Un couvre-visage plus symbolique que sanitaire

«Le masque permet d’entretenir un état anxiogène de peur, justifiant des mesures liberticides que plusieurs jugent disproportionnées», pense l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Le masque permet d’entretenir un état anxiogène de peur, justifiant des mesures liberticides que plusieurs jugent disproportionnées», pense l'auteur.

Depuis son imposition par le gouvernement dans tous les lieux publics fermés le 18 juillet 2020, le masque est devenu un intense sujet de débat. Dans une lettre du 21 juillet publiée dans Le Devoir, Pierre Sévigny nous présente un cas d’école de la rhétorique pro-masque. En effet, la question est réglée d’un seul carreau tiré : on insulte les « dissidents » en les présentant en proie au delirium et on établit une analogie douteuse avec le tabagisme. Nous démontrerons dans cet article les biais méthodologiques de cette position, notamment la psychiatrisation systématique des esprits critiques, la reductio ad mortem et la vacuité abyssale de tout argument rationnel.

Au premier cours de philosophie au niveau collégial, Philosophie et rationalité, nos élèves apprennent les différentes stratégies rhétoriques utilisées par les sophistes. Tout en haut de la liste des sophismes, nous présentons généralement « l’attaque ad hominem », c’est-à-dire la stratégie par laquelle, pour faire l’économie des arguments, le protagoniste insulte et diffame le tenant d’une opinion.

De nos jours, les sophistes sont légion et ils monopolisent généralement le débat public. Cela est particulièrement visible avec la « crise sanitaire » actuelle. En effet, le sophiste se glose d’une rhétorique injurieuse contre ceux qui osent avancer une opinion divergente, en les stigmatisant comme des conspirationnistes, des sans-cœur qui se fichent des personnes fragiles, des oligophrènes ignorant les vertus de la science, ou, simplement, des fous. Toutefois, l’attaque contre une personne est toujours le signe d’un manque d’honnêteté intellectuelle et d’une absence d’arguments valables.

Le refus de la mort

L’argument de M. Sévigny se déploie ainsi : la COVID-19 est une maladie mortelle, or il faut tout faire pour éviter la mort des gens. Ainsi, puisque le masque diminue les chances de propager le virus, il faut donc rendre obligatoire le port du masque pour l’ensemble de la population. D’un point de vue logique, l’argument se tient. Toutefois, nous considérons que les trois prémisses sont problématiques et ne vont aucunement de soi. D’abord, le taux de létalité du virus semble avoir été surestimé. De plus, les études divergent quant à la réelle efficacité du masque pour protéger les individus.

Or, ce qui nous intéresse ici est la seconde prémisse : tout faire pour éviter la mort des gens. Comme l’affirme d’ailleurs le philosophe français André Comte-Sponville (L’Écho, 27 mai 2020), notre rapport à la mort a radicalement changé depuis une ou deux générations. Nous nous souvenons de l’année 1969 non pas pour le confinement et les masques, mais plutôt pour le gigantesque festival Woodstock et pour l’amour libre des hippies — antithèse radicale de la distanciation. Pourtant, le nombre de morts au niveau mondial a dépassé le million lors de la grippe de Hong Kong. Idem pour la grippe asiatique la décennie précédente.

M. Sévigny compare le port du masque obligatoire à l’interdiction de fumer dans les espaces publics. Puisque les deux mesures coercitives gouvernementales ont pour vertu de « sauver des vies », le recours à l’argument de la liberté individuelle serait vide de sens. Pourtant, nous pourrions bien dire, étant donné par exemple que l’influenza tue plus d’un demi-million de personnes par année dans le monde, que le masque devrait être obligatoire chaque année pendant l’hiver, ainsi qu’un confinement général et une fermeture des commerces entre les mois de décembre et de février. Et pourquoi ne pas fermer tous les fast-food de la planète et obliger la population à faire 30 minutes de jogging par jour ? Cela permettrait de limiter plusieurs maladies dues à une mauvaise alimentation et à un mode de vie sédentaire, sauvant ainsi de nombreuses vies.

La réponse à ces questions est évidente : la liberté individuelle. Notre modèle politique est fondé sur le respect de la liberté individuelle, considérée comme un droit inaliénable. La rhétorique émotivo-sentimentale de la « peur de la mort » n’est que charlatanisme et arnaque intellectuelle. […]

Une question sanitaire ?

Nous entendons régulièrement les gens dire : Pourquoi imposer le port du masque au mois de juillet et non pas plutôt en mars ? Pourquoi n’importe quel masque, peu importe son efficacité, est-il toléré ? Ces questions, fort légitimes a priori, sont généralement laissées sans réponse. Pourquoi ? Parce que le port du masque obligatoire n’est pas une question sanitaire, mais plutôt symbolique. En effet, la raison pour laquelle c’est uniquement le port du couvre-visage qui importe, et non son efficacité, est que le masque sert principalement de symbole de réminiscence constante que nous sommes en période de pandémie. Ainsi, le masque permet d’entretenir un état anxiogène de peur, justifiant des mesures liberticides que plusieurs jugent disproportionnées.

Si le nombre de décès et de cas ayant justifié la normalisation du couvre-visage sont actuellement si bas, qu’est-ce qui nous permettra de l’enlever ? Si on applique un tel décret en plein été, quand retournerons-nous à la normale ? Devrons-nous porter ad vitam aeternam ce satané chiffon au visage ? Est-ce vraiment ce visage glauque et sinistre que nous désirons proposer aux prochaines générations ? Bref, devons-nous réellement museler la vie pour mieux sauver la mort ? Le questionnement et la pensée critique sont toujours un signe de santé, non de folie.


 
119 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 24 juillet 2020 00 h 52

    Sophisme

    «Si le nombre de décès et de cas ayant justifié la normalisation du couvre-visage sont actuellement si bas, qu’est-ce qui nous permettra de l’enlever ? (...) Devrons-nous porter ad vitam aeternam ce satané chiffon au visage ?»

    L'auteur aurait dû valider sa prémisse (le nombre de décès est-il vraiment bas, ayant en plus eu lieu malgré des mesures de confinement et de distanciation sociale qui l'ont fait diminuer considérablement) et éviter le sophisme de la pente glissante (ou savonneuse).

    • Cyril Dionne - Abonné 24 juillet 2020 09 h 06

      Non, les sophismes non scientifiques émanent des gens qui ne comprennent rien à la science. Il n’existe aucune donnée probante à part de celles basées sur une observation posant tellement de limites qu’on ne peut arriver à aucune conclusion. Et non seulement cela, on doit être capable, en utilisant la même méthodologie, arriver toujours aux mêmes résultats en science, chose impossible démontrée par les nombreuses recherches post avril 2020.

      « Après une revue des données existantes, le Center for Infectious Disease Research and Policy conclut que : étant donné le manque d'information sur la performance des masques non médicaux en tant que mesure de contrôle de la transmission des virus, ainsi que l'efficacité faible des masques en tissu comme filtres et leur mauvais ajustement, il n'y a aucune preuve pour soutenir leur utilisation par le public ou les travailleurs de la santé pour contrôler l’émission de particules par le porteur. »

      « Les travailleurs de la santé ayant porté des masques en tissu ont eu plus de syndromes d’allure grippale que ceux qui ont porté le masque médical (RR = 13,3) ou que le groupe contrôle (RR = 3,8). »

      « Aucune étude n'a montré une réduction significative de la grippe confirmée en laboratoire. Les auteurs ont conclu que les essais contrôlés randomisés avec des masques faciaux n’ont pas démontré un effet substantiel sur la transmission de la grippe confirmée en laboratoire. »

      « Limites : Conditions expérimentales ne prenant pas en compte des paramètres tels que : l’effet du lavage et séchage du tissu. Le microenvironnement climatisé peut biaiser les résultats de filtrage et rendre facile le port du masque en réduisant la chaleur. La qualité des tissus peut varier en fonction des lots. À ce jour, le rôle des différentes tailles de gouttelettes dans la transmission du virus du SRASCoV-2 n'est pas bien connu. »

      Tous des citations tirées du site de l’Institut National de Santé Public du Québec du 8 juillet 2020.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 24 juillet 2020 10 h 01

      "Si le nombre de décès et de cas ayant justifié la normalisation du couvre-visage sont actuellement si bas, ".

      Je me méfie un tantinet des statisques de décès.Tout dépendant de la méthode utilisée. La meilleure serait celle de la surmortalité en comparant avec les années antérieures.J'ai lu, par exemple, qu' au Brésil et chez l'oncle Sam les chiffres des décès reliés directement aux virus seraient de beaucoup inférieurs à la réalité.

      Ceci étant dit, selon les chiffes officiels des décès au Québec, le nombre de décès au prorata de la population est un des plus élevés dans le monde.

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 12 h 43

      M. Dionne, comment faites-vous pour reprendre et diffuser de telles faussetés, de tels errements. Pourtant, la littérature en dit autres choses et ce depuis longtemps. Même ce matin, le très peu scientifique et fort populeux Journal de Montréal publiait - reprenait - un article sur le sujet.

      Ansi: "L’étude, non encore parue dans une revue scientifique, apporte de « solides preuves », selon la professeure Linsey Marr, spécialiste de la transmission aérienne des virus. « Il y a du virus infectieux dans l’air. Reste à savoir quelle quantité il faut respirer pour être infecté », a-t-elle ajouté sur Twitter.

      Cette hypothèse aérienne rend « souhaitable de porter un masque adapté lorsqu’on pense que des personnes infectées peuvent se trouver à proximité et d’aérer suffisamment les endroits fermés », estimait dès mi-avril Matthew Meselson, professeur à l’Université Harvard."

      M. Dionne, votre argumentation se basant sur des études parcellaires et biaisés ressemblent étrangement aux études qui furent produites par des "chercheurs mercenaires" qui publiaient des élucubrations dites scientifiques pour tenter de contrer les obligations légales pour le port des ceintures se sécurité dans le véhicules moteurs. Tout y passait, mais fortement biaisé... ON NE VEUT PAS, NOUS AUTRES.

      Puis, pour les dommages à la santé des fibres d'amiantes, ce fut encore une comédie pour justifier la "non toxiquité et le non danger" de ce minéral. Les mêmes types de "chercheurs mercenaires" y allaient de tout ce qui était possible pour tenter d'empêcher les gouvernements d'abolir l'utilsation de la fibre d'amiante.

      Ce fut le même sénario de "chercheurs mercenaires" pour démontrer que la fumée de tabac n'avait rien, absolument rien comme effet néfaste pour la santé. Bien au contraire, ces charletans en prouvaient les effets bénéfiques. Ces "chercheurs mercenaires" profitaient de la crédulité de la population en générale pour "s'en mettre plein les poches des deniers or" verser par les compagnies.

    • Jeannine I. Delorme - Abonnée 24 juillet 2020 15 h 06

      Monsieur Grandchamp, vous avez mal lu, car, au contraire, le nombre de décès aux États-Unis est supérieurs aux déclarations officielles. Et cette guerre contre le masque est bien stupide. J'ai 88 ans et je sais que si je suis contaminée ce sera la fin, comme bien d'autres. Cessez de vous regarder le nombril et pensez aux autres, c'est-à-dire à tous ceux que vous pourriez rendre très malades ou conduire à la mort !

    • Cyril Dionne - Abonné 24 juillet 2020 16 h 31

      @ Serge Pelletier

      Contrairement à vous et les autres, j'ai déjà porté un masque à 99,9% d'étanchéité lorsque je travaillais dans une centrale nucléaire. Les particules microscopiques ionisées et celles biologiques d'un virus sont à peu près de la même dimension. Et non seulement on portait un masque, mais aussi une combinaison spéciale, pas un petit masque en coton ridicule.

      Enfin, est-ce que vous croyez les articles pseudo-scientifiques qui paraissent dans le JDM ou bien le Center for Infectious Disease Research and Policy qui concluait que : étant donné le manque d'information sur la performance des masques non médicaux en tant que mesure de contrôle de la transmission des virus, ainsi que l'efficacité faible des masques en tissu comme filtres et leur mauvais ajustement, il n'y a aucune preuve pour soutenir leur utilisation par le public ou les travailleurs de la santé pour contrôler l’émission de particules par le porteur. »

      Et au lieu d'argumenter ad infinitum, allez lire les conclusions des études récentes (a posteriori d’avril 2020) publiées sur le site de l’Institut National de Santé Publique du Québec. Tout est là et la moitié de celles-ci ne recommandent pas le port du masque non médical. Et le pire là-dedans, la plupart des études n’ont pas été revues par des pairs. Et ceux qui sont pour le port de masque non médical, font des suppositions basées sur des théories non prouvées et non des faits obtenus à partir de recherches empiriques et vérifiés par leurs pairs. Tout est basé sur des « si » et l’emploi du conditionnel est omniprésent.

      file:///F:/2972-couvre-visage-population-covid19.pdf

    • Pierre Grandchamp - Abonné 24 juillet 2020 16 h 51

      Mme Delorme, je ne comprends pas votre réaction aggressive. Je suis, aussi, une personne âgée, avec des problèmes de santé sérieux...... et je suis 200% d’accord avec le port du masque. Ceci étant dit, au Québec, nous avons un bilan de décès pas reluisant.

      La population des USA est environ 39 fois plus nombreuse. Hier, quelque 145 000 décès. Divisez par 39, cela donne 3918 décès. Hier, au Québec, nous étions à quelque 5600 décès, au Québec.

      Je dois me fier aux chiffres officiels. Pas aux "on dit que"!

    • Marc Therrien - Abonné 24 juillet 2020 17 h 21

      M. Dionne,

      La science sait que dans 100% des cas le processus de naissance et croissance conduit à la mort. Mais elle ne sait pas encore comment renverser ce processus. Et comme elle ne s’intéresse pas à trouver les raisons première (pourquoi?) et finale (pour quoi?) nous sommes apparus dans l’évolution de la vie, elle rencontre rapidement ses limites actuellement dans la situation qui nous angoisse quand il s’agit de trouver les bonnes raisons pour porter ou ne pas porter un couvre-visage ou les mauvaises raisons de porter ou de ne pas porter un couvre-visage. La gestion du risque de vivre avec tous ces malheurs qui nous accablent a donc besoin de d’autres considérations pour arriver à décider des moyens de l'atténuer.

      Marc Therrien

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 19 h 10

      M. Dionne, j'ai été, malheureusement pour vous et vos affirmations, formé en contre-mesures lors d'attaques bactériologiques voici bien des années. L'on portait tous des équipements de protections, incluant masque, "couvre-tout", couvre bottes, couvre de tous ce que voulez. PIRE, cela par-dessus nos habits militaires de combats, d'équipements militaires divers qui allaient du couteau au fusil d'assault... Cela faisait "bonhomme carnaval" pas mal... Le tout avec courses et des plongeons "en pleine face" dans des trous boueux (avec le sergent instructeur qui beuglait des ordres et nous mettait les pieds dans le dos pour s'assurer qu'on était bien à plat dans le fond du trou boueux... des escalades de barricades, etc. Et même pas un ventilisateur à pales dans le petit abri nous servant de dortoir... L'un des gars lui a dit "pourquoi on n'a pas un petit ventalisateur... pour se raflaîchir". La réponse fut simple: "s'il y a un ventilsateur pour te rafraîchir, tu vas va être refroidi pour l'éternité... T'es chums aussi". Fin de la discussion, il ne riait pas du tout le sergent instructeur Brenchman (nom de famille)... Il avait été prisonnier, lors du débarquement, des Waffen SS... et en avait tué deux au couteau pour s'évader et continuer la guerre dans le maquis français...
      On est loin, très loin de vos très confortables conditions de travail... N'est-ce pas.

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 19 h 22

      M. Dionne, lire un écrit quelconque de l'Institut National de Santé Publique du Québec comme base est l'équivalent de lire un roman savon. C'est le même institut que voici pas dans un passé lointain écrivait, avec toute sa science que les fibres d'amiante n'avaient pas et ne constituaient pas de danger pour les personnes y étant exposées... En fait, c'est les dictats du gouvernement qui primes.

      Oups! c'était la même chose pour la silocose... Aucun danger... où si peu que cela ne mérite pas d'y porter attention...

      En fait, c'est la même chose dans tout ce qui sort de là... C'est l'équivalent des médecins qui sont grassement rémunérés par la CNCSST pour contester les dignostiques des médecins traitants...

      Et vous, vous arguez que cet organisme est crédible en matière de recherches...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 24 juillet 2020 20 h 07

      Mme Delorme,

      Le Québec ne représente qu'environ 24% de la population du Canada. Or, environ 64% des décès proviennent du Québec.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 juillet 2020 04 h 27

      SVP M. Pelletier, dans l'armée canadienne , où les candidats sont armés avec leur secondaire seulement comme éducation, ils ne font pas très sérieux à s'amuser à jouer au G.I. Joe. Dans une centrale nucléaire, on ne s'amuse pas parce que les conditions sont bien réelles. On ne se lavait pas seulement les mains chaque fois que nous sortions d'une zone irradiée, mais tout le corps au complet.

      Et évidemment, vous n'avez lu aucune étude et de leur conclusion sur le site même de l'Institut National de Santé Publique du Québec sur les masques non médicaux parce que vous n'auriez pas le même refrain.

      On commence à comprendre pourquoi le Québec, avec ses 666 décès par million de population, est un des pires endroit au monde, le 3e en fait, malgré toutes les mesures draconiennes qui ont été imposées.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 juillet 2020 08 h 17

      « avec ses 666 décès par million de population, est un des pires endroit au monde, le 3e en fait »

      Non, les pires endroits sont juste au sud, avec des taux entre 1200 et 1800 dans quatre états. Très curieux que vous ne poussiez la rigueur jusque là.

    • Françoise Labelle - Abonnée 25 juillet 2020 10 h 23

      M. Dionne,
      je traduis (John Hopkins):
      «Devant les nouvelles informations récentes sur la propagation du virus et sur la meilleure façon de se protéger de la COVID-19, les moyens les plus efficaces sont: le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale. Mais lorsque la distanciation est difficile, le port d'un masque offre une protection contre la propagation de la COVID-19.» https://www.hopkinsmedicine.org/health/conditions-and-diseases/coronavirus/coronavirus-face-masks-what-you-need-to-know

      Scientifiquement, on ne sait pas exactement (= p'têtre bien que oui p'têtre bien que non) mais dans ce cas le principe de précaution s'impose en milieu exigu et dans les endroits densément peuplés.

      Au Québec, ce sont les résidences pour aînés qui ont été touchées. La centralisation Barrette et le roulement de personnel expliquent le nombre élevé de décès. Les établissements très strictement confinés ont connu très peu de décès.
      Mais qu'est-ce que le port du masque vient faire là-dedans? Le port du masque serait responsable des chiffres toujours croissants aux USA, qui ne testaient pas en mars et testent encore peu malgré les prétentions du diable dans l'eau bénite? Pas de tests pas de chiffres.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 juillet 2020 13 h 17

      "La centralisation Barrette et le roulement de personnel expliquent le nombre élevé de décès".

      D'abord, il aurait fallu suivre l'exemple de la Colombie britannique. Ensuite, il aurait fallu allumer nos lumières avant la semaine de relâche.
      Quant "au roulement de personnel", comment il se fait que tous les CISSS et CIUSSS de ce monde n'ont pas alerté l'opinion publique, auparavant? Il manquait 10 000 préposés bien avant le 13 mars 2020. Comment il se fait qu'il ait fallu changer de ministre de la Santé en pleine tourmente?

      Quant au masque, je me souviens très bien que, en mars, ce n'Était pas nécessaire.

  • J-F Garneau - Abonné 24 juillet 2020 04 h 56

    "devons-nous réellement museler la vie pour mieux sauver la mort ?"

    Ouloulou! Mais quelle formule!

    Par ou commencer? Peut-être par une de vos analogies.
    Vous parlez du fast-food. Or, imaginez un instant, une personne s'alimentant que de fast food, obèse et en mauvaise santé. Elle va chez ses parents et leur transmet l'obésité. Les parents plus agés en décèdent dans le mois suivant. Dans le métro, plusieurs personnes à ses côtés vont attraper l'obésité sans le savoir, et la rapporter chez-eux, à leur proches, qui, aussi sans le savoir, auront été infecté par l'obésité. Voyez comment cette analogie du fast food n'a absolument aucun rapport?

    "Le masque permet d’entretenir un état anxiogène de peur, justifiant des mesures liberticides que plusieurs jugent disproportionnées."
    Il faut vraiment vivre dans une bulle de privilège pour affirmer cela.

    En Asie, le port du masque s’est imposé il y a un siècle, au Japon particulièrement, lors de la pandémie de grippe espagnole. Le masque, depuis un siècle, est reconnu comme un outil de prévention efficace contre la grippe. En Asie aussi, le masque est un en accessoire saisonnier pour affronter les pollens de printemps. Il ne s’agit donc pas pour les asiatiques de "symbole", mais d'un outil, afin de se protéger et de protéger et respecter les autres aussi bien que soi-même.

    Ce que vous appelez "L'arnaque intellectuelle" dans les faits, c'est votre position. Elle n'est pas philosophique. Elle est avant tout la démonstration parfaite de l'individualisme et de l'égoïsme à l'occidentale, vu d'une hauteur de privilège, qui se donne le luxe de tout amalgamer.

    Face à une pandémie comme nous vivons, et que nous n'avons pas vu depuis un siècle, les sociétés qui peuvent opposer au virus un civisme irréprochable, et qui sont dotés d'une culture qui met l'accent sur l'intérêt de la collectivité, disposent désormais d'un avantage important sur les sociétés ou on "philosophera" pendant des mois sur la "liberté individuelle" vide d'obligations sociales.

    • David Vachon - Inscrit 24 juillet 2020 10 h 32

      Bonjour,
      D'abord, merci pour ce commentaire.
      Ce n'est pas vrai que nous n'avons pas vécu une pandémie de cette ampleur depuis un siècle. Au XXe siècle, il y a eu trois importantes pandémies : 1) La grippe espagnole de 1918-1919 ; 2) La grippe asiatique de 1957-1958 ; 3) La grippe de Hong Kong de 1968-1969. Les deux dernières sont comparables à celle que nous vivons aujourd'hui, d'où le fait que j'en parle dans le texte. Néanmoins, il est tout à fait illégitime de comparer la crise actuelle, plus médiatique que sanitaire selon moi, à la pandémie de la grippe espagnole. En effet, celle-ci a fait entre 50 et 100 millions de morts dans un contexte où la démographie mondiale n'atteingait pas les deux milliards, avec un taux de létalité d'environ 50% lors de la deuxième vague. D'ailleurs, une étude démontre que ceux qui avaient été contaminés pendant la première vague et qui étaient à nouveau hospitalisés lors de la seconde vague à l'automne 1918 avaient un taux de mortalité dix fois inférieur (environ 5%) à ceux qui n'avaient pas été en contact avec le virus précédemment. Ainsi, il n'est pas complètement irrationnel de penser qu'il serait bon que la population en santé, tout en protégeant les gens vulnérrables (les aînés et ceux ayant des co-morbidités), entrent en contact avec le virus, alors qu'il est très peu virulent pendant la saison estivale, créant ainsi une immunité collective sur le moyen terme avec le moins de dommage.
      Ensuite, la comparaison avec l'Asie est intéressante. Toute la question est là : Est-ce vraiment le genre de modèle que nous désirons? La socialité frigide nippone ou la société liberticide et ultra-sécuritaire de la Chine? La liberté est peut-être un privilège, mais ce n'est pas une raison pour la disqualifier. C'est le genre de chose dont on perçoit la valeur uniquement lorsqu'elle est perdue.
      Bien à vous,
      David

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 13 h 20

      M. Vachon, cesser d'écrire du n'importe quoi pour tenter de prouver votre point. Quand à votre argument "il est très peu virulent pendant la saison estivale, créant ainsi une immunité collective sur le moyen terme avec le moins de dommage". À vous lire, l'on suppose qu'il fait très très froid en Floride. Qu'il fait très très froid en Arizona. Qu'il fait très très foid sur les plages de L.A.-California. Qu'il fait très très froid au Brésil (en plaines et plages du Sud) - oups! c'est l'hiver là-bas, excuser mon errement. Et en Afrique du Sud, ben oui, c'est l'hiver aussi... Et en Chine, et au Japon, et en Corée, et en Afrique du Nord, en Afrique subsaharienne, en Iran, en Espagne, en France, en Belgique, partout en somme il fait de ces froids partout...

      M. Vachon, faites attention, même si vous êtes le "favoris" de votre directeur de thèse, deux autres professeurs invités seront sur le banc pour juger de vos arguments - et certains de ceux-ci prennent cela au sérieux. J'en connais plusieurs qui ne l'on pas trouvé drôle du tout lorsque les résultats sont sortis avec la mention "refusée"...

    • David Vachon - Inscrit 24 juillet 2020 15 h 10

      M Pelletier, si vous regardez le nombre de décès quotidiens au Québec actuellement dus au virus (un seul hier selon ce même journal), il est possible de dire, sans parler à travers son chapeau, que le virus est moins virulent que l'hiver dernier. La virulence concerne "la sévérité d'un virus, sa violence et sa létalité". Le nombre de cas dépistés, quant à lui, concerne sa contagiosité. Ce sont deux choses très différentes.
      Même si le virus circule toujours, il fait beaucoup moins de victimes actuellement qu'il y a quelques mois, du moins au Canada et dans la plupart des pays européens (France, Belgique, Italie, Espagne, Allemagne, Portugal, etc.). Ensuite, pour les États-Unis, les chiffres peuvent impressionner, mais il ne faut pas oublier qu'il y a 330 millions d'habitants chez nos voisins du sud.
      Ceci étant dit, je vous remercie pour vos encouragements concernant mon cheminement académique.
      Bien à vous,
      David

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 17 h 29

      M. Vachon, le nombre phénoménal de décès qui eurent lieu ici en fin d'hiver et début de printemps est exclusivement dû (pour environ 70% des cas) en CHSLD (personnes soignantes incluses - ça on l'oublie). Endroits où les gens sont généralement entassés les uns sur les autres, partagent des salles communes, etc. et pour la majorité de ces personnes une santé défaillante. L'âge n'y était pas une caractéristique obligatoirement un facteur de mortalité - J'ai plus de 72 ans, mon épouse aussi (71), des voisins sont dans le 90 ans avancés, d'autres dans toutes les games des 80 ans... aucun n'a été malade, n'est décédé. La raison est fort simple: aucun confinement de gang dans un même lieu... et l'on prenait tous des marches sans masque - mais en prenant soin de maintenir une distance appropriée lorsque l'on croisait d'autres marcheurs. Mieux encore, l'on faisait des blablas entre nous sur le temps qu'il faisait - mais toujours à plus de 12 pieds de distance, car le deux mètres (environ 6 pieds, 6 pouces et 2 huitièmes) est hypothétique comme distance sécuritaire... Le virus pouvant être transporté et actif sur de plus grandes distances - tout comme la "dose" minimum nécessaire à la contamination.
      Les environ 30% des autres personnes qui sont décédées n'étaient pas toutes âgées, n'avaient pas toutes des conditions "préexistantes" (argument cher à la CSST et transposé allégément au présent cas), etc.
      De celles-ci, plusieurs étaient en parfaite santé, d'autres des athlètes, etc. Mais ce fut le décès pour plusieurs, et pour une majorité des soins en n'en plus finir et des séquelles qui risques d'hypothéquer la vie durant pour certains.
      Le confinement de la population (ce qui n'était pas une séquestration) a grandement aidé à la baise de la contamination dans la population en général. Ce qui inclus les gens dans les tranches des 15 à 40 ans).

    • Marc Therrien - Abonné 24 juillet 2020 17 h 32

      M. Vachon,

      Je ne sais pas qui des philosophes ou des sophistes pourrait le mieux nous aider à établir le taux de mortalité acceptable dans la recherche de l’équilibre ou l’exercice de la balance des inconvénients entre la place à accorder au principe du plaisir assurant la jouissance de vivre et la place à accorder au principe de réalité déterminant les moyens pour répondre aux besoins de sécurité quand la menace de la mort se fait plus prégnante.

      Marc Therrien

    • Françoise Labelle - Abonnée 25 juillet 2020 10 h 38

      M.Vachon,
      vous décrivez la stratégie suédoise, basée sur un modèle prévisionniste erroné trop optimiste. Les résultats sont clairs: comparé au Danemark plus densément peuplé, la Suède a fait au moins trois fois pire. Cinq fois pire que la Norvège et la Finlande. Selon les prévisions, la Suède et le Danemark subiront la même baisse de 5%.

      Il faut distinguer entre l'impact d'un virus inconnu et la nécessité de ne pas engorger les urgences et une stratégie plus ciblée après cet impact, avec les connaissances acquises sur le virus, connaissances à posteriori. Nuances qui vous échappent.
      Qu'est-ce le port du masque en milieu exigu vient faire là-dedans? Vous avez un modèle précis de la propagation aérosole des pré- a-symptomatiques? Sinon, en attendant, le principe de précaution s'impose.

  • Marc-André Gardner - Abonné 24 juillet 2020 06 h 32

    Le texte de M.Sévigny fait 94 mots

    De ces 94 mots, M.Vachon a pu en soutirer une analyse qui en fait 861, analyse ayant qui plus est manifestement été tronquée au vu du [...] présent dans le texte. Criant au sophisme et à l'injustice, cette réponse est pourtant truffée de faux dilemmes, de pentes savonneuses et, ironiquement, d'appels aux émotions.

    Toutes les questions "fort légitimes a priori" ont des réponses. Ces réponses ont été énoncées et appuyées par des arguments basés sur des faits, encore faut-il accepter de les entendre. Elles n'impliquent pas par ailleurs que les actions des gouvernements aient été toutes parfaites, cohérentes et adaptées jusqu'ici. La critique a bel et bien sa place ici. Toutefois, la position de M.Vachon semble plutôt être de vouloir crier ces prétendues questions sans réponse plus fort et plus fort encore pour occulter la présence de ces mêmes réponses.

    L'appel à la pensée critique est bel et bien à sens unique ici : ce que ce texte clame, c'est que vous devez critiquer, douter, mais n'allez surtout pas douter de vos propres positions lorsqu'il s'avère que les faits sont contre vous. Continuez plutôt à croire que tout cela est le fait d'une intelligentsia toute puissante qui veut maintenir le peuple dans ses chaînes grâce à du chantage émotionnel. Le fait que les autorités aient changé d'avis au cours de la crise, lorsque les faits disponibles changeaient eux aussi, n'est pas signe de rationnalité et de pragmatisme, mais une autre incohérence qui prouve indubitablement que tout cela n'est qu'une odieuse manipulation pour entretenir "un état anxiogène de peur" dans la population.

    Entre quelqu'un qui se réclame de la "liberté individuelle, considérée comme un droit inaliénable [opposée à] la rhétorique émotivo-sentimentale de la « peur de la mort » [qui] n’est que charlatanisme et arnaque intellectuelle", et un ahuri complotiste qui se promène en criant "libaarté" et "Dr Q. Clown", la différence semble bien n'être qu'une question de champ lexical...

    • Jean Lacoursière - Abonné 24 juillet 2020 08 h 35

      Savoureuse analyse !

    • Cyril Dionne - Abonné 24 juillet 2020 13 h 13

      Bon, je n'ai que faire de la philosophie et des philosophes, c'est la science vérifiable par des pairs et reproductible qui doit être notre fil conducteur. Or, il n'existe aucune preuve scientifique que les masques non médicaux ont quelques influences pour diminuer l'effet pandémique. Aucune.

      Voici les conclusions d’une étude non vérifiée par des pairs que plusieurs des grands défenseurs du port du masque non médical citaient à qui veut l’entendre sur son utilité. Ici, on parlait seulement d'une réduction « possible » de contamination de l'ordre de 14% dans les meilleures conditions :

      « Bien que les preuves directes soient limitées, l'utilisation optimale des masques faciaux, en particulier des masques N95 ou similaires dans les établissements de soins de santé et des masques en coton de 12 à 16 couches ou chirurgicaux dans la communauté, pourrait dépendre de facteurs contextuels; une action est nécessaire à tous les niveaux pour remédier au manque de meilleures preuves. »

      Notez l'emploi du verbe « pourrait ». En d'autres mots, aucune donnée probante que le tout soit vrai puisque qu'on ne peut pas vérifier. En passant, est-ce que quelqu’un a déjà vu des masques en coton de 12 à 16 couches? Essayez de respirer avec un tel engin sur la bouche.

      Pour voir d’autres conclusions d’études publiés, allez sur le site de l’Institut National de Santé Publique du Québec. En voici un autre exemple :

      « Les travailleurs de la santé ayant porté des masques en tissu ont eu plus de syndromes d’allure grippale que ceux qui ont porté le masque médical (RR = 13,3) ou que le groupe contrôle (RR = 3,8). » Le groupe contrôle n'avait pas de masque.

      Si les autorités ont changé d'avis au cours de la crise, c'est parce qu'ils n'ont rien d'autres à offrir. Rien. Et pourtant, ils voudraient bien que les gens reprennent leurs activités de tous les jours afin que l'économie reprenne du poil de la bête parce qu'ils s'enfoncent tous dans des déficits record.

    • Marc Therrien - Abonné 24 juillet 2020 17 h 39

      M. Dionne,

      Si vous-même vous portez le masque, j’imagine que c’est parce que vous sentez qu’il n’y a pas que la science dans la vie et qu’on a besoin de plusieurs autres considérations pour décider de comment la mener.

      Marc Therrien

  • Isabelle Larrivée - Abonnée 24 juillet 2020 06 h 38

    Efficacité

    "...les études divergent quant à la réelle efficacité du masque pour protéger les individus."
    Les études confirment que le masque est efficace. Ce qui diverge, c'est leur degré d'efficacité.
    De façon générale, l'analyse est truffée de mauvaises informations et de raisonnements à l'emporte-pièce: "...le port du masque obligatoire n’est pas une question sanitaire, mais plutôt symbolique", "museler la vie", "...pourquoi ne pas fermer tous les fast-food de la planète et obliger la population à faire 30 minutes de jogging par jour ?" plutôt que d'obliger le port du masque.
    Ce texte d'une mauvais foi assumée témoigne d'un manque flagrant de lectures. Il encourage à des comportements socialement dangereux. On se demande ce que cela fait dans le Devoir.

    • Denis Langlois - Abonné 24 juillet 2020 09 h 53

      Je suis désolée de vous contredire et sans partager entièrement l'analyse de l'auteur, sur l'argument précis de l'efficacité des masques il a raison. Les faits le confirment. Ainsi, à aucun moment dans le métro de Montréal, les bus ou les commerces, vous ne verrez une personne vérifier la "quallté" des masques utilisés. Le seul endroit où j'aie vu jusqu'ici une obligation de "qualité", c'est Air France qui exige le masque chirurgical. Or si, comme vous dites, des études ont prouvé l'efficacité des masques, ce sont de masques soécifiques qu'il s'agit. Je n'ai vu aucune étude sur l'efficacité de masques "faits à lamison" dans n'importe quel tissu...

    • David Vachon - Inscrit 24 juillet 2020 10 h 44

      Bonjour,
      Petit détail : je ne dis pas qu'il faille faire du jogging PLUTÔT que de porter un masque, j'utilise simplement cet exemple pour dire qu'on ne peut pas tout contrôler et qu'il existe une possibilité d'abus au nom de la rhétorique "pour sauver des vies". C'est tout.
      Vous devriez prendre le temps de bien lire un texte avant de sauter aux commentaires... aussi appréciés soient-ils.
      La maxime du Devoir est "Libre de penser", c'est pourquoi ce texte paraît dans ce journal. Sinon, il faudrait la changer pour le slogan "Pensée unique".
      Bien à vous,
      David

    • J-F Garneau - Abonné 24 juillet 2020 11 h 39

      @Denis Langlois, plusieurs études ont modelé "l'efficacité" des masques. Ces études font varier "l'efficacité" (donc la qualité) de 20-80%, et le pourcentage de personnes les utilisant, aussi entre 20 et 80%. Ils ont ensuite analysé tous les scénarios possibles, donc une population 20% 50% et 80% masquée, et pour chaque cas une efficacité du masque de 20% - 50% ou 80%. Dans tous les cas, les masques améliorent de facon marquée la protection du virus.

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 13 h 26

      M. David, à vous lire la maxime du Devoir devrait être changée pour "Beati Pauperes Spiritu".

    • Cyril Dionne - Abonné 24 juillet 2020 13 h 28

      @ David Vachon

      Oui, la maxime du Devoir est « Libre de penser ». Moi, personnellement, je préfère celle « de comprendre » en sciences.


      @ J-F Garneau

      Il faut les citer ces études afin de pouvoir les décortiquer et les comprendre. Enfin, allez lire les conclusions des études récentes (a posteriori d’avril 2020) publiées sur le site de l’Institut National de Santé Publique du Québec. Disons poliment qu'elles sont moins catégoriques que vous et la moitié de celles-ci ne recommandent pas le port du masque non médical. Et le pire là-dedans, la plupart n’ont pas été revues par des pairs.

      file:///F:/2972-couvre-visage-population-covid19.pdf


      @ Denis Langlois

      Vous avez raison. En aucun cas, personne ne vérifie la « qualité » des masques utilisés. Personne. Tiens donc, je suis allé faire des emplettes ce matin avec mon masque non médical en coton de 4 couches seulement sachant fort bien que c'était plus une parure pour éviter toutes sortes d'inconvénients et amendes.

    • Serge Pelletier - Abonné 24 juillet 2020 18 h 05

      Exact M. Garneau. Le port d'un masque comme moyen de protection est reconnu depuis très longtemps - depuis l'antiquité même, et ce même si la protection n'incluait les virus (ils n'étaient pas connus à ces époques là). Pour l'époque dite "post-moderne" - ça c'est le 20e siècle - le port d'un masque quelconque contre les transmissions de virus, gaz, etc. fut reconnu comme étant salutaire. En fait, contre tous agents pouvant être aéroportés - cela va des gaz de combats, aux divers virus, en passant par les fumées de soudage. De plus, une protection efficace à 20% est préférable à une protection de 0% - le début de l'utilisation des gaz de combat par l'armée allemande lors de la guerre européenne de 1914-1918 démontre que les soldats des troupes alliées n'étaient pas équipés de masque... Que ceux qui en sortirent "vivants" avaient improviser des bouts de chiffons pour se protéger la figure... Les autres tous morts. Comment plus d'un siècle après des béotiens - incluant Arruda et Legault en tête - peuvent-ils nier l'évidence sur le port "salutaire" d'un masque. Et que dire des moyens pour contrer un tant soit peu (ne serait-ce qu’un petit peu) la grippe dite espagnole... c'était encore le masque, etc.

      Pourtant, pourtant, en cet ère où les documents, photographies et archives se retrouvent en grands nombres sur le Net... Comment ne pas faire de rapprochements en la matière de protection contre les contaminations aéropotées et le port de masques...

      La propagande et simacrées d'Arruda (avec Legault tout sourire qui opinait du bonnet en guise d'approbation) contre le masque en début de contamination y sont quelques choses.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 juillet 2020 06 h 37

      « reconnu depuis très longtemps - depuis l'antiquité même » (...) « Comment (...) des béotiens - incluant Arruda et Legault en tête - peuvent-ils nier l'évidence »

      Je vous donne Legault. Pour le reste, je me permets d'y revenir après que vous m'ayez insolemment enjoint à lire un article de vulgarisation sur la théorie de la Terre plate comme si j'avais laissé entendre qu'elle était de quelque poids. Je n vous réponds pas à vous donnant à lire à mon tour. Mais :

      en sciences, pour qu'un fait soit reconnu, il ne suffit pas de pouvoir dire qu'il est réel (ce en quoi on peut avoir raison mais tort aussi), il faut l'avoir lié dans un enchaînement causal où il trouve sa place ou, à défaut d'en avoir montré ainsi la nécessité, d'en établir la propabilité de façon satisfaisante. Concernant le « masque », bien que je sois très souvent en désaccord avec monsieur Dionne sur bien des questions, je crois qu'il donne ici tout à fait l'heure juste. L'efficacité des couvre visage ne pourrait être reconnue (à un degré quantifiable) qu'à la condition qu'on utilise des masques répondants à des normes standardisées (il n'y en aucune dans les documents de Québec, juste des cours de couture...), qu'on établisse la nature et la quantité des excrétions nécessaires à la contagiosité du virus qu'elles pourraient contenir et par là en quoi le port d'une protection faciale standard serait plus efficace que la simple étiquette respiratoire, le lavage des mains et la distanciation. En tout état de cause, les réponses scientifiques à ces questions n'existent pas et n'existeront jamais tant qu'on s'en tiendra à des morceaux de chiffon.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 juillet 2020 06 h 45

      Il est évidemment tout à fait légitime d'invoquer le principe de précaution. Mais précaution n'est pas paranoïa. Je n'en accuse personne. Mais quand madame Larivée dit que « Les études confirment que le masque est efficace. Ce qui diverge, c'est leur degré d'efficacité.», par exemple, même si ce n'est pas du tout son intention, c'est comme si elle invitait à faire l'impasse sur la seule question qui compte : dans quelle mesure l'est-il ? La santé publique n'a jamais dit que les chiffons dans la face n'empêchaient pas la propagation de la salive. Cela, dans l'indétermination de la formule, ça relève de l'évidence. Mais cela ne suffit pas pour en « reconnaître » la valeur.

      Toutes ces questions ont été discutées en long et en large et il est très improbable que nous nous fassions mutuellement changer d'avis.

      Je n'ai pas spécialement apprécié le texte de monsieur Vachon, que le collègue de Rimouski analyse rigoureusement dans une réponse publiée ce matin. Pour ma part, je voulais déjà saluer hier les très intéressantes remarques de messieurs Garneau et Gardner.

    • Michaël Lessard - Abonné 25 juillet 2020 12 h 06

      Pour éviter la propagation, remarquez que se laver les mains et la distanciation ne sont pas toujours efficaces non plus. La personne qui fait ces gestes peut néanmoins propager un virus par les mains et par les postillons.

      Le masque réduit les postillons d'une certaine taille.

      Aucune de ces mesures n'est une panacée et l'efficacité est variable, voire un peu chaotique.

      Cela dit, dans un autobus, les gens touchent souvent les barreaux et les sièges avec leurs mains. Une personne infectée dans un transport en commun risque d'infecter les autres même avec le masque.

      Je suis pour le port du masque obligatoire dans l'autobus malgré tout. À mon sens, il fait partie des mesures préventives que nous prenons, pendant quelques minutes par jour, comme se laver les mains.

  • Marie Rochette - Abonné 24 juillet 2020 06 h 39

    Le miroir de Sophie

    Cet article est un excellent exemple de plusieurs sophismes mis bout-à-bout pour faire une démonstration ...
    des "biais méthodologiques de cette position, notamment la psychiatrisation systématique des esprits critiques, la reductio ad mortem et la vacuité abyssale de" son "argument rationnel."