Quarante ans plus tard, le pays est toujours nécessaire

«Les Québécoises et les Québécois bénéficieraient de ce succès collectif par le biais de services plus efficaces, répondant à leurs besoins et aux enjeux qui nous sont propres», estime le président du Parti québécois, Dieudonné Ella Oyono (photo).
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Les Québécoises et les Québécois bénéficieraient de ce succès collectif par le biais de services plus efficaces, répondant à leurs besoins et aux enjeux qui nous sont propres», estime le président du Parti québécois, Dieudonné Ella Oyono (photo).

Il y a 40 ans aujourd’hui, le 20 mai 1980, des hommes et des femmes de conviction, rassemblés sous la bannière du Parti québécois, ont convié une première fois les Québécoises et les Québécois à voter à propos de leur avenir constitutionnel. On connaît le résultat.

Certains ont pensé, alors, que c’était la fin du « rêve ». Pourtant, ce qui retient mon attention en cet anniversaire, ce n’est pas tant la défaite de 1980 que le constat que 40 ans plus tard, des millions de Québécois sont toujours ardemment convaincus que la meilleure des solutions, pour chacun de nous et pour notre collectivité, c’est de créer le pays du Québec. Pendant ce temps, du côté des fédéralistes, l’idée d’un pacte entériné par les deux peuples fondateurs s’est éteinte à petit feu.

Pour notre parti, il n’est donc pas particulièrement pertinent de s’arrêter pour rêver à « ce que serait » le Québec. Car, dans les faits, nous nous appliquons quotidiennement à définir « ce que sera » le Québec indépendant.

Néanmoins, nous aurions pu, au cours des 40 dernières années :

Percevoir l’ensemble de nos impôts et de nos taxes, et décider de nos propres politiques budgétaires.

Adopter toutes nos lois, sans crainte qu’elles soient invalidées par le tribunal d’une autre nation.

Signer nous-mêmes des traités internationaux, et éviter les accords avec des paradis fiscaux.

Choisir notre régime de justice ainsi que notre système parlementaire.

Soutenir adéquatement le développement d’entreprises dans les secteurs les plus porteurs pour notre nation.

Déterminer nos rapports avec les minorités, en mettant l’interculturalisme et la connaissance du français au cœur de notre vie sociale.

Articuler nos relations avec les Premières Nations sur la base de la reconnaissance qui leur a été accordée par les gouvernements du Parti québécois, en 1985 puis en 2002.

Beaucoup mieux soutenir la création et la diffusion des œuvres de nos artistes, à l’échelle nationale et internationale.

Appliquer la Charte de la langue française à l’ensemble des entreprises québécoises, ainsi qu’aux immigrants.

Contrôler nos frontières et la stratégique voie maritime du Saint-Laurent.

Construire une économie reposant sur l’exploitation et l’utilisation des énergies renouvelables.

Optimiser nos énergies, en évitant les sempiternelles prises de bec avec Ottawa.

Nous aurions aussi eu tous les pouvoirs pour :

Maintenir de vastes pans de la loi 101, sans subir les jugements d’une constitution qui nous a été imposée.

Fermer nos frontières au moment voulu en cas de pandémie.

Cesser de dédoubler nos dépenses d’État en santé, en environnement, en logement, etc.

Construire une armée québécoise à notre image, fière de servir en temps de crise.

*****

Les dernières années ont démontré que c’est dans les pays ayant une population comparable à celle du Québec, comme le Danemark et la Finlande, qu’on observe la meilleure qualité de vie au monde. Ces pays, ils innovent. Ils sont ouverts sur le monde et dynamiques du point de vue des échanges économiques. D’ailleurs, un ancien directeur du département d’économie de l’Université Harvard, Alberto Alesina, a déjà affirmé que « sur un plan strictement économique, il ne serait pas tellement difficile pour le Québec de devenir indépendant. Cela peut se faire à un coût très bas pour tout le monde et je ne vois pas pourquoi il ne réussirait pas ».

Le Québec dispose de nombreux atouts. Je suis convaincu que nous pourrions être des leaders dans bon nombre de domaines et occuper une place importante sur l’échiquier mondial. Les Québécoises et les Québécois bénéficieraient de ce succès collectif par le biais de services plus efficaces, répondant à leurs besoins et aux enjeux qui nous sont propres.

*****

Depuis 1980, une trentaine de pays ont choisi leur indépendance, et aucun d’entre eux n’a pensé revenir en arrière. D’autres revirements insoupçonnés de l’histoire pourraient se produire, et plus tôt que tard. Le Parti québécois, qui n’a jamais renoncé à ses ambitions, sera aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui souhaitent revendiquer les vertus du statut de propriétaire, et qui pensent que pour demeurer pleinement Québécois, il faut, enfin, se dire… OUI !


 
25 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 21 mai 2020 05 h 43

    Etrange tout de même que le logiciel «  indépendantiste » se voit être répété par un immigrant nouveau? On devrait se poser la question pour l’utilisation d’une telle langue de bois digne de l’URSS ou de la Cine actuelle. Il y a là subtilement aussi une question d’appropriation culturelle qui serait contre le pays d’accueil, le Canada, alors que les services d’immigration canadienne ont permis la citoyenneté canadienne avant que de devenir président du PQ. Il y a de quoi s’interroger. Sinon parler au nom de tous les «  québécois » est une exagération qui n’aurait pas déplue au dramaturge autrichien Thomas Bernhardt ou Robert Musil avec sa Cacanie. Merci.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 mai 2020 07 h 55

      Si le Canada est votre pays cher inscrit, que faites-vous ici au Québec? Et ce ne sont pas les services d’immigration canadienne qui ont permis la citoyenneté canadienne à Dieudonné Ella Oyono de devenir président du Parti québécois, c'est l'ouverture du peuple québécois aux autres. Il aurait pu bien aller s’installer au pays de Don Cherry et de Doug Ford. Lui, il l’a compris tout de suite. Il semble que pour certains, c’est difficile de comprendre la dynamique québécoise.

      ET SVP, lâchez-nous avec votre appropriation culturelle.

    • Françoise Labelle - Abonnée 21 mai 2020 08 h 17

      Propos étonnants alors qu'on a sous les yeux les effets de l'austérité et la centralisation du parti fédéraliste du Québec. Encore l'ornière du p'tit nationalisme trumpien et fourvoyé? En ce qui concerne Musil, L'Homme sans qualités conviendrait mieux.
      Et c'est quoi cette fixation sur l'Autriche, dénazifiée très tardivement. Une célébration de l'Anschluss? Il y a de quoi s'interroger.

    • Gilbert Troutet - Abonné 21 mai 2020 09 h 07

      Je trouve votre propos bien arrogant. Pourquoi un immigrant ne pourrait-il pas souhaiter un pays plus indépendant ? N'y a-t-il pas, parmi les fédéralistes bon teint, des immigrants de couleur et de religion diverses, jusqu'à faire autoriser le port du kirpan dans les avions au Canada ? Et pourquoi citer Robert Musil et Thomas Bernhardt, si c'est pour n'en rien dire ? Sur vos intentions, comme vous le dites vous-même, « il y a de quoi s'interroger ».

    • Hélène Paulette - Abonnée 21 mai 2020 10 h 03

      C'est une blague? Votre style ampoulé ne parvient pas à cacher le tissu de lieux communs que vous essayez de nous servir. Pensez plutôt aux immigrants qu'Ottawa a pris en otages lors des deux référendums (ou referenda si vous préférez)...

    • Michel Cromp - Inscrit 21 mai 2020 10 h 15

      Étaler (beurrer) votre tartinade de culture sur le pain de vos propos Monsieur Montoya ne la rend pas moins indigeste.
      Par ailleurs pourquoi attendre Monsieur Oyono le grand jour pour affirmer notre présence. Percevons nos impôts et nos taxes et retournons au Fédéral ce qui lui est dû. Adoptons toutes nos lois avec la clause remorque dérogatoire comme un gouvernement péquiste l'a déjà fait. Évitons les accords avec des paradis fiscaux. Soutenons adéquatement le développement d’entreprises dans les secteurs les plus porteurs pour notre nation.Déterminons nos rapports avec les minorités, en mettant l’interculturalisme et la connaissance du français au cœur de notre vie sociale. Articulons nos relations avec les Premières Nations sur la base de la reconnaissance qui leur a été accordée par les gouvernements du Parti québécois, en 1985 puis en 2002. Soutenons davantage la création et la diffusion des œuvres de nos artistes, à l’échelle nationale et internationale. Appliquons la Charte de la langue française à l’ensemble des entreprises québécoises, ainsi qu’aux immigrants. Contrôlons nos frontières et la stratégique voie maritime du Saint-Laurent. Construisons une économie reposant sur l’exploitation et l’utilisation des énergies renouvelables. Optimisons nos énergies sans éviter les sempiternelles prises de bec avec Ottawa. Maintenons de vastes pans de la loi 101 en subissant les jugements d’une constitution qui nous a été imposée.

      Je n'en peux plus d'attendre le grand soir. Affirmons nous!

      *****

    • Hermel Cyr - Abonné 21 mai 2020 10 h 17

      Votre commentaire est franchement odieux.

      Considérer que M. Oyono est incapable de faire ses propres choix et le vouloir dans un ghetto culturel isolé de sa société d'accueil est une position inqualifiable et indigne dans un débat de société démocratique.

    • François Beaulne - Abonné 21 mai 2020 10 h 30

      Heureusement que tous les nouveaux arrivants au Québec ne nourissent pas à l'endroit de leur pays d'acceuil et de résidence, le Québec, la condescendance et la propagande qui se dégagent de vos propos.
      Je vous défie d'adresser les mêmes propos à la nouvelle cheffe libérale, Dominique Anglade, elle même d'origine haitienne.

      Dans votre esprit il semble y avoir deux classes de Québécois d'origine immigrante: les bons, multiculturalistes et fédéralistes comme vous, et les autres, nationalistes Québécois, fiers de s'identifier à leur société d'acceuil et à ses aspirations d'autodétermination comme toute nation normale.
      Le Président du Parti Québécois est de ceux-là et il mérite notre admiration et notre respect pour son engagement.

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 mai 2020 13 h 54

      C'est dommage, monsieur Montoya, que vous n'ayez jamais quelque chose de positif à dire sur le Québec où vous vivez pourtant. Vous avez tort de soutenir le Canada qui ne pratique pas ce qu'il prêche. Le Canada est un état extractiviste ("extractivisme" vient de l’extraction minière) qui subventionne les énergies fossiles à titre de milliards de dollars chaque année, pendant qu'il se prétend «sauveur» des changements climatiques. Le Canada a trahi les ententes qu'il a signées avec les autochtones qui manquent toujours de l'eau potable. Le Canada refuse de taxer les GAFAM de ce monde et laisse toujours les grandes sociétés cacher leurs profits dans les paradis fiscaux, avec impunité. Le Canada parle toujours des deux côtés de la bouche quand il s'agit des droits humains qui ne s'appliquent pas au peuple palestinien, et j'en passe.

    • Jean Lacoursière - Abonné 22 mai 2020 07 h 31

      « Il y a là subtilement aussi une question d’appropriation culturelle qui serait contre le pays d’accueil, le Canada, alors que les services d’immigration canadienne ont permis la citoyenneté canadienne avant de devenir président du PQ. » (Yvon Montoya)

      « La démocratie Dieu merci nous permet encore de s’interroger de vive voix ou par écrit. Une simple interrogation fait en effet parfois trembler son monde dans l’indignation. L‘Indignation n’est pas necessairement democratique. » (Yvon Montoya)

      Ainsi:

      1) Dieudonné Ella Oyono serait un traitre à la nation canadienne, il est devenu indépendantiste, ça se fait pas, on n'aurait jamais dû le laisser entrer;

      2) On est dans un pays libre et démocratique, j'ai le droit de dire et d'écrire les questions qui me plaisent.

      Merci, monsieur Montoya, d'être toujours aussi formidable.

  • Raynald Rouette - Abonné 21 mai 2020 06 h 45

    Pour mettre fin à la précarité...


    Qui a réapparu à beaucoup d'endroit au Québec, comme à Montéal Nord tout particulièrement...

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 mai 2020 07 h 46

    Une modeste proposition

    J’aimerais que vous, M. Dieudonné Ella Oyono, exigiez que l’association des Péquistes de chaque circonscription du Québec se demande comment convaincre les gens de leur quartier, de leur ville, ou de leur village, de devenir d’ardents indépendantistes ou mieux, de devenir des guerriers de l’indépendance.

    À cette, fin, j’aimerais que chaque association se dote d’un plan concret qui vise l’atteinte de cet objectif.

    En d’autres mots, j’aimerais que les associations de comté du PQ cessent d’être essentiellement des machines à sous dont le but est de garnir les coffres du parti et se transforment en brigades de libération collective.

  • Cyril Dionne - Abonné 21 mai 2020 07 h 48

    Et on dira OUI bientôt

    Bien que je suis d’accord que le visage du Parti québécois change, et c’est rafraichissant, pour le contrôle des frontières, cela passe aussi par l’immigration. Il faudra réduire le nombre d’immigrants probablement de moitié pour que tout le monde soit intégré et parle français. Ce n’est certainement pas le cas maintenant puisque que Montréal s’assimile à la vitesse grande V. 50 000 immigrants par année au Québec est tout simplement ridicule parce que cela dépasse de loin, notre capacité d’intégration.

    Pour le reste, je suis d’accord. Le Québec est un pays en devenir. Eh oui, les plus petits pays du monde technologiquement avancés, ont la meilleure qualité de vie. Mais lorsque le nombre augmente, il est presque impossible de contrôler la pollution, l’étalement urbain, les émissions de GES (qui sont très faibles au Québec grâce à l’hydroélectricité), la destruction des écosystèmes marins et terrestres, en bref, nous détruisons la nature qui se porte garante de notre qualité de vie et survie.

  • Yves Corbeil - Inscrit 21 mai 2020 08 h 38

    Je ne voulais pas faire de commentaire

    Misère, de misère, quand des immigrants comprennent mieux l'importance du pays que le québécois moyen qui lui est tellement fier de compter sur ti-pet pour son chèque de pcu, bien quand t'es rendu-là, t'en mérite pas de pays, t'es bin mieux comme dépendants qu'indépendants, de toute façon tu sais même plus c'est quoi l'indépendance car t'es venu au monde dépendant et tu y a vécu toute ta vie comme un bienheureux qui se pose même plus de questions sur ce que ça pourrait-être la liberté, la liberté d'actions, de toutes tes actions dans le contexte de mondialisation présent. Cette photo a me décourage de mon peuple, en faite, j'en ai-tu encore un, un peuple parce que je suis pas canadien, juste sur le passeport, pas le choix.

    • Denis Grenier - Abonné 22 mai 2020 07 h 58

      Monsieur Corbeil, dans les assemblées locales du Parti Québécois auxquelles j'ai assisté, les commentaires et questions qui m'ont le plus émerveillé venaient de Québécoises et Québécois immigrants demeurant ici depuis plus de trente ans. Ils étaient d'origine Haïtienne, Italienne, Hongroises, etc. Nous avons un peuple et pour garder en vie sa hardiesse et sa vivacité il nous faudrait fonder une nation qui unit les premières nations et les différentes communautés culturelles et tous les citoyens et citoyennes du Québec pour en faire un peuple. Je reconnais que le confort des imbéciles heureux qui sont nés canadiens et ont vécus au Québec nuit à notre liberté d'action.