M. Legault et la nationalisation de la laïcité

«Soustraire une loi à l’examen des tribunaux en faisant fi de la charte québécoise est un geste profondément antidémocratique», estime l'auteur.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir «Soustraire une loi à l’examen des tribunaux en faisant fi de la charte québécoise est un geste profondément antidémocratique», estime l'auteur.

Depuis les années 1990, le débat sur la laïcité au Québec s’est déroulé principalement sur l’arrière-plan du droit. Les juristes, amplement sollicités, y furent donc très actifs, alors que son arbitrage en dernier recours était destiné aux tribunaux. Tout cela a subitement basculé avec François Legault et la CAQ.

Profitant en bonne partie d’une usure du débat et de la fatigue des citoyens, le premier ministre a opéré une mutation ingénieuse inspirée moins d’une profonde et sage réflexion que de l’instinct politique et du pragmatisme qui le caractérisent.

Cette mutation a consisté tout simplement à déplacer l’arène et l’enjeu du débat en l’arrimant, non plus au droit, mais aux mythes les plus puissants du Québec francophone. Le premier de ces mythes tient dans l’obligation qui incombe à tous les citoyens de combattre sans cesse pour la survie toujours incertaine d’une minorité culturelle fragile dans l’environnement continental. Le second porte le rêve d’un redressement collectif face au pouvoir envahissant du gouvernement fédéral, héritier de l’impérialisme britannique né avec la Conquête.

En vertu de cette opération, la laïcité est devenue une composante centrale de l’identité et de la culture nationale à protéger, au même titre que la langue — on pourrait même soutenir que, paradoxalement, elle a réinséré le religieux dans l’imaginaire national, mais en le subordonnant. La même opération a également inscrit la laïcité dans la noble tradition de nos luttes d’émancipation politique. Les nouveaux visages de l’impérialisme sont maintenant le multiculturalisme, la charte canadienne et la Cour suprême.

Ainsi reprogrammée, arrimée aux ressorts de l’imaginaire national, la laïcité de la CAQ peut désormais se nourrir de l’autorité et de l’emprise inhérentes aux mythes fondateurs, ces représentations et symboles collectifs sacralisés qui structurent et commandent la vie des nations en exprimant à la fois leurs rêves et leurs angoisses. Dans ce cas-ci toutefois, la stratégie repose sur deux fondements douteux. L’un procède d’une illusion, l’autre d’une manipulation.

Une majorité fragilisée

La nouvelle formule s’adresse surtout aux francophones et, en priorité parmi eux, aux électeurs des régions, là où survit une nostalgie de l’ancienne nation canadienne-française et où les assises du pluralisme sont les moins robustes. La CAQ, on l’aura remarqué, accorde peu d’attention aux minorités ethnoculturelles et à ce que devrait être leur place dans la nation québécoise. Centrée principalement sur la francophonie traditionnelle, elle y entretient le confort et la sécurité que confère le sentiment d’être majoritaire.

Or, ce sentiment est en partie illusoire. Certes, les citoyens dont le français est la langue maternelle sont toujours majoritaires dans l’ensemble du Québec. Mais on ne remarque pas assez que le vieux rapport majorité-minorités est en voie de se transformer substantiellement. En effet, sur l’île de Montréal, ce sont désormais les « minorités » qui sont majoritaires. Les immigrants de première et de seconde générations y représentent 59 % de la population, ce à quoi il faut ajouter les effectifs des minorités anciennes (juive, chinoise et autres).

En d’autres mots, aux figures de clivage déjà bien connues entre Montréal et les régions s’ajoute celle, croissante, de la démographie ethnoculturelle. Dans l’ensemble, cette fracture au sein de notre société est néfaste à divers égards. Le plus à craindre toutefois, c’est le maintien,surtout dans les régions, d’une vision erronée de la réalité ethnoculturelle du Québec, une vision qui tend à occulter la diversité de notre société, à obstruer la voie du pluralisme et à sous-estimer l’importance de l’intégration.

Manipulation de la démocratie

M. Legault et ses ministres ont aussi accrédité une conception erronée de la démocratie. C’est l’idée que la majorité au pouvoir dans un Parlement reproduit ou doit reproduire les aspirations de la majorité ethnoculturelle. Il découle de cet amalgame que tout ce qui est voté dans l’enceinte parlementaire devient légitime, quoi qu’en disent les chartes ou les tribunaux. Une majorité parlementaire serait ainsi autorisée à gouverner à sa guise.

La contradiction est pourtant criante. Le droit, celui qui est consigné dans les chartes et qui balise l’aire d’action d’un gouvernement sous la surveillance des tribunaux, émane précisément de la majorité parlementaire. Soustraire une loi à l’examen des tribunaux en faisant fi de la charte québécoise est un geste profondément antidémocratique.

En résumé, en plus d’ancrer la laïcité au coeur de l’imaginaire national en mobilisant ses ressorts les plus puissants, le procédé mis au point était clair, rassurant, apparemment très cohérent et simple. Il s’est donc avéré très efficace auprès d’une grande partie de la population et il est peut-être promis à un bel avenir politique, et plus précisément électoral. Mais qu’en est-il de notre avenir comme société ?

La loi 21 a été adoptée aux dépens du droit, dans le mépris des tribunaux, grâce à un rétrécissement de la nation, avec le soutien de la partie la plus homogène de la population et au prix d’une déviation de la démocratie. Quel sera, à court et à moyen terme, le coût à payer pour toutes ces contorsions ?

110 commentaires
  • Jean-Charles Morin - Abonné 18 janvier 2020 00 h 36

    Encore lui!!!

    Quand donc ce radotage condescendant va-t-il prendre fin? Gérard Bouchard ressort pour un douteux rappel son vieux disque tout rayé qu'il fait jouer sur son pick-up défoncé avec une aiguille usée à la corde. On a entendu ce sermon pontifiant tellement de fois qu'on pourrait réciter par coeur ses analyses tordues. Il serait temps d'avoir la gentillesse de lui dire de ranger ses vieilleries dans le placard aux oubliettes une fois pour toutes et de passer à quelque chose de plus constructif.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 janvier 2020 16 h 00

      Il est dommage que nous ne puissions savoir ce que vous reprochez précisément à son point de vue.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 18 janvier 2020 22 h 31

      "Il est dommage que nous ne puissions savoir ce que vous reprochez précisément à son point de vue." - RMD

      Monsieur Desjardins, au point où nous sommes rendus, nous n'avons plus besoin de savoir. Le débat sur cette question a déjà eu lieu, les positions des parties en cause sont connues et les arguments de tout un chacun ont déjà été présentés puis développés ad nauseam.

      Tenter comme il le fait de relancer cette vieille discussion où tout a déjà été maintes fois ressassé est d'une redondance et d'une inutilité qui, pour peu qu'on s'y laisse prendre, feraient bien trop d'honneur au principal intéressé qui semble ici en mal de reconnaissance. C'est en substance ce que mes propos voulaient dénoncer, à moins bien sûr que vous n'ayez distingué au sein de ces arguties un élément, à ce jour inédit, qui mériterait de rouvrir le dossier. Si tel est le cas, ce serait très gentil de votre part de nous le faire connaître.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 janvier 2020 05 h 02

      Il y a des gens très respectables qui sont plutôt d'accord avec son point de vue et qui se réjouissent de l'entendre répéter et clarifier. Qui sont ouverts à une discussion dont vous ne voulez plus, si vous l'avez tant souhaitée. Je comprends que vous trouviez cela inutile ou même barbant. Mais il y a dans vos propos et ceux d'un certain nombre de commentateurs une part de mépris que rien ne justifie. Ce ne sont pas ses «arguties» qui sont en cause, monsieur Morin, mais le seul fait qu'il ose encore une fois faire entendre une voix discordante dans le concert des avis concordants qui s'épargnent de plus en plus la tâche de se justifier eux-mêmes. Ils pourraient avoir le bon goût, à tout le moins, de ne pas enjoindre aux autres de se taire.

    • Marc Pelletier - Abonné 19 janvier 2020 08 h 23

      M. Jean Charles Morin, que cherchez-vous à obtenir, en cultivant le mépris ?

      Je constate que vous remportez la palme des " J'aime ", mais je ne vous envie pas.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 janvier 2020 08 h 38

      C'est parce que la décision d'hausser les seuils d'immigration s'est faite à l'encontre de cette nation «ehtno»-culturelle que Bouchard nous présente comme attardée. Alors qu'ils avaient encore de pouvoir de définir, démocratiquement, quels seuils elle était prête à accepter, lesquels n'auraient pas menacé l'équilibre de leur société, on a forcé les Québecois à accepter, soit par la propagande, soit par des mesures directes, une immigration qui allait déclasser, culturellement et politiquement le Québécois moyen.

      Je ne sais pas où vous vivez, j'imagine les Cantons de l'Est, mais contempler des principes abstraits, c'est bien beau quand tout se fait au Métro en français et qu'on peut faire un feu dans sa cheminée en regardant la neige tomber sur ses cèdres en rêvant au printemps quand on partira son jardin et que l'essentiel de nos combats se fait civilement dans Le Devoir. Je ne dis pas que c'est votre cas, c'est une figure. Alors on peut soutenir l'immigration de masse et soutenir notre hôtel de ville qui fait une grande banderole pour Raïf en pensant que c'est la même chose. Toutefois, la position, par exemple de Djemila Behabib, c'est à la fois «d'être Raïf», mais de lutter contre un mutlticulturalisme pro-immigration de masse précisément parce que ça détruit la nation culturelle qui est la seule politiquement à véritablement pouvoir être le milieu de la démocratie.

      Bouchard à Chicoutimi ne semble pas avoir à vivre le combat pour la salubrité de son milieu qui correspond à la condition de ceux qui vivent, en ville, avec des intégristes ou il ne semble pas comprendre combien c'est dur de voir sa métropole autrefois française virer à l'anglais.

      Il devrait plutôt prendre sa plume pour condamner l'UdM qui cache ses propres pubs sur sa politique de valorisation de la langue par des panneaux bilingues. On en peut plus de l'entendre parce sa parole est encore une manière de nier l'existence des problèmes réels dont il ne prend pas acte.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 janvier 2020 10 h 29

      En somme, monsieur Gill, vous demandez mes papiers en me faisant humer la puanteur des poubelles ethniques qui polluent l'atmosphère de cette nation culturelle dont le déclin échappe au provincial. Ou est-ce juste une figure...

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 janvier 2020 12 h 10

      Vous dites Monsieur M-D que des gens se réjouissent de voir Bouchard clarifier son pt de vue et trouvent pertinent de l'entendre.

      Je vous oppose l'idée suivante : contrairement à l'idée que s'en font les gens qui habitent le magnifique Villeray, la paisible Sherbrooke ou l'homogène Chicoutimi, l'ouverture à la diversité, à la tolérance et à l'accueil à poussant sur l'immigration de masse (une politique dont le multiculturalisme est le volet culturel et idéologique) produit plutôt des problémes communautaires. Problèmes que vivent les résidents d'Outremont (en bas), de Côte-des-Neiges, de Parc Extension ou de Mile-End.

      Je dis de mon côté que l'on a assez de problèmes de voisinage quand on est issu de la même culture, qu'on parle la même langue et qu'on a la même histoire, que c'est déjà assez difficile de faire respecter une règle commune, qu'ajouter à cela de la diversité sous le couvert que la diversité serait bonne en soi est une fumisterie. Parce que l'on sait que la critique de l'immigration de masse et de certaines manières de vivre visiblement incompatible avec nos normes est un tabou, lequel commence enfin à se dégonfler.

      Si l'on joint à une immigration énorme un discours qui prétend qu'elle est toujours bonne, on ne pourra pas régler les problèmes qui proviennent ou qui sont amplifié par cette immigration. Il faut au moins avoir le courage de parler des problèmes pour les résoudre. Bouchard refuse de les voir.

      Il voit le changement comme une fatalité à laquelle on devra enfin se soumettre, pourtant, ce changement n'a nullement été le choix démocratique, mais la volonté d'une élite qui n'avait pas à vivre avec la réalité quotidienne qu'elle nous façonnait.

      Je trouve donc effectivement pertinent de demander si vous, ou Bouchard, avez constaté des difficultés avec votre municipalité dans la résolutions des problèmes que vous rencontrez nécessairement si vous vivez dans un «milieu diversifié» .

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 janvier 2020 15 h 45

      « Je trouve donc effectivement pertinent de demander si vous, ou Bouchard, avez constaté des difficultés avec votre municipalité dans la résolutions des problèmes que vous rencontrez nécessairement si vous vivez dans un «milieu diversifié» . » C-H Gill

      Je m’introduis dans ce fil de commentaire, intrigué par votre observation M. Gill. Selon votre perception les « problèmes » des municipalités sont soit amplifiés ou soit plus difficile à résoudre dans les milieux diversifiés. Or, justement, j’habite dans un secteur populaire de la ville de Québec (Limoilou est). Dans la rue où j’habite et les adjacente, sortent des blocs appartement des bandes de jeunes écoliers noirs qui s’en vont et reviennent de l’école ensemble en jouant et se taquinnant... Et à eux s’intègrent facilement d’autres enfants blancs, latinos ou asiatiques! Quant à leurs parents, ceux qui n’ont pas de voitures prennent chaque matin l’autobus pour aller au travail. Et comme c’est le cas pour la plupart des personnes immigrantes (si diplômées soient-elles), elles seront engagées dans le secteur mal payés du privée: résidences pour personnes âgées, entretien ménager, restauration (en particulier les hôtels), garderies privées...

      Moi, ce que j’observe dans mon « milieu diversifié », c’est que les arrivants ( devenus plus nombreux depuis les 30 dernières années) apportent des SOLUTIONS au secteur terciaire de notre économie. De plus, grâce à leur présence et leurs enfants, c’est grâce à eux que se revitalisent nos quartiers vieillissants. Plus que des travailleurs et payeurs de taxe, ils et elles sont des « égaux ».

      Y a-t-il des problèmes de « vivre ensemble à Québec».? C’est le discours de la minorité islamophobe qui polluent les radios poubelles. Rappelons que les morts et les blessés, victimes de l’acte terroriste antimusulmans à la grande mosquée de Québec, résultent d’une propagande haïneuse au point de fanatiser un dénommé Bisonnette qui est entré dans une mosquée pour tuer.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 19 janvier 2020 20 h 47

      " Mais il y a dans vos propos et ceux d'un certain nombre de commentateurs une part de mépris que rien ne justifie." - RMD

      "Que cherchez-vous à obtenir, en cultivant le mépris ?" - Marc Pelletier

      Messieurs, ce que je ressens envers le frère de l'ancien premier ministre n'est bien davantage de la lassitude que du mépris. Une lassitude qui loge de plus en plus, je le constate, à l'enseigne de l'impatience et de l'exaspération en voyant ce débat qui n'en finit plus et qui, faute de trouver des arguments nouveaux à faire valoir, s'alimente maintenant de ses propres redites. J'avais d'ailleurs invité un de mes meilleurs détracteurs à souligner les nouveaux arguments présentés par Monsieur Bouchard dans sa dernière sortie en date, si bien sûr il parvenait à en trouver. Au-delà de ses habituelles critiques - parfois prévisibles mais néanmoins toujours fort joliment écrites -, son silence sur ce point précis m'apparaît des plus éloquents.

      En fait, selon toute vraisemblance, Monsieur Bouchard en veut au gouvernement actuel de ne pas avoir tenu compte de ses avis éclairés concernant la mouture actuelle de loi sur la laïcité et il tient à le faire savoir en revenant constamment sur le sujet. Comme si, pour lui, il apparaîtrait évident que le désaccord de tous ceux qui réfutent sa vision des choses dépend du seul fait qu'ils n'auraient pas encore compris toutes les subtilités de sa pensée. S'il y a un mépris quelconque affiché ici par quelqu'un envers d'autres, il se tapit plutôt à cet endroit.

  • Nadia Alexan - Abonnée 18 janvier 2020 01 h 34

    Les pères de la Révolution tranquille avaient envisagé la laïcité comme un rempart contre le pourvoir de l'Église.

    Vous avez tort, monsieur Gérard Bouchard. La loi 21 sur la laïcité ne relève pas ni d’une illusion ni d'une manipulation de la démocratie. La laïcité provient des pères de la Révolution tranquille qui prévoyaient la laïcité comme un rempart contre l'envahissement de l'Église catholique avec son pouvoir démesuré dans les affaires de l'État. Les pères de la Révolution tranquille voulaient joindre les pays civilisés de la terre en institutionnalisant la séparation entre l'Église et l'État.
    En conséquence, on a vu la création du ministère de l'Éducation en 1964 et plus tard, on a déconfessionnalisé les écoles, justement pour accommoder les immigrants de diverses ethnies et religions.
    La laïcité assure que chaque personne a le droit de pratiquer sa religion sans l'imposer sur les autres. Les fonctionnaires du service public doivent projeter la neutralité de l'état, en respect de toutes les religions. Rappelons que la Cour Suprême du Canada a interdit les prières au conseil municipal de la Ville de Saguenay «en raison de l’obligation de protéger la liberté de conscience et de religion de chacun».
    Le salut d'une société réside dans la cohésion de ses citoyens avec une vision commune de l'intérêt public et du bien être de la population. La division tribale et le communautarisme électoral n'ont pas de place dans une société juste et égalitaire.

    • Marc Therrien - Abonné 18 janvier 2020 14 h 42

      On pourrait presque dire que votre hommage aux "pères de la Révolution tranquille" en est aussi un au patriarcat sans lequel l'égalité entre les hommes et les femmes, qui est une valeur clé de la laïcité, serait fragilisée et menacée. Il est rassurant de pouvoir encore compter sur des bons pères de famille bienveillant et protecteur comme François Legault.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 janvier 2020 16 h 09

      Les artisans de la révolution tranquille n'ont pas chassé l'église des écoles ni des hopitaux. Ils ont seulement assuré la nécessaire transition au fur et à mesure que les rangs des congrégations religieuses se dégarnissaient. Tout cela s'est fait sans heurts, dans l'ensemble, même si, cela va de soi, il y en a qui ont opposé une certaine résistance. Les plus grands conflits, ce sont les individus eux-mêmes qui les ont vécus lors de leur crise de la foi.

      Les autres que nous n'ont pas de place chez nous. Cela, on le sait...

    • Marc Pelletier - Abonné 19 janvier 2020 08 h 43

      Mme Nadia Alexandre, j'ai apprécié votre point de vue, mais votre dernière phrase était-elle vraiment nécessaire ?

      La division tribale et le communautarisme électotal se rencontrent dans tous les partis lorsque la petite partisannerie politique rend aveugle et que le mépris de l'autre et de ses opinions s'installent à demeure.

    • Jean-François Trottier - Abonné 19 janvier 2020 10 h 27

      J'ai assisté personnellement aux rencontres de groupe qui ont préparé la Commission Parent.

      Un groupe de réflexion, formé par Gérin-Lajoie, qui tenait ses sessions das le salon chez nous, et dont toutes les suggestions sont passées par la suite dans la réforme de l'éducaion, depuis les polyvalentes aux Collèges, et plus.
      Je ne comprenais pas tout, trop jeune, mais je n'ai rien oublié et mon père m'a plus tard éclairé sur ce qui s'est passé alors.

      On y a suggéré de conserver des collèges privés et confessionnels pour qu'ils servent de balise au nouveau système étant donné que tout y était nouveau.Question de ne pas "tout casser", comme le font aujourd'hui les pédagogos du ministère qui imposent leurs réformes à la grandeur du Québec sans penser à les tester à petite et moyenne échelle.
      D'autre part, à l'époque l'Église était beaucoup trop puissante pour ne pas en tenir compte.
      Dans tous les cas l'implantation du système d'éducation a été un franc succès, justement parce qu'il a su foncer doucement.

      Mon père, catholique fervent et anti-cléricaliste avéré à force de cotoyer des curés dans sa vie professionnelle, en accord avec deux religieux tout aussi anti-cléricaux (!) membres dudit groupe de réflexion, a fait tout son possible pour que, selon ses dires, "la religion va disparaître complètement des écoles en dix ans. C'est pas à l'éducation de faire ça, c'est aux parents.". Et excusez l'accroc au français.

      Telle était la volonté des fondateurs de notre système d'éducation.
      La "transition" a toujours été vue comme une disparation voulue, avec sursis, par les fondateurs du système scolaire. Rien d'autre.

      Le seul hic est qu'ils ont manqué leur coup parce qu'ils ont agi 15 ans trop tôt. La religion, encore trop puissante, est restée et mon père grommelait chaque fois que le sujet revenait.

      Votre relecture de l'histoire est fausse, tout simplement.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 janvier 2020 16 h 28

      Monsieur Trottier, beaucoup de gens étaient comme votre père, en effet et je ne nie pas qu'ils aient joué un rôle considérable. Mais ils n'ont pas commencé à être anticléricaux en 1960. Les circonstances leur ont seulement été plus favorables.

    • Jean-François Trottier - Abonné 19 janvier 2020 17 h 21

      Certainement pas en 1960! Longtemps avant.
      La révolution tranquille a été préparée de longue main par des gens écœurés, et discutée par tous au Québec par ces millions de personnes qui n'attendaient qu'une ouverture. Elle s'est présentée avec l'élection de 1960 mais ça aurait probablement pu être avant.

      Les circonstances, c'est une génération d'après-guerre qui avait compris au contact d'Européens comment leur société était névrosée, comme toute société où une religion prend trop de place.
      C'est de femmes qui refusaient de retourner à leur chaudrons après avoir remplacé les hommes dans les usines, et qui enfin réalisaient qu'elles avaient le droit de dire non au curé qui exigeait toujours plus d'enfants.
      C'est une nation au complet qui a vu ce qui arrive quand on laisse faire les religions dans leur volonté de sanctifier tout les gens même malgré eux tout en les vouant à la damnation.

      Sont disparues les "bonnes sœurs" qui disaient au filles-mère en couche qui criaient, "T'es puni par où t'as péché", sans anesthésie ni réconfort.

      La rôle "important" de mon père n'a rien à voir avec la question.
      Les fondateurs de notre système d'éducation auraient sacré la religion et ses abuseurs dehors s'il avaient pu le faire. Votre "transition" n'est pas due aux religieux soudaine seraient devenus "compréhensifs", mais bien au sens politique de ceux qui voulaient s'en débarrasser totalement.

      C'était au point que plus de la moitié des prêtres étaient contre leur propre Église et ont défroqué dès qu'ils ont vu la possibilité de gagner leur vie autrement.

      Je vous dis aussi que les religions sont toujours extrémistes et anti-humanistes. C'est leur pierre d'assise. Elles cessent de l'être quand elles ont le pouvoir, ce qui va en contradiction complète avec leur prétendu rôle.
      Elles ne l'ont que prouvé une fois de plus au Québec, comme elles l'ont fait avec les Premières Nations ou partout et toujours ailleurs.

  • Nadia Alexan - Abonnée 18 janvier 2020 02 h 01

    Les immigrants aussi appuient la laïcité de l'état.

    J'ai oublié de vous dire aussi, monsieur Gérard Bouchard, que ce n'est pas seulement les Québécois de souche qui veulent la laïcité de l'état. Les immigrants aussi qui se sont échappés de leur pays d'origine pour retrouver la paix, sans divisions sectaires, appuient majoritairement la loi sur la laïcité.
    Vous faites du tort à la majorité silencieuse musulmane qui rejette l'intégrisme islamiste provenant de l'Arabie saoudite et qui adhère sincèrement à la cohésion sociale et à la neutralité de l'état.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 janvier 2020 16 h 10

      C'est connu : Gérard Bouchard est un agent double au service de l'Arabie saoudite.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 janvier 2020 08 h 59

      Monsieur M-D, cette caricature de l'opinion d'autrui vous dessert d'autant plus qu'elle montre votre propre ignorance.

      Pourquoi pensez-vous que Djemila Benhabib a écrit les livres qu'elle a écrits? Pensez-vous sérieusement qu'un prof à la Poly, comme René Tinawi, immigrant égyptien, serait venu présenter un mémoire en commission parlementaire, s'il n'avait pas senti un danger, ici, en comparant avec ce qui s'était passé en Égypte avec les Frères musulmans? Et Sami Aldeeb, vous croyez qu'il fait le travail qu'il fait par ce qu'il est parano et qu'il a traduit le coran, en ordre chronologique, parce qu'il s'ennuyait.

      Mes propres recherches, très simples m'ont permis de constater l'existence du «Pipeline afghan» par lequel l'Arabie Saoudite triplait les sommes du Pentagone, pour créer des écoles coraniques au Pakistan, et pour financer directement des moudjahidines (recruter dans les mêmes écoles), pour faire la guerre au régime prosoviétique afghan.

      Plusieurs enquêtes montrent l'offensive propagandiste de Riyad, d'abord dans les pays musulmans, ensuite en Occident, pour une conquête civile et idéologique, et dans d'autres cas dans le soutien logistique et militaire. C'est un continuum et il n'y a pas de quoi rire, car à la fin des années 50, l'islam (en tant que civilisation) vivait une réforme similaire à ce que nous vivions, il n’y a pour le constater qu'à voir la foule rire avec Nasser (au sujet du voile), dans ce que l'on peut apparenter à une révolution tranquille.

      https://www.youtube.com/watch?v=D-DZUnh8-Ro

      Les femmes qui nous parlent ici (Alexan, Benhabib, Lesbet) et aussi des hommes, ont connu organiquement ces changements et ont ensuite vu, avec horreur, leur société se transformer pour le pire. Elles comprennent, les Frères musulmans, les Salafistes et la propagande wahhabite mieux que nous. Le danger ne veut pas dire conversion pour tous, mais par exemple d'abord des problèmes communautaires insolubles pour ceux qui les vivent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 janvier 2020 10 h 05

      Je comprends bien cela, monsieur Gill. Mais même si leurs appréhensions étaient fondées, cela n'est pas une raison pour rabattre constamment le terrain de la discussion en enjoignant tout le monde à choisir avec elles le bon camp ni surtout, comme madame Alexan le faiit ici, à substituer à une analyse que personne ne lui demande par ailleurs un fort inélégant procès d'intention. Heureusement, le tir groupé de cette censure n'empêche pas tout le monde de parler du fond du texte de monsieur Bouchard.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 janvier 2020 12 h 34

      Le problème Monsieur Maltais-Desjardins, c'est que votre propre persiflage nous empêche de lire vos propres analyses à l'effet les appréhensions de Madame Alexan seraient infondées. En fait, comme discours, ou on les invalide ou l'on considère que la réalité qu'elle décrive, que c'est marginal. Mais même si c'était marginal, en quoi les droits d'un petit de Parc-Extension ou de Montréal-Nord compterait moins que ceux d'un jeune de Saguenay ou de Mont-Tremblant? La thèse de Bouchard demeure que les régionaux (provinciaux...) ne comprennent rien aux cosmopolites finalement et qu'il va bien falloir qu'ils en reviennent.

      La réponse de tous les populistes dont je suis, c'est que des universitaires, des hommes d'affaires, des avocats et surtout des politiciens ont choisi pour le peuple une politique d'immigration qui allait changer le visage de la société, donc changer les rapports politiques, dans leur intérêt, sans prendre en compte celui de la population, laquelle était probablement raciste, peu éduquée, intolérante, etc. Population qui allait bientôt être déclassée. Il faut entendre Bouchard à ce sujet, lui qui ne cesse de répéter que justement le provincial n'a justement pas à vivre avec l'immigrant et qu'il serait en quelque sorte bien mal placé pour lui dire quoi faire.

      Alors on peut bien hurler sur le détournement de la démocratie, je me rappelle, moi, que j'ai trouvé ridicule l'ambition de Dumont en 2007 de réduire les seuils de l'immigration, mais sur le fond des accommodements raisonnables, au contraire je savais que ça n'était que la pointe de l'iceberg.

      Dans son rapport, Bouchard nous fait croire que c'est une crise médiatique partie d'un phénomène au fond inexistant. Je le mets au défi de se mettre devant l'un des 20 autobus scolaires (confessionnels, 10 le matin, 10 le soir) qui passent sur ma rue pour vérifier s'ils existent.

      C'est donc un peu tard pour les leçons de démocratie et le prix à payer.

  • Léonce Naud - Abonné 18 janvier 2020 02 h 19

    Les quatre arcs-boutants sur lesquels reposent les États (Champlain)

    Selon Samuel de Champlain, fondateur de la Nouvelle-France : « Les États reposent solidement sur quatre arcs-boutants : la force, la justice, la marchandise et le labourage. » (Marins bâtisseurs d’Empires)

    Quatre siècles plus tard, faute de Dieux, s'agitent des prophètes agenouillés devant des Chartes, inventions humaines récentes consacrées aux droits et libertés de tout un chacun. Ces chartes ont pour effet d'affaiblir les quatre arcs-boutants dont parlait Champlain, socles réels des États. De telles Chartes conduiront les peuples qui en sont affligés à leur effondrement en l’absence de d’autres Chartes concurrentes, ces dernières consacrées aux devoirs et obligations de la vie au sein d'une Nation.

    Les Chartes, tout comme les Dieux, sont œuvres humaines, donc mortelles. À l’instar des Dieux, elles sont nées, elles vivent et elles mourront. Entre leur naissance et leur mort, les dévots se précipitent. Rien n'est éternel sous le soleil, sauf la bêtise.

    • Claude Bernard - Abonné 18 janvier 2020 22 h 08

      M Naud
      La force, nous l'avons car nous avons (encore) le nombre; la justice: si on parle de la troisième composante de la démocratie, grâce à la clause 33 nous pouvons la tordre à notre bénéfice.
      La marchandise ou le commerce; que ce soit au détails ou international, il nous échappe en grande partie et la majorité que nous sommes n'y peut rien car il ne nous attire pas.
      Le labourage ou l'agriculture, nous y dominons et avons un pouvoir politique disproportionné qui nous assure le contrôle du législatif et de l'exécutif; ne changeons donc rien dans notre système d'élection.
      Les Chartes nous protègent comme les autres et les mettre à mal pourrait nous rebondir dans la face.

  • Cyril Dionne - Abonné 18 janvier 2020 08 h 03

    « La stupidité humaine n'a de limites que celles que l'on veut bien lui donner » Yvon Deveault

    On a hâte que M. Bouchard aille se coucher. On imagine aussi que l’air est raréfié dans les antres des tours d’ivoire. Enfin.

    Ceci dit, ce ne sont pas les Québécois qui ont remis à l’ordre du jour la religion, mais bien ceux qui carburent aux exemptions de tous les genres et aux accommodements déraisonnables. Le Québec est justement sorti de cette grande noirceur religieuse et s’est émancipé. Pour lui, les amis imaginaires qui contrôlaient sa vie, eh bien, c’est tout simplement terminé.

    Oui, le multiculturalisme est la Conquête 2.0. Après avoir confiné le peuple Canadien français comme simple virgule dans l’équation canadienne, il a fallu endoctriner son esprit aussi. Curieux tout de même qu’on cite la charte canadienne et la Cour suprême. Ce sont tous des entités étrangères qui ont été imposées aux Québécois. Le Québec n’a pas signé cette constitution venue d’ailleurs et encore moins sa charte canadienne. Ce n’est pas la majorité parlementaire de l’Assemblée nationale (AN) qui a consigné ces chartes et ces droits, mais bien celle du Canada afin d’assujettir le Québec. L’AN a justement passé une loi qui représente le peuple québécois dans ses aspirations et sa volonté. C’est ce que ce monsieur conteste. La loi 21 représente le Québec.

    Enfin, si la CAQ accorde peu d’attention aux minorités ethnoculturelles, c’est que justement celles-ci font tout pour ignorer les Québécois en votant pour des entités politiques qui vont à l’encontre de la majorité française au Québec. Lorsqu’on vote à plus de 90% contre l’émancipation québécoise, eh bien, c’est un vote anti-Québec pour ne pas dire anti-francophone.

    Les irréductible Gaulois du Québec doivent sans cesse combattre pour leur survie dans cette mer anglo-américaine qui cherche à les assimiler à leur carcan. Le Canada a pondu la loi sur le multiculturalisme pour en arriver à ses fins. Il faut aussi mentionner que partout sur la planète, le multiculturalisme à été décrié comme un échec sociétal complet.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 janvier 2020 16 h 11

      Une injure et on repart son propre disque.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 janvier 2020 16 h 53

      M. Desjardins, concentrez-vous sur les sciences sociales qui ont la même cote que les sciences de l'astrologie qui carburent aux amis imaginaires et laisser les autres composer avec la réalité. Enfin, continuez de philosopher avec votre opinion pour vous formuler une conviction. Vous savez, désormais, tout le monde peut intervenir, donner son opinion, mais il va de soi que toutes les opinions ne se valent pas. Où est-ce que j’ai lu cela ? Hummm...lol

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 janvier 2020 20 h 56

      Je vous laisserai volontiers la garde de « la réalité ». Le réel n'est pas en danger.

    • Marc Pelletier - Abonné 19 janvier 2020 08 h 55

      M. Cyrile Dionne , vous avez droit à vos opinions, mais les autres ont le même droit que vous à exprimer les leurs, ne vous en déplaise.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 19 janvier 2020 09 h 06

      Monsieur Dionne, À Lausanne, au Musée Olympique, une vidéo montre la course d'un homme et d'une femme, un Québécois et une Canadienne, qui courent pour allumer la flamme des JO de 76 à MTL. La légende explique qu'il s'agit d'une démonstration de la force de l'esprit des jeux qui permet d'unir les peuples, ici le symbole de ce qu'elle le Canada avec ses deux nations. C'est écrit tel quel. Cette course me semble vraiment dans l'esprit de la Commission bi-bi comme on l'appelait.

      Impensable dans le Canada de Trudeau d'aujourd'hui. Le principe du bilinguisme et du biculturalisme a été évacué au profit du multiculturalisme, je ne sais pas pourquoi certains en rient et ne prennent pas ça au sérieux. Je ne comprends pas que l'on puisse affirmer que le poids politique, démographique, culturelle du Québec ne soit pas en danger, à moins que l'on promeuve que le Québec doive être un clône du Canada.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 janvier 2020 10 h 06

      Vous vous trompez, monsieur Pelletier. Monsieur Dionne n'en a pas contre les opinions. Seulement contre la bêtise ;)

    • Marc Therrien - Abonné 19 janvier 2020 14 h 21

      Ainsi, pour le Québec, « les amis imaginaires qui contrôlaient sa vie, eh bien, c’est tout simplement terminé. » Et n’ayant pu désirer assez fort le pays imaginaire, ce qui le contraint à essayer de gagner son autonomie tout en demeurant dépendant du Canada pour conserver son sentiment d’exister, le voilà qu’il se crée des ennemis imaginaires pour mieux renforcer ce coude-à-coude qui procure réconfort et chaleur quand on est apeuré. Comme Gérard Bouchard l’écrivait il y a quelques semaines dans une chronique parue dans La Presse + et intitulée « De l’identité-refuge à l’identité-projet » : « Comme nation, nous nous en remettons désormais à une vision de nous-mêmes qui ne sait plus se projeter dans l’avenir ». (…) Notre dernier exploit? Une grande victoire contre le hidjab… » Il y a tout un monde entre « Je me souviens » et « Je deviens ».

      Pour le reste, il est bon de savoir qu’on peut compter sur M. Dionne pour délimiter le territoire de la stupidité et d’encadrer les commentateurs, vous savez là là, ces intellectuels, tsé là, qui pourraient en déborder à leur insu parce qu’ils se pensent trop intelligents.

      Marc Therrien

    • Claude Bernard - Abonné 19 janvier 2020 16 h 48

      M Gill
      Ne pas prendre le multiculturalisme au sérieux est peut-être une sorte de vision due à l'ignorance d'un danger sournois et indétectable dumoins pour le citoyen lambda que je suis.
      Comment ne pas rire d'un bonhomme sept heure qui est un tigre de papier.
      Personne n'a jamais cru que le Canada était un pays bilingue, surtout pas Trudeau premier.
      Ce qui est autrement plus alarmant est la bilinguisation du Québec qui se produit sous nos yeux impuissants; si la tendance se maintient il y aura bientôt deux Québecs: un anglais et un français (les deux plus ou moins bilingues).
      Ce décours de notre souveraineté sur notre pays est causé, selon toutes apparences, par la mondialisation, l'influence américaine et l'anglicisation de 50% de nos immigrants.
      Le multiculturalisme d'Ottawa n'y a pas grand chose à voir, à mon avis.