Les élèves québécois parmi les meilleurs au monde?

Au collégial, seulement un tiers des finissants du secondaire franchissent la porte d’entrée du cégep et un certain nombre d’entre eux sont admis sans qu’ils détiennent un diplôme d’école secondaire (DES).
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Au collégial, seulement un tiers des finissants du secondaire franchissent la porte d’entrée du cégep et un certain nombre d’entre eux sont admis sans qu’ils détiennent un diplôme d’école secondaire (DES).

Nombre d’observateurs ont réagi avec scepticisme au dévoilement du résultat exceptionnel obtenu par le Québec aux tests de classement des 79 pays participants au PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). Depuis les premières évaluations de l’organisme international qui ont été réalisées tous les trois ans depuis l’an 2000, nos élèves se sont toujours retrouvés dans le peloton de tête.

Pourtant on constate une double réalité dans les résultats obtenus du Québec à l’international avec ceux que nous projette la réalité quotidienne québécoise à tous les niveaux de notre système éducatif.

La réalité internationale

En 2016, dans l’une des conclusions du rapport PISA, on déplorait la faiblesse de la représentativité de l’échantillon québécois. En 2018, on nous assurait que les résultats avaient été pondérés pour tenir compte du public et du privé.

Le Québec a un système scolaire à trois vitesses : les écoles publiques ordinaires, les écoles publiques à projets particuliers en concurrence avec les écoles privées.

Qu’en est-il de l’échantillon québécois ? Nous savons qu’un nombre indéterminé d’écoles refusent de participer au PISA. Quels en sont le nombre et le pourcentage ainsi que leur répartition géographique ? Dès lors, le caractère aléatoire de l’échantillon le rend-il biaisé ? L’exercice de pondération prend-il en compte les trois sous-groupes de l’échantillon ? Le deuxième sous-groupe (projets particuliers) bénéficie-t-il du mécanisme de pondération ? Est-il surreprésenté dans l’échantillon des écoles publiques ? Une connaissance exhaustive de la méthode d’échantillonnage du Québec serait de nature à éclairer bien des questionnements.

La réalité québécoise

La performance exceptionnelle des élèves québécois à l’échelle internationale depuis 20 ans ne semble pas se refléter dans le plan populationnel, ni dans les réseaux scolaire, collégial ou universitaire. On observe dans la population québécoise une progression du taux d’analphabétisme fonctionnel, qui se situe actuellement à 53 %. À l’échelle canadienne, le Québec enregistre le pire taux de décrochage scolaire. Le résultat d’enquêtes récentes révèle que l’école ne parvient à diplômer que 40 % de ses élèves après sept ans.

Au collégial, seulement un tiers des finissants du secondaire franchissent la porte d’entrée du cégep et un certain nombre d’entre eux sont admis sans qu’ils détiennent un diplôme d’école secondaire (DES). Le taux de décrochage au collégial, qui était de 46 % dans les années 1970, a explosé dans les dernières décennies pour atteindre 70 % au Québec, selon les données les plus récentes recueillies par l’Association pour l’alphabétisme et un chercheur de la FTQ.

Pour sa part, l’université québécoise maintient toujours un écart historique de diplomation de 20 % avec l’Ontario.

Comment expliquer un tel fossé entre ces deux réalités ? Comment nos experts peuvent-ils concilier des résultats aussi contradictoires qui perdurent depuis 20 ans ? Ce sont là des questions qui restent malheureusement sans réponse.

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26 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 16 décembre 2019 06 h 20

    Ce texte présente tellement d'affirmations gratuites et de sophismes

    Ce texte présente tellement de so phismes et d’affirmations gratuites.

    1-D.abord au sujet des anaphabètes...... L’économiste Pierre Fortin écrit:« Une affirmation abusive, réductrice et qui manque sérieusement de mise en contexte »https://lactualite.com/lactualite-affaires/53-danalphabetes-fonctionnels-voyons-voir/

    2-Francis Vailles a très bien présenté la question du décrochage scolaire dans ses 2 chroniques : « Le faux débat du décrochage scolaire et « Le débat faussé du décrochage scolaire ». A voir sur la Toile.En résumé : Il est de beaucoup plus difficile d’obtenir un DES au Québec que dans les autres provinces.D.autre part . « on constate que le Québec rattrape la moyenne canadienne avec le temps. Ainsi, 89 % des personnes de 25 à 34 ans avaient un diplôme d’études secondaires en 2016. «
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1098980/penurie-travailleurs-decrochage-scolaire-ecole-travail-analyse-gerald-fillion

    3- En plus, « ce bilan indique aussi que deux millions de diplômés sont sortis des cégeps depuis leur création et que le Québec s’est hissé au premier rang au Canada en matière d’obtention d’un diplôme postsecondaire : 50 % de nos jeunes détiennent un tel diplôme, contre 29,9 % en Ontario, soit la province à laquelle les auteurs nous comparent »
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/518784/les-cegeps-favorisent-l-acces-pour-tous-a-l-enseignement-superieur

    • Raymond Labelle - Abonné 16 décembre 2019 07 h 58

      Merci beaucoup de cette nécessaire mise au point M. Grandchamp! Je me permettrai de donner des détails à votre excellente synthèse ou celle des documents auxquels vous renvoyez. Dans celui de Fortin, entre autres, j'extrais pour les pressés qui ne le liraient pas:

      "Les taux de littératie et de numératie des 25 à 44 ans d’aujourd’hui sont supérieurs à ceux qu’affichaient les 45 à 65 ans d’aujourd’hui lorsqu’ils avaient eux-mêmes 25 à 44 ans il y a 20 ans." (...)

      "les pourcentages des jeunes adultes québécois qui sont jugés bons ou excellents en littératie et en numératie (respectivement 58 % et 54 %, tel que rapporté au tableau 1) sont voisins de ceux des autres provinces canadiennes (59 % et 52 %) et des médianes des 24 pays avancés (57 % et 54 %)." (...)"

      Nos jeunes se tromperaient donc moins en traitant leur aînés d'illetré.e.s que dans le sens inverse. Mais comme ils sont plus respectueux que leurs aîné.es, ça arrive généralement moins souvent dans ce sens que dans l'autre.

      "Trois pays font le podium dans les deux champs de compétence : le Japon, la Finlande et les Pays-Bas. Les pays scandinaves (Suède, Norvège et Danemak) et la Flandre belge suivent de près. Fait notable, le Québec fait aussi bien que l’Allemagne et la Corée du Sud et mieux que les cinq autres très grands pays : l’Angleterre, la France, les États-Unis, l’Espagne et l’Italie."

    • Raymond Labelle - Abonné 16 décembre 2019 08 h 24

      À noter que le PISA est administré à des élèves de 15 ans. Par conséquent, les statistiques relatives au décrochage des élève à des niveaux scolaires plus avancés que les élèves ayant 15 ans au monent du test ne sont pas pertinents.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 décembre 2019 09 h 45

      Ah « ben », je suis d'accord avec M. Granchamp.

      Toutes les écoles ont un système scolaire à trois vitesses : les écoles publiques performantes, les écoles publiques ordinaires et enfin les écoles publiques ordinaires avec une clientèle d’enfants en difficulté. Bon nombre indéterminé d’écoles refusent de participer au PISA dans toutes les provinces du Canada et pays du monde.

      Maintenant, pour mettre fin aux mythes. La performance exceptionnelle des élèves québécois à l’échelle internationale depuis 20 ans reflète dans le plan populationnel, les réseaux scolaire, collégial et universitaire. La progression du taux d’analphabétisme fonctionnel est récurrente partout dans le monde et reflète encore une société ou la lecture n’est pas importante dû à Internet et aux phénomènes des médias sociaux. Beaucoup sont admis sans qu’ils détiennent un diplôme d’école secondaire et on appelle cela, les élèves matures partout au Canada. Enfin, sans diplôme du secondaire, vous pouvez faire des études postsecondaires en Ontario. L’écart historique de diplomation de 20 % entre le Québec et l’Ontario découle bien plus des assisses, des valeurs et des normes sociétales que du système éducationnel. Que voulez-vous, l’argent est prisé dans la société anglo-saxonne et c’est pour cela que vous ne retrouvez pas seulement un taux de diplomation postsecondaire plus élevé, mais très peu d’élèves ontariens se consacrent aux sciences sociales contrairement aux étudiants québécois, UQAM oblige.

      Enfin, pensez-vous que l’école américaine, française et autre est supérieure à l’école québécoise? Bien sûr que non. Il semble que certains gauchistes ne sont pas contents que le Québec arrive bon premier parmi tous les pays francophones du monde. Pardieu, plusieurs pays n’osent même pas se présenter à ces tests de PISA sachant fort bien que ce sera l’échec complet. Les pays où le développement socioéconomique est en devenir, eh bien, ils arrivent bons derniers et plusieurs ne participent même pas.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 décembre 2019 14 h 35

      @ M. Dionne qui écrit:"Toutes les écoles ont un système scolaire à trois vitesses : les écoles publiques performantes, les écoles publiques ordinaires et enfin les écoles publiques ordinaires avec une clientèle d’enfants en difficulté.".

      Je parle, ici, pour le Québec.Sur le territoire d'une commission scolaire,en règle générale, il y a: 1-des écoles privées de niveaux: pré-scolaire, élémentaire, secondaire 2-dans certaines écoles publiques, de niveau secondaire, on peut y trouver des classes avec des concentrations ou programmes particuliers: ce que certains appellent *le privé du public 3-une fois que le privé et *le privé du public* se sont servis, il y a des classes ordinaires. Dans ce dernier cas, on y trouve davantage d'élèves avec retard(s) ou ayant des difficultés d'adaptation et/ou d'apprentissage.

  • Pierre G. Blanchard - Abonné 16 décembre 2019 07 h 48

    Le choc des réalités

    Bravo de nous donner l'heure juste. Il faut continuer à se comparer quant aux résultats obtenus et l'excellence de nos systèmes. Peu disputent le fait que l'éducation contribue à améliorer une société et créer la richesse collective. En revanche, plus que régler nos problèmes de contenu et de ressources humaines, on préfère s'attaquer aux commissions scolaires en régions plutôt qu'à l'énorme bureaucratie centralisatrice à Québec. Alors que nos enseignants sont moins bien payés qu'ailleurs, la rémunération de nos médecins spécialisés demeure ici plus élevée de 9% qu'en Ontario. Oui, de telles comparaisons nous interpellent quant à la performance en éducation et en santé, et devraient peut-être s'étendre aux autres ministères et aux secteurs socio-économiques tributaires des dépenses de l'État ?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 décembre 2019 10 h 29

      @ M. Blanchard

      D'accord pour la nécessité de comparer. Sauf que, il faut comparer des pommes avec des pommes.

      Moi, ce qui m'inquiète davantage: 1-le fait que de plus en plus d'enfants, arrivent à l'école avec des problèmes d'adaptation et/ou d'apprentissage 2- le fait que, de plus en plus d'élèves sont aux prises avec des problèmes graves d'anxiété....comme leurs parents. Le célèbre pédiatre Dr Julien faisait remarquer, en fin de semaine, que ce phénomène accentué est nouveau dans sa pratqiue

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 décembre 2019 10 h 33

      @ M. Blanchard

      En complément:

      "Néanmoins, la pratique de la pédiatrie sociale continue de s’adapter à la réalité des enfants. «Dans nos cliniques, l’anxiété est devenue le [problème] numéro un. Ce n’était pas là de cette façon-là avant. Dans les 10 dernières années, ça a évolué rapidement et négativement», a-t-il affirmé. "
      https://www.journaldemontreal.com/2019/12/15/plus-de-1-million--amasses-par-la-guignolee-du-dr-julien

  • Pierre Grandchamp - Abonné 16 décembre 2019 08 h 04

    Pourquoi il est plus difficile d'obtenir un DES, dans un temps minimum, au Québec que dans le ROC?

    Il est plus difficile d’obtenir un DES, dans un temps minimum, au Québec que dans le ROC. Mais, grâce à notre système d’Éducation des Adultes, nous en récupérons beaucoup.Oui, ça prend plus de temps au Québec.....mais, avec le temps, la situation se corrige.!

    1-Note de passage de 60% au lieu de 50%. 2-Il y a examen final uniforme, dans chaque matière pér-requise au DES comptant pour 50%.La note du bulletin comptant pour 50% mais pouvant être modérée par rapport à la moyenne du groupe à l’examen uniforme

    3-Il est, de beaucoup, plus difficile réussir l’examen final écritde français langue maternelle que celui de l’anglais langue matyernelle.Francis Vaillles écrit : http://mi.lapresse.ca/screens/1e975537-b485-43f2-8
    « Les exigences du cours de langue anglaise maternelle de 5e secondaire sont très différentes de celles du cours de français langue maternelle en ce qui concerne le respect des conventions linguistiques, pénalisant ainsi la population francophone », m’écrit Jean Provençal, qui travaille à la commission scolaire anglophone Eastern Townships.

    4-Nous sommes plus exigeants en maths. Dans « Le faux débat du décrochage scolaire », Francis Vailles écrit:/ https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/francis-vailles/201805/10/01-5181417-le-faux-debat-du-decrochage-au-quebec.php
    « Pourquoi sommes-nous si forts en maths et avons-nous, en même temps, un taux de diplomation au secteur public si faible par rapport aux autres ? L'une des raisons, justement, c'est que nos cours de maths sont plus exigeants, qu'ils produisent des enfants plus solides, mais aussi qu'ils entraînent plus d'échecs, dont plus de * décrochage *. »
    …………………………………………………………………………..

    • Raymond Labelle - Abonné 16 décembre 2019 08 h 56

      On peut spéculer, sans en être sûr, qu'il pourrait y a avoir un lien entre les exigences plus élevées et les meilleurs résultats au PISA...

  • Raymond Labelle - Abonné 16 décembre 2019 08 h 07

    53% d'analphabètes fonctionnels? Plutôt 20%.

    Ce 53% d'analphabètes fonctionnels signifie, pour celles et ceux qui invoquent ce chiffre (souvent sans qu’elles ou ils le sachent): la proportion de la population du Québec sous le niveau 3 au test du PEICA de 2012. Le PEICA est un test de l’OCDE visant à évaluer, entre autres, la numératie et la littératie pour la population en général âgée de 16 à 65 ans.

    L’institut de la statistique du Québec (ISQ) en parle plus en détail ici : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/education/

    Les niveaux de performance 1, 2 et 3 se divisent ainsi, la performance croissant avec les chiffres: 34, 3% est de niveau 2, 14,9% de niveau 1 et 4,1% sous le niveau 1. Le reste sont les niveaux 3-4 et 5. Dans la mesure où il est exagéré de qualifier d’analphabète fonctionnel quelqu’un de niveau 2, et si on qualifie les niveaux 0 et 1 d’analphabètes fonctionnels, on arrive plutôt à 20%. Voir tableau 8.1 du document de l’ISQ.

    Description officielle du niveau 2:

    Littératie :

    Les personnes sont en mesure d’intégrer au moins deux informations en fonction des critères donnés, de les comparer, de les mettre en opposition ou d’engager une réflexion à leur sujet, et de faire des inférences de faible niveau. Elles sont capables de parcourir des textes numériques pour repérer les informations dans différentes parties d’un document

    Numératie

    Les personnes peuvent effectuer des opérations mathématiques simples, en deux étapes ou plus, comme le calcul avec des nombres entiers ou avec des décimales, des fractions et des pourcentages. Elles sont capables d’interpréter l’information mathématique simple qui se trouve dans des textes, des tableaux ou des graphiques. Elles sont aussi en mesure de reconnaître et d’utiliser des informations et des concepts mathématiques se trouvant dans différents contextes courants dont le contenu mathématique est assez explicite ou visuel, avec relativement peu de distracteurs.

  • Raymond Labelle - Abonné 16 décembre 2019 08 h 38

    L'échantillon visé par 2016 et 2018

    L'auteur écrit: "En 2016, dans l’une des conclusions du rapport PISA, on déplorait la faiblesse de la représentativité de l’échantillon québécois. En 2018, on nous assurait que les résultats avaient été pondérés pour tenir compte du public et du privé." L'auteur

    Rappel historique pour le test administré en 2015: comme moyen de pression face au gouvernement face aux coupures budgétaires, certaines écoles publiques avaient refusé d'administrer le PISA. C'est la seule année où cela s'est produit. Or de façon régulière le Québec a eu d'excellents résultats à d'autres années. Et même pour cette année exceptionnelle, le biais pourrait être minime même s'il reste des zones d'ombre, mais il demeure certain que même en corrigeant en estimant le plus grand biais possible, les résutlats québécois demeureraient excellents.

    Le PISA exige aussi un échantillonage rigoureux pour que les écoles soient représentatives du réseau scolaire de l'entité visée, et les entités qui administrent ces tests les suivent, en tout cas le Québec le fait, même si c'était plus difficile pour le test de 2015 pour la raison évoquée ci-dessus.

    Voir à ce sujet Mario Jodouin, pour la démonstration complète: https://jeanneemard.wordpress.com/2016/12/14/les-resultats-des-eleves-quebecois-au-pisa-2015-1/

    Merci M. Jodouin, vous semblez être un des rares, peut-être le seul, à s'être adonné à cet exercice aussi rigoureusdment. Et pourtant, que de choses non fondées on entend.

    et aussi d'autres considérations supplémentaires, surtout sur la comparaison entre le Québec et le reste du Canada (toujours pour le test de 2015, mais demeure très intéressant): https://jeanneemard.wordpress.com/2016/12/17/les-resultats-des-eleves-quebecois-au-pisa-2015-2/