Téléfilm Canada: la nécessité de se moderniser

«Les attentes ne sont plus les mêmes, et Téléfilm a mis en place d’importantes mesures pour éliminer l’écart entre les attentes et la réalité de l’expérience vécue par ses partenaires», mentionne l'autrice.
Photo: Thomas Coex Agence France-Presse «Les attentes ne sont plus les mêmes, et Téléfilm a mis en place d’importantes mesures pour éliminer l’écart entre les attentes et la réalité de l’expérience vécue par ses partenaires», mentionne l'autrice.

Que ce soit par les émotions qu’il nous fait vivre, par le talent de ses actrices et acteurs ou par le génie de tous ses artisans, le cinéma québécois est une source de fierté non seulement pour le Québec, mais pour tout le Canada. Depuis mon arrivée à Téléfilm à l’été 2018, il n’y a pas une journée qui passe sans que je sois émerveillée par la qualité du septième art québécois. Il va sans dire que c’est un grand privilège pour une organisation comme celle que je dirige de contribuer à son rayonnement ici et partout dans le monde.

Les productions cinématographiques québécoises ont toujours su évoluer afin de demeurer au goût du jour, et c’est probablement là une des principales raisons de leur succès. Il est donc impératif que les institutions qui soutiennent ces productions s’inscrivent également dans ce courant de changement. C’est pourquoi cette volonté de se moderniser a constamment guidé les actions de Téléfilm au cours des dernières années. Les attentes ne sont plus les mêmes, et Téléfilm a mis en place d’importantes mesures pour éliminer l’écart entre les attentes et la réalité de l’expérience vécue par ses partenaires.

Nous avons changé notre façon de faire pour répondre aux attentes, pour être transparents et pertinents. Cela est particulièrement important à l’heure où l’industrie et la société vivent des bouleversements sur tous les fronts : politique, économique, social, technologique, environnemental, juridique et éthique. Que l’on pense aux mesures relatives à la parité hommes-femmes dans le financement des productions, par exemple, ou encore à la mise en place du Plan d’action de Téléfilm sur l’équité et la représentation, nous avons su revoir notre fonctionnement afin de constituer un portefeuille de productions équilibré et représentatif de la société dans laquelle nous vivons, un portefeuille où les talents, qu’ils soient émergents, à mi-carrière ou bien établis, sont accompagnés par nos programmes. Il reste encore du travail à accomplir, mais nos gestes donnent des résultats et notre motivation à atteindre cet objectif est inébranlable. Pas plus tard que cet été, nous avons également lancé notre nouveau Plan d’entreprise 2020-2023. Ce plan nous aidera à déployer notre nouvelle vision : faire de Téléfilm — et du Canada — un partenaire de choix pour la production audiovisuelle.

Sur le plan du financement offert à l’industrie, notre volonté de nous moderniser est aussi manifeste. Téléfilm annonçait en décembre dernier vouloir actualiser son indice de réussite afin d’optimiser au maximum tous ses programmes. L’indice de réussite est un outil permettant à Téléfilm de mesurer le succès global de son portefeuille d’investissements au fil du temps et aussi de déterminer le financement des productions admissibles au programme du volet accéléré. Dix ans après son implantation, il est maintenant temps de faire le bilan de l’indice et de l’adapter à la réalité de cette nouvelle décennie. Pour ce faire, Téléfilm travaillera en étroite collaboration avec ses partenaires de partout au pays, en les invitant à prendre part à des consultations virtuelles qui auront lieu cet automne. Lors de cet exercice, notre équipe sera à l’écoute et accueillera avec ouverture toutes les recommandations qui seront faites par les participants.

Entre-temps, les répercussions de la COVID-19 forcent Téléfilm à suspendre dès maintenant l’utilisation de l’indice de réussite pour l’année 2020-2021, car les données servant à son calcul sont sévèrement tronquées par la pandémie. En effet, les salles de cinéma sont demeurées fermées pendant plusieurs mois, ce qui fait en sorte que les recettes des guichets n’ont donc pas été au rendez-vous. Les ventes nationales ainsi qu’internationales ont également été touchées par cette crise et des productions n’ont pas pu connaître le rayonnement espéré dans des festivals. Il en résulte que notre programme de financement du volet accéléré doit être suspendu pour l’année financière suivante, soit celle de 2021-2022. Ce programme offre un financement automatique à une entreprise en fonction de son pointage obtenu à l’indice de l’année précédente. Cette décision a été prise parce qu’il n’aurait pas été possible de se baser sur les données de l’année précédente de l’indice, essentielles au fonctionnement du programme, pour financer des productions. Pour la période visée, l’industrie pourra faire une demande de financement par l’intermédiaire du programme du volet sélectif, qui est un programme où l'aide financière est attribuée à la suite d’une analyse et d’une sélection du projet.

Bien évidemment, je suis consciente que cette décision vient bousculer les habitudes de certains partenaires, mais elle était nécessaire dans les circonstances. Il s’agit d’une question de saine gestion des fonds publics. Cette situation n’est pas celle que j’aurais souhaitée, mais j’y vois une occasion de mener une profonde réflexion, avec nos partenaires, sur notre indice de réussite et, du même souffle, d’entamer avec eux un nouveau chapitre de la nécessaire modernisation de Téléfilm et de ses programmes. C’est ce que nous ferons au cours des prochaines semaines, ensemble. Nous sommes à l’écoute.