Loi sur la laïcité: le pouvoir judiciaire joue aussi un rôle politique

«N’allons pas croire que le cas de la juge Nicole Duval Hesler est un cas isolé. Ce serait ici occulter la nature politique du juridique [...]», affirme l'auteure.
Photo: Catherine Legault Le Devoir «N’allons pas croire que le cas de la juge Nicole Duval Hesler est un cas isolé. Ce serait ici occulter la nature politique du juridique [...]», affirme l'auteure.

Les nombreuses plaintes pour manquement à l’impartialité dans le dossier de la loi sur la laïcité de l’État qui ont été déposées contre le plus haut magistrat du Québec, la juge Nicole Duval Hesler, non seulement ébranlent la confiance du public dans l’institution judiciaire, mais soulèvent également de sérieux doutes quant à la prétention des tribunaux de pouvoir garantir une meilleure démocratie que celle de n’importe quel gouvernement.

L’idée voulant que les juges, parce qu’ils sont à l’abri des pressions populaires et de l’électorat, soient mieux placés que les politiciens pour rendre des décisions objectives, dénuées d’intérêts et de toute partisanerie politique, est une véritable mystification. Toutes les révélations qui ont été faites récemment concernant la juge Duval Hesler en sont d’ailleurs une preuve éclatante.

C’est pourtant cette fausse prémisse qui a servi en 1982 d’argument central au gouvernement de Pierre Elliott Trudeau pour justifier que l’on confie aux juges plutôt qu’aux politiciens la protection des droits fondamentaux de chaque citoyen. Bref, plus on est loin du peuple, meilleure sera la démocratie !

C’est sur cette odieuse méprise, digne des plus grandes aristocraties, que repose aujourd’hui l’autorité de juges qui ne représentent qu’eux-mêmes et à qui on accorde un pouvoir politique sans précédent, leur permettant même de défaire des lois qui ont été votées en toute légitimité par un Parlement, élu au suffrage universel.

Cette prétendue supériorité des tribunaux repose sur un argument majeur, rarement évoqué, voulant que la majorité soit, par définition, tyrannique à l’égard des minorités. C’est l’argument central permettant de mettre en échec la souveraineté parlementaire parce qu’il suppose que les décisions prises par les élus ne sont pas neutres, puisqu’elles sont celles de la majorité et qu’il faut donc s’en remettre à l’impartialité des juges et des tribunaux pour faire respecter les droits de tous.

En clair, cela signifie que la démocratie est suspecte, qu’il faut se méfier de l’État et que les tribunaux ont pour rôle d’en limiter les prérogatives afin de nous préserver du despotisme de la majorité. Cela n’est pas sans rappeler les considérations de l’aristocrate Tocqueville sur la démocratie américaine.

Populisme douteux

Lorsque François Legault nous rappelle que le projet de loi 21 a reçu l’appui de plus de 70 % des Québécois, certains disent qu’il verse dans le populisme. Un populisme douteux, à la conscience encombrée de préjugés, surtout si cette conscience vit en région. Parce que le peuple, c’est l’opinion du vulgaire, le grégarisme, et qu’une majorité d’opinions ne fait pas la vérité. Que nos politiciens campent du côté de l’opinion et des intérêts alors que nos juges à la conscience éclairée baignent dans la lumière de la vérité platonicienne. On reconnaît ici tout le mépris de Socrate pour la démocratie.

La partisanerie et le militantisme de la juge constituent un scandale pour l’institution judiciaire, non seulement parce qu’elle a largement manqué à son devoir de réserve en faisant preuve de partialité, mais aussi parce que ses propos ont été largement médiatisés et étalés sur la place publique, écorchant ainsi l’image magnifiée que le public se fait du monde judiciaire. Ces révélations ont fissuré la forteresse derrière laquelle se réfugie habituellement cette institution ; un univers clos, kafkaïen et surprotégé qui échappe à la médiatisation, à la critique et au regard public. Combien de fois n’avons-nous pas entendu cet appel à la prudence de la part des politiciens : « La chose étant devant les tribunaux, je préfère ne pas commenter. »

Néanmoins les propos de la juge ont eu le mérite de nous faire comprendre ce qu’est la politique judiciarisée, qu’il y a de la politique dans le juridique et que l’immense pouvoir des juges n’est finalement qu’une autre façon de faire de la politique. Comme quoi il n’y a pas que la majorité qui ne soit pas neutre !

N’allons pas croire que le cas de la juge Duval Hesler est un cas isolé. Ce serait ici occulter la nature politique du juridique et ignorer les nombreux exemples de notre histoire qui témoignent de l’importance décisive du rôle politique de l’institution judiciaire dans le maintien de la situation coloniale du Québec à l’intérieur du Canada. C’est dans cette dynamique et ces rapports de force qu’il faut interpréter l’actuelle bataille politique qui se joue devant les tribunaux à propos de la loi 21.

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78 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 12 décembre 2019 03 h 04

    Bravo.

    Que oui, la clique des juges est comme toutes les autres cliques. Pire, cette clique là, étant à l'abris de toute mesure de "punition", agit de manière qui n'est pas avouable. Quant à Nicole Duval Hesler, étudiante en droit, puis avocate, puis juge... elle est la perfection de la démonstration de ce qu'est une manière inavouable d'agir. Et ce n'est pas la seule...

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 12 décembre 2019 08 h 18

      L'ABC de la démocratie

      Le pouvoir exécutif (aussi appelé simplement l'exécutif) est l'un des trois pouvoirs, avec le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, constituant l'État dans un régime démocratique respectant la séparation des pouvoirs. Il est chargé de gérer la politique courante de l'État et de contrôler l'application de la loi élaborée par le pouvoir législatif .» (Wikipedia)

    • Cyril Dionne - Abonné 12 décembre 2019 09 h 24

      D'accord avec vous M. Pelletier.

      Le gouvernement des juges. Ceux qui ne voient aucune instance politique dans cette institution, eh bien, sont tout simplement aveugles.

      Ceci dit, les juges sont nommés au Canada non pas à cause de leur prouesses judiciaires, mais bien par affiliations politiques. Si vous êtes bien « connecté », « Post-it » oblige, les chances sont bonnes pour vous de devenir un juge en quelque part. Est-ce que vous avez déjà remarqué, les juges qui sont en fait des avocats, ceux qui réussissent très bien dans leur profe$$ion, ne courtisent pas la position de juge? Il semble que se sont seulement ceux qui sont les moins futés qui sont les nombreux élus de ces postes.

      Blague à part, les lois dûment voté par l’instance démocratique qu’est l’Assemblée nationale ont préséance à tous ces juges politiques non élus. On devrait procéder comme aux États-Unis où la plupart des juges sont élus et non pas nommés. De cette façon, lorsqu’il y a un biais véritable de la part d’un juge, celui-ci doit faire face à une élection démocratique où il doit justifier ses choix.

      C’est Thomas Jefferson qui disait que les lois sont organiques et doivent refléter les vivants et non pas les morts. La question de savoir si une génération a le droit d'en lier une autre comme dans le cas de notre charte adorée venue d’ailleurs : « Mais entre la société d’antan et la société d’aujourd’hui, ou de génération en génération, il n'y a pas d'obligation, pas d'arbitre mais la loi de la nature. Nous ne semblons pas avoir perçu que, selon la loi de la nature, une génération est à l'autre comme une nation indépendante à une autre. Sur un terrain similaire, il peut être prouvé qu'aucune société ne peut faire une constitution perpétuelle, ou même une loi perpétuelle. La terre appartient toujours à la génération vivante. Chaque constitution, donc, et chaque loi, expire naturellement au bout de 19 ans. S'il est appliqué plus longtemps, c'est un acte de force et non de droit ».

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 12 décembre 2019 11 h 10

      Monsieur Dionne, "Il semble que se (ce) sont seulement ceux qui sont les moins futés qui sont les nombreux élus de ces postes." J'ose croire à une tentative d'humour noir sans fondement ici. Pour ce qui est de l'élection de juge selon le système américain. Vraiment drôle. Le système judiciaire américain est totalement politisé, du plus haut de l'échelle jusqu'à ses plus profondes racines.

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 12 décembre 2019 12 h 48

      X,Y, Z, Monsieur Dionne

      Le pouvoir judiciaire est, avec le pouvoir exécutif et législatif, l'un des trois pouvoirs constituant l'État dans un régime démocratique respectant la séparation des pouvoirs. Il a pour rôle de contrôler l'application de la loi et sanctionne son non-respect. Ce pouvoir est confié aux juges et aux magistrats (et parfois, dans une moindre mesure, à des jurés), qui se fondent sur les textes de lois (qui sont rédigés par le pouvoir législatif) pour prendre des décisions. (ibidem)

    • Cyril Dionne - Abonné 12 décembre 2019 13 h 32

      M. Carrier. Non aucun humour noir de ma part. Les juges « Post-it » sont les derniers de classe. C’est dans la même catégorie que les juges de paix, des choix qui sont hautement politisés. Évidemment que toute instance gouvernementale est politisée incluant le système judiciaire. Aux USA, leur système est politisé comme le nôtre, mais avec la possibilité de mettre à la porte des juges le temps d’une élection. Cette possibilité n’existe pas au Canada ou au Québec. Tous les juges sont nommés à vie. Méchante différence.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2019 16 h 48

      EN PRIMEUR: La Cour d’appel du Québec maintient l’application de la Loi sur la laïcité de l’État dans une décision partagée, marquée par la dissidence de la juge en chef Nicole Duval Hesler.

      Détails: https://www.ledevoir.com/politique/quebec/568954/la-loi-quebecoise-sur-la-laicite-de-l-etat-est-maintenue

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2019 16 h 59

      Au risque de me répéter - je crains d'avoir mal formulé et d'induire en erreur dans mon intervention précédente (pas encore publiée à ce moment-ci) - la Cour d'appel a rejeté la requête de suspension de la L21, et a maintenu le jugement de première instance. À 2 contre 1, la juge Hesler étant dissidente. La L21 continue donc de s'appliquer, suite au jugement de la Cour d'appel.

  • Nadia Alexan - Abonnée 12 décembre 2019 05 h 05

    Les juges ne sont pas infaillibles.

    Les juges ne sont pas des saints et ne sont pas infaillibles comme le Pape, non plus. Ils ont leurs préjugés et leurs croyances politiques.
    Si les juges possèdent les mêmes failles que le juge américain Brett Kavanaugh, nommé par Donald Trump à la Cour suprême des États-Unis, en dépit des accusations d'abus sexuels, évidemment la justice sera compromise.
    Dans un article intitulé «Charte de la laïcité - La Cour suprême n’a pas de leçons à donner», l'historien Frederick Bastien cite des exemples flagrants d'un manque de sagesse de jugement rendu par la Cour Suprème. Par exemple, il mentionne: «l’arrêt Multani en 2006, en vertu duquel les élèves sikhs ont obtenu le droit de porter le kirpan à l’école. Cette décision fait complètement fi du droit à la sécurité de l’immense majorité des étudiants, ceux qui n’ont pas le droit de porter un poignard. Symbole religieux ou pas, un couteau est une arme blanche, dangereuse, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est interdit de monter à bord d’un avion avec un kirpan. De plus, en instaurant différents droits pour différentes communautés, cette décision de la Cour suprême a fait passer à la trappe un principe fondamental de justice, celui de l’égalité de tous devant la loi.»
    «Une autre décision déplorable a été prise lors de l’arrêt Askov en 1990. Encore une fois en se fondant sur la Charte, la Cour suprême a annulé la procédure entamée contre un criminel notoire sous prétexte qu’il n’avait pu être jugé dans des délais raisonnables.» https://www.ledevoir.com/opinion/idees/400418/la-r

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2019 12 h 19

      «Une autre décision déplorable a été prise lors de l’arrêt Askov en 1990. Encore une fois en se fondant sur la Charte, la Cour suprême a annulé la procédure entamée contre un criminel notoire sous prétexte qu’il n’avait pu être jugé dans des délais raisonnables.»

      Un criminel notoire - a-t-il eu son procès dans un délai raisonnable - eh bien il bénéficie de la présomption d'innocence s'il n'a pas eu de procès.

      M. Bastien est-il d'avis que si on sait que quelqu'un est un criminel notoire, on devrait se dispenser de faire un procès pour l'envoyer en prison? Voter à la majorité son lynchage peut-être?

      Il faut voir plus loin que ce cas. Le respect du droit d'avoir un procès au criminel dans un délai raisonnable, prévu dans la Constitution. Mme Mailloux se plaint de l'aspect quelquefois kafkaïen de la justice. L'un de ces pires aspects est justement le délai déraisonnable pour subir son procès criminel. Il faut croire que sans la Constitution, les gouvernements se traînaient les pieds pour la nomination d'un nombre suffisant de juges pour éviter ces délais déraisonnables. Je ne partage pas la confiance aveugle de Mme Mailloux dans l'exécutif.

      Remarquons aussi l'élément auto-critique de la justice quant à la capacité d'agir dans des délais raisonnables.

      L'arrêt Jordan a mis beaucoup de pression pour que ce droit fondamental soit respecté et la foi que Mme Mailloux a dans des mesures correctives sans l'enchâssement de ce droit et l'intervention du pouvoir judiciaire est plutôt aveugle.

      Préférez-vous, Mme Alexan, que l'on n'ait pas veillé à faire respecter ce droit de façon générale? Parce que le dossier qui y a mené est celui d'un "criminel notoire"?

      Si c'est comme ça que M. Bastien pense, je préfère ne pas le voir à la tête de l'État.

    • Nadia Alexan - Abonnée 12 décembre 2019 13 h 56

      Encore une fois, vous détournez le sens de mon commentaire, monsieur Raymond Labelle. Personne n'a dit qu'il ne faut pas respecter les droits en général. Ce que l'on précise c'est que les droits de victimes doivent être respectés aussi. La justice à géométrie variable est injustifiable.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 décembre 2019 16 h 21

      "Personne n'a dit qu'il ne faut pas respecter les droits en général." NA

      Mais il y a bien quelqu'un qui a dit: «Une autre décision déplorable a été prise lors de l’arrêt Askov en 1990. Encore une fois en se fondant sur la Charte, la Cour suprême a annulé la procédure entamée contre un criminel notoire sous prétexte qu’il n’avait pu être jugé dans des délais raisonnables.» - vous l'avez même cité, et c'est très précisément cela que je répondais.

  • Léonce Naud - Abonné 12 décembre 2019 05 h 55

    Les conquérants et les lois

    « Tous les conquérants s’efforcent de conserver par les lois ce qu’ils ont acquis par la force. » Auteur ?

    • Marc Therrien - Abonné 12 décembre 2019 09 h 51

      Sans affirmer que ces propos pourraient être ceux de John Locke, ceux-ci par ailleurs transmettent le même esprit: «J’'entends donc par pouvoir politique le droit de faire des lois, sanctionnées ou par la peine de mort ou, a fortiori, par des peines moins graves, afin de réglementer et de protéger la propriété; d'employer la force publique afin de les faire exécuter et de défendre l'État contre les attaques venues de l'étranger : tout cela en vue, seulement, du bien public (John Locke, Les deux Traités du gouvernement civil, 1690)

      Marc Therrien

  • Claude Bariteau - Abonné 12 décembre 2019 06 h 27


    L'argument majeur, « voulant que la majorité soit, par définition, tyrannique à l’égard des minorités » est l'une des six assises du pouvoir des juges.

    Le deuxième est l'ordre des tribunaux, le plus déterminant étant celui de la Cour suprême à qui le Canada a confié le pouvoir d'interpréter les lois et de créer une jurisprudence dont les parlementaires ne peuvent faire abstraction.

    Le troisième est la clairvoyance des juges, que n'auraient pas les parlementaires, pour évaluer la pertinence d'une loi non en regard des principes mis de l'avant, mais du climat social. Il s’agit d’une clairvoyance qui permet aux juges de prétendre que les parlementaires doivent prouver la nécessité d’une loi sur la base de pratiques et de comportements qu'ils estiment inappropriés.

    La quatrième est l'impartialité des juges dans l'exercice de leurs fonctions de sorte qu'ils deviennent, en respectant des règles définies par leurs pairs, les détenteurs d'un pouvoir auto-défini, que n’ont pas les parlementaires, car ils sont éjectables lors des élections.

    La cinquième réside dans la hiérarchie des pouvoirs au Canada de telle sorte qu’un parlement, doté d’une constitution matérielle, qui est le cas du Québec, s’il peut en modifier des articles, en l’occurrence ceux de la Charte des droits et libertés de la personne, demeure assujetti, même s’il n’a pas endossé la constitution canadienne de 1982, à la Charte canadienne des droits et libertés qui en fait partie.

    La sixième est la nomination des juges. Elle ne relève pas de l’Assemblée nationale mais d’un pouvoir entre les mains du Canada qu’il exerce à la suggestion du pouvoir exécutif des provinces.

    De ces assises, quand le peuple élit ses parlementaires au gouvernement du Québec, ils élisent des gestionnaires dont les décisions peuvent être renversées par des juges en vertu de la hiérarchie des pouvoirs au Canada et l’ordre constitutionnel de 1982. En fait, ils n’élisent pas des décideurs politiques.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 12 décembre 2019 11 h 45

      Monsieur Baribeau,
      Comme toujours, l'heure juste sans prétention. Merci pour votre exposé. Malheureusement, il est triste de constater l'incompréhension pour plusieurs de tout notre système démocratique, ce qui inclut le domaine judiciaire. Légiférer pour la majorité, est-ce le faire contre la minorité? Pour les droits communautaires contre les individuels. Nos droits face à nos responsabilités. La perfection et l'infaillibilité ne sont pas de ce monde ni d'aucun imaginaire. De toute évidence, l'être humain est faillible, peu importe sa responsabilité sociale, et le dégrée d'autorité conférée. Penser le contraire est une pure utopie.
      Comme le disait Chruchill : «La démocratie est le pire des systèmes, à l'exclusion de tous les autres.»
      Et pour ceux qui fustige le gouvernement de populiste parce qu'il vote des lois approuvées par une majoritée, Churchill nous offre: «Vous n'avez pas le droit de faire passer, dans la dernière phase d'une législature, des lois qui ne sont pas acceptées ni désirées par la majorité populaire. [...]» "Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple".

  • Christian Montmarquette - Abonné 12 décembre 2019 08 h 03

    L’opinion du vulgaire du peuple.

    Premièrement, finissons-en avec ce prétendu 70%, alors que le sondage en question affichait 64%. Une dérive de 6 points, ce n'est quand même pas rien.

    Secundo, pour être convaincant un sondage ne suffit pas pour conclure à une tendance. Il en faut plusieurs.

    Alors que les médias rapportent sans cesse que la loi 21 reçoit l’appui de deux tiers des Québécois, un regard plus approfondi montre que cet appui peut descendre jusqu’à 41%. *

    * INTERDICTION DES SIGNES RELIGIEUX : QUEL CONSENSUS? - IRIS

    https://iris-recherche.qc.ca/blogue/interdiction-des-signes-religieux-quel-consensus

    En ce qui concerne le "populisme douteux" et "l’opinion du vulgaire du peuple".

    Il faut savoir que l'opinion publique est malléable et serait sans doute différente, si elle n'était pas d'abord fabriquée de toute pièce et préalablement abrutie par des radios-poubelles, des sondages bidons et les torchons partisans des "opinioneux" de Québecor, dont le propriétaire est un ancien chef du Parti québécois qui possède la moitié des médias au Québec afin de mieux bourrer le crâne de son auditoire et vendre sa salade jour après jour sur toutes ses tribunes autant que nos curés le faisaient avec la religion durant la grande noirceur.

    La démocratie, ça commence par le droit à l'information disait à raison René Lévesque. Et j'ajouterais de l'information objective et de qualité et non celle des "faiseux d'opinion" qui carburent au sensationnalisme et au brassage de haine pour favoriser l'élection de partis populistes et démagogiques qui alimentent les préjugés et la division sur le dos des minorités pour cumuler des votes.

    Et en ce sens, nous pouvons nous estimer chanceux de faire partie d'un système où tout le pouvoir n'est pas concentré entre les mains de partis politiques manipulateurs et pouvoir jouir d'un système de justice pour contenir la tendance à l'abus de gouvernements calculateurs qui n'hésitent pas à s'attaquer aux droits humains fondamentaux pour courtiser des vote

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 décembre 2019 12 h 18

      @ M. Montmarquette

      Si Legault et la CAQ bénéficient, encore,d'un appui important, malgré toutes les gaffes et tous les reculs, c'est surtout à cause de l'appui majoritaire de la population sur le PL21. Ce fut une brillante idée de passer cette loi-là, PL21, en partant....pour eux!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 décembre 2019 12 h 21

      @M. Montmarquette

      Les Québécois francophones ne veulent pas revivre avec les musulmans ce qu'ils ont vécu avec leur propre religion, à l'époque.
      Nos propres religieux(euses) ont enlevé leurs signes religieux très ostentatoires, dans l'espace public, depuis les années 70.

    • Denis Drapeau - Abonné 12 décembre 2019 14 h 07

      @Christian Montmarquette

      Et que dire de l’autre moitié des journaux de la famille Desmarais et de RC qui véhicule une vision multiculturelle de la société comme seul model « progressif et inclusif » alors que la majorité au Québec pense le contraire. Sont-ce quand même des « torchons partisans » lorsque ceux-ci flagornent votre vision communautariste, fédéraliste et anglo-saxonne ? Si l'opinion publique est si malléable que ça, le taux des indécis serait fort élevé consernant la loi 21 car les deux courant d'opinion sont très présent. Tel n'est pourtant pas le cas.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 décembre 2019 14 h 43

      @Pierre Grandchamp,

      Puisque nous sommes dans le domaine des croyances,. je vous dirais que je ne crois pas que les nationalistes identitaires craignent le retour du religieux dans l'espace public.

      Ce que se cache sous le couvert de cette pseudo laïcité — qui n'est qu'en fait qu'un vulgaire code vestimentaire qui ne concerne dans les faits qu'une poignée d'enseignantes — c'est une aversion pour l'immigration (venue de pair avec la loi 21) et une crainte irrationnelle de disparaitre encouragée par quelques partis politiques intéressés. Et que ce qu'ils recherchent en bonne partie, c'est une manière s'affirmer par rapport à l'autorité fédérale.

      Et malheureusement, plutôt que de s'affirmer positivement comme nation en investissant dans la culture par exemple, ces gens-là se sont laissés berner par des partis populistes, électoralistes et démagogiques comme l'ADQ, le PQ et la CAQ qui y ont flairé la bonne affaire, puisque la loi 21 ne règle aucun problème de laïcité au Québec, tout simplement parce qu'il n'y en avait pas, sauf dans leur tête, justement à cause d'une propagande mensongère et démagogique.

      La raison des appuis à la loi 21 se trouve donc ailleurs que dans l'établissement de la laïcité et plutôt dans son instrumentalisation à des fins politiques.

      Et il me semble que c'est flagrant, quand on sait qu'en plus des élections provinciales, même le Bloc québécois s'en est servie lors des dernières élections fédérales, tout comme la question identitaire a aussi servi lors des précédentes, alors qu'on avait passé une bonne partie de la campagne à débattre sur le serment de citoyenneté à visage découvert.

      Le serment de citoyenneté à visage découvert..

      - Wow ! - Quel enjeu d'importance !

      - Voilà qui va aider à soigner nos vieux, construire du logement social et investir dans nos routes et nos écoles!

      À noter que les religieux des années 70' avaient retirés d'eux-mêmes leurs signes religieux et qu'ils n'avaient eu nul besoin d'une loi

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 décembre 2019 10 h 11

      À défaut de pouvoir se mettre ensemble autour d'un projet de pays, trouvons-nous un ennemi commun. Ou plusieurs : le multiculturalisme, la cour suprême, les muzz, les islamogauchistes postnationaux quésolites. Ma grande crainte, c'est que les corridors des Résidences Sommeil ne soient hantés par les échos de cette paranoïa radoteuse. De quoi vous ôter le goût d'être vieux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 décembre 2019 15 h 01

      @Richard Maltais Desjardins,

      "À défaut de pouvoir se mettre ensemble autour d'un projet de pays, trouvons-nous un ennemi commun"- Richard Maltais Desjardins

      J'avoue que vous êtes déconcertant de simplicité.

      Ce qui est regrettable dans cette approche de "boucs émissaires" c'est que..

      1 ) Cet ennemi commun fait généralement partie des minorités pour maximiser son potentiel électoral. Rappelons qu'autant le PQ que l'ADQ et les libéraux se sont aussi servis des BS durant des années comme têtes de turcs et nous faire croire qu'ils étaient responsables de tous les maux de la société.

      2 ) Ça rend cette dite minorité hostile à la question nationale, que ce soit l'indépendance et/ou le nationalisme Québécois et la pousse à son retrait dans le communautarisme dont les nationalistes de la droite identitaire se plaignent tant et dont ils sont pourtant en bonne partie la cause.

      3 ) Ça fait diversion des véritables problèmes économiques, sociaux et environnementaux.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 décembre 2019 20 h 34

      Tout à fait, monsieur Montmarquette.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 décembre 2019 22 h 56

      "J'avoue que vous êtes déconcertant de simplicité." CM s'adressant à RMD.

      Voilà un compliment que M. Desjardins ne reçoit pas fréquemment. :0).

      Ceci n'est pas un anti-compliment oblique - je trouve M. Desjardins généralement tout à fait clair, voire qu'il a du style. Mais des personnes ayant d'autres impressions les font connaître de temps à autre - ce qui fait que je ne peux pas résister à la petite taquinerie.