Pour une consultation populaire sur l’avenir du cours ECR

«Avant d’abandonner un projet pédagogique réfléchi comme le fut ECR, le gouvernement Legault devrait mener une consultation générale, et en particulier auprès des parents», croit l'auteur.
Photo: Getty Images «Avant d’abandonner un projet pédagogique réfléchi comme le fut ECR, le gouvernement Legault devrait mener une consultation générale, et en particulier auprès des parents», croit l'auteur.

Attaqué pour cause de multiculturalisme, pour camouflage confessionnel, pour fabulation irrationnelle, pour propagande « antiféminine » et quoi encore, le cours ECR s’est retrouvé pris sous le feu croisé des idéologies diverses qui ont marqué la dernière décennie.

Cette opposition multiforme a fini par emprunter la voie politique. En 2017, des militants ont lancé une pétition à l’Assemblée nationale réclamant « de retirer le volet “culture religieuse” du cours ECR ». Elle a recueilli près de 5400 signatures. Elle a reçu aussi l’appui du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Son chef intérimaire, M. Pascal Bérubé, confirmait plus tard cette position. De son côté, lors de son congrès de 2017, la CAQ promettait aussi l’abolition du cours au primaire.

Vingt ans plus tôt, le 26 mars 1997, Mme Marois, alors ministre de l’Éducation, déclarait à l’Assemblée nationale : « Dans le contexte d’une société pluraliste, serait-il souhaitable que tous les élèves reçoivent une certaine formation au sujet du phénomène religieux, des cours de culture religieuse intégrant les diverses grandes traditions, des cours d’histoire des religions ? » Elle se faisait à cet égard l’écho des états généraux sur l’éducation de 1994-1995 et d’un avis du Conseil supérieur de l’éducation.

Champ libre

Pour répondre à cette question, elle a créé le Groupe de travail sur la place de la religion à l’école que j’ai eu l’honneur de présider. Après un an et demi de réflexion et de travail, il a répondu « oui » à la question de Mme Marois. Il a proposé et justifié longuement (outre la laïcisation générale du système scolaire) la création d’un cours non confessionnel « d’enseignement culturel des religions obligatoire pour tous ».

C’est à François Legault, successeur de Mme Marois, que le Groupe de travail a remis son rapport le 29 mars 1999. M. Legault, devant les milieux catholiques traditionalistes, n’a pas osé donner suite à la recommandation sur l’enseignement culturel. Le cours ne sera mis en place qu’en 2008 sous le ministre libéral Jean-Marc Fournier.

Mais aujourd’hui, le vent a tourné. Les mouvements proconfessionnalité sont disparus et l’épiscopat québécois s’est résigné. Les laïcistes athées ont alors occupé le champ libre. Ils viennent de gagner.

Que s’est-il donc passé ?

D’abord, la religion est progressivement devenue dans l’opinion publique en général une réalité très négative. Le scandale des prêtres et des religieux pédophiles a entaché lourdement l’image et la crédibilité de la religion catholique ; la position de l’Église sur l’inégalité des femmes quant aux fonctions ministérielles produit le même effet.

Par ailleurs, bien des Québécois sont suspicieux envers l’islam en raison du terrorisme qu’on observe dans les pays musulmans et qui a percolé jusque chez nous. La place faite aux femmes dans cette religion a transpiré, mais dans l’ambiguïté, jusque dans le débat sur le projet de loi 21 sur la laïcité.

Ensuite, la sécularisation du Québec amorcée dans les années 1960 s’est accélérée. Elle est marquée par la prise de distance des citoyens, même encore croyants, par rapport au discours des religions, et par leur indifférence. Un indice ? Son absence à peu près totale dans les médias, sauf pour les scandales !

Cette indifférence a fini par atteindre la classe politique. Elle est à cet égard à l’image de la population, mais par contre sensible aux mouvements d’opinion. Cette indifférence est aussi observable dans l’appareil gouvernemental. Tous les programmes ministériels doivent en principe faire l’objet d’une évaluation tous les dix ans. Malgré les demandes répétées des intéressés, rien n’a été fait concernant ECR, malgré la promesse de 2016 de l’ex-ministre Sébastien Proulx.

Comité inopérant

Le comité sur les affaires religieuses est même devenu inopérant depuis 2011. Le projet de loi 40 de M. Roberge propose d’ailleurs de l’abolir, comme il propose d’abolir le droit des élèves à « des services d’animation spirituelle et communautaire ». « Who cares ? »

Aux yeux du ministre Roberge, le sort du programme semble donc bel et bien décidé. Pourtant, en février 2019, il promettait de le réviser pour accorder une plus grande place à l’athéisme. « C’est une fausse bonne idée, l’abolition pure et simple du cours d’ECR pour amener de la laïcité », déclarait-il. Moins d’un an plus tard, il a changé d’idée : le cours sera aboli. Allez savoir pourquoi. Il sera remplacé par un salmigondis d’éléments disparates issus de l’air du temps !

Avant d’abandonner un projet pédagogique réfléchi comme le fut ECR, le gouvernement Legault devrait mener une consultation générale, et en particulier auprès des parents. Par trois fois, en 2010, 2012 et 2015, les Québécois ont, dans des proportions tournant autour de 63 %, déclaré qu’ils voulaient que ce cours demeure, soit le même score que pour la loi 21 !


 
36 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 16 janvier 2020 07 h 21

    Tous Canadiens français et catholiques ou rien pantoute


    Depuis que François Legault a déclaré lors d’une rencontre avec le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, à Sacramento que tous les Canadiens français sont catholiques, il devient de plus en plus difficile de camoufler que les actions percutantes de son Gouvernement visent à renforcer un sentiment identité nationale qui ne cesse de se fragiliser depuis le fatidique référendum de 1995. Peut-être s’inspire-t-il du philosophe Daniel Jacques qui a écrit dans « La fatigue politique du Québec français » qu’il faudrait peut-être « apprendre, après plus de 40 années, à redevenir des Canadiens français ».

    Si d’aucuns se moquent du « Grand Bond en avant » à la Mao Zedong réalisé avec le cours ECR, d’autres pourraient railler les esprits nationalistes les plus conservateurs des Québécois nés ici, descendants de colons d’origine française qui, retrouvant toute la fierté de leur origine canadienne-française catholique et leur ferveur nationaliste, pourraient se mettre tous ensemble à faire parler l’esprit d’Henri Bourassa pour qui l’«instinct de race» était un «puissant moyen d'action individuelle et sociale» pouvant dynamiser «Le patriotisme canadien-français» comme il l’écrivait dans la Revue Canadienne au début des années 1900.

    Marc Therrien

    • Pierre Desautels - Abonné 16 janvier 2020 12 h 14


      Ces esprits nationalistes conservateurs pourraient aussi faire parler l'esprit de Lionel Groulx : "L’apparition de la race canadienne-française a été voulue et crée par Dieu." Son ambivalence y est aussi incluse, se défendant d'être séparatiste et préférant que son "petit peuple" reste à l'intérieur du Canada, il affirmait tout de même : "Notre État français, nous l'aurons".

    • Claude Bernard - Abonné 16 janvier 2020 21 h 33

      M Therrien
      Le nationalisme ne semblant plus passer par le catholicisme mais par la laïcité et la lutte au multiculturalisme, il me parait logique dans ce but d'abolir le cour d'ECR.
      Bien sur, dans certaines classes où les cathos sont minoritaires la chose laissera peut-être tout le monde soit contents d'être débarassés d'une corvée soit indifférents à une nouvelle lubie du Ministère.
      Le double objectif d'un vivre ensemble harmonieux et du développement d'une éthique citoyenne commune sera-t-il mieux atteint par cette réforme?
      La majorité des élèves (et peut-être des parents) s'en fout, à mon avis.
      Cela conduira-t-il à une plus grande séparation des deux grands groupes linguistiques comme je le crains ou à son contraire?
      Plusieurs ont noté la bilinguisation du Grand Montréal, surtout des couronnes nord et sud et de l'ouest et du centre ville de l'ìle; si la tendance se maintient ce n'est pas cette perspective déjà attérrante qui surviendra mais la naissance des deux entités, une française en régions et une anglaise dans le reste du Québec et on écrira le RDQ comme on écrit le ROC.
      Et bientôt le RDQ désignera la partie française.
      Ainsi pendant que l'on débattait de religion et d'athéisme notre mort était en jeu sans que nous le sachions.

  • Jean Lacoursière - Abonné 16 janvier 2020 07 h 56

    Pas assez de mathématiques

    Le cours ECR n'a pas sa place dans notre système scolaire, à une époque où un grand journal comme Le Devoir publie une lettre dans laquelle il est écrit :

    2017 - 20 = 1977.

    Le cours ECR doit laisser la place aux mathématiques. Du primaire au secondaire.

    • Nadia Alexan - Abonnée 16 janvier 2020 09 h 56

      Monsieur Jean-Pierre Proux qui a présidé la conception de ce cours ECR essaye de justifier l'injustifiable. Les religions n’ont pas de place dans nos écoles publiques, laïques.
      Il ne faut pas banaliser le sectarisme religieux au nom de la tolérance. L'on n'a qu'à constater ce qui se passe dans tous les pays où la division entre l'Église et l'État n'existe pas et où les lois sont basées sur le dogme religieux, on retrouve un manque de tolérance contre les autres religions et contre l'égalité homme/femme. Le communautarisme et le sectarisme ne conduisent pas à la tolérance et à la convivialité, au contraire cela conduit au sectarisme tribal qui rend la cohésion sociale impossible. Arrêtons de dorloter l'obscurantisme et la misogynie au nom de la diversité. Un cours de citoyenneté doit remplacer le cours ECR. Je suis sûre que les Québécois ne sont pas favorables à l'endoctrinement des religions dans nos écoles publiques.

    • Gilles Théberge - Abonné 16 janvier 2020 12 h 59

      Vou auriez du suivre des cours de philosophie ou monsieur Lacoursière. Vous ne seriez pas obsédé par les mathématiques. Je dis ça comme ça...!

    • Jean Lacoursière - Abonné 16 janvier 2020 14 h 55

      Monsieur Théberge,

      Je ne vous connais pas. Vous vous ridiculisez formidablement en supposant chez moi des lacunes en philosophie ou des obsessions.

      Par contre, il crève les yeux que vous, ce sont des cours d'orthographe dont vous avez besoin.

    • Pierre Hurteau - Abonné 16 janvier 2020 15 h 04

      Sur quels arguments se fonde le rejet de l"enseignement des grandes traditions religieuses du monde d'un point de vue socio-culturel ? Ce refus idéologique est une nouvelle forme d'obscurantisme de l'esprit, une nouvelle forme d'allergie qui empêche de bien saisir toutes les dimensions de la réalité humaine.

    • Gilles Théberge - Abonné 16 janvier 2020 16 h 19

      Monsieur Lacoursière, je suis d'avis qu'il est préférable de savoir réfléchir avant de savoir compter.

      Une éducation équilibrée suppose un savant dosage entre la réflexion et l'apprentissage de notions précises. D'ailleurs. l'apprentissages de l'écriture et des mathématiques suppose l'utilisation de technologies d'apprentissage qui sont aux antipodes de la capacité de réflexion que suppose l'analyse d'un problèma ou d'une situation.

      Réfléchir à une situation ce n'est pas la même chose que d'effectuer une opération mathématique. Ça ne fait pas appel aux mêmes connaissances. C'est pourquoi je pensequ'il vaut mieux apprendre à réfléchir dès son plus jeune âge.

      D'ailleurs je vous propose d'écouter ceci : https://www.youtube.com/watch?v=mbDxvS5UWmU&t=50s

    • Jean Lacoursière - Abonné 16 janvier 2020 19 h 20

      Monsieur Hurteau,

      À l'école publique, les étudiants du primaire et du secondaire n'ont pas à perdre de précieuses heures d'enseignement et d'activités (sports, arts, etc.) pour comprendre en quoi consiste le boudhisme, l'islam, le judaisme, le catholicisme, etc. Ce n'est pas une « nouvelle forme d'obscurantisme de l'esprit », vous faites là un sacré retournement de sens quand on pense à l'obscurantisme promu par les religions.

      Qu'est-ce qu'un élève du primaire a à cirer de savoir, exemple de lavage de cerveau, que le p'tit Jésus est né d'une femme vierge et que ce dernier est venu nous sauver ?

      Êtes-vous tombé sur la tête d'insister sur l'importance pour les enfants de savoir ce genre de tradition ? Il y a une tonne d'autres « dimensions de la réalité humaine » pas mal plus pertinentes à apprendre que les religions. Ils apprendront « les religions du monde d'un point de vue socio-culturel » (peu importe ce que veut dire cette expression fourre-tout) au cégep et à l'université s'ils le désirent.

      Et les gens qui partagent mon point de vue ne souffrent pas d'une « nouvelle forme d'allergie ». On parle de l'école et de rien d'autre ici. Focus.

  • Cyril Dionne - Abonné 16 janvier 2020 08 h 04

    Souvent, le chemin qui mène à l'enfer est pavé de bonnes intentions

    Cher M. Proulx, vous nous parlez d’un projet de 1977 où la religion avait encore une petite place dans l’esprit des Québécois. Ce projet date de plus de 43 ans passés et englobe plusieurs générations. La démocratie doit refléter les vivants et non les morts. Ce qui était peut-être hier viable hier ne l’est plus aujourd’hui à la lumière des événements mondiaux et de l’émancipation des gens envers les amis imaginaires.

    Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce que « des mythes et des croyances comme les Rois mages, le Déluge, Nanabojo, Glouskap, la « révélation » de Mahomet, l’Annonciation, la naissance de Bouddha, le roi David et le « géant Goliath », la résurrection de Jésus, etc. » a à faire avec la pédagogie d’aujourd’hui qui est enseigné non pas comme des contes littéraires, mais bien comme des faits faisant partis des religions selon Daniel Baril? Comment peut-on enseigné à un enfant des faits mythiques qui sont présentés comme des faits historiques et réels au programme du primaire?

    Nous en sommes à l’ère de la 4e révolution industrielle de l’automatisation, la robotique intelligente et l’intelligence artificielle en plus que nous découvrons qu’il y a plus de planètes comme la Terre dans l’univers observable qu’il y a des grains de sable sur notre planète. On enseigne aux enfants que les gens ressuscitent de la mort et que Mahomet s’est fait révéler la parole de dieu par nulle autre que l’archange Gabriel, le même qui a fait l'annonce de la maternité divine à la Vierge Marie. Misère. Tous ces amis imaginaires font partis de l’idéologie créationniste qui stipule entre autre, que la Terre date de seulement 6 000 ans et que nos ancêtres vivaient avec les dinosaures.

    Ce cours, qui n’est enseigné que dans les écoles québécoises, ne nous dévoile pas sa face cachée qui est le multiculturalisme, la religion de l’état « canadian ». C’est de l’endoctrinement purement et simplement. Souvent, le chemin qui mène à l'enfer est pavé de bonnes intentions.

    • Christian Roy - Abonné 16 janvier 2020 09 h 46

      M. Dionne, le cours ECR n'a pas pour mission "d'enseigner" les croyances des différentes religions aux enfants et aux adolescents mais de les informer que ces croyances existent et que des gens qu'ils rencontrent en société s'y réfèrent.

      Nuance.

      Vous lire me permet d'être mis en contact avec vos interprétations de la réalité auxquelles je ne me sens pas soumis bien qu'elle puisse enrichir ma lecture personnelle. Votre point de vue a de la valeur.

      Comme vous je déteste l'endoctrinement, je cherche une vision de plus en plus juste des choses et contrairement à vous, je n'ai pas la même compréhension du rôle du cours ECR dans le système scolaire québécois.

      C'est ben pour dire !

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 16 janvier 2020 10 h 10

      « 1997 » et non « 1977 »

      « 23 ans » et non « 43 ans »

      L'erreur a été corrigée en ligne.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 16 janvier 2020 12 h 54

      @C.Dionne 16/01 8h04

      Sur le caractère politique du cours - programmation multiculturalisme, etc. - je suis en accord avec vous.

      Je suis aussi en faveur de l'abolition d'ÉCR à partir de critères de justice et de liberté de conscience, d'où l'idée que, dans notre société de plus en plus hétérogène, l'enseignement des contenus religieux n'a plus sa place à l'école publique, pas plus que l'athéisme.

      Cela dit, si nous voulons faire de cette abolition un progrès, il faudrait éviter de faire à l'envers le genre de polarisations dont M. Proulx ne se prive pas, en attaquant de front et sans nuance le complexe diversifié que chaque religion et chaque croyant constituent.

      En tant que croyante, mais aussi théologienne (UdM, non confessionnel), je trouve que vous allez trop loin.

      Non pas par votre opinion, vous y avez droit, mais, dans le contexte qui nous occupe ici, trop loin sur le jugement que vous portez sans nuance sur le fond et surtout parce qu'accompagné d'un mépris franchement pénible. Vous n'attaquez pas seulement des fables, mais bien les personnes pour qui elles sont signifiantes à des degrés et dans des registres très diversifiés. En clair: le for interne des gens ne vous regarde pas.

      La religion 'sortira des écoles' en référence à sa mission (transmission des savoirs et acquisitions d'habilités sociales) et en regard de la liberté de conscience. Mais, justement, ce dernier principe est ici totalement bafoué par votre manque de respect, qui double ce qui m'apparaît être un sévère manque de connaissances sur ces sujets

      L'école n'a pas à se prononcer sur la validité des religions (contenus & pratiques) ni dans un sens ni dans l'autre; dire que tel récit ou écrit est un ramassis de mensonges in-signifiants est aussi violent que d'affirmer qu'ils doivent être pris au premier degré (ce que bien des chrétiens occidentaux ne font plus depuis longtemps).

      De tels excès de langage enveniment un débat et une prise de décision déjà assez difficiles sans

    • Cyril Dionne - Abonné 16 janvier 2020 17 h 12

      Cher M. Roy, voici une page tirée du manuel « Faire escale », éditions La pensée, 2008, p. 27-28 du 3 e cycle du primaire :

      « ...le mythique Abraham est présenté comme un personnage historique ayant vécu « autour de 1800 av. J.-C. » et qui est mort à l’âge de 175 ans! On apprend aussi aux enfants qu’il a eu un fils avec son « esclave Agar » et que telle était la volonté de Dieu. » *

      *Sources – Daniel Baril, Analyse des fondements et des contenus du programme Éthique et culture religieuse, 2015

      Ceci dit, les informer que ces croyances existent et que des gens qu'ils rencontrent en société s'y réfèrent, eh bien, ceci dépasse l’entendement. En fait, si on les présente comme des personnages historiques ayant existés, non seulement c’est de la désinformation, mais c’est aussi de l’endoctrinement basé sur des ouï-dire et des amis imaginaires. Il n’existe aucune preuve scientifique pour colporter de telles niaiseries.

      Merci M. Le Blanc.

      @ Michèle Lévesque

      Est-ce que vous me parlez de respect des idéologies politico-religieuses que sont les religions? Si telle est le cas, elles ne sont que des idées qui doivent être débattues et mêmes ridiculisées comme dans les situations que j’ai énoncées, ce que prônait Thomas Jefferson qui était pourtant croyant. Si une religion est capable de se tenir debout avec ses dogmes et sa doctrine après avoir essuyée une critique, elle en sortira plus forte. Dans le cas contraire, c’est que celle-ci est vide dans son discours démagogique.

      Nulle part dans mon commentaire je cible des personnes spécifiques et donc, aucune diffamation possible. Vous savez, des croyants, des chrétiens, des musulmans et j’en passe ne sont pas des ethnies et encore moins des races et donc on passe aussi pour le racisme.

      On devient religieux par l’entremise de la filiation plus souvent qu’autrement. L’enfant ne choisit pas. Tous ont droit à la liberté de conscience, mais dans la sphère publique ou dans les écoles, il y a quand même une limit

    • Marc Therrien - Abonné 16 janvier 2020 17 h 43

      M. Dionne,

      Je joins ma voix à celle de madame Lévesque pour vous exprimez que je ne comprends pas comment un adepte de la doctrine du rationalisme comme vous ne peut s'exprimer logiquement, froidement et calmement pour au contraire, déborder de fiel. Moi qui pensais que le rationalisme était une voie d'accès pouvant mener à la sérénité. Pourquoi tant d'amertume et d'agitation?

      Marc Therrien

    • Claude Bernard - Abonné 16 janvier 2020 21 h 56

      Mme Lévesque
      Enseigner avec objectivité un sujet aussi émotif doit être extrêmement difficile.
      Les objectifs visés au départ ont-ils été atteints, je crois bien que personne ne le sait (surtout pas nous qui en débattons ou le ministre qui décide en sans savoir plus que nous apparemment).
      Les plus orthodoxes des parents préféreraient sans doute que l'on n'expose pas leur religion aux regards des autres sans leur présence.
      La recherche de valeurs communes et de citoyenneté québécoise a causé plus de divisions que de consensus en 2013.
      Tout se passe comme si a laïcité était devenue l'emblème de la nationalité canadienne française et l'interculturalisme celui des anglais.
      Dans une telle hypothèse, la CAQ suit son bonhomme de chemin vers plus d'autonomie nationaliste et ne veut rien savoir de la diversité ou des religions en général.
      Nos débats parfois virulants (et quelquefois grossiers) ne sont qu'un amusement de la plèbe pour ceux qui décident sans mesurer les conséquences de leurs actions.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 janvier 2020 10 h 11

      Sans doute faudrait-il être bien niais ou de mauvaise foi pour prétendre qu'Abraham est mort à 175 ans... ou pour suggérer qu'on ait voulu faire croire cela à des enfants.

  • Christian Roy - Abonné 16 janvier 2020 08 h 38

    Lecture intéressante

    Voilà une lecture de la situation qui me semble éclairante.

    Merci M. Proulx.

    Dans un débat aussi émotif, un appel à la raison et à une plus grande rigueur ne fait pas de mal.

    Le ministre est-il en mesure de présenter ce cours à la population d'une façon positive ? A-t-il des données validés à soumettre ? A-t-il tout fait pour que ce cours soit à la hauteur des attentes qu'il a suscitées ?

    Sa volte-face de la dernière année est-elle un indice ?

    Abolir le cours ? Pourquoi pas plutôt lui donner les moyens d'atteindre ses oblectifs qui s'inscrivent on ne peut mieux dans l'ensemble du projet pédagogique d'une école moderne, ouverte, démocratique ? Là où la culture triomphe de la méconnaissance des faits. Là où il est éventuellement possible d'apprendre à dialoguer (ce qui est loin d'être facile). Là où le jeune peut se faire une tête sur à la fois son comportement en société et sur la multitude de façon d'appréhender les questions existentielles.

    Avec du personnel compétent en la matière et un suivi des résultats.

    Cela demande du leadership...mais ça, c'est une autre histoire.

    • Marc Pelletier - Abonné 16 janvier 2020 10 h 53

      En effet, il faut réfléchir et consulter avant d'agir !

      Si tous les programmes sont revisés après une dizaine d'années, pourquoi n'a-t-on pensé à cette solution avant de le remplacer par un nouveau programme ?

      Ça frise l'improvisation !

    • Jean-Pierre Proulx - Inscrit 16 janvier 2020 11 h 20

      Souffrant des dyscalculie, j'ai écrit 1977 plutôt que 1997. Mes excuses. Le rapport du Groupe de travail sur la place de la religion, à l'origine du cours ECR, a été remis à M. François Legault le 29 mars 1999, il y aura donc un peu plus de 20 ans cette année. Il est disponible en ligne à:
      file:///Users/Jean-Pierre/Downloads/740105.pdf

    • Jean Lacoursière - Abonné 16 janvier 2020 14 h 58

      Monsieur Proulx,

      Vous souffrez aussi de lacunes en informatique. L'adresse que vous nous soumettez est celle d'un fichier sur votre ordinateur personnel.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 janvier 2020 16 h 19

      Voici un lien menant à une version abrégée (mais encore assez longue), du rapport du Groupe de travail sur la place de la religion.

      Ici: http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs40898

  • André Savard - Abonné 16 janvier 2020 09 h 24

    Un programme mal fait

    Le cours en question se fixe pour objectif le "bien commun" et "la reconnaissance de l'Autre". Il y a abolition de l'esprit critique devant tout comportement d'origine religieuse au nom du vivre-ensemble. Le programme n'est absolument pas conçu pour une évaluation des connaissances religieuses. Le cours vise une adaptabilité aux déploiements des religions dans un espace commun. Un programme nébuleux basé sur l'évaluation d'une compétence dite essentielle au multiculturalisme, cela figure dans l'intention première de ses concepteurs. L'École ne doit pas s'inféoder à une flopée de groupes intermédiaires et s'axer plutôt sur la transmission de connaissances.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 janvier 2020 11 h 19

      "L'École ne doit pas s'inféoder à une flopée de groupes intermédiaires et s'axer plutôt sur la transmission de connaissances."

      Bien d'accord! L'une d'elles: le fait que la société québécoise est le résultat de la tradition judéo chrétienne. Moi, je ne suis pas de ceux qui jettent le bébé avec l'eau de bai avec es plus et ses moins.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 janvier 2020 17 h 06

      Je m'excuse de cet impair.Je ne suis pas de ceux qui jettent le bébé avec l'eau du bain.