Gérard Bouchard et la dénaturation de la laïcité

«L’engendrement de la laïcité grâce à la loi 21 fait pleinement entrer le Québec dans son Histoire et pose les fondations du Québec du XXIe siècle», écrit l'autrice.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «L’engendrement de la laïcité grâce à la loi 21 fait pleinement entrer le Québec dans son Histoire et pose les fondations du Québec du XXIe siècle», écrit l'autrice.

Dans une autre envolée péremptoire qui le caractérise, Gérard Bouchard décrète que l’avènement de la loi 21 serait le fruit d’une machination, ourdie par la CAQ avec l’appui des régions rétrogrades, contre les minorités ethnoculturelles de Montréal. La loi 21 aurait « été adoptée aux dépens du droit, dans le mépris des tribunaux », rien de moins. Il a tort sur tous les tableaux.

Je lui répondrai sur le terrain du droit, auquel il trouve des vertus soudaines alors qu’il fut totalement occulté du rapport Bouchard-Taylor, axé sur une sociopsychologie nouvelâgeuse qui n’a guère porté ses fruits.

La Loi sur la laïcité de l’État, loin d’être le résultat « d’une usure du débat et de la fatigue des citoyens », matérialise un exercice de souveraineté parlementaire attendu de longue date, puisqu’elle constitue le septième projet de loi sur cette question présenté à l’Assemblée nationale depuis 2008.

Élément significatif que l’on n’entend guère : la loi 21 est avant tout génératrice de droits. Tous les citoyens du Québec sont dorénavant titulaires d’un droit fondamental à des institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires laïques, ainsi qu’à des services publics laïques. Un grand pas qui bénéficie à tous, sans clivage.

La laïcité est la condition essentielle du pluralisme religieux et spirituel, et elle protège de ce fait les droits des minorités religieuses. Mais il essaie de lui faire dire le contraire. La laïcité marque la consécration de l’État de droit, car elle est l’affirmation qu’aucune loi de nature extérieure ne peut prévaloir sur celle établie démocratiquement par la société civile.

Souveraineté populaire

Contrairement au sens commun libéral dont Gérard Bouchard est un chantre de prédilection, la liberté ne s’affirme pas toujours contre l’État ; c’est au contraire grâce à l’État et à la notion de souveraineté populaire que la prééminence de la nation politique sur les Églises a pu prendre corps et faire en sorte que la liberté de croire et de ne pas croire soit enfin reconnue et, avec elle, l’égalité de tous les citoyens et citoyennes, sans distinction d’origine ou de conviction spirituelle.

À titre d’illustration, le Québec célébrait en 2019 les 50 ans de l’avènement du mariage civil, ce qui est révélateur de la longue quête des non-croyants pour un statut égal à celui des croyants. Thérèse Casgrain a encore une fois porté le flambeau de cette cause, en défendant du même souffle une législation civile sur le divorce.

Selon le droit constitutionnel existant, le principe de laïcité et de neutralité religieuse de l’État est une dimension essentielle du droit à la liberté de religion. En 2015, dans l’affaire Mouvement laïque québécois, la Cour suprême, dans une rare décision unanime en ce domaine, a déclaré que « l’obligation de neutralité religieuse de l’État relève d’un impératif démocratique ». Et, traçant les contours de l’obligation de neutralité de l’État en matière de liberté de conscience et de religion, elle a opté pour la neutralité réelle et apparente et a rejeté le concept de neutralité bienveillante qui correspond à la « laïcité ouverte » que préconisait le rapport Bouchard-Taylor. La loi 21 donne enfin un socle à ce principe dans une loi fondamentale.

Tout récemment, dans l’affaire Trinity Western University de 2018, la Cour suprême du Canada a confirmé que l’État ne pouvait accréditer une pratique religieuse susceptible d’entraver d’autres droits concurrents. Ce faisant, elle a déclaré que « les restrictions d’importance mineure à la liberté de religion constituent souvent une réalité incontournable pour le décideur dans le cadre de l’exercice du mandat que lui confie la loi dans une société multiculturelle et démocratique ».

Trêve sociale

Nous estimons légitime le recours par le législateur aux dispositions dérogatoires, qui font partie intégrante des chartes des droits, et cela tant dans l’optique d’une trêve sociale sur cette question que dans le but d’accorder des droits acquis aux enseignants qui portaient déjà des signes religieux.

Bien que cet idéal philosophique démocratique qu’est la laïcité soit avant tout fondé sur un dispositif politique et juridique, il témoigne également de l’identité d’un peuple, car il matérialise sa trajectoire historique d’ouverture. Pour preuve, le quotidien Le Monde publiait en janvier 2019 les résultats d’un sondage tenu par l’Observatoire de la laïcité, organisme public chargé d’aider le gouvernement français à appliquer ce principe : « Globalement, l’enquête témoigne que la laïcité est vue par beaucoup comme un principe structurant de la vie publique. Elle “fait partie de l’identité de la France” pour 77 % (contre 13 % d’avis contraire) ; c’est un “principe républicain essentiel” pour 69 % (contre 16 %) ; elle n’est “ni de droite ni de gauche” pour 79 % (contre 9 %). »

69 %
C’est, selon un sondage de l’Observatoire de la laïcité en France, la part de Français qui considèrent que la laïcité est un «principe républicain essentiel».

La raison laïque témoigne de l’esprit qui a présidé à l’élaboration des chartes des droits. Elle implique que le religieux doit s’humaniser, ne plus aspirer à sa seule vérité dans une société pluraliste et dépasser son simple dogme. Ceci est garant d’un espace de médiation entre les citoyens dans la société, qui invite à aller vers l’Autre. L’ouverture au pluralisme doit être le fait de tous, y compris les employés de l’État qui portent des signes religieux.

L’engendrement de la laïcité grâce à la loi 21 fait pleinement entrer le Québec dans son Histoire et pose les fondations du Québec du XXIe siècle. Plutôt que de nous confiner à l’instantanéité des passions, cette loi sera féconde pour nourrir la cohésion sociale et équilibrer la conversation civique et spirituelle.

Je terminerai en citant deux philosophes de la laïcité, qui ne sont certes pas issus du sérail du Québec régional, objet du mépris de Gérard Bouchard. Pour Hannah Arendt, « la liberté religieuse implique davantage que la liberté de croire : l’émancipation de la politique vis-à-vis de la religion ». Pour Albert Camus, qui rejoint là un élément central de la loi 21, « puisque l’enseignement est le fait de l’État, l’État ne peut enseigner ou aider à enseigner que des vérités reconnues de tous. Il est possible ainsi d’imaginer une instruction civique fournie par l’État ».

67 commentaires
  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 janvier 2020 06 h 04

    Paradoxe


    En somme, la loi 21 serait génératrice de droits... qui existaient déjà, comme les nombreux exemples qu'elle en donne l'illustrent. Tout ce que cette loi «matérialise» et «engendre», c'est un dispositif qui réduit de manière autoritaire l'exercice de ces droits à un dispositif d'interdictions et de permissions sur la seule foi du bon plaisir d'une majorité fantasmée. Loin qu'elle donne un «socle» au principe de laïcité, elle le transforme en instrument politique par lequel une religion d'État peut enfin réclamer pour elle seulle la légitimité à l'encontre de toutes les autres, confinées à la sphère privée sans avoir à se demander constamment si des droits reconnus par notre propre charte ne seraient pas compromis. Bravo.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 janvier 2020 08 h 13

      "Loin qu'elle donne un «socle» au principe de laïcité, elle le transforme en instrument politique par lequel une religion d'État peut enfin réclamer pour elle seule la légitimité à l'encontre de toutes les autres, confinées à la sphère privée." RMD

      L'interdiction de manifester sa préférence religieuse par certains employés de l'État en fonction n'est pas la manifestation d'une religion d'État. Il s'agit d'une interprétation de la manière pour l'État d'appliquer le principe de la neutralité religieuse de l'État.

      Lorsque cette interdiction se limite à certains employé.es de l'État en fonction, voire, même si elle s'appliquait à l'ensemble des employé.es de l'État en fonction, il ne s'agit pas d'un confinement à la sphère privée. Toute autre personne, y compris les employés de l'État visés non en fonction, gardent la liberté d'exprimer leur religion dans la sphère publique.

    • Eric Ouellet - Abonné 25 janvier 2020 09 h 12

      Religion d'état?!?
      Peut-être.....si vous voulez.....mais on appelle cela la laïcité!
      Et ce principe démocratique.....qui a l'autorité d'avoir été intégré dans la charte québécoise....protège toute les religions!
      Cordialement..

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 janvier 2020 10 h 17

      Bravo, madame Latour, pour votre réponse juridique à ceux et celles qui ne comprennent pas l'objective démocratique de la loi 21 sur la laïcité. En effet, aucune religion n’exige le port de signes religieux. Le voile est le port étendard par excellence de l'islam politique pour propager l'intégrisme wahhabite de l'Arabie saoudite. C'est du prosélytisme silencieux de la religion.
      «Le Grand Mufti d’Al Azhar et interprète officiel du droit musulman, Mohamed Tantaoui, avait répondu: «le musulman vivant en Occident doit se conformer à la loi de son pays d’adoption, incluant la laïcité», Fatima-Hoda Pepin.
      L'ouverture et l'inclusion doivent se faire des deux côtés. La société d'accueil a déjà fait sa part avec la déconfessionnalisation des écoles et en enlevant la croix de l'Assemblée nationale. C'est le tour des intégristes de faire leur part de réciprocité pour le bien vivre ensemble.

    • Bernard Dupuis - Abonné 25 janvier 2020 11 h 52

      La carte et le territoire

      Ce n’est pas la première fois que les défenseurs absolutistes des droits individuels affirment que la laïcité de l’état existait même avant la loi 21. Toutefois, il faut distinguer, comme le dit madame Latour, entre laïcité réelle et apparente et laïcité théorique et « ouverte ». C’est la même distinction que l’on retrouve au gouvernement fédéral relativement à la loi sur les langues officielles. Chaque année, le commissaire aux langues officielles démontre que cette loi n’est en fait que théorique. Comme pour ce qui est du bilinguisme au fédéral, la laïcité au gouvernement du Québec, avant la loi 21, était loin d’être complète. Il ne faut pas prendre la carte pour le territoire, la théorie pour le fait.

      Pour les éternels adversaires de la loi 21, la laïcité ne serait pas un droit fondamental, mais serait devenue une religion d’État. Ainsi, il n’y aurait plus de différence entre laïcité et « religion d’État ». Il y a là une ignorance de ce qu’est une véritable religion. Essentiellement, une religion est la croyance en un monde surnaturel et en un grand maître de l’univers.

      Enfin, quel est l’article de « notre propre chartre » qui donne le droit d’imposer les symboles religieux de certains à l’ensemble de l’état ? Le costume laïque est celui qui est reconnu par tous, comme c'est le cas des vérités reconnues par tous au sens de Camus.

      Madame Latour montre le véritable paradoxe auquel font face les défenseurs absolutistes des droits individuels. Comment défendre une ouverture au pluralisme, favorisé par une large partie de la population, et en même temps promouvoir une aristocratie religieuse?

      Il faut admirer madame Latour pour un texte aussi logique que lumineux.

      Bernard Dupuis, 25/01/2020

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 25 janvier 2020 12 h 27

      Bravo M. Dupuis pour ce commentaire lisible comme toujours.

      D'accord aussi avec votre dernière ligne

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 janvier 2020 13 h 31

      @B Dupuis
      Plus :plus "laïciste" que ça, tu meurs !

      Je suis pour la laïcité , je suis pour la loi 21, qui ne va pas assez loin selon moi, mais je suis autant opposé à la laïcité "ouverte" qu'à la laïcité "laïciste" "
      Quand je lis "Enfin, quel est l’article de « notre propre chartre » qui donne le droit d’imposer les symboles religieux de certains à l’ensemble de l’état ? Le costume laïque est celui qui est reconnu par tous, comme c'est le cas des vérités reconnues par tous au sens de Camus." je me demande : voulez vous interdire le port de signe religieux dans l'espace public qui n'est pas sous l'autorité de l'État ? Dans la rue? Dans les parcs vous impose-t-on la vue de signes religieux ? Êtes vous pour un costume laïque ? Un uniforme pour tous et toutes ? La vérité désignée à la majorité ? 1984 de Orwell vous connaissez ?Brrrrrr ça jette un froid!

      Pierre Leyraud

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 janvier 2020 14 h 30

      « Il y a là une ignorance de ce qu’est une véritable religion. Essentiellement, une religion est la croyance en un monde surnaturel et en un grand maître de l’univers. »

      Merci de me le rappeler, mais vous conviendrez qu'il est peu problable que cela m'ait échappé. On a beau est ignorant, pas à ce point. Ceci dit, essentiellement, une religion, c'est aussi une conception du monde articulée sur un dogme partagé par des adhérents et qui les oppose ensemble à d'autres visions dogmatiques. Sans vouloir tirer à moi les très intéressants propos de Pierre Leyraud, la conclusion de madame Latour me semblait symptômatique d'un « laïcisme » dont les prétentions hégémoniques sont d'autant plus préoccupantes qu'elles se réclament de la vérité-reconnue-par-tous comme si ce «tous» en garantissait l'inocuité.

    • Marc Therrien - Abonné 25 janvier 2020 15 h 17

      Effectivement, M. RMD. Dans mon dictionnaire à moi, le « Nouveau Petit Robert 2008 », le premier niveau de définition du mot religion correspond à celle que vous donnez en d’autres mots. J’y joins cette citation qui l’accompagne : « la religion n’est ni une théologie ni une théosophie; elle est plus que tout cela : une discipline, un joug, une loi, un indissoluble engament »- Joseph Joubert. Ainsi, une religion peut se passer d’une divinité surnaturelle pour relier entre eux ceux qui adhèrent à un principe supérieur d’organisation sociale.

      Marc Therrien

    • Carmen Labelle - Abonnée 25 janvier 2020 16 h 19

      Bon voilà le prof de philo qui s'improvise spécialiste du droit et contredit une avocate qui a été bâtonnière du barreau. Faut le faire

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 janvier 2020 17 h 20

      Monsieur Labelle, ce dont vous rendez compte, c'est des motifs allégués par le législateur. À mon avis, ils ne sont que des justifications de surface, des prétextes dont on se sert pour instaurer un régime d'interdictions ciblées. Il se peut que je me trompe, mais il me semblait que le texte de Julie Latour allait tout à fait dans le sens de mes inquiétudes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 janvier 2020 21 h 10

      Puéril, madame Labelle.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 07 h 42

      "À mon avis, ils ne sont que des justifications de surface, des prétextes dont on se sert pour instaurer un régime d'interdictions ciblées." RMD

      Il s'agit là d'un procès d'intention. J'ai comme politique générale d'éviter les procès d'intention. À la limite, même si on est davantage dérangé par le port d’un signe relié à une religion plutôt qu’à une autre, la loi s'applique au port de tout signe religieux apparent de toute religion de toute façon.

      Si demain matin, par exemple, il y avait plus de demandes pour des postes visés par des hommes juifs ou sikhs que par des femmes musulmanes, la loi s'appliquerait tout autant à ces hommes.

      Le procès d’intention n’apporte donc rien à la discussion quant à savoir si cette loi est désirable ou non.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 07 h 46

      "(...) il me semblait que le texte de Julie Latour allait tout à fait dans le sens de mes inquiétudes." RMD

      On peut ne pas être d'accord avec Mme Latour, mais je ne vois rien dans son texte qui permette d'y voir autre chose qu'un plaidoyer en faveur de l'interdiction du port de tout signe religieux par des employé.es de l'État en fonction. Je ne vois rien dans son texte qui favorise davantage cette interdiction quant à une religion plutôt qu'à une autre.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 26 janvier 2020 11 h 50

      Merci Mme Latour pour votre propos clair et dénué de «justifications de surface, de prétextes dont on se sert pour instaurer un régime d'interdictions ciblées».

    • Bernard Dupuis - Abonné 26 janvier 2020 11 h 59

      @ Messieurs Leyraud, Maltais Desjardins et Therrien

      Dans son interprétation de mon texte, M. Leyraud en vient à confondre « espace public », « la rue », « un parc » avec ce que j’appelle « l’état ». Pourtant, nous sommes dans le contexte des discussions relatives à la loi 21 qui a toujours parlé de l’état au sens organisationnel. On parle de l’état au sens d’un ensemble d’institutions exerçant une autorité gouvernementale.

      Une deuxième confusion porte sur la notion de costume laïc. M. Leyraud confond costume et uniforme. Dans le contexte québécois, un costume est un ensemble de vêtements composé librement contrairement à l’uniforme où le vêtement est imposé. Dans le cas de costume laïc, on comprend que le vêtement ne doit pas être caractérisé par un symbolisme religieux.

      Enfin, M. Leyraud utilise son argument massue consistant à m'associer à George Orwel. Comment appelle-t-on ce genre d’insultes utilisées par certains internautes à court d’arguments?

      La définition de la religion de M. Maltais Déjardins est peut-être plus savante que la mienne, mais ne l’invalide pas.

      En ce qui concerne la définition de M. Thérien, qui se veut encore plus sophistiquée, elle ne correspond pas aux grandes religions présentes sur le territoire québécois. Toutes ces religions, chrétiennes, juives musulmanes croient à une divinité surnaturelle. De plus, aucune d’entre elles n’est principe d’organisation social, car ce dernier est l'apanage de l'état qui se veut le plus laïc possible.

      Que de confusions dans ce débat sur la loi 21!

      Bernard Dupuis, 26/01/2020

    • Carmen Labelle - Abonnée 26 janvier 2020 12 h 10

      RMD non pas pueril, mais une simple constatation; les cathos de ce monde diraient «quand quelqu'un se pense plus catholique que le pape». Vous n'acceptez jamais que quelqu'un puisse être plus compétent que vous. Dans ce cas-ci , en matière de droit , l'ex-bâtonière du Québec doit en savoir pas mal plus que vous

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 26 janvier 2020 12 h 52

      @ B Dupuis
      Que de confusuions en effet!
      L'espace public, la rue, les parcs font parlie de ce qn'ON appelle l'État...libre à vous de réduire l'État à son aspect institutionel (organisationel ??)
      Un costume sur lequel on impose une contrainte s'appelle un uniforme.

      Vous associer à G Orwell ? L'idée m'en est jamais venue à l'esprit. Par contre associer votre idée de costume laïc à 1984 de G Orwlle ,oui !
      Où est l'insulte ?
      Pierre Leyraud

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 janvier 2020 13 h 43

      Monsieur Dupuis, il ne s'agit pas de confusion sur des faits mais de désaccords sur des principes. Ainsi par exemple, une définition de l'espace public qui en exclut d'office le périmètre de la fonction publique n'est pas un donné de fait mais une norme dont nous décidons. A mon point de vue, il en fait partie, de sorte que cette exclusion est, pour moi, un confinement au moins partiel à l'espace privé. Je le regrette, d'autres trouvent que l'État ne va pas encore assez loin dans cette direction.

      De même, la distinction entre uniforme et costume n'est pas si évidente, dès lors que le costume est soumis à des règles, qui ne sont pas qualitativement différentes des prescriptions d'uniforme. Nous ne placerions pas la norme au même endroit.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 14 h 34

      "une définition de l'espace public qui en exclut d'office le périmètre de la fonction publique " RMD.

      Ce n'est pas l'espace qui est en cause, mais le champ des relations contractuelles entre employeur et employé. Il est vrai que le périmètre de la fonction publique peut faire partie de l'espace public - l'usager d'un service public, qui prend l'autobus par exemple, ou qui va chercher son permis de conduire. La dynamique n'est pas la même pour le chauffeur ou la préposée au permis dans sa relation avec l'employeur. L'employeur a un lien de subordination avec l'employé auquel n'est pas sujet la personne qui se promène dans la rue ou dans le parc en-dehors de ses heures de travail par exemple.

      "la distinction entre uniforme et costume n'est pas si évidente"

      La distinction entre uniforme et costume n'est pas pertinente à la discussion. Qu'un employeur interdise à son employé.e de porter un signe religieux ou d'aller travailler en costume de bain n'a rien à voir avec le port d'un costume ou d'un uniforme obligatoire. Interdire un accessoire ou certaines façons de s'habiller laisse l'entière liberté parmi un grand ensemble de ce qu est permis. Rendre le port d'un uniforme ou d'un costume obligatoire c'est demander à quelqu'un de s'habiller d'une manière précise.

      En fait, l'obligation de porter un signe religieux par une religion s'apparente davantage au port d'un uniforme par les pratiquant.es de cette religion que l'interdiction de le porter - car il s'agit de rendre obligatoire quelque chose, ce qui est différent d'interdire une chose précise.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 14 h 37

      "À mon avis, ils ne sont que des justifications de surface, des prétextes dont on se sert pour instaurer un régime d'interdictions ciblées." RMD.

      Il s'agit là d'un procès d'intention. Si demain matin, par exemple, il y avait plus de demandes pour des postes visés par des hommes juifs ou sikhs que par des femmes musulmanes, la loi s'appliquerait tout autant à ces hommes. Si vous affirmez que l’on vise un groupe ciblé, il vous faut assumer le fardeau de preuve que l’on n’appliquerait pas la loi dans cette dernière hypothèse. Bien entendu, un tel fardeau de preuve ne peut être relevé. On ne peut donc pas une affirmation crédible, ou minimalement, pertinente, basée sur un tel procès d’intention.

      De toute façon, même si par miracle vous aviez des pouvoirs télépathiques et en plus pouviez démontrer le résultat de votre enquête, le procès d’intention n’apporte rien à la discussion quant à savoir si cette loi est désirable ou non. En ce que les raisons pour vouloir l’interdiction des signes religieux demeurent les mêmes pour les personnes qui ont cette position et quant auxquelles on pourrait avoir la certitude absolue qu’elles ne sont pas disposées à l’interdire plus ou moins pour une religion que pour une autre.

    • Bernard Dupuis - Abonné 26 janvier 2020 15 h 59

      @M. Maltais Desjardins

      Quand je parle de confusion, c’est de confusion dans les termes. Par exemple à quoi réfère-t-on quand on parle d’état et d’espace public (un parc, une rue, selon M. Leyreaud)? À quoi réfère-t-on quand on parle de costume laïc et d’uniforme? À quoi réfère-t-on quand on parle de vérité (révélée? Scientifique?) et de décisions démocratiques? Pour répondre à ces questions, il me semble qu’un bon dictionnaire ferait l’affaire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 janvier 2020 18 h 00

      "Loin qu'elle donne un «socle» au principe de laïcité, (la loi 21) le transforme en instrument politique par lequel une religion d'État peut enfin réclamer pour elle seulle la légitimité à l'encontre de toutes les autres, confinées à la sphère privée..." - RMD

      Comme l'explique Me Latour, la Cour Suprême "a opté (dans un jugement en 2015) pour la neutralité réelle et apparente et a rejeté le concept de neutralité bienveillante qui correspond à la « laïcité ouverte » que préconisait le rapport Bouchard-Taylor." Cela a le mérite d'être clair. Aussi, par conséquent, on peut raisonnablement anticiper que dans la foulée de ce jugement cette même Cour rejettera les arguments des opposants à la loi 21... et aussi les vôtres.

      La juriste poursuit: "La raison laïque témoigne de l’esprit qui a présidé à l’élaboration des chartes des droits. Elle implique que le religieux doit s’humaniser, ne plus aspirer à sa seule vérité dans une société pluraliste et dépasser son simple dogme. Ceci est garant d’un espace de médiation entre les citoyens dans la société, qui invite à aller vers l’Autre. L’ouverture au pluralisme doit être le fait de tous."

      Le dogme religieux étant dans son essence une vérité qu'on ne peut mettre en doute, il constitue par sa nature même un obstacle formidable à tout dialogue conséquent. Une société hétérogène, où les diverses communautés restent enfermées dans des croyances dogmatiques potentiellement conflictuelles, risque de devenir dangereusement statique, n'étant capable d'aucune évolution vraiment significative. Loin de constituer une "nouvelle religion", la relativisation des dogmes religieux dans l'espace laïque et son acceptation par les divers protagonistes apporte aux mentalités le dynamisme nécessaire pour entreprendre une véritable discussion au sein d’une société plurielle désirant évoluer d'une manière positive.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 19 h 58

      Pardonnez les doublons - beaucoup d'interventions postérieures à la mienne ont été publiées avant - et je me suis mis à douter de si je les avais envoyées. Mes excuses. Je noterai plus attentivement la prochaine fois.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 janvier 2020 21 h 57

      Monsieur Labelle, de grâce, ne jouons pas les purs comme si les procès d'intention émanaient de ceux qui ne sont pas d'accord avec nous. Vous aurez beau dire qu'il n'y a pas d'intention particulière dans le fait qu'une loi s'applique à un groupe plus qu'aux autres, on vous laissera vous conforter dans votre sentiment intime... mais on notera que les effets sont ceux qu'ils sont. Je ne demande à personne de souscrire à mes vues, mais il y a des limites à prétendre les contredire par des « faits » qui ne sont que la traduction de vos propres choix...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 janvier 2020 22 h 00

      Monsieur Dupuis, je suis bien heureux que vous évoquiez les «bons vieux dictionnaires» parce qu'en effet, ce qu'ils disent, ce n'est pas ce que les choses sont en elles-mêmes mais ce dont les locuteurs d'une langue conviennent ensemble pour toutes sortes de motifs. Nos définitions rendent compte des normes auxquelles nous souscrivons et non du réel en personne. Nul ne consulte les dictionnaires pour valider une déclaration d'amour.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 22 h 15

      L'employé municipal qui nettoie un parc a un lien de subordination avec son employeur, même s'il agit dans l'espace public. La question est de savoir si la neutralité religieuse que doit manifester l'État rend légitime que l'État lui demande de ne pas porter de signe religieux.

      La ou le quidam qui, en-dehors de ses heures de travail, est dans la salle d'attente de la Société de l'assurance-automobile pour aller chercher son permis est dans le périmètre de la fonction publique. Pourtant, n'ayant pas de lien de subordination avec le gouvernement du Québec, elle ou il n'est pas tenu de ne pas y afficher de signe religieux, contrairement aux employé.es qui y travaillent.

      Ne nous troublons donc pas avec ces questions d'espace dans la discussion.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 janvier 2020 22 h 15

      Monsieur Morin, en passant je n'ai pas eu le temps de vous dire que j'ai apprécié le dernier commentaire de la discussion de l'autre jour. Il y a des interactions seulement irritantes. Celles avec vous présentent un défi ou avec un peu de modestie on peut espérer accéder à plus de sagesse. Je vous en remercie bien cordialement.

      Ceci dit, quand vous parlez ici de « relativisation des dogmes », il me semble qu'il faut prendre garde à nous protéger seulement dans toute la mesure du nécessaire des effets pratiques qu'entraîneraien les aspects dogmatiques de la croyance, mais seulement de cela. En clair, si une femme musulmane porte un voile, ce n'est pas un signe univoque d'une volonté d'imposer un dogme, sauf si on décrète d'entrée de jeu que cela sera le cas. En effet, dans ces conditions, la persistance à vouloir l'arborer pourra éventuellement dénoter une telle intention... un peu à la manière dont le port des cheveux longs pouvait autrefois être interprété comme un geste de rébellion parce que les parents avaient institué ces interprétation comme une norme prétendument objective.

      Par ailleurs, comme d'autres l'ont souligné, cette iinjonction à «humaniser la croyance» de manière à la conformer aux «vérités de tous» n'a pas pour effet d'éloigner les croyances, mais seulement d'établir une hiérarchie où toutes idoles seraient déboulonnées au profit d'une seule. Je ne dis pas que ce soit intentionnel ni malveillant, mais on ne peut nier que la loi 21 fonctionne exactement comme les préceptes d'un nouveau catéchisme dont on apprend seulement les répons, pour un bon nombre de ceux que j'appelle « laicistes ».

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 23 h 35

      "Pourtant, n'ayant pas de lien de subordination avec le gouvernement du Québec, elle ou il n'est pas tenu de ne pas y afficher de signe religieux, contrairement aux employé.es qui y travaillent." RL

      En fait, la L21 permet à ces employés de porter un signe religieux - changeons donc l'exemple pour une réunion de parents d'élève du primaire avec le ou la prof de la classe.

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 janvier 2020 07 h 39

    À chacun sa vérité ?

    Je partage beaucoup de points de vue de madame Latour, mais quand je lis:"La raison laïque témoigne de l’esprit qui a présidé à l’élaboration des chartes des droits. Elle implique que le religieux doit s’humaniser, ne plus aspirer à sa seule vérité dans une société pluraliste et dépasser son simple dogme." je m'inquiète d'une possible dérive "laîciste".
    Je pense que la laïcité c'est d'abord et avant tout la séparation de la religion et de l'État, ce qui veut aussi dire que les affaires de l'État restent dans les mains de l'État, mais aussi que le religieux reste l'affaire des religions. Sinon, on est en droit de s'attendre à une certaine réciprocité ddans les ingérences. Si on demande à la religion " de ne plus aspirer à sa seule vérité" pourquoi, à son tour, la religion ne demanderait-elle pas à la raison de faire de même. Veut-on un retour à l'époque des 'deux vérités" ou à celle de "l'équivalence des hypothèses" ? La vérité ou plutôt le cheminement vers la vérité doit rester l'affaire de la raison et celle des affirmations dogmatiques celle des religions. Par ailleurs, je suis profondément athée mais je pense qu'une des forces de la laîcité c'est qu'on peut être croyant et être pour la laîcité. Pour cette raison, mais aussi pour le principe de laïcité en géneral, la "raison laïque " ne doit pas demander aux religions de "dépasser son simple dogme", car c'est demander à une religion de ne plus être une religion et cela ne fait pas partie des objectifs de la laïcité. De plus, faire une telle demande c'est donner des armes aux adversaires de la laîcité.

    Pierre Leyraud

  • Raymond Labelle - Abonné 25 janvier 2020 08 h 02

    La question de la laïcité devrait être dissociée de la question identitaire

    Le débat devrait porter sur seulement ce que l’on croit être les meilleures modalités de la relation entre l’État et les religions, en faisant abstraction de si oui ou non telle ou telle position correspond à la position prise par la majorité des membres de tel ou tel groupe, réel ou imaginaire.

    Le fait qu’une majorité de tel ou tel groupe soit pour ou contre telle position ne nous apprend rien sur sa justesse.

    On sait que l’argument identitaire est utilisé à l’appui de la L21. Dans le ROC, l’argument identitaire n’est pas non plus totalement absent de l’opposition qu’on y trouve, un certain attachement à une certaine interprétation de la Charte étant vue comme un élément de l’identité canadienne. La L21 serait « so uncanadian » : les libertés publiques et la Charte sont devenus des éléments d’identification nationale canadienne dans le ROC.

    Les gens qui appuient la L21 ou même des mesures plus radicalement laïques pour les États fédéral, provinciaux et municipaux dans le ROC n’invoquent aucun argument identitaire, mais seulement les fondements de leur position, comme par exemple la Canada Humanist Association.

    Inversement, les opposants à la L21 au Québec, de façon générale, n’invoquent pas l’argument identitaire, voire regrettent l’association de la L21 à la question identitaire.

    Le débat serait plus sain si on s’en tenait aux fondements des différentes positions en faisant abstraction de la question identitaire.

    • Marc Therrien - Abonné 25 janvier 2020 15 h 43

      On voudrait (peut-être) bien, mais comment renverser la vapeur d’émotions créée par François Legault lui-même? Qu’on se souvienne des déclarations suivantes rapportées dans les pages de ce journal, dans un article signé par Marco Bélair-Cirinoà le 27 mars 2019 intitulé : « Legault fait de la laïcité une question de protection de l’identité » :

      « Ce n’est jamais une décision facile, mais je pense qu’il faut protéger notre identité », a-t-il poursuivi, à moins de 48 heures du dépôt probable du projet de loi sur la laïcité. À ses yeux, la protection de « notre identité » passe par une interdiction du port de signes religieux pour les agents de l’État en position de coercition — policiers, constables spéciaux, gardes du corps, procureurs, juges, gardiens de prison — ainsi que les directeurs et les enseignants des écoles primaires et secondaires publiques. Selon lui, la « séparation du gouvernement et de la religion », aujourd’hui chère à la nation québécoise, doit se refléter dans la tenue vestimentaire des agents de l’État. »

      Il est clair que François Legault n'est pas amateur de théorie ni un adepte de la pensée abstraite.

      Marc Therrien

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 07 h 59

      Que François Legault ou quiconque invoque de mauvaises raisons pour appuyer cette loi ou que d'autres personnes invoquent de mauvaises raisons pour la rejeter, c'est à chacun d'évaluer quelles seraient les bonnes ou les mauvaises raisons de l'appuyer, de la rejeter ou de la modifier d'une manière ou d'une autre. Et si ce chacun veut discuter et partager, de soumettre ses évaluations à la discussion. C'est tout ce qu'on peut faire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 janvier 2020 22 h 26

      Monsieur Labelle, si on conteste le principe de la loi, vous affirmez qu'elle ne vise pas ce qu'on lui impute. Mais si on vous amène des arguments probants à l'égard des intentions déclarées du PM, vous prêchez pour une ouverture au dialogue qui n'a pour seul mérite que de banaliser pudiquement ce qu'on vous montre. Bref, votre jupon dépasse un tout petit peu...

    • Raymond Labelle - Abonné 26 janvier 2020 23 h 29

      Que X invoque l'identité québécoise, que Y invoque son aversion pour les musulmans ou que Z invoque son aversion pour les sikhs sont des mauvaises raisons pour appuyer la loi et on peut le dire, mais le fait que X, Y ou Z aient de mauvaises raisons de l'appuyer n'est pas en soi une bonne raison pour la rejeter. Comme on dirait en anglais: "two wrongs don't make a right". Voilà ce que je dis. Identifier clairement la question pertinente me semble un exercice utile et nécessaire et non pas " banaliser pudiquement" ce qu'on me montre.

      La seule question pertinente est la suivante: si on accepte le principe de la séparation de la religion et de l'État, est-il légitime que l'État interdise à ses employés le port de signe religieux, considérant que l'action de ses employé.es en fonction est l'expression de l'État, si l'État veut prétendre de façon conséquente être neutre religieusement? La question ici s'appilque seulement aux employés visés particulièrement par la loi, en gros, les enseignants du primaire et du secondaire et les employés de l'État ayant un pouvoir de répression physique.

  • Micheline Labelle - Abonnée 25 janvier 2020 09 h 24

    Micheline Labelle

    Non seulement la perspective juridique défendue par Bouchard ne tient pas la route comme le démontre Julie Latour, mais sa perspective sociologique est tout aussi déficiente. Répéter et entretenir ad nauseum une polarisation radicale entre la majorité ethnoculturelle (une notion inédite, passéiste, non sociologique) et les minorités, ceci ne tient pas la route non plus. Comme si le Québec était coupé en deux: des régions homogènes, sous=entendues arriérées, en faveur de la Loi 21 versus un Montréal diversifié, post moderne, contre la Loi 21. C'est faire fi des sondages qui ont démontré un appui considérable des minorités face aux accommodements raisonnables (ex. vers 2007-2008) et, plus récemmment, en faveur de la loi 21. C'est faire fi des positions informées et courageuses prises par des associations de minorités au cours des consultations préalables à l'adoption de la loi 21. Monsieur Bouchard ne digère pas que la Loi s'applique aux enseignants et enseignantes dans les institutions publiques. Et il cible les femmes musulmanes avec un regard misérabiliste et de relent missionnaire. Les femmes voilées qui se battent contre la Loi 21 (quelles que soient la signification qu'elles accordent au hijab) sont pro-actives et n'ont pas besoin qu'un sociologue les entoure de ses bras pour les défendre. D,autres s'en chargent pour des raisons qu'il vaudrait la peine d'analyser en profondeur.

    • Pierre Hurteau - Inscrit 25 janvier 2020 17 h 12

      Ce que M. Bouchard ne digère pas, c'est que la loi sur la laïcité fasse fi des droits fondamentaux protégés par les chartes, dont celle du Québec, un instrument juridique dont les Québécois se sont dotés. Les pays européens qui onmt adopté des politiques restrictives en matière de port de signes religieux ont vu dans certains cas leurs législations maintenues par la Cour européenne des droits de l'homme, lorsque le contexte le justifiait. Pourquoi alors avoir peur des tribunaux ?

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 janvier 2020 09 h 50

    Une autre dénaturation de la laïcité ?

    Madame Latour a tout a fait raison de parler de dénaturation de la laïcité faite par G. Bouchard lorsqu'il instrumentalise la laïcité pour en faire un outil accaparé par les "nationalistes" de M Legault. Cependant quand , dans son texte je lis , " raison laîque" et je lis que cette "raison laîque" implique que " le religieux doit s’humaniser, ne plus aspirer à sa seule vérité dans une société pluraliste et dépasser son simple dogme." je pense que madame Latour outrepasse les droits et les objectifs du principe de laïcité. Une dénaturation en vaut-elle une autre ?Je suis profondément athée et je pense que la loi 21 est un pas dans la bonne direction indiquée par le principe de laîcité. Mais de la même manière que je suis pour la laïcité sans adjectif, je suis pour la raison sans adjectif et pour la vérité sans adjectif. La base du principe de laïcité est la séparation des religions et de l'État. Cette séparation veut dire que la raison reste la raison , la fois reste la foi , la vérité reste la vérité et le dogme le dogme.
    Enfin, malgré tout le respect que j'ai pour A Camus, au rôle de l'État " à enseigner que des vérités reconnues de tous.", je préfère l'enseignement de l'utilisation de la raison et de l'esprit critique pour le cheminement vers la vérité.

    Pierre Leyraud