Classes difficiles: comment ne pas régler le problème

«Certains jeunes enseignants sont tout aussi bons avec leur expérience que d’autres plus âgés», estime Luc Papineau.
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse «Certains jeunes enseignants sont tout aussi bons avec leur expérience que d’autres plus âgés», estime Luc Papineau.

Généralement, mais ce n’est pas toujours le cas, les enseignants héritent au début de leur carrière des groupes les plus difficiles. C’est ce qui m’est arrivé il y a longtemps. Aujourd’hui, on voudrait changer cette pratique. On me dit que 20 % des jeunes enseignants décrochent après cinq ans.

Je suis un enseignant d’expérience, un parmi les nombreux dont on connaît mal la réalité et à qui on veut attribuer les groupes « mal aimés ». Personne ne se demande cependant si ce ne sont pas plutôt ces tâches qui sont tout simplement insoutenables, peu importe au fond qui on met devant une classe, quel que soit l’âge ou l’expérience.

Personne non plus ne remarquera que bien des enseignants âgés ne se rendent pas à la fin de leur carrière, ne touchant pas ainsi leur pleine retraite. Ils préféreront se priver d’un revenu pour leurs vieux jours plutôt que de continuer à effectuer le métier qu’ils ont longtemps aimé.

Le raisonnement qui veut que l’ancienneté équivaille à la compétence est faux. Certains jeunes enseignants sont tout aussi bons avec leur expérience que d’autres plus âgés. Ne pas l’admettre revient à dire que tout nouveau diplômé est incapable de bien effectuer son travail avec certains groupes ou certains élèves. Mais poser le problème de la sorte revient encore et toujours à la même idée : faire porter sur les épaules des profs un système qui est fondamentalement mal foutu.

Il est impossible d’ignorer que ces groupes difficiles sont le résultat d’une école à trois vitesses : celle des écoles privées subventionnées à plus de 60 %, celle des écoles publiques offrant des programmes particuliers et celle des élèves « ordinaires » (le terme est celui utilisé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur) qui n’appartiennent à aucun programme.

Les enseignants vous diront qu’on retrouve souvent dans ces classes, par le biais d’une évaluation relevant de la magie, des élèves qui ne maîtrisent pas les savoirs essentiels, quand ils n’ont pas tout simplement été promus alors qu’ils n’ont pas réussi des matières de base depuis plusieurs années.

On ne parle pas ici de maquillage de notes sans le consentement des profs, sujet qui a fait l’objet de nombreux débats : on parle des règles de passage adoptées par les centres de services et qui font qu’un élève peut se retrouver en mathématiques de deuxième secondaire sans jamais avoir réussi ce cours depuis la sixième année du primaire.

On ne modifie pas la note donnée par un enseignant à un élève : on n’en tient tout simplement pas compte et celui-ci est promu au niveau supérieur ! Bien sûr, on ne permet pas à l’élève de monter à un niveau supérieur sans lui adjoindre un plan d’aide. Mais que vaut celui-ci lorsque les services pour l’accompagner sont rares ou inexistants ?

Diviser pour régner

La réalité malheureuse de l’éducation, ce sont ces classes « ordinaires » qui sont tout sauf « ordinaires ». Ce sont des classes dysfonctionnelles pour lesquelles on manque d’encadrement et de spécialistes ; ce sont des classes difficilement gérables dans lesquelles on intègre sauvagement des élèves totalement dépassés par les programmes ; ce sont des classes où une proportion importante des élèves n’a même pas eu les acquis pour réussir l’année précédente ; ce sont des classes épuisantes qu’on confie à des enseignants, jeunes et moins jeunes, dont la tâche s’est déjà alourdie au fil des ans et qui deviennent rapidement submergés par tout ce qu’on leur demande.

Nos décideurs ne feront jamais ces constats parce que cela reviendrait à remettre en question la façon dont le système de l’éducation fonctionne. Cela reviendrait à remettre en question également leur gestion administrative et pédagogique.

Ils préféreront plutôt la bonne vieille stratégie qui consiste à soulever des doutes sur la gestion de classe et la compétence des enseignants qu’ils ont placés dans des situations intenables. Ils chercheront à diviser pour mieux régner en opposant les enseignants, jeunes aux moins jeunes, comme la CAQ le fait actuellement en proposant de donner les groupes plus difficiles aux enseignants plus âgés. Une façon comme une autre de ne pas régler, finalement, cet important problème.

34 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 2 mars 2020 07 h 00

    Le convaincu. que je suis. se questionne

    Monsieur,

    Vous parlez à un convaincu. Re : « la classe ordinaire au public »! Je déplore, au plus haut point, la méthode employée par l’actuel ministre de l’Éducation de changer la gestion du système scolaire : soit en catimini, à toutes vitesses, avec des amendements à la dernière minute, en pleine nuit….et SURTOUT sans la consultation des enseignants.« Le Ministre Roberge n’a plus de crédibilité » : message signé par de nombreux enseignants, de tous les niveaux : https://www.journaldemontreal.com/2020/02/

    Comment réussir une réforme sans l’appui des enseignants?

    Récemment, on lisait que, au niveau collégial, on trouve de plus en plus d'étudiants avec des besoins particuliers. De nombreuses études nous révélaient qu’on trouve de plus en plus d’enfants EHDAA au pré scolaire, à l’élémentaire, au secondaire : des enfants handicapés, avec des difficultés d’adaptation et d’apprentissage.De plus en plus de jeunes avec de graves problèmes d'anxiété.

    « Les répercussions sociales d’une éducation trop permissive », écrit une enseignante au privé, dans son essai ; « Parents essoufflés, enseignants épuisés ». *Enfants-rois » devenus *parents-rois*, a écrit quelqu’un.

    Suis-je trop pessimiste quand je dis qu’il y a une certaine *détérioration sociale*? Surtout quand je vois que les références à la DPJ augmentent d’année en année?

    Est-ce seulement au Québec cette explosion d’élèves EHDAA? Qu’en est-il ailleurs au Canada? Dans d’autres sociétés en Europe?

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 mars 2020 10 h 56

      Je suis tout à fait d'accord avec l'auteur, Luc Papineau. Le problème réside dans le fait que le gouvernement ne veut pas s'occuper des enfants difficiles qui se trouvent dans les classes dysfonctionnelles pour lesquelles on manque d’encadrement et de spécialistes. Le gouvernement ne veut pas s'occuper des enfants qui ne mangent pas à leur faim, ou qui vivent dans la pauvreté aux seines des familles dysfonctionnelles. Il faudrait d'abord s'en occuper de régler les problèmes sociaux de ces élèves qui proviennent d'un milieu social toxique.
      De plus, il faudrait s'inspirer du modèle finlandais qui surpasse tous les autres pays en matière de succès scolaire. La première réforme que ce pays a entreprise c'est l'abolition de toutes ses écoles privées. Nos écoles privées subventionnées à titre de 70% siphonnent les ressources essentielles de l'école publique et la prive aussi de la crème de crème de nos enfants capables de réussir. Il faudrait, au moins, d'arrêter de les subventionner.

    • Clermont Domingue - Abonné 2 mars 2020 11 h 08

      Bonjour monsieur Grandchamp ,je suis d'accord avec vous.Il faut poursuivre le questionnement. À mon avis.le plus grand problème de l'école québécoise est à la maison. Les parents en général veillent assez bien sur l'alimentation et la santé de leurs enfants, mais ils igorent souvent qu'éducer ça demande beaucoup plus.

      La première valeur à transmettre à un enfant, c'est le respect de l'AUTORITÉ Trop de parents oublient que l'enfant ne peut pas savoir ce qui est bon pour lui. C'est un enfant.Le petit enfant a besoin de sécurité. Il la trouvera dans la constance et dans le savoir de parents qui décident ce qui est bon pour lui." Qu'est-ce que tu voudrais? Aimerais-tu ça?" Sont des questions trop souvent poser aux enfants. Ce comportement de parents incompétents insécurise l'enfant. Il a besoin de faire confiance à un guide et ce guide lui demande où aller...Comment voulez-vous qu'il respecte une autorité qui refuse de s'exercer?

      A l'école, l'écolier n'aura que faire de l'autorité de son enseignante; il ne sait pas ce que c'est, Il suffit de deux ou trois malfaisants pour bousiller une classe.Epuisée, l'enseignante prendra un congé maladie et sera remplacée par une suppléante qui s'en ira à son tour et ainsi de suite, jusqu'à la fin de l'année. Les écoliers auront appris très peu et seront promus en classe supérieure. Ils arriveront au secondaire et même au CEGEP avec de graves lacunes.

      Les belles écoles et les changements de structures n'y changeront rien. Ce qui fait le succès ou l'échec d'une classe, ce sont les écoliers et écolières qui la composent. Les enseignants (es) ne peuvent pas remplacer les parents qui n'élèvent pas leur (s) enfant (s).Heureusement, plusieurs parents savent ce qui se passe et envoient leur enfants dans des écoles où les élèves sont choisis.

      Clermont Domingue, patriarche d'une famille de neuf enseignants (es)

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 mars 2020 12 h 47

      @M. Domingue

      Le problème majeur: le financement du privé, quant à moi. Mieux encore, le gouvernement actuel, rompant une promesse électorale, a exempté les écoles privées de la loi 21.

      Ci-haut, du haut de mes 80 ans et de mes 34 ans d'expérience, au secondaire public, en toute humilité, j'ose, en sus, opiner que notre société connaît une CRISE DE LA TRADITION ET DE L'AUTORITÉ...que je traduis, gauchement, par une certaine *détériorisation sociale*.

      Je m'explique. Auparavant, l'école était confessionnelle: elle transmettait certaines valeurs communes, IL Y AVAIT UN CADRE! Je ne juge pas, je constate. Fin des écoles confessionnelles en 1998; fin de l’enseignement religieux ou moral en 2008. Là, on cherche à s’entendre sur un nouveau contenu du programme ECR.

      Un jour, avec raison, nous avons décidé d'enlever ce cadre; mais, nous ne l'avons pas remplacé. En ajoutant à cela, l'éclatement de la famille.Au Québec, plus du quart des familles sont monoparentales dont 80% sont dirigées par des femmes. On dit que c’est la cellule familiale la plus précaire en fonction des revenus.
      -- https://www.clinique-psychologues-montreal.ca/problematique.php?prob_id=35

      Je réitère mon questionnement : le fait qu’il y ait de plus en plus d’enfants, d'ados, de jeunes adultesEHDAA, dans nos institutions scolaires, du pré scolaire à l’université, est-ce typique au Québec? Est-ce typique au Québec que, de plus en plus d’enfants soient référés à la DPJ?


      Pierre Grandchamp d’une famille comptant plusieurs enseignants(es)

    • Claude Bernard - Abonné 3 mars 2020 10 h 03

      M Grandchamp
      Vous accusez le financement du privé d'être le grand problème. Je ne peux être d'accord avec vous tant il est clair, pour moi, que le retour forcé au public de milliers d'enfants venus du privé ne donnerait pas un sou de plus au public et en couterait beaucoup en nouvelles classes, écoles, enseignantes et autres frais inhérents à un tel chambardement.
      Cette idée est assez répandue dans le public pour qu'on se demande pourquoi les gens l'accepte si facilement.
      Comme vous savez, cela ne prend que quelques pommes pourries pour gâcher la vie d'une enseignante et ruiner sa possibilité de bien faire son travail.
      Avec ou sans subventions au privé ces maudites pommes pourries seront toujours là, hélas!
      C'est pourquoi je me demande comment il se fait que vous ne vous attardiez pas à chercher comment débarrasser la classe de ces nuisances qu'on retrouve, hors contrôle, dans toutes les polyvalentes; et pourquoi le ministère ne cherche pas non plus à régler ce problème.
      Vous me paraissez assez versé dans ce domaine pour m'aider à comprendre.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 3 mars 2020 12 h 20

      M. Bernard écrit":Vous accusez le financement du privé d'être le grand problème. "

      Que diriez-vous si on finançait les consultations en cliniques privées, en santé, de 60%? Le financement du privé est à l’origine du « grand problème ». Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Conseil supérieur de l’Éducation, en 2016.« De plus, c’est au Québec que la proportion d’élèves allant à l’école privée est la plus importante au Canada, à 21,5 pour cent, contre 7,8 pour cent pour l’ensemble du Canada. L’école privée est subventionnée au Québec alors qu’elle ne l’est pas ou peu dans les autres provinces.Parallèlement, la classe ordinaire au Québec a intégré davantage d’élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage: leur proportion a augmenté de 13,6 à 20,8 pour cent de 2003 à 2013. » https://lactualite.com/actualites/rapport-du-conseil-superieur-de-leducation-inegalites-entre-ecoles-au-quebec/
      …………………………………………………………………………………………………
      M. Bernard écrit: "C'est pourquoi je me demande comment il se fait que vous ne vous attardiez pas à chercher comment débarrasser la classe de ces nuisances qu'on retrouve, "

      Le problème, c’est qu’il s’agit d’une école PUBLIQUE. Se débarrasse-t-on des malades, dans les hôpitaux, quand ils éprouvent des problèmes graves de santé? Et la fréquentation est obligatoire. Moi, ma question est, plutôt : « pourquoi de plus en plus d’étudiants EHDAA, à tous les niveaux? »...Le ministre a pratiqué la fuite en avant, avec sa loi 40, en jouant dans les structures…comme Barrette, en santé :même pattern. La seule solution : donner encore plus de services dans les écoles pour répondre à la demande et alléger la tâche des profs. psychoéducateurs, orthopédagogues, éducateurs spécialisés, psychologues, aides pédagogiques…etc.Et, essayer de dépister tôt les cas EHDAA!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 3 mars 2020 12 h 41

      En complément à M. Bernard, que je remercie pour son intérêt. J’aurais pu signer la lettre de M. Papineau : il présente bien la problématique de la *classe ordinaire*. J’ai des proches, en fin de carrière dans l’enseignement, au public. Ils(elles) trouvent cela de plus en plus exigeant. La crise de la tradition et de l’autorité que nous vivons a des impacts. Pourquoi des profs d’expériece choisissent-ils de ne pas se rendre au bout (fonds de pension) et de décrocher? Pourquoi trop peu de jeunes cégepiens ne choissent pas l’enseignement? Eux qui viennent de passer par le système du pré scolaire au collégial? Réponse : ce n’est pas juste une question de salaire, selon moi, c’est aussi une question de perception.

      En conclusion : personne ne m’a répondu. Est-ce que le phénomène de plus en plus accentué de présences des cas EHDAA, du pré scolaire à l’université, est aussi marqué dans d’autres sociétés????

    • Claude Bernard - Abonné 3 mars 2020 16 h 08

      M Grandchamp
      Merci de votre réponse qui éclaire la question.
      Les pommes pourries (je ne parle pas ici des élèves en EHDAA mais de ceux qui perturbent les classes, insultent et attaquent les enseignantes, futurs petits mafieux, proxénètes etc...), les écoles publiques sont en effet obligées de les accepter.
      On serait mieux de les envoyer dans des ¨écoles de réforme¨ ou dans la rue, quant à changer la loi s'il le faut.
      À mon avis, c'est là une bonne partie du problème et de l'avantage du privé de ne pas être OBLIGÉ de les endurer.
      Non seulement le privé les rejette mais les parents le savent et c'est là leur meilleure raison d'y envoyer leurs enfants.
      La solution doit venir du ministère qui s'en lave les mains et se cache derrière la loi de l'instruction publique.
      De même pour le EHDAA, le ministère invoque le même argument: école obligatoire.
      Comme l'argent manque pour les écoles dédiées aux EHDAA, vous n'aurez pas de réponse car il n'y a pas de bonne solution.

  • Robert Goyette - Abonné 2 mars 2020 07 h 38

    Les relations concertées

    Quelle vérité...
    L'impact des classes difficiles sur «le plaisir d'enseigner» est un des problèmes qu'on souhaite cacher sous le tapis en éducation. L'effritement causé par l'essor remarquable entretenu entre le privé et le publique y contribue, certainement. C'est louable de le remarquer et de voir les écoles directement affectées par cette compétition puissent réagir.
    Je suis issu de ces classes difficiles. C'était une autre époque, certes. On appelait notre classe une classe d'ortho. Il y avait de tout. Nous étions installés au fond d'une aile de l'école. Les enseignants qui avaient le responsabilité de «s'arranger avec nous» avaient certainement eux aussi d'autres aspirations que celles d'y traîner là...tout comme nous. J'ai un souvenir très vif de quelques enseignants qui ne s'arrangeaient pas du tout avec nous. À l'époque tirage de cheveux ou d'oreilles, coups de règles, retraits agenouillés dans le coin de la classe les bras en croix étaient monnaies courantespour casser des comportements. C'était admis. Mais il y en avait d'autres qui - eux - étaient vraiment fantastiques. Attentionnés. Centrés sur la complicité, l'écoute, adoptant une rapport plus personnel. Qui nous ouvraient les yeux sur ce qui nous entoure et sur ce que nous pourrions devenir. Je pense en particulier au Père Locas à l'École St-Guillaume... Quel pédagogue extraordinaire!
    C'est un peu grâce à lui que j'ai fait de l'enseignement mon métier. Toute ma vie il aura été assis sur mon épaule à me conseiller. Cela peut sembler paradoxale d'avoir choisi cette carrière, mais c'est l'endroit où j'ai tenté de recoller les fissures du passé avec «mes» élèves.
    On peut dire que les deux premières années sont «parties tout croche». Puis, au moment même où je m'apprétais à démissionner, j'ai eu le bonheur de mieux connaître le travail de la Techniciene en éducation spécialisée qui assistait à tous mes cours et qui, au fil du temps, est devenue mon mentor, mon regard extérieur, ma confiance et ma bou

  • Rose Marquis - Abonnée 2 mars 2020 08 h 24

    La manie de ne pas entendre les enseignantes et enseignants

    J'ai travaillé plus de 20 ans comme professionnelle de commission scolaire et j'ai été témoin de ce que le Ministère, inspiré par le parti au pouvoir, a imposé au corps enseignant. Un souvenir qui me revient: C'est la pause et les enseignantes (j'oeuvrais dans une école primaire où elles sont majoritaires) sont fâchées car on leur impose de revenir aux notes chiffrées alorrs qu'elles ont apprivoisé une autre façon de mesuré les progrès de leurs élèves. Et pour l'année prochaine, il y en aura d'autres des changements à propos desquels on ne leur demandera pas leur avis....

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 mars 2020 09 h 31

      Et la manie de tout *fonctionnariser*. Lundi prochain, quand les classes vont réouvrir, à qui pouvez-vous vous adresser s'il y a un problème qui dépasse l'école? Au DG ou à la DG de votre commission scolaire(centre de services), seule personne autorisée à aller sur la place publique.

      Le ou la DG sera nommé(e) par le ministre et redevable au ministre.Ce sera comme en santé!

  • Elisabeth Doyon - Abonnée 2 mars 2020 09 h 44

    Cachez-moi cette critique que je ne saurais voir...

    Semaine après semaine j'entends les interventions de tout côté qui proposent une nouvelle formation accélérée, de nouvelles règles de convention collective pour la gestion de l'ancienneté.... jusqu'à des miraculeuses fenêtres qui détiennent un facteur de réussite supérieure à l'origine socio-économique des élèves...
    -.- Grand découragement....

    Il y a bien 5 ans que je fais des recherches pour différents professeurs sur les conditions en enseignement, une très pertinente sur les effets de la gestion axée sur les résultats instaurés par Legault lorsqu'il était au poste qu'occupe Roberge aujourd'hui (par la prof Robichaud), d'autres sur l'intégration professionnelle.... Je pourrais copier le présent article de manière presque intégrale dans de nombreux témoignages tellement il sonne vrai - unanime!

    Focaliser simplement sur les profs, leurs compétences, leurs connaissances, leur vocation, leur passion... c'est oublier que ce système d'éducation sert de bac à sable aux futurs chefs d'état pour proposer des réformes mal-amanchées qui jouent à Tetris avec les structures décisionnelles dans le but de faire diminuer la somme des dépenses au bas de leur fichier Excel. Ça pense gérer l’éducation de la même manière qu’on produit du pepsi - en dégradant le produit. En latin, on appelle ça de la "business bullshit" selon le vocabulaire de Graeber et celui de A. Cliche (le terme «marchandisation» est trop joli et poli pour représenter l'aliénation qui en résulte). La « business bullshit » ne peut survivre que si elle compense par l’économie d’échelle (on peut ainsi se payer un CEO et CTO parfaitement inutiles et incompétent qui fait n’importe quoi, puisque la taille de l’entreprise garantie les économies sur les achats – des domaines comme la santé ou l’éducation ne peuvent souffrir de telles absurdités managériales).

    Courage à vous et à toutes les personnes qui tiennent l'école à bout de bras!

  • Yves Corbeil - Inscrit 2 mars 2020 09 h 44

    Merci Monsieur Papineau

    Oui merci de nous rappelez que notre système d'éducation est atteint d'un virus et que TOUS ceux qui sont passé par ce ministère depuis des générations n'ont réussi qu'à lui appliquer une pommade afin de préservé les sensibilités d'une société souffrante qui s'ignore.