Le paradigme populiste

«Le populisme, qu’il soit de gauche ou de droite, porte en germe le danger d’une dérive autoritaire justement parce qu’il prétend être en totale proximité avec le peuple», affirment les auteurs.
Photo: Getty Images «Le populisme, qu’il soit de gauche ou de droite, porte en germe le danger d’une dérive autoritaire justement parce qu’il prétend être en totale proximité avec le peuple», affirment les auteurs.

Le populisme serait consubstantiel à la démocratie au sens où il se présente comme une réponse dérivée à l’altération des mécanismes de représentation et du principe de volonté générale dans un contexte où la démocratie paraît, plus que jamais, fonctionner sans dêmos.

À ce sujet, l’Américain Thomas Frank montre bien que des catégories sociales disparues du discours politique se sont mises à chercher la « sécurité » dans un univers moral moins perméable aux changements et à l’implacable nécessité de s’adapter aux nouvelles contingences.

Emportée par les demandes de reconnaissance intrinsèque des droits légitimes des minorités, la nation aurait ainsi cessé, aux yeux de ces catégories, de porter la volonté générale, l’« ayant droit » (le bénéficiaire) supplantant le citoyen et l’espace public se réduisant à l’image d’un agrégat de désirs particuliers au sein d’un grand marché administré d’en haut en fonction de la capacité d’influence des demandeurs.

Nos sociétés seraient devenues ainsi plus « fluides » et politiquement moins intelligibles en raison du développement de formes nouvelles de subjectivisme et de tribalisme, lesquelles font obstacle à la cristallisation d’une identité collective plus englobante. Nous sommes entrés dans un univers où l’on ne se sent plus appartenir à un tout : la société des individus correspondant à cette image de corps disséminés au sein d’une masse d’anonymes.

C’est pourquoi le « peuple » du populisme peut être interprété dans ses intentions comme un acte de restauration de « l’être-ensemble ». Prétendant incarner, ce « peuple-un » antagonique aux forces censées le dissoudre, le populisme se déploie dans une stratégie de polarisation des enjeux se traduisant par la désignation de figures ennemies dont la fonction première est de mobiliser des masses d’individus qui partagent, dans leur solitude commune, une forme plus ou moins explicite de ressentiment.

Il est en cela l’envers conséquent de la désagrégation du corps social au sens où l’individualisation favorise la mise en scène de personnalités dont l’apparente proximité donne l’impression d’être plus présente, plus en phase avec soi dans un contexte où la frontière entre le privé et le public devient poreuse.

Au-delà des cibles et des buts, ce qu’il y a de commun aux populismes, c’est ainsi la volonté de se constituer en un relais véritable de revendications populaires éparses. Ils s’investissent d’une capacité de traduire la « volonté authentique » du peuple, d’abord dans la conquête du pouvoir politique, puis — ultérieurement — dans une forme de « gouvernance » de proximité en rupture avec la pure gestion comptable.

Si la pérennité des mouvements populistes renvoie à leur capacité à reproduire et à entretenir la foi des foules, les régimes qui en sont issus sont pour l’essentiel autoritaires. En effet, s’il demeure présent dans le langage, le peuple des populistes demeure néanmoins une entité passive destinée à être gouvernée en raison même de sa fluidité et du caractère incertain des réalités sociologiques auxquelles il renvoie.

Dans ce sens, le populisme ne préside pas tant à une restauration de la figure du citoyen délibérant et de la « participation populaire » qu’à la canalisation, sous des formes spectaculaires, du mépris des vieux partis. Il vise d’abord à entretenir la légitimité de ceux et celles qui accèdent au pouvoir par l’irrigation de mécanismes partisans propres à faire retentir la voix du peuple désigné qui n’est jamais pour autant le « peuple réel ».

Ce qu’il y a de réel, cela dit, c’est le désarroi tangible de catégories plurielles et isolées dont la colère est habilement canalisée par une « dynamique des passions » apte à redonner, contre la dislocation, un peu de substance à la figure sociale du « commun ». À l’ère de l’opinion, les partis populistes font « parler » la « majorité silencieuse » laissant croire, et c’est là le danger, à la possibilité concrète d’une volonté unanime autorisant ses « authentiques » porte-voix à aller au-devant de ses demandes. En ce sens, le populisme de gauche ne saurait, à nos yeux, représenter une solution valable.

La complexité est manifestement peu compatible avec la prétention à condenser politiquement une volonté générale saisie dans son unicité. Le populisme, qu’il soit de gauche ou de droite, porte en germe le danger d’une dérive autoritaire justement parce qu’il prétend être en totale proximité avec le peuple. Face à cette tentation et devant l’état actuel des démocraties libérales, il vaut mieux miser, plus modestement, sur la multiplication d’« activités politiques » non conventionnelles et la consolidation de contre-pouvoirs garants de véritables délibérations, à de plus petites échelles, sans pour autant que ces assemblées, à défaut de se prendre pour le « tout », puissent incarner — dans leur réseautage — une certaine idée du peuple.

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Des Idées en revues

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d’un texte à paraître dans la revue Nouveaux Cahiers du socialisme, hiver 2020, no 23.
32 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 11 février 2020 05 h 02

    Au contraire, le populisme peut rallier les citoyens éparpillés par l'individualisme à une cause commune.

    Vous avez tort, monsieur Stéphane Chalifour et madame Judith Trudeau. Le populisme n'amène pas nécessairement à l'autoritarisme. Nous avons des lois qui assurent la pérennité de tout les droits. À moins que l'on se retrouve avec un démagogue tel que Trump qui bafoue toutes les lois et toutes les normes de la société.
    Comme vous l'exprimez bien, le populisme peut unir parfois le peuple éparpillé par les demandes sectaires et individuelles pour en fin se rallier à une cause commune. Par exemple, le candidat Bernie Sanders qui défend la cause populiste d'un régime de santé publique, ou les citoyens qui demandent une fin à l'évasion fiscale et aux paradis fiscaux.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 février 2020 09 h 04

      Mais, le populisme peut mener, parfois, à un certain déraillement. Quant à moi, la loi 40 sur la disparition des commissions scolaires en est un très bon exemple. On ne fait pas une telle réforme majeure sans qu'il y ait eu, pendant un certain temps, un débat public.Au lieu de chercher à améliorer la participation démocratique en cédulant les élections scolaires en même temps que les municipales, on les abolit. On éloigne le pouvoir du milieu,.C'est une réforme Barrette no 2 qui centralise tout: le directeur général sera nommé par le ministre et relèvera de lui....pas de son conseil d'administration. Vraiment pas fort au plan démocratique.!

      Actuellement, le directeur général chez vous est roi et maître. C'est comme si votre maire était nommé par le ministre et relevait de ce ministre: une absurdité au plan démocratique. Pas de comptes à rendre aux contribuables du coin. Ça va être beau à voir, bientôt, quand le DG va voir au budget de l'an prochain Les membres du CA seront, à toute fin pratique, des figurants. La démocratie en prend pour son rhume.



      .La gestion scolaire sera une affaire de fonctionnaires. Après avoir promis d'abolir les élections scolaires, la CAQ ne les abolit que pour les francophones. Dans ses projets, la CAQ n'avait pas prévu que les anglophones étaient protégés par la constitution. Je prie le ciel que des francophones contestent en justice. Tout comme je prie le ciel que des contribuables contestent en justice sur le "no taxation without representation".



      Seul le directeur général aura le droit d'aller sur la place publique:les membres du CA seront des simples figurants, et il y aura un fort taux de roulement. Ici à notre Commission, budget de quelque 340 millions. C’était exigeant être commissaire pour suivre le traffic!!!!!



      Le faible taux de participation aux élections scolaires était très facile à corriger en plaçant les élections scolaires en même temps que les municipales.




      Quant aux parents qui seront élu

    • Cyril Dionne - Abonné 11 février 2020 09 h 09

      D'accord avec vous Mme Alexan. C'est un article écrit par deux gauchistes notoires qui pourfend le populisme parce qu’il gruge du support et des forces dans leur cour. En fait, la gauche recule partout sur la planète. Enfin, la prose indéchiffrable utilisée dans cette missive confirme justement les arguments du populisme d’une vision du monde qui oppose le peuple à l’élite.

      Depuis quand les gens qui partagent les mêmes affinités dans un territoire délimité ne veulent pas vivre ensemble? Pour les immigrants, ce n’est plus ce qu’on peut faire pour la société d’accueil, mais ce que la société d’accueil peut faire pour nous justifié par ce concept obscur qu’ils appellent la diversité. Le mythe du multiculturalisme qui partage une identité collective est justement cela, une fable. En fait, c’est la mondialisation aux accents du néolibéralisme avec le support inconditionnel de la gauche qui a donné vie à cette contre-révolution populaire de gens ordinaires.

      Le populisme n’est pas une menace pour la démocratie, mais plutôt le remède et une chance de renouvellement pour celle-ci. Le multiculturalisme a apporté le déracinement des valeurs inaliénables des gens des classes moyennes dans les pays développés et les a appauvris tout en leur balançant des concepts comme le racisme systémique, l’appropriation culturelle et j'en passe.

      La démocratie est essentiellement représentative, mais elle est en crise en 2020. Le populisme n’est pas une idéologie en soi, mais une réaction positive des gens face au rouleau compresseur d’une mondialisation sans borne qui fait le bénéfice du 1 et 0,1%. Et c’est la gauche qui est à blâmer par ce sursaut de citoyens avec ses excès qui ont dilapidé les remparts de la démocratie.

      Tous les axiomes de racisme, antiracisme ou cosmopolitisme et populisme sont deux espaces existentiels qui occupent le même terrain alors que la réalité pour le monde ordinaire est ailleurs. Le populisme est la réplique légitime à l'élitisme sociodestructeur.

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 février 2020 09 h 35

      Mme Alexan, vous avez tort et raison.

      En fait le populisme peut être un vecteur de changement sain mais il peut aussi servir à des gens qui se croient des Messies, ou à des dogmatismes effrénés dont nous avons un bel exemple sous le nez avec QS, tout plein de bonnes intentions au point qu'il se permet de mentir à bras raccourci étant donné que sa kause est si "bonne".... avec des solutions pourries à l'os, bourrées de méfiance envers 70% et de haine pour 60%, des gens et interdisant toute pensée personnelle.

      Toute la question est de savoir si les meneurs de mouvement populistes se prennent au sérieux. Si oui, danger! Mais s'ils ont un bon sens de l'humour envers eux-même et leur pensée politique, leur populisme peut être utile un certain temps.

      L'un des problème avec le populisme est l'adulation dont les chefs font l'objet. Le culte de la personnalité auquel Manon Massé s'est prêtée lors de l'année de l'élection a montré le visage le plus hideux, tout fardé, du marxisme.
      On peut en dire autant de Duplessis, qui a fait se perdurer très, trop longtemps une Grande Noirceur débutée longtemps avant lui, à l'époque de Bourget.
      Trump, c'est inouï mais... il se croit!

      Ceci dit, quel texte pédant! Bel effort pour n'être surtout pas "populiste"... et n'être compris que par la "bonne" élite peut-être?
      Je me demande en quoi le " citoyen délibérant et [...] la « participation populaire » " sont mieux que mon voisin qui a élevé ses enfants tant bien que mal, comme moi, et l'été prend une p'tite bière sur son balcon, encore tout commer moi.

      Je déteste ces expressions, citoyen délibérant ou participation populaire, qui sonnent comme des slogans et prennent la "plèbe" pour une masse informe et stupide.

      Ici ça pemet aux auteurs de déblatérer contre ceux qui parlent au nom de la "majorité silencieuse", sans dire un mot de ceux qui le font au nom des victimes en tous genres, ce qui est certainement pire.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 février 2020 11 h 23

      @ Mme Alexan

      Je m'excuse: mon message précédent était trop long et mal fignolé.En démocratie, il faut prendre le temps, le plus possible, de CONVAINCRE avant d'imposer d'autorité. Personnellement, la loi 40 entre dans le cadre d'un certain populisme qui ne tente pas d'essayer de convaincre: IL IMPOSE à la Trump !!!! La CAQ aurait dû prendre le temps de présenter son projet et de permettre un certain débat public. Pas vrai qu'il soit normal de changer radicalement un système d'éducation en quelques heures avec de nombreux amendements à la dernière minute!!!

      Écoutez, on remplace des gens élus par des figurants. En effet, " les administrateurs n’ont pas le droit de s’exprimer publiquement. Ils sont tenus à un devoir de réserve. Le porte-parole de chaque « centre de services de scolaires » est désormais le directeur général. Au premier jour de la nouvelle gouvernance scolaire".

    • Marc Therrien - Abonné 11 février 2020 12 h 35

      En somme, le «bon» populisme est celui auquel on peut facilement adhérer quand il nous réconforte dans notre vision du monde; quand il jaillit d'un groupe auquel on se sent bien «d'appartenir» parce qu'on n'a pas à y sacrifier trop d'intérêts personnels et que sa vison, sa mission et ses valeurs sont en concordance quasi totale avec les siennes propres; quand on se sent tellement bien compris par le démagogue autoritaire qu’on pourrait librement choisir sa dictature s’il arrivait à nous la décrire comme le monde meilleur tel que l’on se l’imagine soi-même.

      Marc Therrien

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 février 2020 14 h 22

      En conclusion à MMe Alexan

      Le démocrate que je suis est choqué!!!!On enlève le droit de vote aux francophones et on le laisse aux anglophones. La CAQ, fidèle à elle-même, renie,encore, sa parole. Elle avait promis clairement l'abolition des commissions scolaires. Elle a fait la même chose avec la laïcité en exemptant les écoles privées, pourtant très largement subventionnées.

      Pas d'explications, on va le plus vite possible...pis on impose. Oui,dérive autoritaire! Quel recul au plan démocratique!!

      Pendant ce temps-là, les élèves et les parents aux prises avec des difficultés ont perdu "leurs poteaux", soit des commissaires qui, eux, n'étaient pas tenus à un devoir de réserve et pouvait intervenir sur la place publique!!! Quel recul imposé sans explications à toutes vitesses. Oui, dérive autoritaire!!

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 11 février 2020 17 h 35

      « Vous avez tort, monsieur Stéphane Chalifour et madame Judith Trudeau. Le populisme n'amène pas nécessairement à l'autoritarisme. » (Nadia Alexan)

      Bien sûr que certes, mais l’Histoire-Mémoire du Québec tend à démontrer qu’à l’Époque des Duplessis-Léger, deux personnes épaulées de POPULARITÉ ahurissante, le Québec, uni par des causes populaires dites communes, favorisait des politiques socio-religieuses plutôt d’inspiration « totalitaire » !

      Bien sûr que certes, mais avec la présente Gouvernance, là où le Québec est « gouverné » de façon dite « POPULAIRE », certaines questions de dérive peuvent se reposer, hélas !

      Bref ! - 11 fév 2020 -

    • Serge Pelletier - Abonné 11 février 2020 23 h 25

      Exact Dionne. Vous avez parfaitement raison, sauf pour l'affaire du "le bénéfice du 1 et 0,1%".. Cela n'existe pas comme tel. Il s'agit, en fait, d'un slogan, comme un autre, pour ralier les plèbes de tous pays contre les nouvelles classes de patriciens (ou rentiers) que sont ceux qui ont des $$$... Pire, ces nouvelles classes de patriciens (ou rentiers) se chicanent entre elles, et rare, très rare même, celui, des ces personnes, qui un jour ou l'autre ne se fait expulsé de cette classe.
      Ce qui est le plus triste, ce n'est pas un gars du style à S. Job, mais les personnes de tout sexe confondu qui s'enrichissent personellement en occupant un poste quelconque dans la fonction publique, péré-gouvernementale,ou para-gouvernementale (fédéral, provincial, municipal, scolaire) ou en y étant par "élections".

      Pire, ces derniers ayant toujours des augmentations salariales en terme de %, et bien... ils reçoivent en salaire net (après impôts) plus que ce que la plèbe du bas reçoit en augmentation brut (avant impôts)... Et, ils disent en défense "ouais, mais on a le même pourcentage d'augmentation...". C'EST CELA QUI EST ENCORE, ET DE BEAUCOUP, PLUS INSULTANT QUE LA PETITE GANG DE MILLIARDAIRES D'EN HAUT...

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 février 2020 09 h 19

      M. Grandchamp,

      Vous démontrez ici une belle incompréhension de la démocratie.

      La CAQ s'est fit élire exactement sur ces thèmes.
      On reproche tout le tenps aux politiciens de ne pas respecter leurs promesses, vous dites que le contraire est votre idéal démocratique.

      Les explications, elles durent depuis 5 ou 6 ans pour les commissions scolaires, et 2 ans pour la loi sur la laïcité. Où ça, pas d'explication????
      Je ne reviens pas d'une telle mauvaise foi.
      Je suis contre cette loi, mais y a des limites à dire n'importe quoi.

      En fait vous défendez une morale, et voulez la substituer aux choix des gens. Parce que le choix des gens, ben...
      VOus confondez à vos fins démocratie et populisme. La démocratie. Vous ne faites que verser du fiel sur les gens.

      Poser que quoi que ce soit est supérieur aux choix humain est anti-humaniste.
      Je n'exagère en rien. Anti-humanisme à plein. Même Thomas d'Aquin est plus humaniste que ça, et de loin!

      Se croire investi d'une mission supérieure à l'humain mène à un autoritarisme messianique.

      Quant à ce dernier, l'autoritarisme, je n'ai pas vu d'arrestation arbitraire, d'empoisonnement ou de campagne de presse sauvages contre un opposant au régime.

      Tenteriez-vous de créer un climat de haine pour instaurer votre propre régime, ou quoi?

      On se calme un peu, quoi.

  • Serge Lamarche - Abonné 11 février 2020 05 h 31

    Donc faux

    Je crois comprendre que le populisme gouvernemental est ou risque de devenir une arnaque assez facilement. Vu que le gouvernement est toujours formé d'une minuscule minorité de personnes, il est facile pour eux de s'accaparer le peuple vilainement, ou l'idée du peuple. Comme les Nazis, l'USSR, et tant d'autres qui commencent ou attisent les guerres.

  • Yvon Montoya - Inscrit 11 février 2020 06 h 16

    Un peu brouillon mais le diagnostique est bon. Oui, nos temps voient monter des périls connus historiquement mais si rapidement oubliés. C’est exactement ce que nous voyons de la politique autoritaire remplie de duplicité dans sa praxis du gouvernement québécois actuel. Parce qu’en vérité votre texte de circinstance ne parle que de ce qui nous arrive, on n’a pas besoin d'être états-uniens. Idem en Europe... Merci.

  • Marc Therrien - Abonné 11 février 2020 07 h 05

    Le populisme, inséparable de la démocratie ingouvernable


    Si le populisme est inséparable de la démocratie, d’aucuns pourraient le considérer comme une régression à son stade infantile ou à tout le moins comme un arrêt de son développement quand les gouvernants gorgés de leur fantasme de toute-puissance sont tentés de laisser libre cours à la régression puérile des gouvernés au principe de plaisir qui prend le dessus sur le principe de réalité, pour paraphraser Freud. Quand les désirs individuels égoïstes de gratifications immédiates l’emportent sur la vision d’un bien collectif dont la jouissance des effets bénéfiques doit être différée dans le temps, le volume de la voix du peuple s’élève. Et on sait que les politiciens tolèrent mal le bruit. Quand en plus les porte-voix de la majorité silencieuse déplorent qu’un courant de rectitude politique amène à penser qu’on doit accorder autant d’attention sinon plus aux droits et intérêts de la minorité criarde sur lesquels on doit veiller pour ne pas qu’ils subissent sa tyrannie, le populisme voire même les populismes et la politique sont appelés à s’unir plus que jamais.

    Ainsi, l’union de la démocratie et des populismes crée cette tension dialectique qui consiste en ce que la majorité des individus, considérés tous égaux, confie l’exercice du pouvoir à une minorité d’entre eux, appelée élite, dont ils jugent qu’ils ont des compétences supérieures aux leurs pour le faire. On choisit son maître dont on demeure libre de le critiquer sans pour autant qu’il soit obligé de changer d’idée une fois qu’il détient le pouvoir. Au moment de vouloir se faire réélire, le gouvernant jouera le jeu de se soumettre à la volonté populaire tout en sachant qu’il pourra faire à peu près ce qu’il veut une fois élu. Car le gouvernant sait peut-être quelque chose que le peuple ne sait pas, c’est-à-dire que les intérêts égoïstes qui composent la Vox populi Vox Dei sont tellement variés et divergents qu’elle est en fait ingouvernable.

    Marc Therrien

  • Serge Pelletier - Abonné 11 février 2020 07 h 51

    Encore...

    Mme et M. pourquoi utilisez-vous le qualificatif PROFESSEUR accolé à vos noms? À ce que nous savons, vous êtes des enseignants, uniquement de simples enseignants. Les textes légilatifs régissant le niveau collégial font mention d'enseignants, les diverses conventions collectives, nonobstant les titres que les unes et les autres se donnent comme associations accréditées de salariés, font mention PARTOUT d'enseignants, et à nul endroit les textes font mention de professeurs.

    ALORS POURQUOI? HEIN! DITES...

    Avez-vous si honte que cela d'être uniquement des ENSEIGNANTS, que vous devez usurper un titre d'emploi qui ne vous appatient pas et qui ne concerne que les niveaux universitaires - et encore là pas tous ceux qui y exercent la transmission d'un savoir quelconque, les chargés de cours ne sont pas des profeseurs, mais uniquement des chargés de cours.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 février 2020 10 h 41

      À monsieur Serge Pelletier: Les qualitatives et les appellations parfois ne veulent rien dire. L'on peut y être un simple citoyen avec une sagesse naturelle et une logique approfondie, qu'un professeur qui manque cette profondeur, malgré tous ses diplômes universitaires.

    • Marc Therrien - Abonné 11 février 2020 16 h 38

      Madame Alexan, vous savez sûrement comme nous que le titre professionnel sert souvent à asseoir un pouvoir d’autorité rationnelle en vertu d’une compétence attestée selon des règles connues et acceptées de tous qui fait qu’on peut faire valoir qu’une opinion bien étayée venant d’elle à plus de valeur ou de poids que celle du simple citoyen lambda. Le titre professionnel fait partie des «choses» qu’on peut chérir jalousement dans ce système capitaliste qui valorise la lutte de tous contre tous pour les places au soleil.

      Marc Therrien

    • Serge Pelletier - Abonné 11 février 2020 23 h 42

      M. Therrien, occuper un emploi d'enseignant - peu importe le niveau scolaire - n'est pas un titre professionnel comme tel. Il n'y a pas de corporation professionnelle pour en régir l'entrée à la tâche. Seules les universités ont établie des règles - quelques fois vagues à souhaits - pour l'octroi du titre de professeur en leurs murs. Pour les autres niveaux d'enseignement, cela peut être n'importe quoi: la gardienne d'enfant se dit maintenant "professeur", l'enseignante de maternelle se dit "professeur", etc. Ce qui est d'un risible...

    • Serge Pelletier - Abonné 11 février 2020 23 h 55

      Effectivement, Mme Alexan, il y a des "cruches" qui sont profeseurs de niveau universitaire. Mais, au moins ils sontau bon endroit, à la bonne place pour se dire profeseur. Ce qu'ils peuvent dire laisse souvent béat de stupeur les étudiants ou autres "honnêtes hommes" possédant une certaine culture.

      Ce qui est choquant se porte sur l'utilisation outrancière d'un argument d'autorité pour faire valoir ou justifier un point de vue quelconque (style: je suis un professeur, fac, j'ai raison, la terre est carrée... ok là minus inculte). Cela est encore pire quand l'on s'octroie un titre que l'on n'a pas comme ces deux personnes, soit: M. Stéphane Chalifour et Mme Judith Trudeau.