L’offre gouvernementale aux secteurs public et parapublic

Le ministre Christian Dubé, en septembre dernier
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Christian Dubé, en septembre dernier

La fin de l’année 2019 marque le début de la période de négociations pour le renouvellement des conventions collectives des quelque 550 000 employées et employés qui travaillent dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que dans l’ensemble de l’administration gouvernementale. Cet exercice est d’une importance capitale, car il met en lumière la contribution du personnel de l’État et il concourt à l’amélioration de la qualité des services à la population québécoise.

Aujourd’hui, le gouvernement déposera ses offres aux représentantes et représentants syndicaux, selon une nouvelle approche responsable et adaptée aux grands enjeux de notre société. Comme vous le savez, nous avons fait de la réussite éducative et de l’amélioration de l’accès aux soins de santé deux de nos priorités nationales. Tous nos efforts convergeront vers des services de qualité dans ces secteurs, et particulièrement pour les clientèles vulnérables. Après tout, les objectifs du gouvernement et ceux de ses partenaires syndicaux sont les mêmes, soit d’être en mesure de donner les meilleurs services possible à la population et de voir s’améliorer la qualité de vie de l’ensemble des Québécoises et des Québécois.

Bien sûr, des défis demeurent afin d’atteindre nos objectifs communs. Pensons à l’enjeu de la disponibilité de la main-d’oeuvre, dans certains secteurs clés, ou encore au vieillissement de la population. Le monde de l’emploi est en profonde transformation, et nous serons à l’écoute de nos partenaires pour appuyer la capacité du personnel à réaliser son travail dans les meilleures conditions possible.

Nous entreprenons aussi les présentes négociations conscients de notre responsabilité envers la population d’assurer une gestion rigoureuse des finances publiques. Les citoyennes et citoyens travaillent très fort pour gagner chaque dollar ; leurs taxes et leurs impôts doivent donc être gérés avec rigueur. Rappelons que la rémunération globale du personnel oeuvrant au sein de l’État représente près de 60 % des dépenses de programmes du gouvernement, soit environ 40 milliards de dollars chaque année. Les hausses salariales ont, par conséquent, une incidence importante sur les finances publiques. Ainsi, chaque augmentation de 1 % équivaut à une hausse récurrente des dépenses d’environ 400 millions de dollars. Gardons aussi à l’esprit que le personnel de l’État a des conditions avantageuses et une stabilité d’emploi qu’envient plusieurs travailleuses et travailleurs.

Notre approche de gestion des finances responsable et raisonnable nous permet néanmoins d’offrir aux employées et employés des avancées notables et de résoudre des problèmes précis liés, notamment, à l’organisation du travail. Les employées et employés de l’État constituent l’assise des services publics. Il faut leur donner les moyens d’exercer pleinement leur rôle. D’ailleurs, tous les investissements faits par le gouvernement pour soutenir la réussite éducative et pour améliorer l’accès aux soins de santé visent également à appuyer le travail de toutes les personnes qui travaillent dans ces secteurs. À titre d’exemple, le grand chantier de 2,3 milliards de dollars que nous avons annoncé pour rénover nos écoles se traduira par un meilleur environnement de travail pour les ressources en milieu scolaire. De plus, la hausse de 5,4 % du budget de la santé, en 2019-2020, servira, entre autres, à l’embauche de préposées et préposés ainsi que d’infirmières et infirmiers dans tout le réseau de la santé et des services sociaux.

Ces négociations s’amorceront, j’en suis persuadé, avec un angle novateur, qui laissera toute la place à la recherche de solutions porteuses et adaptées aux défis de notre société actuelle ainsi qu’aux besoins et aux priorités des Québécoises et des Québécois. J’espère donc sincèrement qu’elles seront fondées sur une écoute mutuelle et qu’à leur conclusion, ce sera l’ensemble de la population qui en sortira gagnante.

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6 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 12 décembre 2019 06 h 49

    De beaux mots.

    Lorsqu'il le prononce, ce ministre ne dit pas qu'en 2019 le gouvernement Legault octroie aux entreprises qui brassent affaires au Québec un milliard de crédit d'impôt, déductions fiscales et aides financières, ce qui est 20% de plus qu'en 2018 de sorte que ces entreprises bénéficieront de 6.25 millards d'allègement fiscal à comparer è 5,22 milliards selon l'analyste Michel Girouard.

    Il en découle que 61% des petites entreprises (441,914), 39% de entreprises moyennes (9,916) et 43% des grandes entreprises (5,143) ne paieront pas d'impôt. Dire alors que ces entreprises sont surimposées est une chimère. Sous cet angle, le gouvernement Legault va plus loin que le gouvernement Couillard dans les largesses au monde dit des affaires alors qu'elles encaissent des profits découlant de la relance de l'économie américaine et de la valeur du dollar canadien.

    • Claude Gélinas - Abonné 12 décembre 2019 12 h 16

      Je souscris à cette opinion tout en ajoutant que le le Président du Conseil du Trésor qui en plus d'une prime de départ d'un 1 Milllion après 4 ans de service reçoit du bas de laine des Québécois une retraite annuelle et ce toujours après 4 ans, de 57 000 $ de la Caisse des dépôts, un cumul interdit aux employés du secteur public mais non interdit aux députés. Par contre ce cumul a été refusé par le PM Lucien Bouchard et Gérard Deltel.

      Quant à l'entente avec la Fédération des médecins spécialistes la mine triomphante de sa Présidente démontre à l'évidence que la Fédération est sortie grande gagnante puisque les médecins spécialistes qui compte de plus en plus de millionnaires dans leur rang de même que des médecins délinquents ou déviants ( 6 Millions facturés en trop en 2018 ) ne réduiront pas d'un iota leurs revenus. L'Économie viendra essentiellement de la réduction des examens au risque d'affecter la santé des patients.

      Alors le Président du Conseil du Trésor aura beau pavoiser il ne faudrait qu'il prenne les Québécois pour des canards sauvages. Cela sent l'entourloupette à plein nez et surtout l'on a pris soin de faire cette annonce en publiant un communiqué d'une page et alors que l'Assemblée nationale ne siège pas.

  • Nicole Delisle - Abonné 12 décembre 2019 09 h 38

    «  Notre approche de gestion des finances responsable et raisonnable... »

    Comment M. Dubé peut-il déclarer une telle incohérence après l'enterloupette qu'il nous a déclarée hier au sujet de l'entente des médecins? Il aurait intérêt à lire l'article d'aujourd'hui au sujet des enseignants du Québec qui sont les moins bien payés de tout le Canada. M. Dubé est un ministre qui facilite la vie à l'élite, aux gens d'affaires. Nous sommes passés d'un gouvernement d'avocats à un gouvernement de membres du monde des affaires.
    Les québécois n'y trouvent pas plus leur compte. Nous sommes les pourvoyeurs de cette élite qui ne cherchent qu'à tirer profit de
    notre naïveté. Payez pauvres gens et nous nous en porterons mieux! Après les millions que lui a rapportés son départ de son
    ancien poste pour venir en politique, M. Dubé est bien mal placé
    pour venir tenter d'amadouer les travailleurs du secteur public en
    les enjoignant de négocier en tenant compte de leur capacité de
    payer. Et les médecins eux? Ils ont encore tout empoché et il ne reste rien pour les autres. C'est ça la vérité M. Dubé! Avez-vous honte de le dire aux québécois?

  • Clermont Domingue - Abonné 12 décembre 2019 10 h 58

    Conditions avantageuses et stabilité d'emploi.

    Ètes-vous bien informé ou vous fiez-vous à vos préjugés, monsieur Dubé?

    J'espère que les négociations vous apprendront dans quelles conditions exercent les jeunes enseignants (tes) et combien de temps il leur faut pour obtenir une permanence.

    Avez-vous été berné par les médecins ou avez-vous été trop généreux? Il me semble que vous avez ratez unr belle occasion de mieux pratiquer la justice distributive.

  • Gabriel Rompré - Abonné 12 décembre 2019 11 h 38

    Les salaires

    On ne peut pas faire l'économie de la question salariale. En ce moment, un jeune professionnel qualifié gagne pratiquement deux fois plus au gouvernement fédéral qu'au gouvernement provincial. Il y a aussi un fort écart avec les gouvernements municipaux. S'il est vrai que certaines conditions de travail sont avantageuses, elles viennent aussi avec des côté négatifs comme la hiérarchie étouffante et une progression de carrière relativement lente et limitée au secteur public.

    La question est: est-ce que la fonction publique québécoise est un employeur prestigieux que les jeunes les plus brillants et les mieux outillés veulent cherchent à intégrer? Poser la question, c'est y répondre. À un moment où le taux de chômage est très bas, la fonction publique est à risque de devenir un employeur de relégation et de dernier recours avec toutes les conséquences négatives que cela pourra avoir sur la qualité de nos services.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 12 décembre 2019 15 h 38

    7% sur 5 ans.

    Bref le gros lot ou le grelot .C'est insignifiant.Les MD spécialistes ont du les menacer de grève et les poules mouillées grasouillettes ont reculé

    Ils n'ont pas plus "guts"que le PLQ disparu pour longtemps.La CAQ recule partout.
    La fonction publique ,j'espére, ne reculera pas.Une grève avec baillon sera prévisible..
    Gentiment je dis à la CAQ , j'en ai plein le dos.