Notre Grande Bibliothèque a 15 ans

«La GB est un espace où se rejoignent et se fécondent un grand nombre d’écosystèmes culturels», souligne l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «La GB est un espace où se rejoignent et se fécondent un grand nombre d’écosystèmes culturels», souligne l'auteur.

Près de 38 millions de visiteurs (37 825 000) ont franchi les portes de la Grande Bibliothèque (GB) depuis son ouverture, il y a 15 ans. Il importe de souligner cette formidable réussite québécoise, l’une des dix bibliothèques urbaines les plus intéressantes au monde, selon une enquête de 2018 réalisée par The Guardian. Le temps de la célébration viendra. Dans l’intervalle, œuvrons à la réussite de la relance du secteur culturel. La GB et tout BAnQ entendent y contribuer.

Notons, en priorité, cette chance qu’a la GB de cohabiter avec les Archives et la Bibliothèque nationales du Québec. Fiduciaires de la mémoire irréductible du Québec, ces institutions témoignent de « son expression différenciée de l’humanité », selon le mot de Miron. Pour sa part, la GB donne accès à la production universelle des savoirs. Ainsi sont liés nos empreintes sur quatre siècles et l’accès au monde qui advient. Entre les deux, notre imaginaire, singulier, francophone, nord-américain et interculturel.

Des millions de demandes, de recherches et de médiations rythment la vie de la GB. En permanence s’y déploient des galaxies de dialogues pour conforter une espérance, satisfaire un besoin, chercher un emploi, maîtriser le numérique, combler un manque, préparer un voyage, accélérer un apprentissage, s’accorder un loisir, apprendre une technologie avancée, conforter un projet professionnel, réduire une peur, etc. Tel est le cœur battant de la GB, dont les services sont offerts à tous les Québécois, où qu’ils soient sur le territoire national. Ils sont des millions à actionner son rythme continu. Avec ses deux grands partenaires, la GB constitue la Caisse de dépôt culturel de la nation.

Carrefour d’écosystèmes

La GB est aussi un espace où se rejoignent et se fécondent un grand nombre d’écosystèmes culturels. Elle est bibliothèque centrale du superbe réseau des bibliothèques de Montréal ; bibliothèque de référence pour les bibliothèques publiques regroupant plus de 1000 points de service partout au Québec. Elle est au cœur d’un vaste réseau de partage d’expertise et d’actions concertées concernant notamment le numérique qui font de ces bibliothèques, de plus en plus visitées, des actrices majeures du paysage culturel et éducatif québécois. De plus, elle appartient au réseau des sociétés d’État du secteur culturel dont plusieurs sont ses partenaires estimés. Enfin, elle participe aux entreprises collaboratives qui font la vitalité du Quartier des spectacles, cette autre réussite culturelle.

Ouverte, gratuite, accessible, la GB accueille tous et toutes, sans discrimination. L’ouverture de son hall à des personnes en situation d’itinérance, en ce temps de confinement, est un exemple de ce que la Grande Bibliothèque apporte au tissu social.

Si les portes numériques de la GB-BAnQ sont ouvertes et franchies par un nombre sans cesse croissant d’usagers, plus d’un million en avril dernier, ses portes physiques sont présentement fermées. Nous avons hâte de les ouvrir à nouveau.

La GB et BAnQ mettront toutes leurs ressources à disposition en appui à un éventuel plan de reprise des activités culturelles. Dans cet esprit, on y examine programmes, budgets, ressources diverses pouvant aider des acteurs du domaine tant il est dévasté, « frappé en plein cœur », selon les mots de la ministre de la Culture, tant aussi son état appelle solidarité et convergence nationale. La GB illustre cette convergence. Elle a été voulue par le premier ministre Bouchard, complétée par le premier ministre Charest, soutenue financièrement par le premier ministre Legault, et elle bénéficie de l’appui apprécié de la Ville de Montréal. Oui, convergence nationale pour que le domaine ne soit pas siphonné par les GAFA, la pandémie ou la crise économique appréhendée.

La culture est notre autre territoire, spirituel, linguistique, intellectuel, social aménagé depuis quatre siècles. Elle est notre autre ADN. Miron, encore lui, nous avertit avec son grand éclat de rire : « Nous sommes arrivés à ce qui commence. »

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 7 mai 2020 07 h 40

    J'ai hâte

    qu'elle soit réouverte !

  • Brigitte Garneau - Abonnée 8 mai 2020 08 h 33

    Bravo!

    Et merci.