Le nationalisme de Legault nuit au Québec

«Le nationalisme de Legault sert aussi de cheval de Troie au néolibéralisme, même si on dit de lui qu’il n’est pas néolibéral», écrit l'auteur.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «Le nationalisme de Legault sert aussi de cheval de Troie au néolibéralisme, même si on dit de lui qu’il n’est pas néolibéral», écrit l'auteur.

Il en va du nationalisme comme du capitalisme. Les écoles de pensée étant multiples et contradictoires, il n’y a qu’une façon d’y voir clair : se demander à qui cela profite.

Un regard rapide sur le dernier siècle nous apprend que le capitalisme, surtout dans sa version néolibérale, et le nationalisme, sauf lorsqu’il a servi de ferment à la décolonisation, ont rarement profité aux moins fortunés des citoyens. L’erreur de ces derniers serait de croire qu’il n’y a pas d’alternative au premier et que la variante caquiste du second est à leur avantage.

Le moment révélateur du nouveau nationalisme québécois a été lorsque le premier ministre a déclaré avoir redonné la fierté aux Québécois. Pourtant, ni un projet de société exaltant ni quelque vision novatrice que ce soit ne sont à l’origine de ce noble sentiment. Celui-ci ne s’explique que par l’adoption de la loi sur la laïcité qui visait une communauté immigrante parmi les plus vulnérables et, de surcroît, peu nombreuse.

Il ne faut pas s’étonner si ni M. Legault ni les commentateurs politiques n’ont cherché à en dévoiler la cause. Il valait mieux que cela reste du domaine du sous-entendu, car à vaincre aux dépens des faibles, on triomphe sans gloire et dans la honte.

Nation

Pour ceux qui n’auraient pas compris de quel bois se chauffe le premier ministre, ils n’ont qu’à lire sa déclaration lors du congrès de l’aile jeunesse de son parti. En quatre phrases, « encaquées » dans un paragraphe, il résumait sa pensée ainsi : « lorsqu’on parle de société, il y a une société. Cela suppose qu’il y a une nation. Ça suppose qu’il y a une famille ». Et il terminait : « on n’a pas à être gênés d’être nationalistes » […].

Nous vivons une période de régression. De la nation civique et inclusive, fondée sur l’égalité de tous les citoyens, nous sommes passés à celle de nature ethnoculturelle […].

Ce nationalisme rabougri et mesquin, délesté de son horizon progressiste et de son idéal souverainiste, sert à évacuer de l’espace public le discours de classe et à substituer des leurres identitaires à des revendications sociales. Le plus inquiétant est que ce gouvernement est plébiscité par plus des deux tiers des francophones malgré les « demi-mesures », les promesses non tenues, la brutalité et l’incompétence démontrées dans les dossiers concernant l’immigration et sa conversion tardive — et peu convaincante — à la cause de l’environnement.

On ne peut même pas lui attribuer le mérite d’une saine gestion des finances publiques puisque les surplus résultent de la « couillardise » d’un neurochirurgien prostré devant le dogme néolibéral. Cette étonnante indulgence à l’égard du gouvernement Legault serait-elle due au fait qu’il a eu l’audace de faire enfin la job aux immigrants ?

Cheval de Troie

Le nationalisme de Legault sert aussi de cheval de Troie au néolibéralisme, même si on dit de lui qu’il n’est pas néolibéral. Rien d’étonnant à cela. Nous sommes désormais des poissons qui ne voient plus le bocal. Le succès de l’ordre néolibéral tient au fait que son hégémonie est totale, que nous sommes naïvement convaincus qu’il n’y a pas d’alternative et qu’il a réussi à nous inculquer ses manières de voir le monde.

Le néolibéralisme s’est installé à demeure depuis les années quatre-vingt, en Occident, et ce n’est pas une petite société comme la nôtre qui allait y échapper. Legault est l’actuel participant d’une course de relais précédé par Bouchard, Charest et Couillard. Jusqu’à maintenant, aucun n’a échappé le témoin. Il suffirait d’un ralentissement économique pour qu’il devienne aussi décomplexé comme néolibéral qu’il l’est comme nationaliste, lui qui déjà, en 2000, exigeait un contrat de performance de la part des universités comme si c’étaient des entreprises.

La phase la plus décisive de l’adaptation à la rationalité néolibérale a débuté avec la loi sur le déficit zéro et le Fonds des générations, une mystification démagogique et nouveau bas de laine anachronique, alors que la meilleure manière d’aider les nouvelles générations serait d’investir dans les institutions, piliers de l’État social, au lieu de les asphyxier pour faire place au privé […].

La performance de ses prédécesseurs dispense, pour le moment, le premier ministre de courir aussi vite qu’eux. Tout laisse croire, cependant, qu’il n’aura pas à rougir de sa contribution étant donné sa préférence pour les travailleurs immigrés temporaires donnés en pâture aux employeurs, le détournement d’une bonne partie des surplus vers le Fonds et la capitulation de son ministre des transports devant la multinationale Uber en la justifiant par une rhétorique on ne peut plus néolibérale de modernisation de l’industrie du taxi qui, comme par hasard, est surreprésentée par les immigrants.

Il n’y a pas de fatalité en histoire. Le Québec tel qu’il est n’était pas inéluctable. Ce que nous sommes est le résultat de rapports de forces disproportionnés, de la crédulité des dominés et de la ruse des dominants, de l’insatiable soif de pouvoir et de richesse d’un petit nombre, mais aussi d’idéaux lamentablement dégénérés en carrières. Le destin du Québec a été de tout temps de voler de ses propres ailes. Si on n’y prend garde, Legault en fera un de ces albatros « maladroits et honteux, [qui] laissent piteusement leurs grandes ailes blanches, comme des avirons, traîner à côté d’eux ». (Charles Baudelaire)

83 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 24 janvier 2020 03 h 09

    « la loi sur la laïcité qui visait une communauté immigrante parmi les plus vulnérables» (Marco Micone)



    Et selon vous, en voilant et en enturbannant nos fonctionnaires nous échapperions aux malheurs de votre litanie...

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2020 08 h 44

      @Mathieu Lacoste,

      Éliminez toutes les femmes voilées de notre système de santé et vous allez vous retrouver avec une liste d'attente de deux jours dans les urgences au Québec, pendant que nos vieux baigneront dans leurs fèces durant des heures en attendant d'être lavés dans nos CHSLD.

      - Quel beau sens des priorités.

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2020 11 h 47

      Vous faites du tort, monsieur Micone, à tous les immigrants/immigrantes, qui sont réfugiés chez nous, une société laïque, pour s'échapper au fascisme étatique de leurs pays d'origine.

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2020 13 h 59

      L'ouverture et l'inclusion, selon monsieur Monmarquette, se pratiquent d'un côté seulement, le côté de la société d'accueil. Par contre, les intégristes religieux ont le droit et le privilège de crier leur haine, leur l'homophobie et leur misogynie sur toutes les tribunes, sans qu’on les accuse d'un manque d'ouverture.
      Au lieu de favoriser l'intégration des nouveaux arrivants, on fragilise la cohésion sociale avec un sectarisme nocif qui contribue au morcellement de la société en silos ethniques. Deux poids deux mesurent.

    • Claudette Bertrand - Abonnée 24 janvier 2020 20 h 35

      @Montmarquette
      Comme d'habitude vous nous réservez vos arguments fallacieux. Les démagogues dans votre genre ne sont jamais en reste de sophismes qui rend stériles toutes discussions.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 janvier 2020 09 h 01

      La nationalisme de la CAQ nuit au Québec pcq il accepte que nous soyons une simple province. Mais vous avez raison de dire:"malgré les « demi-mesures », les promesses non tenues, la brutalité et l’incompétence démontrées dans les dossiers concernant l’immigration et sa conversion tardive — et peu convaincante — à la cause de l’environnement.".

      Je déplore, tout comme vous, l ’incompétence crasse de la gestion caquiste du dossier de l'immigration. Le pire: Legault appuie son ministre gaffeur.Pas trop rassurant: c'est le même ministre qui porte le dossier de la langue.Quelle crédibilité a-t-il?

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 janvier 2020 15 h 02

      "Les démagogues dans votre genre.. " - Claudette Bertrand

      Si j'étais un démagogue, je flatterais le peuple dans le sens du poil et j'endosserais ses préjugés pour le conforter dans son ignorance et courtiser son appui.

      Or, je fais exactement le contraire.

      Je critique le peuple pour sa naïveté de se laisser berner par des partis démagogiques qui le confortent dans ses préjugés et sur des enjeux insignifiants et qui se laisse tondre comme un mouton sur des enjeux économiques, sociaux et écologiques majeurs par des partis néolibéraux comme la CAQ.

  • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2020 03 h 41

    Au contraire, la laïcité est une idée universelle qui protège la liberté de conscience de tous les citoyens.

    C'est honteux, monsieur Micone, de comparer la loi sur la laïcité, une conception honorable de la Révolution tranquille, qui n'a rien à faire avec le nationalisme québécois, au néolibéralisme et à l'oppression des pauvres immigrants.
    Contrairement à votre sophisme, la laïcité protège les peuples, incluant les immigrants, de l'emprise de la religion. La laïcité protège toutes les religions dans la neutralité de l'état. La laïcité empêche les divisions mesquines des enclaves ethniques qui nuisent à l'égalité de tous les citoyens.
    La loi sur la laïcité ne vise pas les immigrants et les plus vulnérables comme vous l'accusez. Ce sont les groupuscules intégristes, financés par l'état barbare de l'Arabie saoudite, qui veulent semer la division et l'obscurantisme, avec leurs valeurs homophobes et misogynes, au lieu de l'universalisme citoyen favorisé par la majorité des immigrants. Tous les pays civilisés de ce monde ont instauré la laïcité, une idée universelle, pour protéger les citoyens de l'ingérence des intégristes religieux dans les affaires de l'État. Aujourd'hui, il y'a deux dangers dans le monde, le néolibéralisme et l'intégrisme religieux. Voulez-vous que le Québec devienne une société ingouvernable, comme le Liban, morcelée par les enclaves ethniques et religieuses?

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2020 08 h 34

      @Nadia Alexan,

      La laïcité de l'État n'est pas un athéisme d'État.

      Vous n'avez toujours rien compris.

      La laïcité n'est pas l'exclusion des religions, et encore moins la discrimination de certains citoyens en fonction de leurs croyances. C'est la séparation du pouvoir religieux du pouvoir politique; ce qui est déjà chose faite depuis la révolution tranquille au Québec. Aucune Église n'a de pouvoir sur l'État au Québec.

      Cessez donc d'essayer d'importer vos guerres de religions au Québec.

      La laïcité de l'État n'est pas un athéisme d'État, et encore moins des individus.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 janvier 2020 09 h 54

      Non, la laïcité n’est pas seulement la séparation du pouvoir religieux du pouvoir politique. C’est un principe humaniste qui fonde le régime des libertés et des droits humains sur l’impartialité du pouvoir civil démocratique dégagé de toute ingérence religieuse dans ses institutions qui inclut les écoles. La laïcité oblige l’État de droit à assurer l’égalité, la solidarité et l’émancipation des citoyens par la diffusion des savoirs et l’exercice du libre examen dans un environnement neutre et dépourvu d’accommodement déraisonnable et des symboles ostentatoires qui font la publicité de leurs idéologies politico-religieuses préférées. Et le grain de sable de toute cette mécanique orange, c’est le courage de passer du règne des communautarisations à celui de l’universalisme dans le respect de la diversité et du vivre-ensemble.

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2020 10 h 33

      C'est vous, monsieur Montmarquette, qui ne comprend rien. Voici ce que j'ai dit dans mon commentaire: «Tous les pays civilisés de ce monde ont instauré la laïcité, une idée universelle, pour protéger les citoyens de l'ingérence des intégristes religieux dans les affaires de l'État.» L'État doit être neutre en «fait» et en «apparence».
      Non, la laïcité n'était pas un fait au Québec avant la loi 21. En appuyant le fascisme religieux, vous essayez de justifier l'injustifiable, avec vos insultes personnelles par manque d'arguments.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2020 13 h 45

      @Nadia Alexan ,

      «Tous les pays civilisés de ce monde ont instauré la laïcité, une idée universelle, pour protéger les citoyens de l'ingérence des intégristes religieux dans les affaires de l'État.» - Nadia Alexan

      Autrement dit, vous êtes en train d'essayer de nous faire croire que sans la loi 21, ça faisait 50 ans que l'État du Québec vivait sous l'ingérence des intégristes religieux..? - Risible.

      Décidément, vous êtes victime de votre propre obsession.

      Aucune religion ne dicte aucun comportement au gouvernement au Québec depuis plus de 50 ans.

      Vous menez une guerre contre des moulins à vent, dont le seul résultat sera d'ostracicer les minorités culturelles, et en bonne partie des femmes, par dessus le marché!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 janvier 2020 13 h 51

      Autrement dit, monsieur Dionne, la « laïcité » dont vous parlez est la promulgation d'un dogme dont les prétentions à l'universalisme ne se justifient que par la diabolisations des autres visions du monde déclassées à titre de simples idéologies... quand elles ne sont pas carrément dangeureuses. Ainsi va le dogmatisme.

    • Marc Pelletier - Abonné 24 janvier 2020 14 h 35

      M. Cyril Dionne,

      Nous vivons dans un monde très, très matérialiste où le dieu $$$, s'est installé à demeure .

      Les québécois deviennent de plus en plus athés et ne croient ni à Dieu ni à Diable.

      Devant un tel constat, alors que les valeurs de notre société s'évaporent de plus en plus, que signifient vos propos alors que tous veulent vivre leur ciel sur terre ?

      La seule valeur qui résiste est celle de l'argent, quelles seraient l'utilité des vieilles valeurs sauf de nous aider à nous enrichir $$$ un peu plus ?

      Vous dites : "... régimes des libertés et des droits humains ".
      Vous ajoutez : "... celui de l'universalisme dans le respect des diversités et du vivre ensemble ".

      Il me semble lire un paragraphe du catéchisme du ministre Julien Barrette !

      Ce genre de discours est fort valable pour se faire élire et réélire, mais ce n'est que du vent : vous devez constater qu'il ne s'arrime à rien dans la réalité. Si je suis dans le champ, faites-moi la preuve du contraire.

    • Marc Therrien - Abonné 24 janvier 2020 16 h 41

      On sent qu’à mesure qu’il réfléchit fort fort fort sur ce sujet M. Dionne pourrait pousser plus haut et plus loin la réflexion au point de dépasser celle de Vincent Peillon développée dans son livre « Une religion pour la république : la foi laïque de Ferdinand Buisson » dont voici un extrait percutant : « Car toute l'opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l'Église. Non pas seulement l'Église catholique, mais toute Église et toute orthodoxie. Déisme humain, humanisation de Jésus, religion sans dogme ni autorité ni Église, toute l'opération de la laïcité consiste à ne pas abandonner l'idéal, l'infini, la justice et l'amour, le divin, mais à les reconduire dans le fini sous l'espèce d'une exigence et d'une tâche à la fois intellectuelles, morales et politiques.»

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2020 17 h 46

      À monsieur Monmarquette: le volet religieux du Cours ECR témoigne de l'ingérence de la religion dans les affaires de l'État. Les religieux ont tué l'esprit critique de nos enfants avec un endoctrinement qui les incitent à accepter les pratiques misogynes et homophobes de toutes les religions, au nom de la diversité.
      Ensuite, l'on a établi la Commission Bouchard/Taylor au coup de millions de dollars pour régler la crise des accommodements religieux et la promulgation de la Charia réclamée par les intégristes islamistes. C'est la Commission elle-même qui a recommandé d'interdire les signes religieux ostentatoires pour les fonctionnaires avec un pouvoir autoritaire.
      Alors, non, monsieur Monmarquette, la laïcité n'était pas déjà en vigueur pour les 50 ans après la Révolution tranquille. Les missionnaires intégristes vont toujours essayer de s'immiscer dans les affaires de l'État pour imposer leur propre obscurantisme sur tout le monde.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 janvier 2020 08 h 44

      @Nadia Alexan ,

      "Le volet religieux du Cours ECR témoigne de l'ingérence de la religion dans les affaires de l'État"- Nadia Alexan

      Les cours d'ECR enseignent l'existence et la culture de multiples religions et démontrent donc qu'il existe "plusieurs" croyances dans le monde, ce qui est exactement contraire du dogmatisme religieux, où chacune des religions prétend détenir le seul et l'unique Dieu, pour ne pas dire LA vérité.

      Quand à cette prétendue "crise" des accommodements raisonnables.. Elle a justement été montée en épingle par ce parti néolibéral de droite de l'ADQ aujourd'hui réincarné dans la CAQ qui poursuit son oeuvre. Ça ne vous allume pas une lumière Mme Alexan?

      Quant à Bouchard/Taylor, il ne s'agissait que les fonctionnaires investiw d'un pouvoir COERCITIF (policiers, juges et gardiens de prison) , qui ne portaient déjà pour la forte majorité, aucun signe religieux, alors Charles Taylors lui-même a changé de position.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 janvier 2020 09 h 35

      Madame Alexan confond volontairement ses craintes et la réalité. ECR n'est pas du tout conçu pour relayer et entériner quelque pratique que ce soit. Seulement pour rendre compte de leur existence. Il n'interdit pas l'exercice de l'esprit critique. Il le favorise au contraire. Évidemment, pour que cet exercice lui paraisse satisfaisant, il faudrait qu'il aboutissse aux mêmes conclusions, avec la même rigueur....ouf.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 janvier 2020 18 h 43

      Aux monsieurs Monmarquette et RMD: Lisez, s'il vous plait, le livre: «LA FACE CACHÉE DU COURS ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE» qui démontre avec beaucoup des exemples le manque d'un esprit critique. Selon Daniel Baril: «Ce cours obligatoire n’a rien de différent des anciennes leçons d’enseignement religieux.
      «Marie-Michelle Poisson ouvre l’ouvrage en brossant un survol historique de la genèse du cours ÉCR afin de montrer que ce cours visait principalement à maintenir les privilèges confessionnels et répondait aux efforts soutenus d’un lobby religieux qui a su, sous de nouvelles appellations, maintenir sa présence au sein du ministère de l’Éducation.»

  • Gilbert Troutet - Abonné 24 janvier 2020 04 h 24

    Excellente analyse

    Vous avez raison de souligner que « le néolibéralisme s’est installé à demeure depuis les années quatre-vingt, en Occident, et ce n’est pas une petite société comme la nôtre qui allait y échapper. Legault est l’actuel participant d’une course de relais, précédé par Bouchard, Charest et Couillard.» On avait vu naître pourtant, à l'époque des Lesage et Lévesque, un projet de société pour le Québec, qui avait permis par exemple la nationalisation de l'électricité. Le dogme du néolibéralisme, prôné notamment par Reagan et Thatcher dans les années 80, a fait dérailler ce projet et le Québec s'est trouvé emporté par ce mouvement de « libéralisation de l'économie », Depuis, le but d'une entreprise est de dégager du capital pour les actionnaires, pendant que le rôle de l'État est de privatiser ce qui rapporte. L'exemple de la France est instructif à ce chapitre : privatisation des télécommunications, de l'électricité, de la SNCF, etc. Un exemple à ne pas suivre.

  • Jérôme Faivre - Inscrit 24 janvier 2020 06 h 01

    Écrivailleries

    Encore un mal-comprenant qui a de la difficulté à saisir des notions finalement assez simples, comme la séparation de l'État et de la religion, la neutralité religieuse de l'État, l'égalité de tous les citoyennes et citoyens, la liberté de conscience et de religion. Je ne parlerai pas de la langue française...

    Et du coup, on joue le tourmenté insatisfait, donnant, comme un Dominic Champagne de service, une leçon et un sermon grandiloquents aux québécois et à leur Premier ministre.

    Le tout avec la prétention d'être l'Interprète illuminé du Souffle de l'Histoire: pathétique.

    Maladroit, car pas facile de retrouver ses petits dans ce salmigondis d'arguments confus, de clichés usés à la corde (ex: le succès de l’ordre néolibéral…), de lectures hâtives de l'information (qui est probablement aux mains du grand Kapital néolibéral) et de vieilles rancœurs bien émotives.

    Triste, quand on lit les quelques bribes de biographie sur l'Écrivain.

    Amusant , car l'albatros est rarement utilisé pour donner des noms d'oiseau.

  • Yvon Montoya - Inscrit 24 janvier 2020 06 h 53

    Excellente réflexion si évidente pourtant pour de plus en plus d’intellectuels et citoyens serieux, exigeants, en Europe comme partout dans le monde qui fait un bien fou a lire...merci.

    • Michel Cromp - Abonné 24 janvier 2020 10 h 16

      On en déduit, puisque cela vous fait un bien fou à lire, que vous vous autodéfinissez comme un intellectuel ou un citoyen sérieux et exigeant.
      Je ne puis être, selon cette même logique d'autoproclamation, qu'un pauvre citoyen ignorant. Je n'ai point trouvé la lumière dans ce triste chaos boursoufflé de mots. On retrouve dans votre commentaire la terrible suffisance de ceux qui savent.

    • André Labelle - Abonné 24 janvier 2020 12 h 24

      J'adhère complètement au commentaire de M. Cromp.

      «Un intellectuel est un type qui est rassuré quand il n'est pas
      compris.»
      [Pierre PERRET]

    • Marc Therrien - Abonné 24 janvier 2020 16 h 35

      Rassurez-vous M. Labelle et M. Cromp, les nombreux textes d’opinions qui n’en finissent plus de s’écrire sur la laïcité nationaliste du Québec ou le nationalisme laïc du Québec, c’est selon, pourraient faire dire encore à Jacques Ferron que « Le Québec, qu'on le prenne de tous bords, tous côtés, c'est une difficulté intellectuelle, une entité qu'on ne retrouve pas dans les livres des définitions ».

      Marc Therrien