Choisir une société laïque

«Toutes les avancées obtenues par les islamistes dans les pays occidentaux ont des répercussions dans nos pays d’origine», pensent les auteurs.
Photo: Sean Wang Getty Images «Toutes les avancées obtenues par les islamistes dans les pays occidentaux ont des répercussions dans nos pays d’origine», pensent les auteurs.

Le 13 août 2020 a marqué le début d’une régression annoncée pour les droits des femmes en Tunisie. À l’occasion de cette date anniversaire du Code du statut personnel, qui a fait de la femme tunisienne la plus choyée du monde arabe en matière de droits, le président Kaïs Saïed déclare qu’une lecture littérale du Coran, qui accorde à un garçon le double de l’héritage de sa sœur, sera désormais considérée. Ce faisant, non seulement il enterre le travail du comité qui a travaillé, sous l’ancien gouvernement, à faire cesser cette injustice pour les femmes, mais surtout il laisse planer le retour de l’application de la charia en Tunisie. Comment ne pas voir que les femmes en seront les premières victimes ?

Plusieurs d’entre nous, d’origine tunisienne, ont choisi le Québec dans le but de vivre dans une société laïque qui nous protège de telles injustices religieuses et dérives fondamentalistes. Malheureusement, le grignotage religieux qui s’opère dans les pays arabes, nous l’observons aussi au Québec et au Canada.

Bien sûr, nous n’en sommes pas à des risques de régressions aussi marqués que dans les pays arabes. N’oublions pas cependant qu’une tentative d’implantation de tribunaux basés sur la charia pour trancher des litiges en matière de droit familial a failli aboutir en Ontario en 2005. Mais comment ne pas nous inquiéter devant la propagande pro-voile qui est menée actuellement, par une frange de la communauté musulmane du Québec et du Canada, dans le cadre de la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État ? À les entendre, le port du voile ferait partie intégrante de l’identité de la femme musulmane. Nous refusons que notre identité soit assimilée à cette pratique d’un islam fondamentaliste qui oblige la femme à se couvrir la tête devant un homme, et réduit l’homme à un être faible soumis à des instincts de prédateur sexuel.

En ce début d’année scolaire où l’on remet encore en question la pertinence de la Loi sur la laïcité de l’État, nous tenons donc à faire valoir l’importance que représente cette loi pour nous. Bien qu’elle ne soit pas parfaite, elle permet de fixer des balises importantes qui nous protègent et protègent nos enfants des pressions d’un islam intégriste, qui a pignon sur rue.

La pression sociale du voile islamique, nous la connaissons bien, et plusieurs d’entre nous la subissent encore. Comme l’explique Radhia, qui a vécu la montée de l’islam politique en Tunisie, « au travail, dans la rue et ailleurs, le nombre de femmes voilées augmentait. Devenues de plus en plus minoritaires, nous subissions, à longueur de journée, de l’intimidation, pour une jupe au niveau du genou, un décolleté qui ne leur plaisait pas, ou un pantalon jugé serré ».

Nous voulons à tout prix éviter que nos filles subissent des pressions semblables ici au Québec. Nous demandons qu’on nous donne les moyens d’éduquer nos enfants, comme tous les jeunes Québécois, dans une vision égalitaire des sexes, sans les exposer à des enseignantes qui leur transmettent le message qu’une femme musulmane « qui se respecte » est une femme voilée.

Une perspective mondiale

Il faut savoir que toutes les avancées obtenues par les islamistes dans les pays occidentaux ont des répercussions dans nos pays d’origine. En ce sens, celles qui militent pour banaliser le port du voile au Québec trahissent toutes celles qui luttent, ailleurs dans le monde, parfois au péril de leur vie, pour une lecture des textes sacrés qui respecte la laïcité et le droit à l’égalité.

Comme le dit Amani, « on a tendance à tenir nos droits pour acquis, oubliant que nos parents et nos grands-parents ont dû lutter pour les obtenir. Notre mémoire courte nous empêche de nous rappeler que dans des pays comme l’Iran, l’Égypte ou l’Afghanistan, les gens avaient un mode de vie plutôt modéré et moderne jusqu’à ce que la religion s’empare du pouvoir, éliminant les libertés et droits de la personne en premier lieu. Notre unique bouclier contre l’obscurantisme et la répression des droits et libertés est la laïcité. La religion doit rester du domaine du privé et ne doit, en aucun cas, interférer avec la politique ou le pouvoir ».

L’aspiration à la laïcité n’est pas un discours occidental. Au contraire, il est présent partout sur la planète, et notamment dans les pays musulmans où des groupes de citoyens et des associations féministes luttent pour contrer les discours islamistes, très présents, qui menacent leurs droits et leur dignité. Cette semaine, c’est le Soudan, soumis depuis trois décennies à un régime théocratique, qui annonçait sa volonté d’adopter la laïcité dans sa future Constitution en 2021.

Au Québec, la Loi sur la laïcité de l’État (dite loi 21) permet, pour la première fois, d’inscrire la laïcité dans l’ordre juridique et de la reconnaître comme une condition essentielle à la protection de la liberté de conscience et à l’égalité de tous les citoyens. Nous tenons à ce qu’elle soit appliquée pleinement, et même renforcée, notamment à l’école, pour permettre de protéger nos enfants contre le prosélytisme religieux, actif ou passif.

112 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 01 h 49

    La loi 21 sur la laïcité protège les citoyens/citoyennes de l'invasion tribale et intégriste.

    Malheureusement, les bienpensants ne comprennent pas que le port du voile relève d'un mouvement international, qui lutte férocement pour avancer l'intégrisme salafiste, né en Arabie saoudite, partout en Occident.
    Ce voile n'est pas anodin. Il est le port étendard de l'islam politique qui lutte pour s'imposer partout dans le monde et par force si nécessaire. Ce mouvement politique n'accepte pas ni la modernité ni la démocratie, et il cherche d'imposer la culture et les rites du 7e siècle dans les sociétés où l'égalité homme/femme est sacrée.
    Il ne faut pas les laisser faire à leur guise. Il faut avoir des balises solides contre ces pratiques délétères qui minent les lois progressistes promulguées par les pays civilisés de l'Occident contre le tribalisme sectaire.

    • Bernard Plante - Abonné 15 septembre 2020 10 h 16

      On aimerait bien savoir ce que QS et Francine Pelletier ont à répondre à cet appel du cœur de celles qui sont les premières concernées et qui affirment "Notre unique bouclier contre l’obscurantisme et la répression des droits et libertés est la laïcité."

      Confondre laïcité et racisme est un égarement dangereux. Égarement qui a mené QS à adopter la même position que le PLQ. C'est tout dire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 11 h 39

      "Comment ne pas nous inquiéter devant la propagande pro-voile qui est menée actuellement," ..prétend le texte.

      Il n'y pas de propagande pro-voile.

      Ils se ridiculisent rien qu'avec ça.

      C'est du complotisme version loi 60 .

      Ou alors, ce groupe serait-il en train de reconnaitre lui-même que la loi 60 est aussi inutile qu'inefficace pour lutter contre l'intégrisme et est en train de faire exactement ce que nous avions prédit et le contraire de son objectif: soit, galvaniser et exacerber les intégristes?

      — Quelle belle avancée.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 12 h 05

      Nadia El-Mabrouk, de PDF-Québec, un groupe de défense des droits des femmes devrait militer aux côtés de Québec solidaire pour revendiquer le Revenu minimum garanti plutôt que d'obséder sur les signes relligieux.

      Ce ne sont pas les signes religieux qui constituent la grande oppression des femmes au Québec, c'est la pauvreté.

      De toutes manières, étant financé par la CAQ, PDF-Québec est devenu un appendice du gouvernement et n'a plus de crédibilité.

    • Denis Forcier - Abonné 15 septembre 2020 13 h 10

      Madame Alexan, vous soutenez très fortement ce texte. Cela ne me surprends pas. Mais la réalité est la suivante: la laïcité au Québec telle qu'elle est exprimée par la loi 21 est clairement instrumentalisée pour combattre l'intégrisme islamiste que les auteures de ce texte identifie au voile. Elles voient dans l'interdiction de ce voile une victoire pour la liberté de conscience des femmes qui n'en portent pas. Mais elles occulte le fait qu'interdire aux femmes voilées de le porter est une atteinte frontale appuyée par l'État contre la liberté de conscience de ces femmes. N'aurait-il pas été préférable d'opter pour une laïcité d'invitation plus éducative à long terme et prometteuse de résultats moins guerriers ?

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 13 h 58

      À monsieur Montmarquette: Vous dites: «Il n'y a pas de propagande pro-voile.»
      Peut-être, vous vivez sur une autre planète. Vous faites de l'aveuglement volontaire. C'est triste.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 septembre 2020 14 h 36

      Mme Alexan, la question qu'on devrait posée est celle-ci : Depuis quand Québec solidaire se soucie de la pauvreté? Ils entretiennent plutôt un discours ultra identitaire qui réduit les individus à la couleur de leur peau, leur orientation sexuelle, leur identité de genre, leur croyance religieuse ou personnelle qui efface les véritables bases des inégalités sociales. La plupart de l’apparatchik militante de ce petit parti montréalais vient surtout d’un environnement privilégié, académique et que tout ce qu’ils connaissent de la misère provient de livres, des journaux ou la jungle des médias sociaux.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 14 h 47

      À monsieur Denis Forcier: C'est dommage que vous ne soyez pas informé sur les dérives de l'Islam politique, parce que vous n'avez pas vécu dans les théocraties où les lois divines ont préséance sur les lois civiles.
      Renseignez-vous, sinon, nous allons souffrir l'enfer que subissent maintenant les pays européens qui ont ouvert leurs portes à l’Intégrisme islamiste qui se comporte comme une nation entre une nation.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 14 h 47

      @Nadia Alexan,

      Où sont ces prétendus grands canaux de propagande du voile au Québec?

      Le seul discours qu'on entend, c'est le discours assourdissant de la droite nationaliste de la CAQ et sa loi 21, alors que la loi est passée depuis un an et qu'on nous avait dit que ça règlerait le problème.

      Vous l'avez votre loi 21 .

      C'est quoi cet acharnement et ce défonçage de portes ouvertes ?

      De la propagande pour justifier le maintien du financement de PDF-Québec ?

      Ou de la propagande pour soutenir la popularité de la CAQ ?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 15 h 00

      @ M. Montparquette.

      "C’est QS et la nouvelle gauche qui ont abandonné le monde « ordinaire »... et depuis longtemps.

      La nouvelle gauche n’a rien à foutre du travailleur d’usine. (...) QS redeviendrait une formation qui n’existe pas au-delà d’un rayon de 6 km autour de l’UQAM. https://www.journaldemontreal.com/2020/09/15/a-qui-profite-quebec-solidaire

      En fait, elle le méprise : trop blanc, trop mâle, trop de « droite », trop ordinaire justement, trop pas comme elle.

      Ceux qui donnent le ton chez QS, ceux qui font danser Massé et GND, n’en ont que pour la couleur de la peau, le genre, l’orientation sexuelle et le prosélytisme religieux.

      Le nouveau dada de ces néomarxistes sans classe ouvrière, c’est l’« intersectionnalité. »

    • Sylvain Lévesque - Abonné 15 septembre 2020 16 h 28

      M.Montmarquette
      Est-ce l'effet du congrès tout récent de votre formation politique, où on a reproché aux têtes dirigeantes leur mollesse ?
      Vous reprenez ici vos habitudes de prosélytisme partisan ostensible.
      À cette heure (16h20), 9 commentaires de vous seul sur les 64 publiés jusqu'ici. Et mon petit doigt qui m'assure qu'il y en aura d'autres... Beaucoup de redites, lassant.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 16 h 47

      À monsieur Montmarquette: Vous dites: «Où sont ces prétendus grands canaux de propagande du voile au Québec?»
      Des organisations islamistes religieuses financées par l'Arabie saoudite et le Qatar sont à l'oeuvre pour la propagation de l'intégrisme, identitaire.
      Comment ça se fait que vous ne parliez jamais de la lutte identitaire, sectaire de ces associations islamistes?

    • Jacques Patenaude - Abonné 15 septembre 2020 16 h 48

      @Monmarquette
      "Le seul discours qu'on entend, c'est le discours assourdissant de la droite nationaliste de la CAQ et sa loi 21,"  En tout cas vous ne pouvez pas dire que ce texte proviens de canadiennes français conservatrices-identitaire.
      Mais évidemment vous avez trouvé le complot car c'est "De la propagande pour justifier le maintien du financement de PDF-Québec" Ça ne peut pas être un texte de femmes d'origine musulmanes qui présentent leur point de vue propre somme toute bien appuyé et tout aussi légitime que tout autre point de vue.

    • Léonce Naud - Abonné 15 septembre 2020 17 h 38

      Cher M. Montmarquette : vous allez rachever ce pauvre Québec Solidaire à vous tout seul, au grand chagrin des Gentils Organisateurs du Conseil Privé à Ottawa. Mais tout n'est pas perdu. Je démarre une souscription. Nous vous élèverons un monument de pur bronze quelque part. Mais...j'y pense : il y a un socle de libre à Montréal. Je vous y vois déjà immortalisé, au grand plaisir des pigeons qui ne manqueront pas d'aller y poser leurs délicates petites pattes. Pourvu qu'ils n'en profitent pas, les petits salauds, pour y faire autre chose...

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 18 h 09

      @ Pierre Grandchamp,

      Ce n'est certainement pas en vous référant à des articles du "Hournal de Mourrial" ce feuillet paroissial du PQ propriété de l'ex-chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau que vous trouverez des chroniques objectives et que vous y gagnerez en crédibilité.

      Vous devriez vous occuper de votre parti qui n'en n'est plus à 4 députés dont zéro à Montréal dans le dernier sondage de Qc125.com du 10 septembre 2020, au lieu de vous attaquer au seul parti indépendantiste crédible de l'Assemblée nationale.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 19 h 25

      @ Nadia Alexan,

      "Des organisations islamistes religieuses financées par l'Arabie saoudite et le Qatar sont à l'oeuvre pour la propagation de l'intégrisme, identitaire." - Nadia Alexan

      - Quelles organisations islamistes au Québec ? Et avec combien de membres?

      Où sont-elles publiées et avec quelle force? Quels moyens et quel impact?

      Jamais ils ne font les machettes et on n'en n'entend pratiquement jamais parler

      Par contre, ce ne sont pas les reportages anti-voiles qui manquent au Québec et dans tous les grands médias.

      Autrement dit, un cheval et un lapin.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 19 h 47

      Léonce Naud,

      "Vous allez rachever ce pauvre Québec Solidaire" - Léonce Naud

      1 ) Québec solidaire n'est pas pauvre avec près de 5 millions de financement, ce qui en fait au contraire un parti redoutable, et les dernières élections l'auront prouvé. Il a au contraire battu des records de financements.

      2 ) Je n'ai aucune inquiétude pour Québec solidaire. Nous sommes très habitués à faire bataille et à l'adversité, et contrairement aux vieux partis, doté une foule de militants.tes en chair et en os mobilisés sur le terrain, ce qui fait une méchante différence en élections.

      D'ailleurs, depuis 15 ans que je commente sur le Web, Québec solidaire n'a fait que progresser d'élections en élections malgré les mauvaises langues et la tonne de mensonges qu'ils font circuler et les médias néolibéraux comme Québecor et leurs équipes de mercenaires qui ne cessent leur propagande contre Québec solidaire.

      Par contre, je m'inquiéterait davantage pour le PQ, qui n'en n'est plus qu'à 4 députés, dont zéro à Montréal selon le dernier sondage de Qc125.com du 10 septembre 2020.

      - Ne serait-ce pas plutôt les "Angry péquistes" qui font du tort à leur parti ?

      https://lactualite.com/politique/deux-ans-apres-la-caq-toujours-au-sommet

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 20 h 43

      « Québec solidaire soutient des valeurs du Québec de 40 années d'existance »

      Tout ce que ces gens trouvent à dire sur Québec solidaire, c'est que le parti est contre l'idée de discriminer à l'embauche. Notamment en s'appuyant sur notre Chartes des droits et libertés représentant «les valeurs québécoises» depuis plus de 40 ans..!

      — Wow !

      Voilà qui me donne envie de déchirer ma chemise et de voter pour leur option à la place !

    • Léonce Naud - Abonné 16 septembre 2020 19 h 25

      Ma foi, notre néo-curé est déchaîné ! Hors du Parti, point de salut. Chanceux est-on si l'on échappe à sa vindicte.

  • Michel Lebel - Abonné 15 septembre 2020 06 h 09

    Ne confondons pas État et société

    Un État peut être laïc, je dis même que le choix d'être un État laîc peut être considéré comme un progrès. Mais ne confondons pas un tel État et une société. Une société est plurielle au plan religieux, étant composée de personnes de telle ou telle confession religieuse ou étant sans religion. Un État laïc démocratique doit protéger et défendre la liberté de religion et de conscience selon des modalités qui doivent cependant toujours respecter ces libertés. Un tel État ne devrait donc pas utiliser des clauses dérogatoires à celles-ci, s'il est vraiment démocratique et fondé sur l'État de droit.

    M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 07 h 52

      "Un tel État ne devrait donc pas utiliser des clauses dérogatoires à celles-ci, s'il est vraiment démocratique et fondé sur l'État de droit."

      Une nation-État soumise à une constitution IMPOSÉE UNILATÉRALEMENT et illégitime( dixit Cour suprême) a le droit d'utiliser les moyens très limités à son statut de simple province dévolu par l'Autre État.

      M. Lebel, comment pouvez-vous accepter que ce pays ait transformer une CONfédération(voir mandat de la Commission sur le biculturalisme de 1963) en une simple fédération de provinces et territoires?

    • Jean Lacoursière - Abonné 15 septembre 2020 08 h 00

      Libarté, stie.
      Même devant une classe d'enfants.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 septembre 2020 08 h 00

      Si je vous comprends bien M. Lebel, le Canada devrait abolir la claude dérogatoire de sa constitution, qui fut intégrée à la demande de provinces de l'ouest avec l'aval de deux provinces avec un gouvernement conservateur, celui du ministre Chrétien et la bénédiction du PM Trudeau, le gouvernement du Québec étant exclu de la discussion.

      Peut-être estimez-vous, comme juriste, plutôt que le Québec, qui est non signataire, ne devrait pas avoir recors à cette clause. Si c'est le cas, pourquoi alors serait-il astreint à la constitution de 1982 ? Des précisions me semblent nécessaires.

    • Pierre Rousseau - Abonné 15 septembre 2020 08 h 28

      En théorie c'est vrai mais en partique l'état est généralement le miroir de la société. Les sociétés occidentales ont bien connu l'amalgamation entre l'état et la religion d'état jusqu'au point où le roi ou la reine d'Angleterre est devenu le chef de l'église anglicane. La même chose se produit en pays musulman et c'est aussi le cas au sujet d'autres dénominations religieuses. En séparant la religion de l'état pour en faire un état laïque, on a cru bon de protéger la liberté de religion dans la constitution et en droit international, parmi d'autres libertés aussi sinon plus importantes (par exemple le droit à la vie et à l'intégrité de la personne).

      La loi 21 vient renforcer cette distinction entre l'état et la religion pour justement éviter que l'état retombe dans l'ornière de l'omnipuissance de la religion. Les autrices de ce texte ont bien raison d'être préoccupées d'une dérive possible, même en pays occidentaux, car la liberté est très fragile. Elles ont souvent fui des pays où justement leur liberté était étouffée par des lois religieuses et, comme on dit, chat échaudé craint l'eau froide et on devrait prendre au sérieux leurs préoccupations.

      Elles ne sont pas les seules à être préoccupées par une dérive possible. Il y a aussi les conflits entre Siks et Hindous qui se cristalliesent aussi par des signes ostentatoires et il y a plusieurs autres exemples qui militent en faveur d'un état laïque non seulement sur papier mais aussi dans les faits, dans la vie de tous les jours.

    • Michel Lebel - Abonné 15 septembre 2020 09 h 04

      @ Claude Bariteau,

      Par principe, je suis opposé à la présence d'une clause dérogatoire dans une Charte des droits et libertés. Des dispositions prévoyant que les droits et libertés ne sont pas absolus et qu'ils peuvent êtres soumis à des restrictions justifiées me semblent suffire. Mais la politique étant ce qu'elle est... une clause dérogatoire explicite a été insérée dans la Charte canadienne des droits et libertés de 1982; une fleur accordée aux provinces récalcitrantes.

      Enfin je vous signale, si nécessaire, que le Québec comme toutes les provinces est astreint à la Constitution de 1982. Dura lex, sed lex.

      M.L.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 septembre 2020 09 h 26

      Cher M. Lebel, comme d’habitude, vous prenez ce qui vous fait plaisir et vous rejetez ce que vous n’aimez pas. Oui, la pluralité des croyances personnelles est encouragée en société tout comme pour la liberté d’expression, mais il y aura toujours un mur jeffersonien entre les idéologies politico-religieuses et l’État. Et les écoles publiques font parties de l’appareil étatique. L’État, qui est représenté par l’Assemblée nationale au Québec, a tous les droits puisqu’il a l’assentiment de tous en démocratie. Il peut utiliser les clauses dérogatoires pour corriger le tir afin de refléter la population du Québec. Et SVP, ne pas invoquer la charte de Trudeau que personne n’a signé au Québec ou bien celle du Québec qui a été passé par un gouvernement de Robert Bourassa composé de 102 députés libéraux sur 110 à l’Assemblée nationale. René Lévesque ne siégeait pas suite à la déconfiture du FLQ qui avait fait élire un gouvernement libéral majoritaire en 1973. Oui, merci FLQ et ses sbires de Québec solidaire, mais on vous appellera lorsque nous aurons besoin de vous (not).

      Vous êtes de ceux qui hiérarchisent les droits avec la liberté de religion qui devrait trôner au sommet selon vous. Ils ont essayé en Ontario d’instituer des tribunaux islamiques par le biais de nos nouilles du NPD. Et ce fut les femmes musulmanes qui se sont opposés vivement à cette tyrannie patriarcale imposée sous le nom de la religion. Alors, toutes les Amani Ben Ammar, Radhia Ben Amor, Nadia El-Mabrouk, Ines Hadjkacem, Amine Kochlef, Mohamed Triki et Marwa Ben Ammar de ce monde ont mon support inconditionnel en ce qui a trait de vivre dans un état laïc sans des amis imaginaires dans les sphères étatiques et publiques.

    • Claude Gélinas - Abonné 15 septembre 2020 10 h 00

      Le corridor étroit juridique sur lequel repose votre argumentaire ne considère jamais l'égalité hommes-femmes comme étant une valeur fondamentale qu'un État laïque a le droit et le devoir de faire la promotion.

    • Richard Lupien - Abonné 15 septembre 2020 10 h 10

      Dire qu' «une société est plurielle au plan religieux» n'a aucun sens, est tout simplement illogique. Ce sont les individus qui sont religieux. La spiritualité est une affaire personnelle, que chacun pourrait embellir à son gré.
      Si la société était " religieuse " elle me dicterait comment devenir un être spirituel. Ce fut là le fiasco auquel le christianisme nous a conduit au Québec.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 10 h 47

      À monsieur Lebel: Toutes personnes ont le droit de pratiquer la religion de leur choix, mais elles n'ont pas le droit d'afficher leurs croyances avec des signes religieux ostentatoires, comme des panneaux publicitaires. Les panneaux publicitaires servent à envoyer un message silencieux prosélyte.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 septembre 2020 13 h 52

      Encore une fois, cher M. Lebel, la loi imposée par un acte tyrannique n’a rien à voir avec la justice. Alors, on ne peut pas dire que la loi, c’est la loi. On devrait plutôt dire : « leges iniquae fiunt, non esse faciendum ».

    • Léonce Naud - Abonné 15 septembre 2020 14 h 33

      Cher M. Lebel : alors, vous êtes juriste. À la bonne heure ! Comme tous les membres de votre distinguée tribu, vous vous gardez bien d’avouer l’origine réelle de ces Lois dont vous êtes l’esclave soumis.

      Je vais vous le dire, moi, quel est le socle fondateur des lois de notre beau Canada. Cela m’est d’autant plus facile que j'en utilise un dans la cuisine pour broyer des amandes : un boulet de canon, anglais of course. Ce dernier et ses pareils, tirés par milliers au cours de la Guerre de Sept-Ans, ont décidé de la nature des lois qui gouvernent aujourd’hui l’Amérique. Si le continent avait été conquis par l’Espagne, l’empire Ottoman ou le Tsar de toutes les Russies, ces lois dont vous êtes l’esclave soumis seraient différentes du tout au tout mais vous-même n’en seriez pas moins l’esclave. Question de tournure d’esprit, faut croire.

    • Hermel Cyr - Abonné 15 septembre 2020 15 h 23

      « Ne confondons pas État et société. » (Michel Lebel) Effectivement, vous avez le bon principe.

      Les États qui se confondent avec la société sont dits « totalitaires ». Il y a donc une séparation nécessaire entre la société globale et l’État, ce qui explique pourquoi les règles vestimentaires qui reflètent la laïcité ne s’appliquent qu’aux employés de l’État dans l’exercice de leur fonction. C’est pour assurer la pluralité sociale que l’État doit être dégagé de tout culte.

      L’État laïque est le garant de la liberté de culte dans la société globale, c’est pourquoi il ne peut faire de ses employés des agents de l’un ou l’autre culte. La laïcité dont s’accompagner d’une neutralité « manifeste ». L’État laïque n’intervient pas dans les aires religieuses (on n’impose pas les chartes dans les mosquées, les temples et les Églises même si les droits n’y sont pas appliqués) et en contrepartie, les cultes n’ont pas leurs entrées dans les sphères de l’État. La séparation de l'État et des cultes c'est ça.

      Si cette règle vestimentaire s’appliquait à toute la société hors des fonctions de l’État, on pourrait parler au moins d’autoritarisme laïc. Ce fut le cas au Mexique après la révolution de 1910 (constitution de 1917) et en Turquie avec la révolution kémaliste. On n’est pas du tout dans cette mouvance au Québec ou même en France.

    • Michel Lebel - Abonné 15 septembre 2020 15 h 56

      @ Nadia Alexan,

      La liberté de religion inclut le droit à l'expression de sa religion; cette expression inclut le port de signes religieux. Les textes de droit international consacrent cette conception de la liberté de religion. Autre question est celle de restreindre, au nom du principe de laïcité, cette liberté dans les services publics. Cette restriction, en régime démocratique, devrait passer le test des tribunaux. Question encore plus large et interpellante est celle de la présence de l'islam dans les pays occidentaux. À ce dernier égard, les opinions divergent. Ainsi va le débat en démocratie.

      M.L.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 18 h 12

      "Une nation-État soumise à une constitution IMPOSÉE UNILATÉRALEMENT" -Pierre Grandchamp

      Ce n'est pas si "UNILATÉRALEMENT" que ça, puisque le Québec a refusé de se séparer en 1995, soit 15 après l'adoption de ladite constitution. Faut croire que les gens étaient d'accord.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 15 septembre 2020 19 h 40

      @ M. Léonce Naud 15 septembre 14h33
      Bravo...c'est le meilleur commentaire du jour....
      (Votre réponse à Michel Lebel...avocat, juriste...ancien professeur de droit constitutionnel...à l'UQAM et, à l'Université de Montréal.)

      .

    • Jacques Légaré - Abonné 15 septembre 2020 21 h 03

      M. Lebel,

      La laïcité ne concerne que l'État.

      La société est plurielle dans ses millions d'opinions, mais doit être une dans sa culture fondamentale : (la nôtre, c'est la modernité des Lumières). Une pour réussir le pari de faire fonctionner un pays uni.

      La laïcité unit; les religions divisent.

      La critique de la religion (secte antique ou médiévale) est normale et souhaitable pour l'achèvement de cette modernité. Les cadavres qui ressuscitent ou les femmes lapidées pour adultère sont des conceptions et des pratiques qui doivent disparaître de notre culture citoyenne.

      Au Canada, nous ne sommes pas des chrétiens, des musulmans, des juifs ou des athées. Nous sommes des citoyens dont la culture moderne est rationaliste. La science a la prééminence dans le débat citoyen et la décision publique, et les croyances doivent être reléguées dans les lieux de culte, entre gens qui acceptent l'irrationnel, inaccepté dans le débat public.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 septembre 2020 05 h 32

      @Nicole Sévigny,

      la réplique de monsieur Naud est en effet très intéressante. On ne réalise pas à quel point on n'adhère jamais à une idée manifestement fausse que sous la contrainte, à moins que ce ne soit par une abjecte servilité. Ainsi, s'agissant de loi constitutionnelle de 82, charte et clause dérogatoire comprise, si nous y sommes soumis, ce ne peut être que sous la contrainte de l'Anglais renforcée par la complaisance de larbins imbéciles.

      Le seul problème, c'est que la conviction sincère des indépendantistes, si elle leur inspire la seule attitude qui soit effectivement digne, ben elle n'est pas partagée par tout le monde. Parmi ceux qui n'y adhèrent pas, le nombre des idiots politiques est très considérable, sans doute, mais je ne jurerais pas qu'il y en ait davantage, en tout respect pour les personnes dont les commentaires en feraient douter.

      Que cela nous plaise ou pas, pour les meilleures ou les pires raisons qu'on pourrait trouver de part et d'autre, le fait est que si nous vivons sous le régime fédéral de 82, c'est parce qu'une majorité de québécois n'ont pas trouvé de motif contraignant de s'y soustraire, pour dire le moins, ou même parce qu'ils y adhèrent sincèrement pour des motifs parfaitement respectables, qu'on soit d'accord ou pas. Les angry péquistes de ma génération se feignent encore que c'est sur le Conquérant qu'ils déversent leur mépris. Mais la hargne avec laquelle ils pourchassent QS à la moindre occasion ne trompe personne. Ils détestent indifféremment tous ceux qui, ne partageant pas leurs vues, font forcément parti d'un complot pour les opprimer auquel se sont joints les islamistes qui ont inflitré la gaugauche, etc. Triste fin pour une génération.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 septembre 2020 05 h 41

      @Jacques Légaré,

      la ligne de partage des eaux entre le rationnel et l'irrationnel ne confine pas le second au religieux et ne prémunit pas la culture moderne contre la bêtise. Celle-ci peut fleurir partout, d'autant plus librement d'ailleurs si on se persuade qu'on l'a confinée dans les « lieux de culte » pour s'adonner au culte de la Raison.

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 septembre 2020 06 h 56

      "La loi imposée par un acte tyrannique" - Cyril Dionne

      Si vous êtes contre la tyrannie tant que ça Dionne.

      Par quelle contorsion intellectuelle êtes-vous parvenu à soutenir un PQ qui a laissé crever de misère ses citoyens avec 500$ par mois d'aide sociale soit deux fois en dessous du seuil de pauvreté durant les 22 ans où il a détenu le pouvoir et où il aurait pu changer les choses ?

      .

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 septembre 2020 06 h 45

    « Notre unique bouclier contre l’obscurantisme et la répression des droits et libertés est la laïcité. La religion doit rester du domaine du privé et ne doit, en aucun cas, interférer avec la politique ou le pouvoir »

    La mise en place d'une société laïque n'est pas la cause de la dissolution de l'obscurantisme et de la répression, elle en est la conséquence. Que la religion «interfère» avec la politique et le pouvoir n'est pas une anomalie: elle fait partie des déterminants idéologiques qui engagent les individus et les groupes dans la vie plublique. Il n'y a pas davantage de raison décisive de l'y interdire que n'importe quelle autre conception de la vie en société. Ce qui est en cause, ce n'est jamais le socle spirituel des croyances et des valeurs d'une religion mais le fait que ses préceptes soient utilisés de façon autoritaire à l'encontre des citoyens, y compris à les conditionner à l'obéissance aveugle. Disqualifierait-on la main sur le coeur tout le discours religieux dont les états autoritaires et répressifs se drapent bien davantage qu'ils n'y adhèrent (il n'y a pas de raison de penser que Trump ait le monopole de la bêtise et du détournement), ils trouveraient autre chose. Le véritable bouclier contre la répression et contre l'obscurantisme, c'est l'engagement politique.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 11 h 04

      À monsieur Richard Maltais Desjardins: ce sont les évangélistes hypocrites qui ont mis Trump au pouvoir. C'est la raison pour laquelle il faut séparer définitivement le religieux de la politique, en fait et en apparence.
      Ce sont les pays européens qui ont appris amèrement cette leçon, après tant de guerres religieuses au cours desquelles les protestants et les catholiques se sont entretués pendant des siècles.

    • Françoise Labelle - Abonnée 15 septembre 2020 12 h 01

      La laïcité de la société serait la conséquence de l'obscurantisme et de la répression?
      La loi 21 ne vise pas la laïcité de la société, mais de l'état afin d'éviter la confrontation des prosélytismes.

      Quand on regarde les documentaires sur l'Iran libre de Mossadegh, renversé par la CIA, et la théocratie actuelle, on a de la difficulté à comprendre la conséquence que vous établissez.
      Disqualifierait-on la main sur le cœur tout le discours religieux dont les états autoritaires et répressifs se drapent? On en soulignerait l'hypocrisie et c'est le problème de bien des chrétiens de droite aux USA en ce moment.

      Parlant conséquence, j'aurais aimé vous répondre sur l'utilisation de l'implication dans le débat sur Ni Q ni A. Songez que le titre exclut de fait Q et A. Il ne reste plus que ~Q -> ~A et ~A -> ~Q, soit l’équivalence entre Q et A que plusieurs dénonçaient. L'implication est peu intuitive. Mes étudiants n'arrivaient pas à comprendre que du faux on puisse conclure du vrai, ce qui ne se prodiot jamais dans une déduction.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 septembre 2020 14 h 19

      J'ai particulièrement apprécié cet extrait de Richard Maltais-Desjardins"

      "Que la religion «interfère» avec la politique et le pouvoir n'est pas une anomalie: elle fait partie des déterminants idéologiques qui engagent les individus et les groupes dans la vie publique." - RMD

      En effet,

      Et j'ajouterais, d'où proviennent donc ces valeurs du travail, de la famille, de la justice (et particulièrement ancrées au Québec), comme l'interdiction du meurtre, du vol et du mensonge que la société endosse encore aujourd'hui ?

      Les 10 commandements de Dieu :

      - Honore ton père et ta mère.
      - Tu ne tueras point.
      - Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain
      - Tu ne travailleras pas le dimanche
      - Tu ne feras pas de faux témoignages

      Et..

      La paresse est la mère de tous les vices.
      Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.
      Chaque jour suffit sa peine.

      Ce à quoi on pourrait ajouter la dénonciation de l'orgueil, de la colère, de la haine, de la calomnie,de la médisance et de la vengeance.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 septembre 2020 14 h 31

      Nous pourrions rediscuter de la juste interprétation du texte de monsieur Prévost. Pour l'instant, je vous suggère de relire mon commentaire. Ce n'est de l'obscurantisme et de la répression que je fais l'origine de la laïcité, mais de la dissolution de ceux-ci, qui requiert en engagement politique afin de priver que utilisent les religions à ces fins du pouvoir de le faire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 septembre 2020 14 h 40

      Pour les déductions, elles ne produisent ni le vrai ni le faux mais des conclusions découlant de manière nécessaire, contingente ou même seulement possible des prémisses selon que celles-ci, vraies ou fausses, ont la capacité logique d'y conduire. Le raisonnement ne fournit que les conditions formelles de déploiement du vrai, pas sa matière.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 septembre 2020 15 h 02

      Pour le texte ni Qanon ni Arruda, on peut se se limter au titre ou considérer le texte, ce qui est la moindre des choses, il me semble. A son sujet, on peut évidemment mettre en cause la cohérence des arguments, mais à la condition de s'entendre sur la nature de ceux-ci. A mon avis, ce qu'il soutient, c'est qu'on n'a pas à choisir l'un et à rejeter l'autre. Ce ne sont pas les deux qu'il exclut, mais l'alternative stricte qui les poserait comme incompatibles, le rejet des deux constituant alors la seule voie correcte à part choisr Q et -A ou l'inverse. Comme je l'ai dit, je ne prétends pas faire un exercice de logique. Juste essayer de voir comment il articule ses idées. A-t-il raison sur le fond, c'est une autre affaire.

    • Jacques Légaré - Abonné 16 septembre 2020 09 h 32

      Bonjour Richard Maltais Desjardins,

      Vous dites : «N'est jamais en cause le socle des croyances et des valeurs d'une religion ». C'est hélas faux et tu nes pas le premier à succomber sous les vapeurs de la propagande des religions, la plus puissante de tous les temps.

      Richard, les textes sacrés fondateurs sont à l'origine criminels et toxiques. Il faut les lire très attentivement, comme le fit Normand Rousseau dans ses ouvrages (et les auteurs de sa riche bibliiographie à la fin de ses ouvrages). Son dernier : «Monsieur Jésus» et sa triologie sur la Bible «La Bible immorale» et autres.

      L'Église prêcha le Jésus blanc et pratiqua le Jésus noir, (si ces couleurs ne paraissent pas trop mal choisies en ce moment de racisme dénoncé.)

      Richard, il faut débarrasser la culture humaine de sa chape de plomb religieuse résiduelle. Même les athées s'y font prendre ; les trois athées Renan, Jules Ferry, et André Comte-Sponville ont écrit de beaux compliments sur Jésus et les valeurs dites chrétiennes, faute d'avoir lu très attentivement les textes bibliques, ceux de Matthieu, et même ceux de l'apparent doux apôtre Jean. Pour le Coran, c'est plus simple : les versets de Médine sont incompatibles avec une société libre, démocratique et moderne.

      Oui, Richard, la modernité est loin d'être achevée en nos pays beaux, riches et puisssants.

      À propos, ton commentaire «la complaisance de larbins imbéciles.» est irrespectueux envers les fédéralistes, dont je suis. Je t'accorde un point : le Canada cloche et titube parce que les fédéralistes se trainent les pieds. Je t'en causerai plus tard.

      Bonne journée, et toujours un plaisir de te lire .

      j.l.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 septembre 2020 13 h 35

      @Monsieur Légaré, deux choses. D'abord, la plus simple : quand je parlais de « la complaisance de larbins imbéciles », je me faisais seulement d'un jugement à l'encontre des fédéralistes que je ne partage pas du tout. J'espère qu'une relecture de mon commentaire vous le confirmera.

      Sur l'idée que « N'est jamais en cause le socle des croyances et des valeurs d'une religion », je vous donnerai sans réserve raison sur le fait que pour pour les intégristes de tout poil, le fait de pouvoir prétendre prendre appui sur des vérités infrangibles joue un rôle déterminant à la fois à l'égard de leur conviction et surtout de la ferveur souvent violente de leur action politique. Cependant, contrairement à vous, je n'ai pas besoin de couvrir le religieux dans son ensemble d'un jugement disons... assez négatif. Cela tient d'abord à ce que quoi que n'étant plus croyant comme je le fus autrefois, je garde un respect et une estime pour la croyance religieuse. Je ne m'en justifierai pas ici parce qu'ensuite, ce qui me semble seul pertinent dans une société pluraliste, c'est la capacité pratique qu'on les idéologies intégristes, religieuses ou pas, de s'imposer chez nous comme ailleurs en dépît d'une conception partagée des droits humains. Autrement dit, pour prendre un simple exemple, ce qui doit compter dans la définition du droit des femmes, ce ne sont pas les motifs pour lesquels telle ou telle religion (ou autre idéologie) voudrait maintenir les femmes dans un état de minorité civique ni les raisons pour lesquelles je ne suis pas d'accord, seule étant en cause (pour reprendre mon expression) aux fins du droit la capacité de l'imposer de manière autoritaire... OU, ajouterai-je, d'imposer des conduites aux femmes destinées à conforter une vision du monde de manière tout aussi dogmatique et autoritaire, comme on en trouve maintes fois le souhait dans les commentaires des défenseurs les plus ardents de la loi 60.

    • Jacques Légaré - Abonné 16 septembre 2020 15 h 31

      Bonjour Richard D M.

      Merci de m'avoir répondu longuement.

      J'ai un peu de peine à vous suivre.

      De mon côté, j'ai une position d'abord scientifique : Les relgions ont-elles été positives dans l'Histoire ? . La réponse est Non. (lire pour en faire le tour convaincant les ouvrages de Normand Rousseau et la riche bibliographie à la fin de chacun de ses ouvrages).

      Ensuite, philosophique : Sont-elles des guides solides, voire simplement intéressants, pour mener une vie bonne, plus encore une vie riche d'humanité libre et responsable, exempt d'ascétisme ou de rigorisme malsain ou inutile ? La réponse est encore Non.

      Enfin, politique et culturelle : Les religions, en tant qu'idées fausses et qu'instrument de soumission, de manipulation et de volonté d'influence et de puissance, doivent-elles être combattues et évincées de la culture humaine ? La réponse est Oui.

      Ces trois aspects par le seul débat démocratique, la protection des enfants non endoctrinables, le respect des personnes (pas des opinions) et la bonification de nos lois en éducation.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 septembre 2020 17 h 40

      « La réponse est Non » voilà qui clot la discussion , je crois.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 06 h 47

    Et la loi 21 appliquée dans les écoles privées

    Comment expliquer qu'un(e) prof à l'école secondaire publique Henri-Bourassa ne peut pas pas porter de signes religieux ostensibles; tandis que le(la) prof au collège privé St-Sacrement n'est pas obligé(e)??? Les deux sont en situation d'autorité.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 07 h 57

      On apprenait, ces jours-ci, que suite à un sondage effectué en France:" On y découvre avec stupeur que 74 % des jeunes musulmans de France qui ont moins de 25 ans placent les valeurs de l’islam au-dessus de celles de la République.".

      Que donnerait une telle enquête effectuées ici? Au Canada et au Québec?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 08 h 21

      Le chroniqueur Michel David, en parlant de la CAQ: "L'art de la demi-mesure"
      https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/566175/l-art-de-la-demi-mesure

      On l'a vu, aussi, avec le test de valeurs. Le même ministre gaffeur, Jolin Barrette, place actuellement ses cartes pour intervenir sur la langue. Osera-t-il étendre la loi 101 au niveau collégial???

      Est-ce cela *le nationalisme* de la CAQ? "L'art de la demi-mesure" ?

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 septembre 2020 11 h 11

      À monsieur Pierre Grandchamp: on a le devoir de faire pression sur nos gouvernements pour appliquer la loi 21 dans les écoles privées. Ça va venir.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 septembre 2020 12 h 20

      C'est le lot de la CAQ: vivre son *nationalisme* dans le cadre fédéral. Ça donne un test des valeurs québécoises, pour immigrants, à des années lumière de leur promesse électorale; en effet, un test pouvant être passé à distance.

      Quant à la loi 21, les caqistes vont vous dire:" Il fallait exempter les écoles privées pour permettre à des musulmanes enseignantes au public et voulant porter le voile de se trouver un emploi au privé."..

      BIen hâte de voir le projet de loi à venir de Jolin Barrette( *bonjour hi!") sur la langue.

  • Gilles Delisle - Abonné 15 septembre 2020 07 h 26

    La responsabilité du Québec

    Comment le Québec peut-il avoir légiférer sur la laicité, tout en permettant à des femmes et des hommes d'ici de pavaner avec leur accoutrement religieux, un peu partout? Que ce soient le voile ou tout autre symbole religieux, qui devrait être permis uniquement dans les lieux de culte et les logements personnels. Les Québécois ont déjà donné longuement là-dedans tout au cours de leur histoire, et depuis quelques années, on s'est débarrassé de ces symboles religieux dans la sphêre laique de notre société. Que les autorités de notre pays agissent une bonne fois , avant que cette gangrène fasse reculer notre société, encore une fois!