant donné l’avancement en carrière… On a tout réuni pour brasser un cocktail Molotov de découragement. Pourtant, le problème est connu depuis longtemps. Études par-dessus études l’ont documenté. Or, on attend encore des actions musclées.

On dira qu’un plan de valorisation de la relève a été élaboré lors de l’arrivée en poste du ministre Roberge. Il s’agit plutôt d’un minimaliste plan de soutien financier. Un stagiaire assumant une tâche complète pendant quatre mois a droit à 3900 $. Une lutte que les étudiants ont remportée après 20 ans de représentation ! Des peanuts. Symbole supplémentaire de dévalorisation.

Pourquoi ne pas implanter un programme d’insertion professionnelle à large échelle sous la forme d’un stage-emploi, dans le cadre duquel un étudiant finissant réaliserait sa formation pratique en étant pleinement rémunéré ? Ce serait un tremplin fertile entre l’université et le marché du travail. Pourquoi est-ce possible dans d’autres professions mais pas en enseignement ?

En plus de contribuer aux impératifs de recrutement à court terme, une telle initiative limiterait les voies de formation raccourcies qui véhiculent implicitement l’idée que l’enseignement ne mérite pas une formation spécialisée. Le génie, le droit, la psychologie et la médecine ne cautionnent pas de telles pratiques. Pourquoi tolérons-nous une telle marque de dévalorisation de la profession en enseignement ?

La dépréciation s’est même répandue aux syndicats. On l’a constatée récemment, cette dépréciation, lorsqu’ils ont dû se faire tirer l’oreille avant de réagir à l’iniquité touchant les enseignantes enceintes.

On la constate aussi au sein d’universités. Sous prétexte d’une saine gestion financière, les dernières années ont donné lieu à un rehaussement du nombre d’étudiants par groupe. Ce faisant, on nie les conditions pédagogiques particulières requises en enseignement, un secteur qui est pourtant une vache à lait et, dit-on, crucial au devenir de la société.

La dévalorisation de la profession est répandue bien ailleurs. Elle est omniprésente. Certains recommandent des états généraux. Mais les réponses existent déjà. Nous les connaissons pour la plupart. Elles sont au sein des milieux. Elles sont dans les rapports tablettés.

À quand une action proactive plutôt que réactive ?

12 commentaires
  • Pierre Pelletier - Abonné 26 septembre 2020 07 h 56

    Freiner les abandons

    Je suis d’accord avec votre suggestion du stage-emploi. J’ajoute que pour freiner les abandons (entre 15 et 20%) on devrait offrir aux nouveaux enseignants, au moins pour sa première année d’enseignement, une tâche d’enseignement plus facile.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 septembre 2020 21 h 46

      Oui, donner une tâche d’enseignement plus facile pour ceux qui débutent aiderait à garder plus d’enseignant.e.s dans la profession M. Pelletier. Les payer un salaire comparable aux autres professionnels de l’enseignement qui oeuvrent dans le merveilleux royaume du Rest of Canada (ROC) aiderait la cause aussi. Cela aiderait aussi à garder les enseignant.e.s qui ont été formés au Québec au lieu de les voir œuvrer ailleurs. En passant, 25% des enseignants dans les écoles françaises en Ontario sont des Québécois pure laine formés au Québec.

      Ceci dit, c’est le triumvirat du gouvernement, les syndicats et les parents qui sont à la source du problème de la dévalorisation de la profession enseignante.

      Le gouvernement n’est certainement pas conscient de l’importance des enseignant.e.s dans les salles de classe même s’il se bombe le torse en le disant. Ce sont les actions beaucoup plus que les paroles qui valorisent les gens. Or, la rentrée de 2020 parle d’elle-même et la pagaille qui va s’ensuivre lorsque la 2e vague aura atteint son summum au début de décembre risque de saper le moral des enseignant.e.s.

      Pour les syndicats, par où commencer. Ceux-ci devraient se concentrer à améliorer les conditions de travail des professionnels de l’éducation au lieu de faire de la politique. Ils n’ont pas été élus par la population, mais par les membres qui paient leur cotisation parce qu’ils y sont obligés.

      Enfin, même si les parents redécouvrent des vertus aux enseignant.e.s à cause de la pandémie et l’école à la maison, les enfants rois 2.0 et les parents rois 1.0 n’aident certainement pas la cause. Plus facile de critiquer l’école que son enfant. Et aujourd’hui, tout le monde gagne un trophée pour avoir participé. L’effort requis pour acquérir les connaissances et les compétences n’est plus prescrit de la part des apprenants en 2020. Selon certains parents, leur enfant est un génie. S’il ne réussit pas, c’est l’enseignant.e qui enseigne tout croche.

    • Christian Roy - Abonné 27 septembre 2020 12 h 24

      Vous écrivez, M. Dionne: "Ceux-ci devraient se concentrer à améliorer les conditions de travail des professionnels de l’éducation au lieu de faire de la politique."

      Se concentrer à améliorer les conditions de travail des professionnels de l’éducation; c'est faire de la politique !

  • Bernard Dupuis - Abonné 26 septembre 2020 11 h 52

    Principalement, une dévalorisation des professeurs du secteur public

    Le système d'éducation québécois à deux vitesses, maintenant trois, a-t-il quelque chose à voir avec la dévalorisation de certains professeurs? Les professeurs du secteur privé sont-ils vraiment plus compétents que ceux du secteur public? Les problèmes de rétention dans la profession sont-ils toujours les mêmes, peu importe le secteur?

    Nous n’avons jamais entendu parler de problèmes de rétention dans le secteur privé. Le système d’ « écrèmage » des étudiants par le secteur privé rend la tâche beaucoup plus facile pour les professeurs de ce secteur : moins d’étudiants par groupe, présence d’étudiants surdoués dans les groupes, installations sportives et culturelles subventionnées beaucoup plus riches. Il suffit d’aller visiter le collège Esther-Blondin à Saint-Jacques pour constater la différence de richesses entre les deux systèmes.

    Les professeurs du secteur public sont souvent qualifiés par les médias de paresseux, d’incompétents payés à ne rien faire. Jamais les professeurs provenant du secteur privé ne seront jugés aussi sévèrement. Toutefois, il est reconnu dans le milieu que plusieurs professeurs du secteur privé seraient incapables d’enseigner dans les conditions propres au secteur public.

    Le système à deux vitesses décourage les jeunes professeurs qui voudraient aller enseigner au secteur public. Celui-ci étant considéré comme le parent pauvre du système d’éducation, ils préfèrent choisir une autre profession. La distinction hiérarchique entre écoles pour élèves ordinaires et élèves surdoués empoisonne tout le système et décourage les futurs professeurs.

    Bernard Dupuis, 26/09/2020

    • Christian Roy - Abonné 26 septembre 2020 14 h 46

      Excellent point M. Dupuis.

      L'École n'est plus citoyenne mais commerciale. Tout le système devrait être reconstitué sur de nouvelles bases mais le premier obstacle à rencontrer est la position hyper-individualiste des parents (et probablement des Papy Boomers, également).

      Le sacro-saint choix des parents; voilà la source des disparités actuelles entérinées par les gouvernements successifs depuis la révolution tranquille. Ne cherchons pas plus loin. La mise en place d'États généraux n'y changera rien.

      Toute intervention prétendant améliorer les choses "a des allures de composite d’asphalte à nids-de-poule" pour reprendre une illustration de M. Allaire.

      Faudrait nationaliser... mais ce n'est pas pour la fin du siècle... et encore !

    • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2020 07 h 58

      Vous parlez d’un système à trois vitesses au Québec et pourtant en Ontario où les écoles privées sont presque inexistantes, le même système existe. Pour aller à l’école du quartier, il faut habiter le quartier, sinon aucune forme de transport scolaire ne vous sera allouée. Si vous voulez aller ailleurs que votre école du quartier, eh bien, cette pratique est découragée par les autorités scolaires. Donc, si la moyenne du prix des maisons est un million et plus, devinez qui demeure dans ces quartiers. Les écoles publiques des quartiers riches sont les meilleures en Ontario si on se base sur la moyenne qui est très facile à discerner puisqu’ils testent les élèves ontariens à toutes les années. Les écoles des quartiers riches figurent en première place sur le palmarès des écoles publiques en Ontario.

      Ceci dit, j’ai vécu cette situation de différentes écoles comme enseignant en Ontario. On peut dire sans se tromper que les écoles publiques n’offrent pas toutes les mêmes chances aux élèves et ceci n’a rien à voir avec la qualité des enseignant.e.s. L’école commence à la maison. Devinez qui pourra concentrer mieux en salle de classe; celui qui a le ventre plein ou celui qui a faim? Devinez qui réussira le mieux; celui qui a des tuteurs privés payés par les parents ou bien l’autre qui est laissé pour contre? Si vous êtes un élève avec des difficultés d’apprentissage résultant de n’importe lequel diagnostic, en Ontario, vous faites mieux d’être riche.

      Ceci dit, n’y a-t-il pas un système d’écrémage qui s’opère au cégep (dans les écoles secondaires en l’Ontario) et ensuite à l’université? Oui, c’est certainement plus facile et plus valorisant d’enseigner dans les écoles où « on rencontre moins d’étudiants par groupe, présence d’étudiants surdoués dans les groupes, installations sportives et culturelles subventionnées beaucoup plus riches ». C’est la même situation en Ontario, mais fait d’une façon plus hypocrite que dans le cas des écoles privées au Québec.

    • Bernard Dupuis - Abonné 27 septembre 2020 10 h 37

      Monsieur Roy,

      Il y a bien sûr la liberté de choix des parents. Mais, il ne faut pas oublier la liberté de choix des institutions privées elles-mêmes. Les élèves qui fréquentent les écoles privées sont des élèves choisis. Ils le sont en général pour à cause de leur douance et leur comportement conformiste. Il est assez rare que les élèves du secteur privé soient choisis en fonction de leurs difficultés d’apprentissage, ou de leur comportement un tant soit peu rebelle.

      Chaque année, il arrive qu’au mois de novembre les écoles publiques voient l’arrivée dans leurs classes de nouveaux élèves. Arrivent-ils parce que les parents ont déménagé? La raison principale c’est qu’ils ont été remerciés d’une école privée des environs. C’est ainsi que l’école publique devient le déversoir des écoles privées incapables de venir à bout de certains élèves en difficulté.

      Les écoles privées ne sont pas les seules instituttions qui choisissent leur clientèle. Les institutions sportives, artistiques, communautaires, etc., le font aussi. Toutefois, les écoles publiques sont une des rares institutions qui n’ont pas le choix. Il est tout à fait normal que dans une société civilisée les écoles soient ouvertes à tous. Ce qui apparaît anormal c’est que certaines écoles s’arrogent la liberté de choisir leurs élèves sous prétexte qu’elles sont privées. En fait, elles sont semi-privées puisqu’elles sont subventionnées à 60% sur le plan académique et parfois à 100% sur le plan des infrastructures comme les gymnases, les arénas, les piscines, etc.

      La liberté de choix de parents, tout de même assez fortunés, et la liberté de choix des institutions scolaires privées de leurs élèves apparaissent comme un abus des libertés. Des forces idéologiques et sociales font en sorte que la liberté des uns est plus grande que la liberté des autres. La société québécoise n’est pas si juste qu’on le dit.

    • Bernard Dupuis - Abonné 27 septembre 2020 11 h 30

      Monsieur Dionne,

      Vous connaissez le système ontarien beaucoup mieux que moi. Ce que je connais, ce sont les énormes difficultés faites aux Franco-ontariens. Je ne doute pas que le système ontarien comporte ses inégalités et ses injustices. Toutefois, ce n’est pas parce que la situation en Ontario est plus hypocrite qu’au Québec que cela justifie le système injuste du Québec. Si la société québécoise se targue d’être plus libre, plus égalitaire et plus inclusive, il faudrait qu’elle commence par mettre de l’ordre dans son système d’éducation. Comment parler de société juste alors que la liberté scolaire des uns est plus grande que celle des autres?

      Au Québec, la fréquentation de l’école est obligatoire jusqu’à seize ans. C’est pourquoi on ne peut considérer les cégeps et les universités sur le même pied que les écoles primaires et secondaires. Les problèmes des cégeps et des universités sont plutôt d’ordre linguistique. Les cégeps et les universités sont sur la pente glissante de l’anglicisation, ce qui est un tout autre problème que l’école primaire et secondaire à deux vitesses.

      Il existe des cégeps privés au Québec. Toutefois, sont-ils subventionnés à 60% sur le plan académique? Sont-ils réservés à une certaine élite, comme c’est le cas à Brébeuf? Font-ils une compétition déloyale aux cégeps publics? Sont-ils sur le point de se transformer en cégeps anglophones? Ce sont des questions qui ne se posent pas souvent au Québec et auxquelles je n’ai pas beaucoup réfléchi.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2020 12 h 58

      De quelles énormes difficultés faites aux Franco-Ontariens parlez-vous M. Dupuis? Les écoles franco-ontariennes reçoivent le double du financement en Ontario. Ils en reçoivent autant du gouvernement fédéral que du gouvernement ontarien. Je sais cela parce que j’ai œuvré au sein d’un conseil scolaire ontarien et on s’occupait d'aller chercher toutes les subventions possibles dus au fait que nous étions un conseil de langue seconde. Vous savez aussi, les écoles franco-ontariennes sont aujourd’hui les meilleures en Ontario si on fie sur les résultats du testing provincial. Elles ont beaucoup d’argent pour embaucher des spécialistes qui s’occupent des enfants avec des problèmes d’apprentissage et comportementaux. C’est pour cela que les Anglos ont compris l’astuce et ceux qui le peuvent, envoient les enfants aux écoles françaises qui se sont dotées de cours de refrancisation qui n’est qu’un mot poli pour dire des écoles d’immersion. L’école de Niagara Falls où mon frère a envoyé ses enfants, eh bien, c’était le seul parent francophone. Les autres, tous des Anglos qui envoient leurs enfants dans une école française. La plupart des écoles françaises en Ontario, et ceci à 90% et plus, sont catholiques et subventionnées à 100% par les contribuables.

      L’école secondaire fini à 18 ans en Ontario. 95% des élèves qui parviennent des écoles secondaires francophones vont dans des programmes universitaires anglophones s'ils se qualifient. C’est un choix conscient qu’ils font et même s’il y avait 25 universités francophones, ils en choisiraient une qui est anglophone. Pourquoi? Personne ne travaille en français en Ontario.

      Mais je suis d’accord avec vous qu’il existe des cégeps privés au Québec qui sont réservés à une certaine élite. Oui, ils font une compétition déloyale aux cégeps publics. Si la tendance se maintient et que la CAQ ne met pas ses culottes, ils sont en train de se transformer en cégeps anglophones. Ce sont toutes des questions valables que vous soulevez.

  • Stéphane Allaire - Inscrit 26 septembre 2020 16 h 13

    C'est une précision importante que vous apportez, M. Dupuis. Merci d'avoir pris le temps de la partager.

  • Christian Roy - Abonné 27 septembre 2020 12 h 20

    Un vocabulaire gênant mais supportable

    Je me demande si on a déjà confronté le ministre de l'Éducation au sujet d'un vocabulaire qui circule sur le terrain lorsqu'on décrit le système d'éducation dont il est l'élu ultime.

    - Les écoles d'élites
    - Les écoles hybrides
    - Les écoles "poubelles"

    J'ai encore en tête la déclaration suivante d'un élève de 5e année: "Si je ne réussis pas à être admis à une école secondaire privée ma vie est finie !!!"

    - Finie, dès l'âge de 12 ans ?

    Un système est aussi solide que le plus faible de ses maillons. Les gouvernements sont les seuls en mesure d'avoir une perspective assez large pour voir à ce qu'une École publique, citoyenne et inclusive soit mise en place. L'École doit échapper aux intérêts particuliers.

    J'ai l'impression que notre Québec est prêt à assumer encore longtemps la présence de ses "écoles poubelles". Je ne me fais pas d'illusions. La tendance s'accentue...malgré les "patchages" esthétiques.

  • Ève Marie Langevin - Abonnée 27 septembre 2020 13 h 26

    Les formations complémentaires ne sont aucunement des raccourcis

    M. Allaire, je partage la plupart des préoccupations et idées de votre texte, sauf une, importante, pour laquelle je ne peux que m’opposer avec véhémence.
    Les formations ‘’raccourcies’’ auxquelles vous faites allusion, celles notamment des anciens certificats qualifiants des mathématiciens à enseigner les mathématiques, des auteurs, des linguistes ou des traducteurs à enseigner la langue, des philosophes ou des sociologues à enseigner l’univers social, etc. ne se comparent nullement aux autres programmes de droit, médecine ou psychologie.
    La formation des maitres est un monde à part, parce qu’elle inclut de nombreux savoirs disciplinaires, en plus de la didactique. Elle n’est nullement comparable, à mon avis, aux autres formations universitaires.
    En 2013, j’ai mené une mobilisation avec de nombreux collègues de l’éducation des adultes à la CSSMB afin de demander un moratoire sur la perte d’ancienneté des enseignants spécialistes qui ne détenaient pas de permis d’enseigner, mais des bac. ou des maitrises en mathématique, en génie, en histoire, en linguistique, en anglais, en littérature, en art-thérapie, et même en éducation dans un autre domaine connexe à l’enseignement, ou un certificat en enseignement du français, etc. Cela nous a été refusé. Nous avions pourtant prévenu que cela risquait de se traduire par une pénurie d’enseignants, à terme… ce qui s’est en effet produit. Plusieurs ont pris une retraite prématurée, d’autres sont allés enseigner au MIFI ou ailleurs où on reconnaissait alors leur compétence ou ont quitté la profession. Nous avons demandé aux universités de reconnaitre nos années d’enseignement en crédits universitaires, comme le stipule plusieurs règlements des études de 2e cycle (communément appelé RAC), ce qui fut dénié notamment à l’UQAM où on a refusé par exemple à la maitrise qualifiante des professionnels de l’enseignement ayant 10 ou 15 ans d’expérience en francisation ainsi qu’une maitrise en linguistique et didactique des langues sous prét