Le Canada, un partenaire efficace du multilatéralisme

Le 17 juin prochain, le Canada sera en lice avec l’Irlande et la Norvège pour deux sièges disponibles au Conseil de sécurité.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Le 17 juin prochain, le Canada sera en lice avec l’Irlande et la Norvège pour deux sièges disponibles au Conseil de sécurité.

La pandémie mondiale de COVID-19 nous rappelle à quel point les nations sont interdépendantes. Plus que jamais nous avons besoin de concertation avec d’autres pays, que ce soit pour rapatrier des Canadiens de l’étranger, pour contribuer à la recherche d’un vaccin ou pour maintenir les chaînes d’approvisionnement.

Dans la dernière année, nous avons été mandatés par le premier ministre Justin Trudeau pour mener des missions en Afrique australe, dans le golfe Persique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, aux Nations unies à New York et plus récemment en Afrique du Nord. Nous avons rencontré des leaders politiques et des diplomates pour échanger sur nos priorités communes et sur l’urgence de nous concerter. À l’ordre du jour, il y avait notamment l’insécurité économique, le changement climatique et les conflits armés. Nous avons présenté et défendu la candidature du Canada pour son élection au Conseil de sécurité des Nations unies.

Les élections au Conseil se tiendront le 17 juin prochain. Le Canada sera en lice avec l’Irlande et la Norvège pour deux sièges disponibles.

Notre objectif d’obtenir un mandat de deux ans au Conseil de sécurité des Nations unies n’est pas un projet politique partisan, mais bien une mission nationale.

Nous sommes profondément convaincus que le Canada peut, et doit contribuer à relever les défis les plus difficiles de l’humanité en matière de paix et de sécurité. Ces enjeux ont des incidences directes pour le Canada.

Depuis la fondation des Nations unies, le Canada a une feuille de route dont on peut être très fiers. Nous avons souvent amené des solutions novatrices sur des enjeux complexes.

Au cours de son dernier mandat de 1998 à 2000, le Canada a laissé une marque durable sur les pratiques et les politiques du Conseil de sécurité. Nous avons proposé que le Conseil fasse de la protection des civils une priorité et que des mesures soient prises pour éradiquer le commerce illégal de diamants durant la guerre en Angola. Nous avons aussi insisté pour un plus haut niveau de transparence et d’ouverture dans les travaux du Conseil.

Au cours des 20 dernières années, notre pays s’est diversifié en favorisant des liens harmonieux avec le monde. À cela s’ajoutent nos efforts pour accroître nos échanges commerciaux avec de nombreux pays. Pendant cette même période, les superpuissances ont adopté des positions polarisantes dans le contexte d’enjeux planétaires, comme la pandémie de COVID-19 et le changement climatique.

À la suite de nos rencontres avec des leaders du monde entier, nous savons que le Canada est reconnu et apprécié comme partenaire. Nous sommes l’un des principaux contributeurs au budget de l’ONU. Le Canada a lancé plusieurs initiatives, dont les « Principes de Vancouver » visant à prévenir le recrutement d’enfants soldats par les groupes armés, et « l’Initiative Elsie » pour accroître la participation des femmes en uniforme dans tous les aspects des opérations de paix. Le Canada préside actuellement la Commission de consolidation de la paix et il a déployé des ressources policières dans certaines des missions les plus importantes de l’ONU.

La plus récente contribution canadienne aux travaux des Nations unies a été de proposer davantage de financement privé pour favoriser le développement des pays. À la suite de ces travaux, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a récemment demandé au Canada de coprésider un sommet sur le financement et d’y convier des dizaines de chefs d’État et de gouvernement pour discuter, réfléchir et débattre du redressement économique dans le contexte de la COVID-19.

Voilà un leadership dont nous pouvons être fiers. Le Canada est le premier pays à placer la sécurité économique au centre des efforts de prévention des conflits et à faire de celle-ci une priorité dans le cadre de sa campagne pour l’obtention d’un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Canada veut un monde pacifique et inclusif. Nous voulons un monde plus sécuritaire, qui nous donne aussi accès à de nouveaux marchés et qui crée des emplois pour nos concitoyens.

Le Canada est une moyenne puissance qui s’est bâtie dans la diversité. Le Canada comprend l’importance de travailler de concert avec d’autres pays, qu’ils soient grands ou petits.

Aujourd’hui, plus que jamais, la communauté internationale compte sur nous. Aujourd’hui, la voix du Canada est plus que jamais nécessaire. Nous, Canadiens, voulons mettre nos valeurs, nos idées, notre réseau international et notre expérience au service de la communauté mondiale.

9 commentaires
  • Hélène Paulette - Abonnée 13 juin 2020 09 h 19

    Désolée monsieur Clark...

    Le Canada n'a malheureusement plus de crédibilité à force de suivre aveuglément la politique brutale de nos voisins du sud. Je ne reconnais plus le Canada depuis le gouvernement Harper et celui de Trudeau n'a rien fait pour changer les choses... Sommes-nous tenus en otage par le Traité de Libre Échange? Un pays satellite des USA n'a rien à faire au Conseil de Sécurité.

    • Jacques Patenaude - Abonné 13 juin 2020 11 h 39

      La seule réponse que le premier ministre canadien a eu face au comportement du président américain ayant été un silence, je ne crois pas que les pays votant auront envie d'un muet au conseil de sécurité lors de débat corsé. Pas plus qu'ils ont besoin d'un pays où le premier ministre se cache derrière la "séparation des pouvoirs" pour ne pas prendre position dans une querelle entre la Chine et les USA à propos de l'iran.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 juin 2020 16 h 12

      J'ai signé la pétition.

      Je suis d'accord avec cette revendication

  • Nadia Alexan - Abonnée 13 juin 2020 11 h 47

    Le Canada ne mérite pas un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

    Malgré sa réputation pacifique, le Canada n'agit pas comme un acteur international bienveillant. Voici les raisons:
    1. Le Canada se classe parmi les douze plus grands pays exportateurs d'armes, et ses armes alimentent de façon continuelle des conflits à travers le monde, entre autres la guerre dévastatrice en cours au Yémen.
    2. Le Canada, de façon décevante, a refusé de se joindre au groupe de 122 pays représentés à la Conférence des Nations Unies de 2017 qui demandaient la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires et à en arriver à l’élimination totale de celles-ci.
    Ottawa est également un ardent défenseur de l'alliance nucléaire de l'OTAN et dirige actuellement des missions de coalition en Lettonie et en Irak.
    3. Faisant écho à la politique étrangère de Trump, le Canada a soutenu les forces réactionnaires des Amériques. Le gouvernement Trudeau entreprend des efforts pour renverser le gouvernement du Venezuela, qui est reconnu par l'ONU, et soutient des gouvernements répressifs, corrompus et illégitimes en Haïti et au Honduras. Le Canada soutient également les élites économiques et les extrémistes chrétiens qui ont récemment renversé le président autochtone qui avait été élu démocratiquement en Bolivie.
    4. Au Moyen-Orient, le Canada se range du côté d'Israël dans presque toutes les questions importantes. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau a voté contre plus de cinquante résolutions des Nations Unies défendant les droits des Palestiniens et soutenues par la grande majorité des États membres. Le gouvernement canadien a refusé de se conformer à la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies de 2016, qui demande aux États membres de «distinguer, dans leurs relations pertinentes, le territoire de l'État d'Israël et les territoires occupés en 1967». Bien au contraire, Ottawa appuie, par de l’assistance économique et commerciale, les mesures israéliennes de colonisation illégale. Ot

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 juin 2020 14 h 50

      La suite de mon commentaire coupé ci-dessus: Ottawa a déclaré que s’il remportait un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, il agirait comme un «atout» d'Israël au Conseil.
      5. Les sociétés minières canadiennes sont responsables d'innombrables atteintes à l'environnement et aux droits de la personne dans le monde. Ottawa appuie les sociétés minières les plus controversées et refuse de restreindre le soutien gouvernemental aux entreprises responsables de violations de droits. Le président du Groupe de travail des Nations Unies sur les entreprises et les droits de la personne a critiqué le gouvernement Trudeau d’avoir refusé de s’opposer aux violations de droits dans l’industrie minière. Quant au Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de la personne et les substances et déchets dangereux, il a dénoncé l’attitude de «deux poids deux mesures» que les entreprises minières canadiennes appliquent dans leurs pratiques, d’une part, au Canada même et, d’autre part, dans d’autres pays.
      6. Rejetant ses responsabilités en tant que citoyen mondial, le Canada continue de s'opposer à l’Amendement de Bâle sur l'interdiction d'exporter des déchets des pays riches vers les pays pauvres, devenu contraignant fin 2019 après sa ratification par 97 pays. Ottawa n’a pas ratifié non plus le Protocole facultatif des Nations Unies à la Convention contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ottawa a refusé de ratifier plus de 50 conventions de l'Organisation internationale du travail. En novembre 2019, le Canada a de nouveau refusé d'appuyer une résolution de l'ONU, qui a été massivement appuyée, en faveur de la «lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques contribuant à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée».
      7. Violant la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, le gouvernement

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 juin 2020 14 h 54

      J'ai oublié de préciser la source de mon commentaire: l'article de Pierre Jasmin, Artistes pour la Paix.
      https://www.foreignpolicy.ca/lettre

    • Jean-Charles Morin - Abonné 13 juin 2020 17 h 23

      Joe Clark et Jean Charest aiment bien prêcher pour leur paroisse. Surtout qu'ils sont ici en service commandé et grassement payé.

      Malheureusement pour eux, le reste du monde ne partage pas la vision aussi partiale que complaisante de la salade avariée qu'ils s'entêtent à vouloir colporter à droite et à gauche. Je risque ici une prédiction: l'Irlande obtiendra le siège convoité au Conseil de Sécurité. Le Canada toutefois ne perdra pas tout: il pourra conserver sa précieuse image de marchand d'armes à la solde des dictatures, de pollueur invétéré et de chien de poche des États-Unis, fabriquée avec zèle et diligence par Justin et ses augustes prédécesseurs.

      Merci Madame Alexan pour votre texte étoffé et bien documenté qui me dispense d'en écrire un pour dire au final à peu près la même chose.

    • Jacques Patenaude - Abonné 13 juin 2020 18 h 23

      Mme Alexan je suis bien d'accord avec ce que vous dites. Moi aussi je ne crois pas que nous ayons démontré que nous avons mérité un siège au Conseil de sécurité mais quand même si ce que vous proposez constituait les critères pour avoir accès au conseil de sécurité il n'y aurait personne d'admissible.