Comment l’économie va-t-elle se réveiller?

«Une chose est sûre, la crise est minimalement un coup de semonce qui devrait alerter les organisations, de toutes tailles, qui n’ont pas su développer leurs réflexes créatifs et innovants», estime le professeur David Crête.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne «Une chose est sûre, la crise est minimalement un coup de semonce qui devrait alerter les organisations, de toutes tailles, qui n’ont pas su développer leurs réflexes créatifs et innovants», estime le professeur David Crête.

Les témoignages se multiplient. Un nombre incalculable d’entrepreneurs, de patrons, de gestionnaires vivent un désarroi évident. Avec raison. Comment l’économie va-t-elle se réveiller ? À quoi ressembleront les différentes industries ?

On comprend très bien que l’heure est à la santé et aux CHSLD. Une réalité qui rappelle toutefois, plus fortement que jamais, que le Québec n’a pas su développer sa culture économique, les questions sociales prenant presque toute la place. Les réflexes ne sont pas là. De ce manque de culture économique, on ne peut se réjouir. Nos gouvernants doivent montrer une vision plus claire en devenant le moteur de cette économie qui devra tôt ou tard redécoller. Messieurs dames, soyez plus visibles. Des millions de nouveaux chômeurs et d’entreprises veulent être rassurés.

Bien heureuse initiative de divers organismes, comme les chambres de commerce, qui mènent différentes actions afin de mettre la relance en avant. Car les organisations doivent dès maintenant se poser quelques questions et prendre conscience de ce qui se passe dans leur environnement. D’abord, quelle sera votre position après la crise ? Votre rôle sera-t-il le même ? La concurrence aura-t-elle changé ? [...] Il est possible que la crise crée pour vous de nouvelles occasions. Des entreprises auront même vu leur chiffre d’affaires monter en flèche.

Une chose est sûre, la crise est minimalement un coup de semonce qui devrait alerter les organisations, de toutes tailles, qui n’ont pas su développer leurs réflexes créatifs et innovants. Innover, c’est surtout cultiver un esprit, une ouverture, une créativité qui nous maintient sur le qui-vive. On peut supposer que celles qui ont ces réflexes ont pu s’adapter plus aisément à la crise en développant une nouvelle offre rapidement, le Web et le numérique venant presque toujours à la rescousse.

La réflexion a donc sa place. Pendant cette réflexion, une organisation verra peut-être poindre l’importance de développer un nouveau canal de distribution. Comme le commerce électronique semble avoir connu une hausse marquée de son activité depuis un mois, la solution sera peut-être de ce côté. Si, bien sûr, on est en mesure de gérer tout ce qui vient avec, les fonctions marketing ne disparaissant pas avec le Web. Pour d’autres, la reprise passera par le développement de nouveaux produits ou services. Comme ces restaurants qui ont lancé des menus adaptés ou les musées qui ont mis en ligne des expositions virtuelles.

L’autre interrogation fondamentale est reliée aux prix, la source des revenus. Resteront-ils les mêmes ? Le modèle d’affaires devra-t-il se diversifier ? Comme une organisation peut avoir un portfolio de modèles, chacun étant lié à une source de revenus, la reprise pourrait passer par là.

Mais avant tout, cette reprise sera connectée directement à la confiance des consommateurs. Si elle est au rendez-vous, les chances d’une reprise sont meilleures. Il ne faut pas sous-estimer la vision de l’avenir qu’a ce consommateur. Cette confiance doit être réparée. Plusieurs se sentent actuellement vulnérables, et les efforts sur ce retour de la confiance vont apaiser ce sentiment de vulnérabilité. Pour y arriver, les autorités doivent montrer une habileté, une expertise et une forme de bienveillance. Il faut tenter de contrer les émotions négatives tout en élaborant des actions, économiques ou autres, qui vont réparer.

Les gouvernements avaient des plans développés au fil du temps par la santé publique. Les organisations doivent également réfléchir à un plan de relance. Ce plan doit comprendre une série d’actions menant à un but, à faire aujourd’hui et à moyen terme. Des projets en nombre réaliste, qui prennent en compte la réalité de l’organisation.

D’une crise, il faut absolument retenir des choses. C’est aux organisations et aux gestionnaires de préparer la suite. Comme le rappelait récemment le sociologue Edgar Morin, d’apprendre à vivre avec l’incertitude.

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